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Burkina Faso, Mali et Niger accélèrent leur intégration numérique

24. September 2026 um 17:11

Le Burkina Faso, le Mali et le Niger veulent franchir une nouvelle étape dans leur coopération numérique. Les régulateurs des télécommunications des trois pays doivent signer, le 25 septembre 2026 à Ouagadougou, une convention prévoyant la création du Conseil des Régulateurs du Sahel (CRS), destiné à coordonner leurs actions au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES).

Le futur conseil servira de cadre permanent d’échange entre l’ARCEP Burkina Faso, l’AMRTP du Mali et l’ARCEP Niger. Leur coopération portera notamment sur l’itinérance communautaire, la cybersécurité, la protection des consommateurs et la gestion des fréquences. Les trois autorités prévoient également de faciliter la reconnaissance mutuelle des équipements homologués, de coordonner le développement des infrastructures et de mieux encadrer les activités postales transfrontalières. Elles souhaitent aussi coordonner l’introduction des technologies émergentes et rapprocher leurs positions dans les instances internationales.

Cette démarche s’inscrit dans une coopération numérique déjà engagée. En avril 2025, les autorités de protection des données personnelles des trois pays avaient créé un cadre commun pour harmoniser leurs pratiques, partager leurs expériences et renforcer la gouvernance des données.

Pour les opérateurs et entreprises numériques présents dans plusieurs pays de l’AES, l’enjeu est concret : une coordination accrue des règles pourrait faciliter le déploiement des équipements et services numériques, tout en réduisant certaines divergences réglementaires entre les trois marchés.

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Financements climatiques : la Tunisie veut accélérer les projets agricoles, hydriques et maritimes

24. September 2026 um 16:01

La Tunisie veut mieux capter les financements internationaux dédiés au climat pour financer des projets capables de réduire la vulnérabilité de l’agriculture, des ressources en eau et des activités maritimes face aux effets du changement climatique.

Cette orientation était au cœur d’une séance de travail tenue le 23 septembre 2026 sous la présidence du ministre de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche. Les échanges ont notamment porté sur les mécanismes du Fonds vert pour le climat (GCF) et du Fonds de réponse aux pertes et préjudices (FRLD), ainsi que sur les conditions d’accès à leurs financements.

L’enjeu est désormais de passer de l’identification des besoins à la constitution d’un portefeuille de projets suffisamment préparés pour être financés. Le ministère prévoit ainsi de sélectionner et de hiérarchiser des projets selon leur priorité, leur niveau de préparation et leur conformité aux critères des fonds internationaux.

Transformer les besoins en projets finançables

Les secteurs concernés sont directement exposés aux effets du dérèglement climatique : hausse des températures, baisse des précipitations, sécheresses, vagues de chaleur et inondations. Ces phénomènes accentuent la pression sur les ressources en eau et l’irrigation, les terres agricoles, les parcours et l’élevage, mais également sur les forêts, les écosystèmes marins, la pêche et l’aquaculture.

Dans ce contexte, les financements recherchés doivent soutenir des projets concrets d’adaptation, de réduction des émissions de gaz à effet de serre et de prévention ou de réponse aux pertes et dommages climatiques.

Le ministère insiste également sur la nécessité de fonder les projets sur des données scientifiques et des études techniques. L’objectif est notamment de mieux transformer les résultats de la recherche en projets opérationnels, avec des objectifs, des coûts et des modalités de mise en œuvre suffisamment définis pour répondre aux exigences des bailleurs.

Un rôle important est attribué à l’Agence de promotion des investissements agricoles (APIA), présentée comme une structure nationale accréditée auprès du Fonds vert pour le climat. Elle doit contribuer à la mobilisation des financements et accompagner les structures publiques ainsi que les porteurs d’idées dans la préparation de projets répondant aux critères des mécanismes internationaux.

La prochaine étape consiste à élaborer une portefeuille national de projets de financement climatique. Celui-ci devra notamment intégrer des notes conceptuelles et classer les projets en fonction de leur urgence, de leur maturité et de leur capacité à obtenir un financement.

