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France: Après la grande distribution, le secteur sanitaire à son tour frappé par les cyberattaques

La menace ne s’arrête pas aux rayons frais: elle atteint aussi les poches de plasma. En quelques jours, la France et ses voisins découvrent qu’une simple hausse de température provoquée à distance peut transformer une infrastructure essentielle en point de vulnérabilité. Un avertissement qui dépasse largement le secteur alimentaire et concerne toutes les activités dépendantes de la chaîne du froid.

Trois sites de l’Établissement français du sang (EFS) ont été visés lundi par une cyberattaque ciblant les systèmes de contrôle des chambres froides. Les auteurs sont parvenus à relever considérablement les seuils de température et de dégivrage des installations où sont conservées les poches de plasma destinées à la transfusion et à la fabrication de médicaments.

Grâce aux dispositifs de surveillance et d’alerte, les anomalies ont rapidement été détectées, permettant à l’établissement de prendre les mesures nécessaires et de mettre les produits à l’abri. L’incident n’a entraîné aucune conséquence sanitaire identifiée ni aucune perte de produits. L’EFS précise également que les opérations de collecte et de distribution du sang se poursuivent sans perturbation. De leur côté, l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) et le ministère de la Santé ont ouvert une enquête afin de faire la lumière sur cette attaque.

Cet incident intervient dans un contexte de menaces croissantes visant les équipements frigorifiques. Quelques jours plus tôt, plusieurs enseignes européennes de la grande distribution avaient déjà été confrontées à des cyberattaques similaires. À la suite d’interventions malveillantes à distance, elles avaient constaté une hausse anormale de la température de leurs installations. Le bilan s’était alors révélé particulièrement lourd: plusieurs tonnes de marchandises perdues et un préjudice financier de plusieurs millions d’euros.

Au-delà de la diversité des secteurs touchés, ces incidents mettent en évidence une même fragilité. Autrefois cantonnées à leur fonction technique, les installations frigorifiques sont progressivement devenues des systèmes connectés, supervisés et pilotables à distance. Si cette évolution améliore l’efficacité énergétique et facilite la maintenance, elle multiplie également les possibilités d’intrusion. Il n’est désormais plus nécessaire de pénétrer physiquement dans un entrepôt pour en compromettre les stocks: quelques modifications à distance peuvent suffire.

Cette vulnérabilité ne concerne donc pas uniquement les supermarchés ou les établissements de santé. Elle s’étend à l’ensemble des acteurs dont l’activité repose sur la conservation et le transport de produits sensibles: restaurateurs, producteurs, logisticiens et industriels de l’agroalimentaire comme de la pharmacie. Pourtant, la cybersécurité des systèmes industriels reste encore insuffisamment intégrée aux stratégies d’investissement, alors même que leur interconnexion les expose à de nouveaux risques.

Dans ce contexte, l’exemple de l’EFS rappelle que la prévention ne repose pas uniquement sur des dispositifs numériques sophistiqués. Elle passe aussi par des mesures concrètes: alarmes autonomes, surveillance permanente des températures et procédures d’urgence maîtrisées. Des investissements relativement limités au regard des conséquences potentielles d’une rupture de la chaîne du froid.

Face à des menaces numériques croissantes, la protection des infrastructures ne relève donc plus du seul enjeu informatique. Elle conditionne aussi la continuité de l’activité, la préservation de la réputation et la compétitivité des organisations. La résilience s’impose ainsi comme un véritable facteur de différenciation économique.

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De Casablanca à la Silicon Valley: Al Mada Ventures mène un tour de table de 12 millions de dollars

 

Al Mada Ventures s’impose comme chef de file d’une opération de financement dans la Silicon Valley. Le fonds marocain a dirigé la série A de Journify, une société américaine spécialisée dans les technologies publicitaires, qui a levé 12 millions de dollars, soit environ 117 millions de dirhams. Annoncée le 3 novembre, l’opération a été codirigée par Silicon Badia, avec la participation de Shorooq, Bunat Ventures, Du Ventures et Oraseya Capital. Le fonds marocain a lui-même relayé l’annonce sur son compte LinkedIn officiel.

Créée en 2022 et basée à San Francisco, Journify développe une solution destinée à répondre à la fragmentation des données marketing, un enjeu majeur pour les annonceurs. Sa plateforme centralise les connexions entre les données commerciales des entreprises et les principaux écosystèmes publicitaires, notamment Google, Meta, TikTok et Snapchat. Elle leur permet ainsi d’affiner le ciblage de leurs campagnes et de mieux mesurer leur contribution aux performances commerciales. Un positionnement qui répond aux exigences croissantes de rentabilité et de transparence dans l’utilisation des budgets publicitaires.

