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Tunisie-Russie : Moscou ouvre la porte à des projets énergétiques

La Russie se dit prête à examiner des propositions tunisiennes en matière de coopération énergétique. Maxim Orechkine, vice-directeur de l’administration présidentielle russe, a affirmé cette disponibilité lundi 26 octobre, dans un entretien accordé à l’Agence TAP en marge des préparatifs du troisième sommet Russie-Afrique, prévu à Moscou les 28 et 29 octobre.

Moscou attend des propositions tunisiennes

Interrogé sur les perspectives du partenariat tuniso-russe et les moyens de le développer, notamment dans le secteur de l’énergie, le responsable russe a assuré que Moscou était disposée à négocier différents projets de coopération.

Maxim Orechkine a souligné que la Russie restait ouverte aux propositions de la Tunisie. Il a toutefois insisté sur la nécessité d’une démarche concertée afin de concevoir des projets répondant aux besoins des deux parties, plutôt que de partir de plans préétablis.

Le nucléaire civil évoqué comme piste de coopération

Cette déclaration traduit une disponibilité à examiner de nouvelles pistes de coopération. Aucun projet énergétique précis ni accord bilatéral nouveau n’a cependant été annoncé dans cet entretien.

Le responsable russe a également cité l’énergie nucléaire à usage pacifique parmi les domaines susceptibles de contribuer au renforcement de la souveraineté énergétique des pays africains et au développement de leurs capacités de production d’électricité.

Le sommet Russie-Afrique prévu les 28 et 29 octobre

Les déclarations de Maxim Orechkine interviennent à l’approche du troisième sommet Russie-Afrique, qui se tiendra à Moscou les 28 et 29 octobre 2026, parallèlement à un forum économique et humanitaire.

Les travaux doivent notamment porter sur le développement des échanges commerciaux, les investissements, l’énergie, les technologies et la sécurité alimentaire.

À travers cette rencontre, Moscou entend approfondir ses relations économiques avec les pays africains et explorer de nouvelles possibilités de partenariat. Pour la Tunisie, les déclarations du responsable russe ouvrent la voie à l’examen de propositions dans le secteur énergétique, sans préjuger de la conclusion d’accords concrets.

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Hôpitaux de Bab Saadoun : le pari d’un réseau thermique pour économiser 40 % d’énergie (ANME)

Le projet de mise en place d’un réseau centralisé de chaleur et de froid (District Heating and Cooling – DHC) pour la colline sanitaire de Bab Saadoun devrait permettre de réaliser une économie d’énergie estimée à environ 40 % des besoins en chauffage et en refroidissement de 17 établissements de santé concernés, selon des données publiées, le 26 octobre 2026, par l’Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie (ANME).

Un atelier de travail consacré à la présentation des résultats de l’étude de faisabilité technique détaillée des scénarios retenus dans le cadre de ce projet, financé par un don de la Banque africaine de développement (BAD), s’est tenu lundi, à Tunis, selon un communiqué publié par l’ANME.

 Les travaux ont porté sur l’examen des résultats techniques de l’étude et la discussion des scénarios retenus pour la mise en place d’un réseau centralisé de chauffage et de refroidissement au profit des établissements de santé de la colline sanitaire de Bab Saadoun.

 Les échanges ont, également, abordé les aspects techniques et les exigences liées à la réalisation du projet qui devra contribuer à rationaliser la consommation énergétique et à réduire les émissions de carbone, tout en soutenant les efforts déployés de la Tunisie en faveur de la transition énergétique.

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Jendouba : un séisme de magnitude 3,5 enregistré à Béni Mtir

Une secousse tellurique de magnitude 3,5 sur l’échelle de Richter a été enregistrée, lundi 26 octobre 2026, à 11h02, au gouvernorat de Jendouba, par les stations de surveillance sismique, relevant de l’Institut national de la météorologie (INM).

Selon les premières analyses, l’épicentre de la secousse a été localisé à 36,83 degrés de latitude et 8,85 degrés de longitude, dans la zone située au nord- est de la région de Béni Mtir. D’après l’INM, la secousse a été ressentie par les habitants de la région.

 

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Tunisie : 32.557 recrutements prévus en 2027, l’Éducation en tête

Le projet de budget de l’État pour 2027 prévoit 32.557 postes dans la fonction publique, dont 5663 destinés à une nouvelle tranche de régularisation de la situation des agents des chantiers âgés de plus de 45 ans. L’Éducation arrive en tête des recrutements programmés, devant l’Intérieur, la Santé et la Défense nationale.

