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Nos sorties sont gâchées : Tunis est-elle devenue invivable ?

Von: farhat
25. Oktober 2026 um 09:21

A Tunis et dans ses quartiers avoisinants, les conditions de vie sont de plus en plus compliquées, et chacun y va de son grief. A part les travaux interminables et les déchets qui jonchent les trottoirs et attirent chats et chiens errants, les citadins se plaignent du bruit de la circulation et du non-respect des signalisations routières. Le visiteur de la capitale en vue de faire des courses ou d’accomplir une quelconque formalité administrative, soit seul ou accompagné de sa famille, en voiture ou à pied, est surtout hanté par un sentiment d’insécurité. En effet, sa sortie est gâchée au moins par trois choses : les mendiants, les gardiens informels de voitures et les vendeurs à la sauvette.

Les adultes d’aujourd’hui se rappellent encore Tunis d’antan, la capitale d’il y a vingt ou trente ans. C’était une ville où il faisait bon vivre. Les gens se promenaient sur l’Avenue Habib Bourguiba en toute sécurité. Les voitures circulaient sans problème et se garaient sans souci d’être prises au guet-apens par les sabots. Les couples pouvaient déambuler tranquillement sans être toisés de haut en bas par les badauds. Des filles se promenaient toutes seules sans avoir peur d’être agressées ou volées par des bandes d’énergumènes. On pouvait prendre le bus ou le métro sans bousculades et arriver à destination sans être victime de braquage, de vol à l’arraché ou d’attaque de la part de délinquants.

La capitale, défigurée

Aujourd’hui, passez par la rue d’Espagne, la rue Al Jazira et la Place Barcelone, vous ne serez que déçu par les vendeurs à la sauvette qui étalent leurs marchandises sur et tout au long des trottoirs, empêchant ainsi les piétons de se déplacer sans gêne. Là, vous ne serez pas surpris d’entendre de gros mots proférés par ces vendeurs, même quand vous êtes accompagné de vos enfants ou de votre sœur ou femme et vous serez le témoin parfois d’une bagarre qui éclaterait entre les commerçants et les clients. «J’avoue que je n’ai jamais mis les pieds à Tunis, nous a confié Si Mahmoud, 60 ans, habitant d’Hammam-Lif. Tunis s’est tellement enlaidie et dégradée qu’elle est devenue invivable. Pourtant, je suis encore émerveillé par sa beauté d’antan !»

Les automobilistes le remarquent chaque jour et à tout moment de la journée sur la route reliant Tunis à la Marsa : des bandes de mendiants (hommes, enfants, femmes) qui se mobilisent à longueur de journée à proximité des feux de signalisation et aux croisements et qui surgissent de toutes parts pour vous demander l’aumône. D’autres vous proposent d’acheter des papiers-mouchoirs ou d’essuyer votre pare-brise. Et dire qu’ils sont très insistants et souvent agaçants, au cas où ils n’obtiendraient pas d’argent. Tout cela est sans nul doute gênant pour quelqu’un qui, pour se rendre de la Marsa à Tunis ou inversement, doit rencontrer plusieurs fois ces mendiants chaque fois qu’il s’arrête au feu rouge.

Et ces gardiens de voitures informels, souvent des ratés ou des repris de justice que vous rencontrez partout et qui s’occupent de la sécurité de votre voiture moyennant une somme d’argent qu’ils fixent eux-mêmes et que vous ne pouvez jamais leur refuser. Autrement, vous serez accablé d’injures et couvert d’insultes.

«Tunis a vraiment perdu son âme d’antan, nous a déclaré Mohamed, un retraité de la fonction publique, habitant de la banlieue-nord, et depuis que je suis parti à la retraite, il y a plus de cinq ans, je ne me suis jamais rendu à Tunis. Ni les gens ni l’atmosphère ne sont restés les mêmes. Ce n’est plus un plaisir de se promener à Tunis, c’est devenu une ville étouffante, stressante et insupportable !»

Trottoirs squattés et piétons déroutés

Quiconque peut constater que les trottoirs de nos villes sont dans un état lamentable ! Dans nos villes, grandes et petites, les trottoirs, qui sont censés garantir la sécurité et le confort des piétons, sont souvent mal aménagés, occupés illégalement par les terrasses des cafés et envahis par des commerçants informels. On remarque que plus de 50% des trottoirs ne sont pas utilisables par les piétons, ce qui pose un problème de sécurité majeur. De même, la marche sur le trottoir est devenue presque impossible dans plusieurs artères. En effet, plusieurs piétons affirment avoir été victimes d’au moins une chute à cause des trottoirs fissurés et inégaux. Au lieu de se sentir en sécurité en marchant sur le trottoir, les piétons doivent faire attention en permanence au risque de glisser dans un trou ou de se tordre la cheville et de faire une chute terrible.

Cette situation a toujours suscité des critiques assez vives de la part des usagers et même des responsables, mettant l’accent sur l’occupation illégale de ces espaces publics. Si l’État, dit-on, autorise parfois l’usage temporaire de certaines portions de trottoirs par des commerçants, cela doit être sous des conditions strictes visant à garantir la sécurité des piétons. Or même les espaces autorisés par la municipalité sont parfois étendus en s’appropriant quelques mètres carrés de plus. Les conséquences de cette pratique anarchique sont nombreuses et potentiellement dangereuses, particulièrement pour les enfants, les personnes à mobilité réduite et les non-voyants. Tout cela ne peut être que trop gênant pour le citoyen circulant seul ou accompagné de sa famille dans les artères de la capitale.

Hechmi KHALLA1DI

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