La Tunisie, un des pays africains qui adoptent l’IA le plus rapidement
En 2025, l’intelligence artificielle s’impose comme l’une des technologies les plus rapidement adoptées au monde, mais sa diffusion révèle une fracture numérique de plus en plus marquée. Selon le rapport “Global AI Adoption in 2025- A Widening Digital Divide” de l’AI Economy Institute de Microsoft, 16,3% de la population mondiale a utilisé un outil d’IA au second semestre de l’année, contre 15,1% six mois plus tôt, confirmant une progression continue.
Derrière cette dynamique globale se cache toutefois une forte disparité entre les régions: près d’un quart de la population active des pays à hauts revenus utilise aujourd’hui l’IA, contre à peine 14% dans les pays à revenus intermédiaires ou faibles, un écart qui s’est encore creusé au fil de l’année.
Les pays les plus avancés dans l’adoption ne sont pas nécessairement les plus puissants économiquement, mais ceux qui ont investi précocement dans les infrastructures numériques, la formation et des politiques publiques favorables, à l’image des Émirats arabes unis, de Singapour ou de plusieurs pays européens. À l’inverse, de nombreuses économies du Sud restent freinées par le coût d’accès, le manque de compétences et des infrastructures insuffisantes.
La course mondiale à l’intelligence artificielle s’accélère…
En 2025, les Émirats arabes unis restent en tête de l’adoption de l’IA, avec 64% de leur population adulte utilisant des outils d’intelligence artificielle au second semestre. Cela représente une hausse de 4,5 points par rapport au premier semestre. Singapour suit avec 60.9%, en progression de 2.3 points. En Europe, la Norvège passe de 45.3 à 46.4%, l’Irlande de 41.7 à 44.6% et la France de 40.9 à 44%. Même des pays de taille moyenne, comme la Nouvelle‑Zélande ou les Pays‑Bas, enregistrent des hausses de 2 à 3 points. À l’inverse, les États‑Unis et la Chine sont derrière, malgré leur rôle dans le développement de ces technologies. Ainsi, cette situation révèle que la diffusion de l’IA ne dépend pas seulement de la technologie, mais aussi des infrastructures, de la formation et des politiques publiques.

Quid de l’Afrique et de la Tunisie?
En 2025, l’intelligence artificielle se diffuse progressivement en Afrique, mais le continent reste largement en retrait par rapport aux nations les plus avancées. Selon les estimations, environ 12% de la population africaine a utilisé des outils d’IA générative au second semestre de l’année, contre plus de 16% en moyenne mondiale.
La Tunisie, quant à elle, se place parmi les leaders africains, avec 12.7% de la population utilisant l’IA, ce qui la classe 8ᵉ sur le continent, derrière la Libye (13.7%), le Botswana (13.7%), le Gabon (13.4%), l’Égypte (13.4%), le Sénégal (12.9%) et l’Afrique du Sud (21.1%). Ces chiffres montrent que même les pays africains les plus avancés restent loin derrière les taux d’adoption observés en Europe ou en Asie, où certains États dépassent les 60% d’utilisateurs actifs.
L’adoption en Tunisie est portée par une population jeune et relativement formée, sensible aux usages professionnels et éducatifs de l’IA, mais qui reste freinée par des infrastructures limitées et le coût d’accès aux outils avancés.
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