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Quand la céramique tisse des liens entre la Suisse et la Tunisie

Dans le cadre de la traditionnelle Settimana della lingua italiana nel mondo, l’Ambassade de Suisse a soutenu la visite de travail en Tunisie
de la céramiste suisse Tessa Donati (Momento Ceramics).

Cette visite s’inscrit également dans la valorisation du 70e anniversaire des relations bilatérales entre la Tunisie et la Suisse, célébré cette année.

Autour de trois œuvres en plâtre créées par l’artiste suisse Alberto #Giacometti pour la Tunisie, Tessa a animé trois ateliers à El Houch Concept Store (Djerba) et au Cnca Sidi Kacem Jélizi (Tunis).

La Tessinoise a également donné deux conférences à l’ISBAS Higher Institute of Fine Arts of Sousse (ISBAS) et à l’Institut Supérieur des Beaux-Arts Nabeul (ISBAN).

Ces rencontres ont été l’occasion d’un riche partage de savoir-faire et d’échanges avec les étudiants et les participants. Un dialogue fait de gestes, de techniques et de regards croisés, où chacun transmet et apprend à son tour : c’est tout le sens de cette coopération culturelle entre nos deux pays.

Ambassade de Suisse

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Vermeg passe sous pavillon Advent : le champion tuniso-britannique change de dimension

Un fonds américain à 109 milliards de dollars rachète le groupe de logiciels financiers fondé en Tunisie par Badreddine Ouali.

Advent a annoncé lundi 2 novembre 2026 la signature d’un accord pour acquérir Vermeg, groupe de logiciels financiers fondé en Tunisie par Badreddine Ouali. C’est l’une des plus grosses opérations de l’année pour la tech d’origine tunisienne.

A noter que le vendeur est le fonds britannique Charterhouse Capital Partners, avec le fondateur du groupe. L’acquisition se fait auprès de Charterhouse et de Badreddine Ouali. Advent n’avance pas seul : une filiale du fonds souverain d’Abou Dhabi (ADIA) co-investit en minoritaire. Le prix n’est pas public. Ni le prix d’acquisition ni la valorisation n’ont été communiqués, rapportent plusieurs médias.

Ce que Vermeg apporte

Vermeg équipe les acteurs de la finance et de l’assurance. Ses technologies couvrent la gestion des garanties (collateral management), les opérations post-marché, l’asset servicing et l’administration des contrats d’assurance-vie. Ce sont des métiers que les banques et assureurs ne peuvent pas se permettre de rater.

De son côté, Advent a de l’argent à déployer. Le fonds vient de lever 30 milliards de dollars pour ses fonds mondiaux, et il a ouvert un bureau à Abou Dhabi le 21 octobre. Il gère plus de 109 milliards de dollars d’actifs et affiche une stratégie claire : investir davantage dans les produits de Vermeg, ses capacités en intelligence artificielle et son développement commercial international. Advent ne vient pas seulement acheter un actif. Il vient financer une accélération, avec l’IA comme levier.

Six ans de transformation

Charterhouse est entré au capital en 2020 et a accompagné l’expansion internationale du groupe, ainsi que la cession de sa division de technologie réglementaire Agile à Regnology, annoncée en novembre 2024. Le groupe s’est recentré sur ses deux métiers de fond, les marchés de capitaux et l’assurance-vie.

En somme, il s’agit d’un fonds international de premier plan, adossé à un fonds souverain du Golfe, parie sur un éditeur né en Tunisie. Reste une inconnue : le montant. Tant qu’il n’est pas connu, impossible de mesurer ce que vaut vraiment le champion tuniso-britannique.

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Retraites, tiers payant, veto russe : la semaine du 26 octobre en 12 infos

Voici un récapitulatif des 12 principales informations publiées par leconomistemaghrebin.com durant la semaine du 26 octobre au 1er novembre 2026.

La semaine a été marquée par la crise des caisses sociales : l’ancien PDG de la CNSS, Hafedh Lamouri, juge que l’intégration de l’économie informelle n’équilibrera pas les comptes et plaide pour une réforme sur 30 ans (fusion des caisses de pensions, financement diversifié). Tandis que la Tunisie, où les 60 ans et plus pèsent désormais 16,9 % de la population, voit le ratio cotisants/retraités s’effondrer.

Sur le front de la santé, les pharmaciens privés ont suspendu le tiers payant pour les assurés de la CNAM dès le 1er novembre, invoquant des manquements contractuels.