La répartition de ces postes, présentée par l’Agence Tunis-Afrique-Presse (TAP) le 25 octobre, accorde la priorité aux secteurs jugés vitaux. Ces prévisions restent liées au projet de budget pour 2027.

L’Éducation en tête avec 5855 postes

Le ministère de l’Éducation bénéficie du plus grand nombre de postes prévus, avec 5855 au total. Cette enveloppe comprend 2500 postes destinés aux titulaires d’une licence appliquée de la promotion de juin 2025, 100 pour les diplômés de l’École normale supérieure, 998 postes d’ouvriers et 2257 postes relevant de différents corps.

Le ministère de l’Intérieur arrive en deuxième position avec 4736 postes, dont 4411 destinés aux diplômés des écoles de formation et 325 relevant d’autres recrutements.

La Santé bénéficie de 4000 postes, tandis que la Défense nationale en compte 3704, dont 3254 destinés aux diplômés des écoles de formation et 450 relevant d’autres recrutements.

Plus de 1500 postes dans l’enseignement supérieur

Le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique se voit attribuer 1533 postes, dont 740 destinés aux titulaires d’un doctorat au titre de la tranche 2027, 20 aux diplômés de l’École normale supérieure et 773 relevant d’autres recrutements.

Le ministère de l’Agriculture et des Ressources hydrauliques dispose de 1300 postes prévus. Celui de la Justice en compte 1277, dont 502 destinés aux diplômés des écoles de formation, 50 postes de magistrats, 452 postes d’agents pénitentiaires et 775 relevant d’autres recrutements.

Au ministère des Finances, 1028 postes sont programmés, dont 28 pour les cadres de la douane et 1000 pour d’autres recrutements.

Les autres secteurs concernés

Le projet de budget prévoit également 1000 postes pour le ministère de la Jeunesse et des Sports, 570 pour l’Emploi et la Formation professionnelle et 412 pour l’Équipement et l’Habitat.

Les postes programmés concernent aussi le ministère de la Famille, de la Femme, de l’Enfance et des Personnes âgées, avec 280 postes, les Affaires sociales avec 250, les Affaires culturelles avec 221 et l’Industrie, des Mines et de l’Énergie avec 106. Quelque 622 postes sont par ailleurs affectés aux autres secteurs.

Le programme vise notamment les diplômés de l’enseignement supérieur ainsi que les catégories défavorisées et à revenus limités. Les besoins non couverts par ces recrutements devraient être pris en charge par la réaffectation des ressources humaines disponibles ou la mobilité professionnelle.

La masse salariale en hausse de 8,2%

En parallèle, les dépenses de rémunération prévues pour 2027 atteignent 27,349 milliards de dinars, contre 25,267 milliards inscrits dans la loi de finances pour 2026. L’augmentation s’élève à 2,082 milliards de dinars, soit 8,2%.

Cette hausse tient principalement compte de l’incidence financière des deux tranches d’augmentation des salaires et des rémunérations dans le secteur public pour la période 2026-2028. Elle intègre également les régularisations professionnelles, les promotions, les recrutements prévus et les ajustements liés aux départs à la retraite.

Les dépenses de rémunération devraient représenter 13,7% du produit intérieur brut (PIB), contre 13,4% prévus dans la loi de finances pour 2026. Leur part dans les dépenses du budget de l’État resterait stable à 39,7%.

Enfin, l’effectif total des agents autorisés à la fin de l’année 2027 est fixé à 692.702, conformément à l’article 45 de la loi organique du budget du 13 février 2019. Ce total englobe les effectifs des institutions et ministères concernés, ainsi que les recrutements qui seront réalisés dans le cadre des différentes opérations de régularisation.

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Faire rayonner le malouf tunisien à l’international  

Sélectionnée pour la super-finale du Concours International Léopold Bellan, l’Association Malouf Tunisien Paris, fait rayonner l’héritage musical tunisien. Une reconnaissance amplement méritée, qui n’a rien de surprenant pour ceux qui connaissent la richesse de son travail, son engagement et son attachement à notre patrimoine.

Au-delà de la musique, c’est toute la beauté de notre identité qui s’invite sur scène : l’élégance de la farmla (الفرملة) et la jebba tunisiennes, la noblesse de la chachia et la beauté de nos habits traditionnels, portés avec dignité et fierté.

Chaque détail du costume raconte une histoire, celle d’un patrimoine vivant, transmis avec amour et passion.

