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Serbie – Législatives : le mouvement étudiant renverse le pouvoir après quatorze ans de domination de Vučić

La liste soutenue par le mouvement étudiant serbe a remporté les élections législatives anticipées du 25 octobre avec 52,9 % des voix, mettant fin à quatorze années de domination politique d’Aleksandar Vučić. Cette victoire ouvre cependant une période d’incertitude sur la formation du prochain gouvernement et l’avenir démocratique du pays.

La Serbie connaît un tournant politique majeur. La liste étudiante, constituée de candidats issus de la société civile, a remporté une large victoire aux élections législatives anticipées du 25 octobre, face à la coalition du président nationaliste Aleksandar Vučić. Selon les résultats préliminaires, publiés lundi 26 octobre, elle a recueilli 52,9 % des suffrages et pourrait obtenir environ 140 des 250 sièges du Parlement, contre une centaine pour le camp au pouvoir.

Après quatorze ans de domination politique, Aleksandar Vučić a reconnu sa défaite. Le résultat consacre deux années de manifestations, de blocages universitaires et de campagnes de terrain menées dans les grandes villes comme dans les régions rurales. Le mouvement est né après l’effondrement, en novembre 2024, d’un auvent de la gare de NoviSad, qui avait causé la mort de 16 personnes. Les étudiants ont dénoncé la corruption et les défaillances des autorités, transformant progressivement la contestation en un mouvement national réclamant davantage de transparence et une réforme des institutions.

La liste étudiante a choisi de présenter des candidats issus de différents milieux professionnels, notamment des médecins, des universitaires, des juristes et des représentants de la société civile. Son objectif était de dépasser les clivages traditionnels et de rassembler les électeurs opposés au pouvoir en place. La campagne s’est concentrée sur la lutte contre la corruption, l’indépendance de la justice et le renforcement de l’État de droit. La participation électorale, proche de 70 %, témoigne de la forte mobilisation autour du scrutin.

Cette victoire ne garantit toutefois pas une transition sans difficultés. Le mouvement, qui n’est pas structuré comme un parti politique traditionnel, devra maintenir son unité, constituer une équipe gouvernementale et traduire ses revendications en réformes concrètes. Il devra également composer avec les réseaux administratifs et politiques liés au pouvoir actuel.

Un enjeu pour les Balkans et l’Union européenne

La défaite de Vučić pourrait avoir des répercussions au-delà des frontières serbes. Candidate à l’adhésion à l’Union européenne depuis 2012, la Serbie entretient des relations étroites avec Moscou et Pékin, tout en dépendant largement de ses échanges économiques avec l’Europe des 27.

Les institutions européennes ont salué le résultat et exprimé leur disponibilité à accompagner les réformes démocratiques. Bruxelles devra cependant concilier le soutien à une éventuelle transition institutionnelle avec ses attentes concernant l’État de droit, les relations avec la Russie et les tensions régionales, notamment autour du Kosovo.

La portée internationale de cette victoire reste incertaine. Le mouvement étudiant a surtout fait campagne sur les enjeux intérieurs et n’a pas encore précisé toutes les orientations de sa future politique étrangère.

Pour la Serbie, le défi commence désormais après les urnes : transformer une mobilisation citoyenne exceptionnelle en institutions plus transparentes et durables, sans décevoir les attentes élevées de la population.

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