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La séance unique arrive : le modèle ne change pas malgré le besoin d’une restructuration

Von: tmps
28. Juni 2026 um 10:45

Dans moins d’une semaine, le pays vivra au rythme de la séance unique avec ses exigences, ses avantages et, pour certains citoyens, ses inconvénients. Il s’agit d’une pratique qui date de 1956 et qui demeure au cœur de l’actualité et des discussions chaque année sans pouvoir changer quoi que ce soit. Du côté du Parlement, là où tout se décide, les initiatives n’ont jamais manqué pour changer certaines pratiques, sans résultat, du moins pour le moment…

Instaurée officiellement par un décret beylical le 15 juin 1921, la séance unique trouve son origine dans les exigences climatiques de la Tunisie sous le protectorat français. Ce système, qui consistait à aménager la journée de travail autour des heures les plus chaudes, a été progressivement intégré dans les usages administratifs tunisiens, notamment à partir de 1956, à l’occasion du mois de Ramadan. Aujourd’hui encore, ce modèle de journée continue – débutant tôt le matin et se terminant en milieu ou en fin d’après-midi – reste ancré dans la culture professionnelle du pays.

La séance unique est appliquée durant le Ramadan du 1er juillet au 31 août. Cette «institution» instaurée par Habib Bourguiba le 12 avril 1956, continue à faire, chaque année, l’objet de discussions, de divergences ou de propositions rénovatrices entre les partisans de cette pratique estivale et ceux qui y voient un coup d’arrêt pour l’activité économique quotidienne. C’est que la Tunisie est l’un des rares pays au monde à pratiquer la séance unique pendant les deux mois d’été les plus chauds et le Ramadan. 

Une pratique qui a la peau dure

Ceux qui contestent la formule actuelle de la séance unique ont sûrement leurs arguments. Ils remettent en cause son application automatique et son influence sur la viabilité de ce système dans le contexte actuel. Car, il est vrai que plusieurs services nécessitent un temps de travail plus long, et réduire ce temps impacte directement et logiquement le rendement. 

A ce propos, il faut rappeler le nombre impressionnant de plaintes récurrentes des citoyens durant l’été, période où la séance unique coïncide avec les congés estivaux. Des plaintes qui illustrent ce malaise et qui viennent dénoncer notamment la dégradation de la qualité des services administratifs, les longues files d’attente et la surcharge des guichets. C’est que le temps de travail est réduit alors que la demande augmente, ce qui engendre des foules dans les administrations dans des conditions difficiles liées à la canicule et ses effets ainsi que ses exigences.

Cette formule saisonnière de travail, bien qu’ancienne, provoque, qu’on le veuille ou pas, plus de frustrations que de soulagement. Le citoyen, pris au piège de guichets saturés et de délais rallongés, voit son quotidien entravé par une administration aux horaires figés. Et pour les entreprises, notamment les PME, ces deux mois de ralentissement généralisé peuvent freiner des procédures clés et impacter leur productivité.

«Entre deux, mon cœur balance» 

De ce fait, ceux qui tiennent à cette pratique de séance unique et ceux qui n’en veulent pas dans son actuelle formule, ont des arguments à faire valoir.

Les partisans de la séance unique rappellent toujours que les horaires de travail doivent changer face à une canicule qui menace la santé du citoyen, d’autant plus que les changements climatiques observés ces dernières années risquent de faire grimper le mercure à des niveaux élevés inédits et de causer beaucoup de mal aux citoyens.

Ces mêmes défenseurs de cette pratique relèvent que le rendement au travail demeure normal le matin, mais il risque de chuter sensiblement avec des fonctionnaires qui rentrent à midi pour déjeuner et qui reviennent à leurs bureaux en pleine canicule, frustrés de ne pas pouvoir faire la sieste dans un climat estival aussi chaud.

Le même camp des défenseurs de la séance unique estime que  le gain d’énergie est très important puisque les bureaux sont fermés l’après-midi et l’Etat peut éviter, sans problème, l’usage des climatiseurs et de l’électricité.

Dans l’autre camp, celui des opposants à la séance unique, on estime que cette pratique est un ralentisseur pour l’économie tunisienne, d’autant plus que les administrations comme les sociétés privées sont désormais pratiquement toutes dotées de climatiseurs, et que la raison de la chaleur à cet horaire spécifique, particulièrement pour les mois d’été, n’a donc plus sa raison d’être. Beaucoup d’entre eux évitent d’appeler à la suppression de la séance unique et réclament une nouvelle formule qui satisfait les uns et les autres et qui prend en considération l’économie du pays.

C’est que l’horaire d’été pourrait bien être plus étalé, allant de 8 heures du matin jusqu’à 16 heures de l’après-midi, avec des fonctionnaires qui rentrent à 14 heures, d’autres à 15 heures ou une heure plus tard pour ceux qui commencent le travail à  9 heures du matin. Ainsi, la sortie des travailleurs pourrait avoir lieu de 14h à 16h, de façon à éviter les embouteillages et l’encombrement dans les moyens de transport public.

Ainsi, les initiatives et les nouvelles idées n’ont jamais manqué pour assurer, pendant la saison estivale, loisir et production. Or, pour changer l’actuel état des lieux, il faut beaucoup plus que quelques commentaires ou suggestions sans suite. La balle est dans le camp des décideurs, capables de changer les choses si jamais la volonté y est…

Kamel ZAIEM

 

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