L’intérêt des investisseurs pour la jeune entreprise s’appuie notamment sur la progression de son activité. Journify accompagne aujourd’hui plus de 100 clients et a connu une forte accélération depuis l’entrée de Silicon Badia à son capital. Ses revenus ont ainsi été multipliés par plus de cinq, tandis que sa valorisation a progressé de plus de quatre fois. Des indicateurs qui témoignent de la dynamique de l’entreprise, dans un secteur particulièrement concurrentiel.

Avec ce nouveau financement, Journify entend franchir une nouvelle étape dans son développement. La société prévoit de renforcer sa présence commerciale aux États-Unis et en Europe, deux marchés stratégiques où le durcissement des exigences en matière de protection des données personnelles transforme les pratiques publicitaires. Elle compte également accélérer le développement de ses outils d’intelligence artificielle afin d’automatiser davantage l’analyse des données et l’optimisation des campagnes.

Au-delà de l’opération elle-même, ce tour de table illustre les ambitions internationales d’Al Mada Ventures. Le fonds marocain entend accompagner des entreprises technologiques à fort potentiel de croissance, y compris au-delà des marchés africains et arabes. En prenant la tête d’un financement de série A dans la Silicon Valley, il franchit ainsi une étape supplémentaire dans son positionnement à l’international. Une évolution qui témoigne aussi de la capacité croissante des investisseurs de la région à jouer un rôle moteur dans le financement de start-up étrangères, plutôt que de se limiter à des participations minoritaires.

La présence de plusieurs fonds du Golfe et de la région MENA autour de Journify s’inscrit dans cette dynamique. Elle illustre la diversification des flux d’investissement, avec des capitaux régionaux qui se positionnent sur l’écosystème technologique américain et ses perspectives de croissance. Pour Journify, l’enjeu est désormais de transformer ces nouveaux moyens financiers en croissance durable, dans un secteur où l’intelligence artificielle et l’exploitation des données redessinent les facteurs de compétitivité.

 

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Eau: le Maroc accélère ses investissements pour sécuriser son avenir hydrique

Confronté à une sécheresse persistante et à une pression croissante sur ses ressources hydriques, le Maroc accélère sa transition vers de nouvelles solutions d’approvisionnement en eau. Le gouvernement a dévoilé une nouvelle stratégie nationale de sécurité hydrique, avec pour ambition de porter la production annuelle d’eau dessalée à 1,7 milliard de mètres cubes d’ici 2030. Présenté mardi par Nizar Baraka, ministre de l’Équipement et de l’Eau, ce programme vise à anticiper les effets du changement climatique et à répondre à la hausse des besoins nationaux.

Le dessalement constitue le principal levier de cette feuille de route. La capacité nationale est passée de 46 millions de mètres cubes en 2021 à 447 millions aujourd’hui, soit près de dix fois plus. Cette dynamique devrait se poursuivre avec les nouvelles stations de Nador et Driouch, qui totaliseront 300 millions de mètres cubes par an, et celle de Tanger, dont la capacité attendue est de 150 millions. D’autres projets sont prévus à Tiznit, Tan-Tan, Guelmim et Rabat, tandis que la station de Chtouka Aït Baha sera agrandie. À l’horizon 2031, le pays vise ainsi 1,8 milliard de mètres cubes de capacité annuelle, pour couvrir 60 % de ses besoins en eau potable.

Mais produire davantage ne suffit pas: encore faut-il pouvoir stocker la ressource. Le gouvernement ambitionne ainsi de porter la capacité des barrages à 27 milliards de mètres cubes d’ici 2031. Dix-sept grands ouvrages, représentant 5,4 milliards de mètres cubes, et six barrages de taille moyenne sont actuellement en chantier. Douze autres barrages viennent également d’entrer en phase de construction, avec une capacité supplémentaire annoncée de 4,9 milliards de mètres cubes.

La stratégie prévoit également de mieux répartir les ressources entre les régions. Selon les données présentées par le ministre, 53 % des précipitations se concentrent sur seulement 27 % du territoire, accentuant les disparités hydriques et la pression sur les nappes phréatiques. Pour y remédier, les transferts entre bassins seront renforcés. Après l’achèvement de la première phase reliant le Sebou au Bouregreg, une deuxième étape doit prolonger cette interconnexion jusqu’à l’Oum Er-Rbia, avec un transfert prévu d’environ 8 millions de mètres cubes.