Le ministère souhaite aussi renforcer les projets consacrés à la pêche maritime et à l’aquaculture, secteurs jugés particulièrement exposés aux changements climatiques. Parallèlement, il appelle à améliorer les systèmes de données, d’évaluation et d’analyse des pertes et dommages afin de disposer d’une base plus solide pour orienter les investissements.

 

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Le CMF accélère sur l’ESG et prépare un nouveau cadre de reporting extra-financier

24. September 2026 um 15:18

Le cadre tunisien de reporting ESG devrait encore évoluer. Le Conseil du Marché Financier (CMF) prépare en effet une décision générale consacrée au reporting extra-financier, avec l’objectif d’installer progressivement de nouvelles exigences adaptées aux réalités du marché tunisien. L’annonce a été faite jeudi 24 septembre à Tunis par Hatem Smiri, président du CMF, lors de la Journée annuelle des administratrices et administrateurs de sociétés organisée par l’Institut Tunisien des Administrateurs (ITA).

Cette nouvelle étape vient compléter les mesures déjà engagées par le régulateur en matière d’information liée à la durabilité. Le CMF a notamment demandé aux sociétés faisant appel public à l’épargne d’intégrer dans les notes aux états financiers les informations ESG significatives susceptibles d’avoir une incidence sur leur activité, leur situation financière, leur performance ou leurs perspectives. Le dispositif s’appuie notamment sur les normes IFRS S1 et S2. Hatem Smiri insiste toutefois sur une approche progressive. « Notre objectif est de bâtir un cadre cohérent, progressif et adapté à notre marché plutôt que d’accumuler des obligations sans nous interroger sur leur pertinence et sur leur applicabilité réelle », a-t-il déclaré.

Pour le président du CMF, la question de la gouvernance reste indissociable de cette évolution. Le régulateur entend notamment renforcer sa vigilance sur les processus d’élection des administrateurs indépendants et des représentants des actionnaires minoritaires dans les sociétés cotées. « L’indépendance ne saurait être une simple qualification inscrite dans un procès-verbal. Elle doit être une réalité pouvant être vérifiée », a souligné Hatem Smiri.

Le président du CMF a également placé la transformation technologique au cœur des enjeux de régulation. Intelligence artificielle, digitalisation des services financiers, automatisation des processus et nouvelles formes d’intermédiation transforment progressivement le fonctionnement des marchés. Pour Smiri, cette évolution doit s’accompagner d’exigences en matière de protection des données, de cybersécurité, de gestion des risques et de qualité de l’information destinée aux investisseurs.

Vers un réseau africain des administrateurs

La journée a également été marquée par une initiative à dimension continentale. Moez Joudi, président de l’ITA, a annoncé la création d’un Institut africain des administrateurs, porté avec plusieurs organisations professionnelles du continent. L’initiative réunit notamment l’ITA en Tunisie, le Club des administrateurs algériens ainsi que des organisations homologues de Guinée, de Côte d’Ivoire et du Mali. «L’objectif est de structurer une coopération africaine autour de la gouvernance des entreprises et des établissements financiers, mais aussi de la transparence et des enjeux ESG» déclare Joudi.

La prochaine étape consistera à établir une feuille de route pour préciser le fonctionnement de cette nouvelle structure et lui donner une portée continentale. Pour l’ITA, l’enjeu est notamment de renforcer les compétences des administrateurs et de favoriser la diffusion de pratiques communes en matière de gouvernance.

Cette initiative intervient alors que les entreprises africaines sont confrontées à des exigences croissantes en matière de gouvernance, de transparence, de durabilité et de transformation technologique. Pour les conseils d’administration, ces sujets ne relèvent donc plus uniquement de la conformité, mais touchent directement à la manière dont les entreprises sont pilotées, financées et évaluées.

