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Empfangen — 03. August 2026 Französischsprachig

La saison estivale est trop coûteuse : on dépense plus qu’on ne gagne

Von: farhat
03. August 2026 um 09:30

Les Tunisiens sont saisis d’une frénésie de consommation impressionnante pendant la saison estivale. Selon les statistiques, le volume des dépenses en été dépasse de trop celui des autres saisons, c’est que les petits délices de l’été sont incontournables. Un budget énorme est investi dans l’alimentation et les moyens de loisirs et ce, malgré la cherté de la vie. C’est que le Tunisien est prêt à tout pour s’offrir ces plaisirs de l’été. Alors, tous les moyens sont bons pour ne pas se priver de certaines escapades de cette belle saison estivale, quitte à s’endetter auprès des banques ou auprès de proches parents.
En effet, l’été est la saison de la consommation par excellence ! Les promenades familiales sur la corniche, les sorties avec les copains, les soirées aux festivals ou dans les fêtes de mariage, tout cela se paie. Mais ce qui est paradoxal, c’est que le Tunisien consomme, tout en rouspétant sur la cherté de la vie et l’on se demande souvent si le Tunisien consomme plus qu’il n’en gagne ! N’est-ce pas là un épuisement du budget du ménage et des ressources nationales ?

L’été, saison des tentations
En fait, la saison estivale pousse les gens, avides de fraîcheur, de détente et de distraction, en dehors de leurs foyers pour aller se ragaillardir et profiter du grand air, chacun selon sa bourse, au bord de la mer, dans un hôtel, dans un restaurant ou sur une terrasse d’un café… Où qu’il soit, le Tunisien est enclin à dépenser : du cornet de glace au sandwich, de la boisson fraîche au fameux bouquet de jasmin et l’indispensable «chicha» (narguilé). Même les gens les moins nantis ne se privent pas de leur ration de «mlaoui» ou de «chapati» chez les gargotiers du quartier ou encore de casse-croutes «ayari» achetés dans des stands installés tout le long des routes ou sur les plages.
L’organisation d’une sortie nocturne avec les copains pour aller danser et se marrer est également l’occasion de dépenses énormes. Une soirée au festival, en cas de bon spectacle, peut coûter assez cher pour une famille de cinq ou six personnes. Par exemple, un père de famille, au revenu modeste, qui fait promener ses trois petits enfants sur la corniche de la plage d’Hammam-Lif pourrait dépenser facilement de 40 à 50 dinars, rien que dans l’achat des glaces, du «kaki», des «glibettes» ou du pop-corn. Un autre parent nous a affirmé qu’il dépense en été deux-tiers de plus que dans le reste de l’année, non seulement à cause des enfants qui ont besoin de se régaler, mais surtout des autres dépenses occasionnées par les mariages et les visites inopinées de certains proches surtout quand on a la chance (ou la malchance) d’habiter sur la côte.

Fiançailles, mariages…
En effet, l’été chez nous est synonyme de fêtes de tous genres (fiançailles, mariages, circoncisions, anniversaires…). C’est peut-être là qu’il faut casquer le plus ! C’est que les Tunisiens sont trop complaisants pour pouvoir décliner une invitation à une fête familiale et pour certains, il est inconcevable de ne pas assister aux cérémonies familiales ; la tradition veut qu’on partage les joies des siens. La plupart des familles, pour donner le bon exemple ou pour se faire mieux distinguer parmi les autres invités, se lancent dans des dépenses exorbitantes lors de ces cérémonies, à commencer par l’achat ou la location de la robe-soirée en passant par la coiffure et le maquillage et les autres accessoires dignes de la fête, sans oublier le cadeau qu’il faut offrir à la mariée ou à l’enfant circoncis.
Un autre domaine où le Tunisien investit plus que d’habitude, c’est la voiture. A cause des multiples déplacements effectués en ville ou sur autoroute et avec la hausse du prix du carburant, un grand budget est destiné à la circulation. Même en vacances, personne ne daigne abandonner sa voiture pour monter à bicyclette ! Toutes les courses sont faites par voiture, même pour aller chez l’épicier du quartier qui se trouve à 200 mètres de chez soi ! User de la voiture pour effectuer ses courts trajets, n’est-ce pas là un gaspillage d’énergie et d’argent, surtout que la marche ne coûte rien ?