Côté économie, le contrat de reconstruction du Stade d’El Menzah a été signé avec un groupement de deux entreprises chinoises. L’IACE a classé la Tunisie 82e sur 110 au Travel & Tourism Development Index (transport aérien à 2,2/7). Et le calendrier fiscal de novembre a été fixé (16, 20 et 30 novembre selon les profils).

Nizar Chaddad, après 27 ans à la BCT, prend la tête de la Société Monétique Tunisie pour accélérer la sortie du tout-cash. Le numérique est resté au cœur des débats : une tribune appelle à évaluer les investissements technologiques à l’aune de la valeur ajoutée nationale à l’épreuve du PLF 2027 et du sommet Russie-Afrique. Lotfi Gabsi rappelle les défis énergétiques, hydriques et cyber des data centers. Et le directeur du RNE, Adel Chouari, vise le « zéro copie conforme » dans les administrations d’ici 2027.

À l’international, Apple a alerté sur une faille (CVE-2026-86950) exploitée contre des iPhone ciblés. Enfin, le veto russe au projet américain a bloqué le renouvellement de la MINURSO, rouvrant le dossier du Sahara occidental.

Bonne lecture.

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Sousse : renforcement des équipements du CHU Sahloul avec 200 nouveaux lits

L’Hôpital universitaire Sahloul de Sousse vient de prendre livraison d’un premier lot de 200 nouveaux lits médicalisés sur un total de 313 programmés dans le cadre d’un programme visant à améliorer les conditions d’hospitalisation et la qualité des prestations.

La priorité a été accordée à l’unité d’hémodialyse dont les lits (20) ont été entièrement renouvelés, a indiqué la direction de l’hôpital dimanche. Le déploiement des nouveaux lits se poursuivra dans les différents services et unités hospitalières, conformément à un programme établi à cet effet.

Ce programme s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du plan stratégique du projet d’établissement. Il porte sur l’amélioration des conditions d’hospitalisation, la consolidation du confort et de la sécurité des patients, le développement de la qualité des prestations et la modernisation des infrastructures et des équipements de l’hôpital.

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Moscou s’invite dans le Gazoduc transsaharien via l’Algérie

L’Algérie envisage d’associer des entreprises russes à la construction du gazoduc transsaharien, un projet énergétique stratégique destiné à relier les ressources gazières du Nigeria aux marchés européens via le Niger et l’Algérie.

L’information a été annoncée par le ministre algérien des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, à l’issue d’entretiens avec son homologue russe Sergueï Lavrov, tenus à Moscou le 27 octobre. Selon le chef de la diplomatie algérienne, les négociations progressent et le contrat est en cours de finalisation. Les noms des entreprises russes concernées n’ont toutefois pas été communiqués.

Le groupe russe TMK, spécialisé dans la fabrication de tubes en acier et de solutions destinées au transport des hydrocarbures, est évoqué comme un partenaire potentiel.

Un corridor énergétique de plus de 4 000 kilomètres

Le gazoduc transsaharien, également désigné par l’acronyme TSGP, doit s’étendre sur plus de 4 000 kilomètres. Il vise à transporter entre 20 et 30 milliards de mètres cubes de gaz naturel nigérian par an vers l’Europe, en s’appuyant sur les infrastructures gazières algériennes et leurs connexions avec les marchés internationaux.

Les travaux du tronçon algérien ont été officiellement lancés en juin 2026 à Aoulef, dans la wilaya d’Adrar. Cette section doit relier la frontière nigérienne au centre national de dispatching de Hassi R’Mel, avant d’assurer la connexion au réseau national et aux infrastructures d’exportation existantes.

Le projet est développé conjointement par la compagnie algérienne Sonatrach, la Nigerian National Petroleum Company (NNPC) et la société nigérienne Sonidep. Il constitue l’un des grands projets de coopération énergétique entre les trois pays.

Lire aussi – Alger-Abuja : le pari du gazoduc transsaharien

Un partenariat aux enjeux économiques et géopolitiques

L’éventuelle participation d’entreprises russes s’inscrit dans la volonté affichée par Alger de renforcer la dimension économique de ses relations avec Moscou. Pour l’Algérie, l’enjeu est de consolider son rôle de plateforme de transit et d’exportation du gaz africain vers la Méditerranée et l’Europe.