Faire rayonner le malouf tunisien à l’international, c’est faire entendre notre musique, admirer nos traditions et partager avec le monde une part précieuse de notre culture.

Le malouf tunisien est l’un des principaux types de musique traditionnelle tunisienne. Type particulier de la musique arabo-andalouse, on peut la considérer comme le fruit d’une synthèse entre le fonds culturel propre à cette région — autrefois appelée Ifriqiya — et les apports andalous, orientaux, africains et méditerranéens.

Créé en 1926 par le philanthrope et homme politique Léopold Bellan, le Concours International Léopold Bellan est l’un des plus anciens concours de musique et d’art dramatique de France. Il célèbre sa 100ᵉ édition du 25 au 30 octobre 2026 à Paris. Le concert de gala de la super finale aura lieu le 30 octobre 2026 à 14h au Conservatoire à Rayonnement Régional (CRR) de Paris.

Salwa Jemaa

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Attentat raciste de Trappes : garde à vue suspendue pour raisons psychiatriques

La garde à vue de l’auteur de la fusillade de Trappes (Yvelines) a été suspendue. Il a été transféré à l’infirmerie psychiatrique de la préfecture de police de Paris.   En bref La garde à vue de Kévin T., auteur…

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Le Maroc rejoint une opération de 30 pays contre la fraude de l’IA

Le Maroc a participé à une vaste opération internationale ciblant les fraudes facilités par l’intelligence artificielle, les arnaques financières numériques et l’extorsion sexuelle via les technologies, comme annoncé le 22 octobre par le ministère de l’Intérieur des Émirats arabes unis et rapporte Yabiladi. Dirigée par les Émirats arabes unis, l’opération «Confrontation Ghost» s’est déroulée du […]

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Quatre élections décisives en dix jours, le monde retient son souffle !

Une bataille féroce entre les partisans de la démocratie libérale et les apôtres de ce qui est désormais appelé la démocratie illibérale bat son plein partout dans le monde et cette bataille se cristallise durant ces dix jours au Brésil, en Israël, en Serbie et aux États-Unis où les libertés fondamentales et l’État de droit sont menacés et où les contre-pouvoirs sont ciblés par les candidats de la droite populiste. D’ailleurs, les candidats de cette tendance politique dans ces pays n’hésitent pas à s’entraider et à former un groupe informel décrit comme un international réactionnaire très solidaire.

Imed Bahri

Quatre élections sur quatre continents en l’espace de dix jours pourraient profondément remodeler la politique mondiale en accentuant la trajectoire autoritaire actuelle du monde ou, au contraire, en marquant un timide retour des normes démocratiques.

Julian Borger affirme dans le Guardian que ces élections se déroulent en Israël, en Serbie, aux États-Unis et au Brésil où les principes démocratiques fondamentaux pourraient être mis en péril à une époque marquée par une montée de l’autoritarisme à l’échelle mondiale.

Les libertés démocratiques tombées à des niveaux inédits depuis 1978

Selon l’institut suédois V-Dem, institut de recherche indépendant basé au sein du département de science politique de l’Université de Göteborg, qui s’appuie sur des outils d’évaluation multivariés, les libertés démocratiques dont jouit le citoyen moyen à travers le monde sont tombées à des niveaux inédits depuis 1978 soit la période antérieure à la chute du mur de Berlin et l’effondrement du communisme en Europe.

Ces élections pourraient soit conforter cette tendance soit l’atténuer. Dans chaque cas, des formations favorables à la démocratie se retrouvent en vive concurrence avec des dirigeants autoritaires qu’ils soient déjà au pouvoir ou qu’ils aspirent à le devenir. Il est fort probable que les résultats de chacun de ces scrutins aient des répercussions durables dans leurs régions respectives.

Ainsi, ce mardi, Benjamin Netanyahu affrontera ses adversaires lors des élections législatives. Le Premier ministre israélien, qui a gouverné pendant 19 des 30 dernières années, a conduit Israël vers un recul démocratique et une aggravation des violations des droits humains. Il est visé par la Cour pénale internationale pour des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité commis à Gaza. Une défaite électorale l’exposerait à des risques juridiques accrus, compte tenu du procès pour corruption auquel il fait face dans son propre pays. Sa coalition d’extrême droite est actuellement distancée par le bloc de l’opposition mené par l’ancien chef de l’état-major Gadi Eisenkot.

