Ce qui pousse les ingénieurs restés en Tunisie à quitter le pays…
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Réuni à Sousse du 1er au 3 mai, le Conseil national de l’Ordre des ingénieurs tunisiens a dressé un état des lieux sans détour de la profession, tout en posant les bases d’une nouvelle dynamique pour les années à venir. Placées sous le thème “L’ingénieur, pilier de la souveraineté et du développement“, ces assises ont mis en lumière les enjeux stratégiques liés au rôle des ingénieurs dans le développement du pays.
Au cœur des discussions, la nécessité de revoir en profondeur le cadre légal encadrant la profession, selon l’agence TAP. Les participants ont appelé à accélérer l’adoption d’une nouvelle loi, appelée à remplacer un dispositif datant de 1982, jugé aujourd’hui dépassé face aux mutations technologiques et économiques. L’objectif est de doter le secteur d’un cadre plus adapté aux exigences actuelles et aux ambitions nationales.
Dans ce contexte, l’Ordre des ingénieurs entend renforcer son positionnement en tant qu’acteur clé auprès des pouvoirs publics. Il ambitionne de mettre son expertise au service des grandes orientations du pays, notamment dans des domaines jugés prioritaires comme les infrastructures, la transition énergétique, la transformation numérique ou encore la sécurité hydrique et alimentaire.
Parallèlement, une réforme interne a été annoncée afin de moderniser le fonctionnement de l’organisation. D’après la même source, cette évolution passe notamment par une plus grande implication des jeunes ingénieurs et une meilleure représentation des femmes dans les postes de décision, traduisant une volonté d’ouverture et de renouvellement.
Sur le plan social, le constat reste préoccupant. Le Conseil a insisté sur la dégradation des conditions matérielles des ingénieurs en Tunisie, tout en alertant sur la poursuite de la fuite des compétences vers l’étranger. Face à cette situation, l’instance appelle à des mesures urgentes pour améliorer l’environnement professionnel et proposer des incitations capables de retenir les talents.
Les ingénieurs ne cherchent pas une seule chose pour rester, mais un ensemble de conditions concrètes qui rendent leur carrière stable, motivante et évolutive. En Tunisie comme ailleurs, leur décision dépend surtout de l’équilibre entre reconnaissance, revenus et perspectives. Rappelons aussi qu’ environ 46 000 ingénieurs sur les 105 000 inscrits ont quitté la Tunisie au cours des dix dernières années, selon les données de l’Ordre des ingénieurs tunisiens. Ce phénomène, qui s’est accentué depuis 2014, s’explique notamment par l’attractivité des salaires et des conditions de travail à l’étranger.
À travers ces recommandations, les ingénieurs tunisiens cherchent à repositionner leur rôle comme levier central du développement national, dans un contexte marqué par des défis économiques et technologiques croissants.
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