Les grandes dépenses ménagères
Enfin, le couffin est à l’origine des grandes dépenses du Tunisien en été. Seules les ménagères sont capables de vous parler de la flambée des prix dans le marché des légumes et des fruits ! Les poissons ? N’en parlons pas ! Il faut voir les prix affichés sur les daurades, les loups ou les chevrettes pour avoir une idée. D’ailleurs, la plupart des ménages n’ont pas le choix et doivent suivre les conseils du docteur Hakim, diffusés quotidiennement sur les ondes de la Radio : «Mangez du poisson bleu, c’est bon pour la santé !» Même sans ces conseils, les ménages au revenu modeste se rabattent sur les sardines et les maquereaux qui demeurent plus ou moins accessibles, même si leurs prix sont devenus plus élevés que d’habitude, souvent au risque d’être victimes de démangeaisons de la peau pour les personnes allergiques aux poissons bleu.
Bref, il paraît que les dépenses des Tunisiens en été ne dépendent pas de leurs revenus respectifs, mais tout simplement de leurs besoins surtout alimentaires qu’ils doivent satisfaire coûte que coûte ! A voir cette affluence sur les restaurants et sur les biens de consommation en général, il y a lieu de penser qu’en été, le Tunisien, quelle que soit sa couche sociale, investit beaucoup plus que d’habitude dans la bouffe, à tel point que «vivre pour manger» devient la devise préférée de certains qui consomment sans retenue tout en disant : «Oh ! C’est trop cher !» Et dès qu’ils sont rassasiés, ils rotent et disent «Hamdoullah !» D’ailleurs, l’adage populaire qui dit «vivre un jour comme un coq vaut mieux que cent jours comme une poule» illustre bien le comportement en matière de consommation de la majorité des Tunisiens pendant la saison estivale et peut-être durant toute l’année.

Hechmi KHALLADI

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Le Parlement à l’épreuve des réformes : la nouvelle architecture institutionnelle en action

Von: farhat
03. August 2026 um 08:30

La clôture de la quatrième session ordinaire de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), annoncée mercredi par son président Brahim Bouderbala, dépasse largement le cadre d’un simple acte de procédure parlementaire. Elle constitue l’occasion d’évaluer le chemin parcouru depuis l’entrée en vigueur de la Constitution du 25 juillet 2022 et de mesurer la place qu’occupe désormais le pouvoir législatif dans la nouvelle organisation institutionnelle voulue par le Président de la République, Kaïs Saïed.

Depuis le lancement du processus politique du 25 juillet 2021, les institutions tunisiennes connaissent une profonde mutation. L’objectif affiché est de reconstruire l’État autour de nouveaux équilibres, fondés sur une plus grande efficacité des institutions, une meilleure articulation des pouvoirs, une responsabilité accrue des acteurs publics et une gouvernance davantage tournée vers les attentes concrètes des citoyens. La Constitution de 2022 s’inscrit précisément dans cette logique, en redéfinissant les rapports entre les différentes institutions et en assignant au Parlement une mission qui dépasse désormais la seule fonction législative.
C’est dans cet esprit que Brahim Bouderbala a dressé le bilan de la session écoulée. Son intervention n’avait rien d’un simple exercice comptable. Elle s’est voulue l’expression d’une institution qui entend participer pleinement au vaste chantier de réformes engagé depuis plusieurs années et accompagner la mise en œuvre des grandes orientations nationales.
Dans son allocution, le président de l’ARP a rappelé que le bilan législatif ne devait pas être considéré comme un aboutissement mais comme un point de départ destiné à améliorer davantage les performances parlementaires. Cette formule résume à elle seule la philosophie de la nouvelle étape institutionnelle : inscrire l’action parlementaire dans une dynamique permanente d’amélioration, d’évaluation et d’adaptation aux besoins du pays.
Cette approche rejoint la vision défendue par Kaïs Saïed depuis son accession à la magistrature suprême. À plusieurs reprises, le Chef de l’État a souligné que les institutions ne trouvent leur légitimité que dans leur capacité à répondre aux attentes des citoyens, à simplifier l’action publique et à contribuer au développement économique et social.
Le Parlement est ainsi appelé à devenir un acteur de cette transformation, non seulement par l’adoption des lois, mais également par le suivi de leur application, le contrôle de l’action gouvernementale et l’accompagnement des grands projets nationaux.

Une activité législative soutenue
Les chiffres présentés témoignent d’une activité parlementaire particulièrement dense.
Au cours de cette session, l’Assemblée a examiné 107 projets de loi couvrant des domaines aussi stratégiques que l’investissement, le développement économique, la santé, la justice sociale, l’emploi, l’énergie, le logement, l’agriculture ou encore les infrastructures.
À ces textes s’ajoutent quarante-trois lois relatives à des accords de financement, dont trente-quatre consacrées à des projets d’investissement et neuf destinées au financement du budget de l’État.
Au-delà de leur nombre, ces textes traduisent une volonté de moderniser progressivement le cadre juridique afin de soutenir les grandes politiques publiques et d’accompagner les réformes structurelles engagées dans plusieurs secteurs.
Cette production législative apparaît d’autant plus importante qu’elle intervient au moment où la Tunisie s’apprête à mettre en œuvre son Plan de développement 2026-2030, désormais définitivement adopté par les deux chambres parlementaires.
L’adoption du Plan de développement constitue probablement l’un des événements majeurs de cette législature.
Pour la première fois depuis plusieurs années, la Tunisie dispose d’une stratégie nationale globale définissant les objectifs économiques, sociaux, énergétiques, environnementaux et institutionnels à l’horizon 2030.
Ce document fixe des orientations ambitieuses en matière de croissance, de développement régional, de sécurité hydrique, de transition énergétique, de modernisation administrative et de justice sociale.
Le Parlement sera désormais appelé à adapter progressivement le cadre législatif afin d’assurer la mise en œuvre de cette feuille de route, tout en exerçant un contrôle permanent sur son exécution.
Cette articulation entre programmation stratégique et activité législative traduit une volonté d’assurer une plus grande cohérence de l’action publique.