La concrétisation du projet reste néanmoins tributaire de la coordination entre les trois pays, de la finalisation des accords et de la réalisation des différentes sections de l’infrastructure. L’association de partenaires russes pourrait apporter une contribution industrielle au chantier, mais ses modalités précises restent à définir.

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Quatre filières, un seul mouvement pour la mobilité de demain

Du 17 au 20 novembre 2026, le salon SAPRI accueillera l’initiative Mobility Lab, portée conjointement par quatre associations industrielles majeures. Il s’agit du Cluster Mecatronic Tunisie (CMT), de la Tunisian Automotive Association (TAA), d’ELENTICA et du Groupement des Industries Tunisiennes Aéronautiques et Spatiales (GITAS).

Cette alliance stratégique rassemble pour la première fois quatre filières clés autour d’une ambition commune : valoriser le savoir-faire industriel tunisien, renforcer les synergies intersectorielles et positionner la Tunisie comme un acteur de premier plan et hautement compétitif dans la mobilité de demain.

Un espace connecté au service de l’intégration industrielle

Pensé comme un lieu de vie et d’échanges dynamique plutôt qu’une simple juxtaposition de stands, le Mobility Lab réunira 20 entreprises tunisiennes. Les visiteurs professionnels y retrouveront :

  • Un espace d’exposition collectif mettant en avant l’excellence industrielle locale ;
  • Un espace B2B et networking dédié au développement d’opportunités d’affaires ;
  • Une scène de conférences et démonstrations dédiée au partage d’expertise et aux innovations ;
  • Un parcours d’orientation et d’accueil pour guider les visiteurs.

Quatre expertises complémentaires pour une force commune

La mécatronique, l’automobile, l’électronique et l’aéronautique partagent des exigences industrielles strictes, des compétences de haute valeur ajoutée et des briques technologiques communes. A savoir  CMT (dynamisation de la filière mécatronique), TAA (développement et rayonnement de l’industrie automobile), ELENTICA (écosystème des industries électroniques), GITAS (structuration des industries aéronautiques et spatiales).

Leur rapprochement au sein du Mobility Lab vise à accélérer l’intégration locale, stimuler l’innovation collaborative, favoriser la montée en compétences et faciliter l’accès à de nouveaux marchés internationaux.

Avec communiqué.

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Cryptomonnaies : après le vol de 6,3 milliards de dollars, les retraits reprennent 

La plateforme d’échange de cryptomonnaies Binance annonce la reprise progressive des retraits pour plusieurs actifs numériques, trois jours après une cyberattaque ayant entraîné le vol d’environ 6,3 milliards de dollars. L’incident, que le FBI attribue à un groupe de pirates informatiques nord-coréen, constitue une épreuve majeure pour la sécurité des plateformes d’échange et la confiance des investisseurs.

La reprise des opérations s’effectue par étapes, en fonction des actifs et des réseaux concernés. La première phase comprend notamment le Bitcoin, l’Ether, le BNB, le Solana, le XRP, le Dogecoin et certains stablecoins. Binance a prévenu que des retards temporaires pourraient persister en raison du volume des transactions et de la remise en service progressive de ses systèmes.

95 % des actifs dérobés couverts

La plateforme affirme avoir couvert environ 95 % des actifs volés, en mobilisant ses ressources financières, son fonds de protection des utilisateurs et d’autres réserves. Les 5 % restants correspondent à des jetons moins liquides, dont l’acquisition en quantités suffisantes pourrait prendre davantage de temps.

Binance s’est engagée à assumer l’intégralité des pertes sans les répercuter sur ses clients. Elle a également indiqué qu’elle reconstituerait son fonds de protection, le Secure AssetFund for Users (SAFU), après avoir mobilisé une partie de ses ressources pour remplacer les actifs manquants.

Cette réponse vise à éviter que le piratage ne se transforme en crise de solvabilité ou en mouvement durable de défiance. La capacité de la plateforme à honorer les demandes de retrait constitue désormais un indicateur essentiel de la confiance de ses utilisateurs.

Le FBI désigne un groupe nord-coréen

Le FBI a attribué l’attaque au groupe Trader Traitor, associé aux opérations informatiques de la Corée du Nord. Selon l’agence américaine, les pirates ont commencé à convertir les actifs dérobés en Ether, une cryptomonnaie susceptible d’être ensuite transférée par des plateformes de finance décentralisée et des services d’échange instantané afin de compliquer le traçage des fonds.