Le mardi d’après, le 3 novembre, la présidence de Donald Trump —marquée par une dimension impériale— pourrait se heurter au rejet des électeurs américains lors des élections de mi-mandat. Il est fort probable que les Républicains perdent au moins l’une des deux chambres du Congrès, voire les deux.

Les Démocrates en cas de victoire auront alors la lourde tâche de contenir les dérives de Trump, lesquelles ont entraîné un recul des États-Unis dans l’indice de démocratie libérale établi par l’institut V-Dem.

Au moment du dépouillement des votes aux États-Unis mardi 3 novembre, le visage du monde pourrait être radicalement différent : les quatre enjeux électoraux en question sont non seulement très serrés mais aussi étroitement liés.

Le mouvement Maga, associé à Trump, a apporté un soutien politique explicite à Netanyahu en Israël, Aleksandar Vučić en Serbie et Flavio Bolsonaro au Brésil. Le logiciel espion israélien Pegasus a été découvert dans les téléphones d’étudiants et de militants pro-démocratie en Serbie mobilisés contre Vučić. Bolsonaro, connu pour son soutien indéfectible à Israël, s’est engagé à suivre l’exemple des États-Unis en transférant l’ambassade du Brésil à Jérusalem en cas de victoire. Les États-Unis ont largement soutenu les guerres menées par Netanyahu, tandis que la Serbie s’est engagée à consacrer deux milliards de dollars à des systèmes de défense israéliens. En septembre, une usine commune a d’ailleurs été inaugurée pour produire des systèmes de surveillance et d’attaque.

Selon Borger, la victoire de la droite autoritaire dans un pays donné renforcerait la position de ses homologues ailleurs. À l’inverse, la victoire des défenseurs de la démocratie lors des élections offrirait espoir et encouragement à leurs alliés à travers le monde.

Bien que ces quatre scrutins puissent être étroitement liés, la lutte entre autoritarisme et démocratie revêt des formes très différentes selon les pays. Les probabilités de victoire, tout comme les enjeux, varient d’un cas à l’autre mais toutes ces situations présentent des résultats très serrés.

Dans le cas du Brésil (qui occupe le 28e rang de l’indice de démocratie), on a pu observer un renouveau démocratique depuis l’investiture de Luiz Inácio Lula da Silva le 1er janvier 2023 qui a battu le populiste Jair Bolsnaro, aujourd’hui en prison. Hier, dimanche 25 octobre 2026, il était confronté à Flavio, le fils de Jair, lors du deuxième tour de l’élection présidentielle brésilienne. Selon l’institut V-Dem, le Brésil affiche désormais un bilan démocratique bien que celui du Royaume-Uni et nettement meilleur que celui des États-Unis. 

Aleksandar-Vucic-et-Jair-Bolsorano.

Le succès de Lula annonce un réveil de la démocratie mondiale ?

Le fils Bolsonaro a non seulement promis de faire libérer son père mais aussi de sanctionner les membres de l’appareil judiciaire ayant pris part aux poursuites engagées contre lui. En cas de victoire, il allait s’appuyer sur une majorité de droite au Parlement. Il a par ailleurs annoncé son intention de modifier la Constitution et de «redémocratiser» le pays. Cette expression renvoie à la transition ayant mis fin au régime militaire en 1985. Pour la gauche brésilienne, elle prend une résonance orwellienne inquiétante surtout dans la bouche d’un homme qui se revendique ouvertement admirateur de figures marquantes de la junte jadis au pouvoir.

Bolsonaro a axé sa campagne sur une politique sécuritaire intransigeante, visant à répondre au problème chronique de la criminalité élevée. Il préconise notamment l’abaissement de l’âge de la responsabilité pénale en dessous de 18 ans — ce qui conduirait à l’incarcération d’un plus grand nombre d’adolescents — ainsi que des réformes judiciaires. Selon ses détracteurs, ces mesures viseraient en réalité à porter atteinte à l’indépendance de la justice.

Finalement, le pire a été évité : c’est Lula qui a remporté les élections avec 51,79 % des suffrages, contre 48,21 pour Bolsorano. Et c’est un bon signe de réveil de la conscience démocratique mondiale, qui ne demande qu’à être confirmé sous d’autres cieux.  