Le contrôle parlementaire, pilier de la nouvelle gouvernance
L’autre dimension essentielle du travail parlementaire réside dans le contrôle de l’action gouvernementale. Les chiffres communiqués par Brahim Bouderbala illustrent l’importance prise par cette mission. Près de 2.000 questions écrites ont été adressées aux membres du gouvernement durant cette seule session, portant à près de 6.700 le total depuis le début de la législature.
Plus de 4.600 réponses ont été fournies, tandis que douze séances plénières ont été consacrées aux questions orales. À cela s’ajoutent une séance de dialogue consacrée à la situation dans le gouvernorat de Gabès ainsi que 244 interventions effectuées dans le cadre de l’article 108 du règlement intérieur.
Ces chiffres témoignent d’une volonté de renforcer les mécanismes de reddition des comptes, principe qui occupe une place importante dans la nouvelle architecture institutionnelle.
Le Parlement ne limite plus son action aux seules frontières nationales. La session écoulée a également été marquée par une intense activité diplomatique. Soixante-treize activités internationales ont été organisées, auxquelles s’ajoutent trente-et-une missions officielles à l’étranger et plusieurs participations à distance. Selon le président de l’ARP, ces rencontres permettent à la Tunisie de défendre ses positions sur les grandes questions internationales et de renforcer sa présence dans les enceintes parlementaires régionales et internationales.
La cause palestinienne demeure naturellement au premier rang des priorités diplomatiques, conformément à la position constante de la Tunisie réaffirmée à plusieurs reprises par le Président Kaïs Saïed.

La complémentarité institutionnelle comme principe directeur
L’un des messages les plus significatifs du discours de clôture concerne la complémentarité entre les institutions.
Brahim Bouderbala a insisté sur la nécessité de renforcer la coordination entre les différents pouvoirs afin d’accélérer la mise en œuvre des réformes.
Cette notion de complémentarité occupe une place centrale dans la Constitution de 2022.
Elle traduit une conception selon laquelle les institutions ne doivent pas fonctionner dans une logique de confrontation permanente mais dans une dynamique de coopération au service de l’intérêt général.
L’objectif recherché est de permettre à l’État de gagner en efficacité tout en répondant plus rapidement aux attentes économiques et sociales des citoyens.
Au-delà des chiffres, cette session parlementaire illustre surtout la volonté de donner un contenu concret aux principes qui fondent la nouvelle République.
Depuis 2021, les réformes engagées touchent progressivement plusieurs domaines : droit du travail, sécurité sociale, développement régional, gouvernance locale, transition énergétique, justice, infrastructures, investissement ou encore protection sociale.
Toutes participent d’une même ambition : consolider un État social plus efficace, réduire les disparités régionales, lutter contre l’exclusion et restaurer la confiance entre les citoyens et les institutions.
Cette orientation correspond à la vision constamment défendue par Kaïs Saïed, pour qui la réforme institutionnelle n’a de sens que si elle améliore concrètement les conditions de vie des Tunisiens.

Une nouvelle étape de la construction nationale
La clôture de cette quatrième session ordinaire ne marque donc pas la fin d’un cycle parlementaire. Elle ouvre au contraire une nouvelle phase dans la mise en œuvre des réformes engagées depuis le 25 juillet 2021.
Avec l’adoption du Plan de développement 2026-2030, la modernisation progressive du cadre législatif, le renforcement du contrôle parlementaire et la consolidation de la complémentarité entre les institutions, le Parlement est appelé à jouer un rôle central dans cette nouvelle étape de la construction nationale.
Dans cette perspective, l’Assemblée des représentants du peuple apparaît désormais comme l’un des principaux instruments de traduction législative des grandes orientations fixées par le Chef de l’État. Son action s’inscrit dans une vision plus large tendant à bâtir une administration plus performante, une économie plus compétitive, une justice sociale plus effective et un développement plus équilibré entre les régions.
Pour les promoteurs de ce processus, la réussite des réformes ne se mesurera pas uniquement au nombre de lois adoptées, mais surtout à leur capacité à transformer durablement le fonctionnement de l’État et à améliorer la vie quotidienne des citoyens. C’est à cette condition que la nouvelle architecture institutionnelle instaurée par la Constitution de 2022 pourra pleinement produire les effets attendus et inscrire la Tunisie dans une dynamique durable de modernisation, de souveraineté et de progrès.

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