Autre priorité: mieux maîtriser la consommation. Le programme prévoit d’étendre l’irrigation au goutte-à-goutte à plus d’un million d’hectares, d’améliorer les réseaux de distribution et de développer la réutilisation des eaux usées traitées. Les technologies numériques et l’intelligence artificielle seront également mobilisées pour suivre les prélèvements et mieux encadrer l’exploitation des nappes souterraines.

Enfin, la prévention des inondations complète ce dispositif, avec un nouvel atlas des zones exposées, le suivi des précipitations en temps réel et des systèmes d’alerte précoce. Vingt-sept projets de protection ont déjà été réalisés et vingt et un autres sont en cours.

À travers cette approche combinant dessalement, stockage, transferts d’eau et maîtrise de la demande, le Maroc entend renforcer durablement sa sécurité hydrique. Reste désormais à concrétiser les investissements annoncés et à respecter les échéances fixées, alors que la pression climatique continue de s’accentuer.

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Budget du ministère de l’Industrie: derrière la hausse de 48,2%, le poids grandissant des subventions

 

Le budget du ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie devrait atteindre 7 892,8 millions de dinars (MDT) en 2027, contre 5 325,6 MDT un an auparavant, soit une progression de 48,2%. Cette hausse figure parmi les plus importantes du projet de loi de finances (PLF) 2027. Elle s’explique essentiellement par l’augmentation des dépenses consacrées aux subventions des carburants et des engrais du Groupe chimique tunisien (GCT). Ces prévisions ont été présentées mardi 3 novembre par Salah Zouari, ministre de l’Équipement et de l’Habitat, chargé de la gestion du département.

Cette évolution intervient dans un contexte marqué par la hausse des cours du pétrole sur les marchés internationaux et les tensions géopolitiques persistantes au Moyen-Orient. L’augmentation des prix des hydrocarbures alourdit directement la facture des subventions énergétiques, qui devraient atteindre 7 090 MDT en 2027, contre 4 993 MDT en 2026, soit une progression de 42%. Elles constituent ainsi le principal poste de dépenses du ministère.

Le poids de ces engagements se reflète dans la structure budgétaire: sur une enveloppe globale de 7 892,8 MDT, les dépenses d’intervention absorberont 7 823,2 MDT, soit près de 99% des crédits, en hausse de 48,6% sur un an. Cette concentration laisse une marge particulièrement réduite aux dépenses de fonctionnement courant du département.

Parallèlement, les interventions de développement devraient passer de 60,5 MDT en 2026 à 551,8 MDT en 2027. Cette progression s’explique principalement par l’inscription de 500 MDT destinés au financement des engrais chimiques à usage agricole, dans le cadre d’un programme au profit du GCT.

La masse salariale devrait, quant à elle, augmenter de 20% pour atteindre 47,9 MDT. Cette hausse couvrira les recrutements réalisés en 2025 et 2026, l’intégration des agents des centres d’affaires relevant de l’Agence de promotion de l’industrie et de l’innovation, ainsi que l’arrivée de 106 nouveaux agents prévue en 2027.

Le budget prévoit également des dotations de 80 MDT environ pour le Fonds de développement de la compétitivité dans les secteurs industriel, des services et de l’artisanat, et de 45 MDT pour le Fonds de transition énergétique. Ces allocations visent à soutenir le tissu productif et à accompagner la transition vers des sources d’énergie plus durables.

À moyen terme, les dépenses du ministère devraient atteindre 7 933,6 MDT en 2028, avant de reculer à 7 656,6 MDT en 2029. Cette trajectoire reste toutefois tributaire de l’évolution des marchés pétroliers et des incertitudes géopolitiques régionales.

Au-delà de cette progression, le budget 2027 révèle une équation délicate pour la politique industrielle tunisienne: absorber le coût croissant des subventions énergétiques tout en préservant les ressources nécessaires à l’investissement, à la compétitivité et à la transition énergétique. Une contrainte qui continue de peser sur les finances publiques et de réduire les marges de manœuvre consacrées au développement.

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Consommation numérique: l’Afrique et le Moyen-Orient ne lâchent plus leurs écrans !

Le rapport Global Media Intelligence 2026 révèle que la région affiche le niveau de consommation médiatique le plus élevé au monde, devant l’Amérique latine et l’Amérique du Nord. Une donnée pertinente pour les annonceurs, à considérer toutefois avec recul.

Le Moyen-Orient et l’Afrique (MEA) se placent au premier rang mondial en matière de consommation de médias numériques. C’est l’un des principaux enseignements du rapport Global Media Intelligence 2026, dévoilé le 29 octobre par eMarketer, en partenariat avec Starcom et GWI, société spécialisée dans les études d’audience. Les données régionales reposent sur des enquêtes réalisées par GWI au cours des six premiers mois de 2026.