Les autorités américaines ont appelé les plateformes d’échange, les opérateurs de chaînes de blocs et les entreprises spécialisées dans l’analyse des transactions à bloquer les opérations liées aux adresses numériques identifiées dans l’enquête.

Le déroulement exact de l’intrusion reste à préciser. Richard Teng, co-directeur général de Binance, a décrit une attaque complexe impliquant notamment un ordinateur portable compromis et un logiciel malveillant conçu pour effacer les traces de son activité.

Des retraits massifs, premier test de confiance

Le rétablissement des retraits a été suivi d’une hausse initiale des demandes de sortie de fonds. Selon la société d’analyse DefiLlama, les sorties nettes de Binance ont dépassé 3,5 milliards de dollars dimanche. La plateforme n’a pas confirmé ce montant, mais affirme que les retraits ont rapidement diminué et se rapprochent de niveaux habituels.

L’ampleur du mouvement reste un indicateur important pour le marché. Binance compte des centaines de millions d’utilisateurs et détenait environ 162,8 milliards de dollars d’actifs en conservation, selon son rapport annuel 2025. Une crise de confiance durable pourrait donc avoir des répercussions sur l’ensemble du marché des cryptomonnaies.

Au-delà du montant record de l’opération, l’enjeu est désormais de déterminer comment l’intrusion a pu se produire, quelle part des fonds pourra être récupérée et si les mesures de sécurité de Binance seront suffisantes pour restaurer durablement la confiance. La plateforme a annoncé qu’elle publierait un rapport plus détaillé une fois l’enquête achevée.

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Chine-Suisse: près de 300 produits concernés par de nouvelles réductions douanières

Source: Xinhua.

La Suisse et la Chine ont signé, le 30 octobre 2026 à Pékin, un protocole qui élargit les concessions commerciales prévues dans leur accord de libre-échange. Le texte prévoit de nouvelles réductions tarifaires sur près de 300 catégories de produits, avec l’objectif de porter à plus de 99 % la part des échanges bilatéraux couverts par le régime du zéro droit de douane. Il ouvre également davantage les marchés des services et de l’investissement. Pour rappel, dans le cadre de l’accord initial, entré en vigueur en juillet 2014, la quasi-totalité des importations chinoises en Suisse bénéficiaient déjà d’une exonération douanière, contre environ la moitié des exportations suisses vers la Chine. La révision entend réduire cet écart. Selon les autorités suisses, 99,8 % des exportations actuelles de la Confédération pourront accéder au marché chinois sans droits de douane, une fois les nouvelles dispositions pleinement appliquées.

Les concessions concernent plusieurs produits qui occupent une place importante dans les exportations suisses. On peut citer: le café, les machines-outils et les montres bénéficieront notamment de conditions tarifaires plus avantageuses en Chine. Certaines réductions seront appliquées dès l’entrée en vigueur du protocole, tandis que d’autres suivront une période de transition de cinq ou dix ans. En plus, les avantages ne concernent pas exclusivement les entreprises suisses. La Chine a également obtenu de nouvelles concessions pour ses exportations vers la Suisse. Les graines oléagineuses, les huiles végétales et les aliments pour animaux de compagnie figurent parmi les produits qui bénéficieront de droits de douane plus favorables sur le marché helvétique. La Suisse prévoit, de son côté, d’élargir l’accès de son marché agricole, avec des réductions immédiates ou progressives selon les produits

Autrement-dit, les deux pays ont revu les conditions d’accès à leurs marchés des services et de l’investissement. La Chine prévoit notamment d’ouvrir davantage certains services liés à l’industrie manufacturière et au design professionnel aux opérateurs suisses. Elle a également pris des engagements dans les domaines financier, maritime et aérien. La Suisse a, pour sa part, introduit de nouvelles possibilités dans des activités telles que la formation, la recherche en médecine traditionnelle chinoise, certains services professionnels et la maintenance d’équipements.

Le protocole ajoute aussi un chapitre consacré au commerce numérique. Les deux parties s’engagent notamment à ne pas imposer de droits de douane sur les transmissions électroniques, à renforcer la protection des données personnelles et à faciliter les procédures douanières dématérialisées. La coopération portera également sur l’intelligence artificielle et les documents de transport électroniques. Autre évolution notable, le texte introduit pour la première fois dans un accord de libre-échange chinois avec un pays européen des dispositions juridiquement contraignantes consacrées au commerce et au développement durable, selon le gouvernement suisse. Elles couvrent notamment les échanges de biens et services environnementaux, la transition énergétique, l’économie circulaire, la biodiversité et les pratiques agricoles durables. Les dispositions relatives au travail et à l’emploi font également l’objet d’un accord spécifique signé lors de la même visite.