 

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ESG en Afrique : des normes à adapter aux réalités du continent

24. September 2026 um 13:17

Les normes ESG ne peuvent pas être transposées en Afrique sans tenir compte des réalités économiques, énergétiques et technologiques du continent. C’est l’un des principaux enseignements du panel consacré aux normes ESG pour l’Afrique, organisé jeudi 24 septembre à Tunis dans le cadre de la Journée annuelle des administrateurs de l’Institut Tunisien des Administrateurs (ITA).

Pour Christian de Boissieu, professeur émérite à la Sorbonne et président du Conseil scientifique de l’ITA, le contexte international actuel complique la progression des politiques ESG. Il cite notamment les tensions géopolitiques, l’évolution des prix de l’énergie et le changement d’attitude à l’égard des politiques climatiques. Mais au-delà de ces facteurs, il pointe surtout un problème de perception des normes ESG.

« Il y a eu quand même un manque de pédagogie des autorités sur ce sujet », estime-t-il. Selon lui, les entreprises ont parfois tendance à percevoir les normes ESG comme des contraintes plutôt que comme des opportunités. L’enjeu est donc de déplacer le regard vers le long terme : « Ce qui compte, c’est le long terme. Ce qui compte, c’est le rendement social, économique et financier de long terme. »

Cette réflexion conduit directement à la question de l’adaptation des normes au contexte africain. Pour Christian de Boissieu, l’Afrique ne doit pas reproduire automatiquement les réglementations conçues ailleurs. « Il n’y a pas de modèle. La France n’est pas un modèle, c’est une expérience. L’Europe n’est pas un modèle, c’est une expérience », souligne-t-il.

Il appelle ainsi les pays africains à s’inspirer des standards internationaux tout en tenant compte de leurs propres contraintes. 

L’énergie, un cas concret de cette adaptation

La question énergétique illustre particulièrement cette difficulté. Sofiane Gaied, directeur général de Panoro Energy, rappelle que l’Afrique doit poursuivre simultanément deux objectifs : réussir sa transition énergétique et permettre à sa population d’accéder davantage à l’énergie.

Le continent dispose d’un potentiel important en solaire, éolien et hydraulique, mais transformer ces ressources en énergie disponible nécessite des infrastructures, des réseaux, du stockage et surtout des financements.

« En Afrique, la solution est différente », souligne-t-il. Selon lui, les normes ESG doivent intégrer le niveau de développement énergétique du continent et ne pas uniquement reprendre les critères appliqués dans les économies développées. Cette différence apparaît notamment lorsqu’il est question des énergies fossiles. Sofiane Gaied appelle à éviter les approches trop tranchées. « Il faut faire l’équilibre et surtout regarder ce que ces énergies fossiles peuvent apporter en termes d’offre d’énergie, d’accessibilité à l’énergie et ce qu’elles remplacent. » Il cite notamment le cas d’une centrale à gaz qui, dans certains contextes africains, pourrait remplacer des solutions davantage émettrices. D’où son appel à intégrer les investissements de transition dans l’analyse ESG : « Ce sont des investissements qui ne sont ni polluants ni totalement verts. »

Il ajoute un autre critère : l’accès à l’énergie. «On ne peut pas traiter un projet en Europe qui ne tient pas compte de l’aspect social comme un projet en Afrique qui utilise, par exemple, le gaz pour donner accès à l’énergie à des gens qui n’en ont jamais eu». Pour Amine Oussedik, directeur général de MDI-Algiers Business School, les normes constituent à la fois une opportunité et une contrainte pour les entreprises africaines. Elles peuvent contribuer à attirer les investissements directs étrangers, soutenir la diversification économique et améliorer la gestion des ressources. Mais leur mise en œuvre implique aussi des coûts liés au reporting, à la conformité et aux nouvelles procédures.

Cette équation est particulièrement sensible pour les PME, qui constituent une large partie du tissu économique africain. « Introduire les normes ESG, c’est vraiment une révolution en interne sur le plan culturel », estime-t-il, soulignant la nécessité d’un accompagnement pédagogique et de la formation.