Couvrant 49 pays répartis dans sept grandes régions, le rapport analyse les pratiques médiatiques, du temps consacré aux différents supports aux usages de la vidéo, de l’audio et des jeux vidéo, en passant par l’équipement numérique.

En MEA, l’étude porte toutefois sur un nombre limité de marchés. Une couverture qui invite à la prudence: les résultats éclairent les pratiques des pays étudiés, sans prétendre refléter l’ensemble des dynamiques régionales ni les spécificités du public arabophone.

Le rapport souligne également la montée en puissance des réseaux sociaux et des vidéos courtes. À l’échelle mondiale, le temps qui leur est consacré dépasse désormais sept heures par semaine. En 2026, le visionnage de vidéos courtes a progressé de 21 minutes hebdomadaires, selon le communiqué de lancement, soit la hausse la plus importante parmi les formats étudiés. Une évolution qui confirme leur poids croissant dans l’économie de l’attention, en complément ou en concurrence avec les médias traditionnels.

Les habitudes varient néanmoins d’une région à l’autre:

  • L’Amérique latine domine l’utilisation des réseaux sociaux et le visionnage de vidéos courtes.
  • L’Amérique du Nord arrive en tête pour le streaming vidéo et musical, ainsi que pour les jeux vidéo.
  • L’Europe de l’Ouest se distingue par la résistance de la télévision linéaire et de la radio.
  • L’Asie de l’Est et l’Océanie enregistrent les niveaux les plus bas dans neuf des douze catégories analysées.

Autre élément à prendre en compte: les enquêtes ont été menées auprès d’internautes, essentiellement âgés de 16 à 64 ans, avec une extension à des tranches d’âge supérieures dans certains pays. Les résultats sont pondérés selon l’âge, le genre et le niveau d’éducation pour mieux correspondre à la structure de la population connectée de chaque marché.

Ils reflètent donc les usages des internautes, et non ceux de l’ensemble des habitants. Une limite importante, notamment dans les pays où l’accès à Internet reste inégalement réparti.

Pour les marques et les agences, ces données constituent néanmoins un repère utile pour orienter les investissements publicitaires. Elles mettent en évidence le poids du numérique en MEA, l’attrait pour les vidéos courtes et les disparités régionales. Autant de facteurs qui plaident pour des stratégies adaptées aux réalités de chaque marché, sans perdre de vue les limites de représentativité de l’échantillon.

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Élections américaines: les cours de l’or et de l’argent s’envolent sur les marchés mondiaux

L’or et l’argent évoluent en forte hausse en début de séance mercredi, bénéficiant de l’affaiblissement du dollar dans le sillage des élections de mi-mandat américaines. L’issue du scrutin, qui a permis aux démocrates de prendre le contrôle des deux chambres du Congrès, a été favorablement perçue par les marchés. À 07h00, l’once d’or s’adjugeait 1,33 %, à 3 983,99 dollars, tandis que celle d’argent avançait de 1,71 %, à 50,66 dollars.

Plusieurs facteurs financiers contribuent à expliquer ce regain de vigueur, à commencer par l’affaiblissement du dollar et la détente des rendements obligataires. « Le cours de l’or a progressé dans le sillage de ces évolutions », indique Kyrie Dichosa, analyste chez Trading Economics. La dépréciation du billet vert rend le métal jaune plus accessible aux investisseurs étrangers, tandis que le repli des rendements des bons du Trésor réduit le manque à gagner associé à sa détention.

Cette tendance haussière reste toutefois confrontée à certains facteurs de risque. Selon Trading Economics, les marchés évaluent à 78 % la probabilité d’une hausse des taux directeurs de la Fed en décembre. Une perspective de resserrement monétaire qui pourrait peser sur les métaux précieux, lesquels ne génèrent aucun rendement.

Au-delà des facteurs financiers, la nervosité des marchés semble influer sur la fonction même de l’or. Suki Cooper, responsable mondiale de la recherche sur les matières premières chez Standard Chartered, observe que le métal précieux serait désormais davantage perçu « comme une source de liquidités plutôt que comme une valeur refuge ». Ce changement de perception pourrait contribuer à expliquer les soubresauts du marché.

Sur un autre volet, le Conseil mondial de l’or a revu ses perspectives à la baisse concernant les investissements dans le métal jaune, ramenant leur croissance attendue à 200 tonnes métriques cette année, contre 400 tonnes précédemment. Les prévisions relatives aux achats des banques centrales ont, en revanche, été revues à la hausse, ces dernières continuant de jouer un rôle essentiel dans le soutien de la demande.

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