Il sied aussi de rappeler que cette révision intervient alors que les échanges entre les deux économies représentent un volume commercial important. Ils ont atteint 49,04 milliards de dollars en 2025, selon le ministère chinois du Commerce. La Suisse est le 7e partenaire commercial de la Chine en Europe, tandis que cette dernière constitue le 1er partenaire commercial asiatique de la Confédération.  

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Pétrole et gaz : La Banque africaine de l’énergie s’attaque au mur du financement

Face au désengagement progressif des banques internationales des hydrocarbures, l’Afrique se dote enfin de son propre levier de financement souverain. Avec un capital autorisé de 5 milliards de dollars, la Banque africaine de l’énergie (AEB) ambitionne de révolutionner la chaîne de valeur énergétique du continent.

L’Afrique disposait des gisements, des marchés et des compétences techniques, mais il lui manquait un instrument financier souverain de premier plan, rappelle une publication de nos confrères du site web Sikafinance. C’est désormais chose faite. En effet, réunis à Abuja au Nigeria, les 18 États membres de l’Organisation des producteurs africains de pétrole (APPO) et Afreximbank ont officiellement porté sur les fonts baptismaux la Banque africaine de l’énergie (Africa Energy Bank – AEB), fruit de quatre années de préparation minutieuse.

Le ministre ivoirien des Mines, du Pétrole et de l’Énergie, Mamadou Sangafowa-Coulibaly, a été plébiscité à la tête de l’Assemblée générale de la nouvelle institution pour un mandat d’un an, consacrant ainsi le rôle moteur de la Côte d’Ivoire dans la concrétisation de ce projet stratégique initié en 2022. La direction exécutive a quant à elle été confiée à l’Égyptien Helmy Ghazi, ancien cadre dirigeant de HSBC Égypte, retenu pour son expertise avérée des marchés financiers internationaux, écrit la même source.

Répondre à la crise du financement international

La genèse de cette institution trouve ses racines dans un constat alarmant : la contraction drastique des financements internationaux accordés aux projets d’hydrocarbures, sur fond d’accélération des politiques mondiales de décarbonation. Alors que les besoins d’investissement du continent dans le secteur s’élèvent à près de 200 milliards de dollars, les banques de développement et les institutions occidentales ferment progressivement le robinet du crédit.

Une équation intenable pour une région où près de 600 millions de personnes vivent encore sans accès à l’électricité, ajoute notre source, et où les énergies fossiles demeurent indispensables pour alimenter les industries, les transports et les réseaux électriques nationaux. Pour les dirigeants africains, la transition énergétique ne saurait signifier une asphyxie économique immédiate.

Briser la dépendance aux importations de carburants

Au-delà du simple soutien à l’amont (exploration et production), le mandat de la Banque africaine de l’énergie s’attaquera à une anomalie structurelle majeure du continent. Actuellement, l’Afrique exporte près de 75 % de sa production brute de pétrole, tout en important environ 70 % des produits raffinés qu’elle consomme.

Cette aberration logistique et commerciale expose lourdement les économies africaines à la volatilité des cours mondiaux, aux tensions sur les chaînes d’approvisionnement et à la lourde facture des subventions publiques aux carburants. L’AEB interviendra ainsi sur l’ensemble de la chaîne – du raffinage au stockage, en passant par le transport et la distribution – pour conserver la valeur ajoutée sur le sol africain et stimuler le commerce intra-africain.

Lancement opérationnel en janvier 2027

Si la banque est dotée d’un capital autorisé de 5 milliards de dollars, une première tranche de 1,25 milliard de dollars est en cours de mobilisation, dont plus de 500 millions de dollars d’ores et déjà disponibles pour amorcer les opérations. Le top départ effectif des activités est fixé au 4 janvier 2027.

Avant cette échéance, l’institution sera présentée aux acteurs économiques et institutionnels lors du Salon international des ressources extractives et énergétiques (SIREXE), qui se tiendra à Abidjan. La mission fixée à la nouvelle équipe dirigeante est claire : maximiser la valorisation des richesses pétrolières et gazières locales pour porter l’énergie, enfin, jusqu’au « dernier kilomètre » du continent.

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