La technologie peut justement faciliter cette transformation, estime Alexandre Grux, CTO de DiliTrust. Son premier apport est de permettre aux entreprises de mieux mesurer et documenter leurs performances. Dans le cadre des nouvelles exigences environnementales, la donnée devient un élément de preuve permettant notamment aux entreprises de faire valoir leurs performances réelles plutôt que d’être évaluées sur des valeurs par défaut. Mais cette dépendance croissante aux technologies crée aussi de nouveaux risques. « La technologie est un accélérateur, un facilitateur, mais avec des conditions bien évidemment d’avoir une bonne infrastructure », rappelle-t-il.

Pour les entreprises africaines, il identifie notamment trois enjeux : la souveraineté des données, la cybersécurité et la disponibilité de données suffisamment représentatives des réalités locales. « Il faut vraiment faire ce travail de captation de vos données d’activité, données d’infrastructure, données de risque », insiste Alexandre Grux.

Car ces données serviront aussi demain à alimenter les systèmes d’évaluation et les modèles d’intelligence artificielle. L’enjeu pour les entreprises africaines n’est donc plus seulement de respecter les normes ESG, mais aussi de disposer des données permettant de démontrer concrètement leurs performances et leurs risques.

Au terme du débat, une idée ressort : l’enjeu pour l’Afrique n’est pas de choisir entre normes internationales et spécificités locales, mais de construire un cadre capable de tenir compte des deux. 

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NuRAN Wireless expérimente le satellite pour connecter les territoires africains isolés

24. September 2026 um 09:05

La société canadienne NuRAN Wireless va tester la connectivité satellitaire Starlink comme solution de backhaul pour ses réseaux mobiles ruraux au Nigeria. L’objectif est de vérifier si cette technologie peut apporter davantage de capacité aux sites isolés, là où les infrastructures terrestres sont difficiles ou coûteuses à déployer. Le test doit être mené avec Infratel, partenaire de longue date de NuRAN.

Le pilote sera réalisé sur un site rural de NuRAN au Nigeria. Il s’agit de la première intégration de connectivité LEO dans le réseau de NuRAN, selon l’entreprise. La société utilisera un service Starlink licencié fourni par l’intermédiaire d’un prestataire tiers. Un point important à préciser : NuRAN n’a pas de relation contractuelle ou commerciale directe avec Starlink ou SpaceX dans le cadre de ce projet. La connectivité satellitaire sera donc intégrée au réseau de NuRAN via un fournisseur de services tiers.  Le choix du satellite répond surtout à un problème très concret : le backhaul, c’est-à-dire la liaison qui transporte les données entre une station mobile et le reste du réseau. Dans les zones rurales, cette liaison peut être limitée par la distance, la géographie ou le coût des infrastructures terrestres. NuRAN continuera ainsi à utiliser des solutions terrestres, notamment les liaisons micro-ondes et le TV White Space, lorsque les conditions le permettent. Le satellite serait utilisé dans les zones où ces technologies sont difficiles à mettre en œuvre ou économiquement moins intéressantes. 

Au-delà de la couverture mobile

L’enjeu pour NuRAN ne se limite pas à améliorer la couverture 4G. L’entreprise veut également mesurer l’impact de cette capacité supplémentaire sur l’économie de ses sites ruraux et sur de nouveaux services, notamment le edge computing, l’intelligence artificielle exécutée localement et les solutions énergétiques. NuRAN indique avoir plus de 5.000 sites sous contrat en Afrique, ce qui ouvre la possibilité, si le pilote est concluant, de reproduire le modèle dans d’autres marchés où les services Starlink sont autorisés. L’entreprise cite notamment la République démocratique du Congo, la Côte d’Ivoire et le Bénin, tandis que le Cameroun est encore en cours de procédure selon ses informations. 

Le cadre réglementaire nigérian confirme par ailleurs l’existence de licences liées aux services Starlink dans le pays, notamment pour Starlink Internet Services Nigeria Limited et Africa Mobile Network Communications. 

 

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