En Serbie (classée 112e dans l’indice de démocratie), Aleksandar Vučić, au cours de ses 12 années à la présidence, a méthodiquement sapé les fondements de la démocratie. Lui et ses alliés ont pris le contrôle de la majeure partie des médias audiovisuels du pays, faisant de lui la figure omniprésente sur les écrans de télévision durant la campagne électorale actuelle. L’avenir des deux dernières chaînes d’information indépendantes est désormais incertain, après leur rachat en pleine campagne par un investisseur portugais lié à Viktor Orbán, l’ancien Premier ministre populiste de Hongrie. Le Parti progressiste serbe, au pouvoir, a transformé les ministères et autres institutions publiques en instruments politiques, au point que, selon Raša Nedeljkov —directeur de programme au Centre pour la recherche, la transparence et la responsabilité (CRTA)—, «la frontière entre l’État et les partis a pratiquement disparu». Depuis deux ans, la Serbie est le théâtre d’un mouvement de contestation estudiantin qui, cette semaine, tentera de prendre le pouvoir. 

En Israël (classé 48e dans l’indice de démocratie), la démocratie est restée l’apanage des Juifs, tout en étant discriminatoire à l’égard des Palestiniens. Ils représentent environ un cinquième de la population mais ils sont constamment sous-représentés à la Knesset. Leur taux de participation électorale est inférieur à celui des Juifs israéliens, beaucoup estimant qu’il est inutile de participer à un système qui les exclut systématiquement. Le principal bloc d’opposition, qui rivalise avec Netanyahu, refuse de former une coalition avec les partis arabes et ce, même si une telle alliance pouvait faire la différence entre une victoire écrasante et une impasse incertaine lors de la répartition des sièges à la Knesset.

Benjamin Netanyahu a occupé le poste de Premier ministre, de manière intermittente, au cours des trois dernières décennies. Cependant, durant son mandat actuel —au sein d’une coalition incluant des partis extrémistes soutenus par les colons—, il a pris pour cible les normes démocratiques israéliennes. Il a cherché à restreindre l’indépendance du pouvoir judiciaire au nom d’une «réforme» qui lui était favorable, a exercé des pressions sur la presse indépendante et a politisé la police, l’armée ainsi que le service de sécurité intérieure, le Shin Bet.

La coalition d’opposition, dirigée par le général Gadi Eisenkot, partage une grande partie de la vision de Netanyahu concernant la Palestine. Elle soutient, dans une large mesure, la guerre à Gaza et rejette la solution à deux États. Il est toutefois déterminé à éradiquer la corruption de l’ère Netanyahu ainsi que les dérives autoritaires qui y sont associées. Bien que l’on s’attende à ce que l’alliance remporte davantage de sièges que la coalition gouvernementale lors des élections de mardi, elle n’est pas certaine d’obtenir la majorité absolue.

Les Démocrates à l’assaut d’un «empereur» nommé Trump

Enfin, aux États-Unis (classés 52e dans l’indice de démocratie), aucun autre pays occidental à l’époque moderne n’a connu un recul démocratique aussi rapide que celui observé en moins de deux ans sous le second mandat de Donald Trump. Profitant de la domination des Républicains qui lui sont acquis au Congrès et de la soumission d’une grande partie de la Cour suprême, Trump a instauré un régime présidentiel autoritaire. Il gouverne essentiellement par décrets et transforme les institutions de l’État —notamment les services de sécurité intérieure, le FBI ainsi que le Département de la Justice— en instruments politiques utilisés comme des armes contre ses opposants, les procureurs indépendants et les journalistes. La politique de l’administration, tant sur le plan intérieur qu’extérieur, a été mise à profit pour créer des occasions d’enrichissement personnel au bénéfice de la famille et des amis de Trump.

Les prérogatives de l’Agence de contrôle de l’immigration et des douanes (ICE) ont été considérablement étendues. Des agents, sommairement formés mais lourdement armés, ont été déployés à travers tout le pays, portant atteinte aux droits civiques de toute personne soupçonnée d’être un migrant en situation irrégulière, une situation qui affecte tout particulièrement la communauté latino-américaine.

Alors que les taux d’approbation du président Trump chutent à des niveaux historiquement bas, les Démocrates ont de bonnes chances de remporter la majorité à la Chambre des représentants et une probabilité plus faible de s’emparer également du Sénat. Même si les Démocrates prenaient le contrôle des deux chambres du Congrès, leur capacité à contenir les dérives autoritaires qui ont marqué la présidence de Trump resterait limitée. Il est en effet probable que ce dernier use largement de son droit de veto or, les Démocrates ne disposeraient ni des voix nécessaires pour passer outre ce veto ni de celles requises pour contrer les tactiques d’obstruction des Républicains au Sénat.

Sur le plan théorique, le Congrès détient le pouvoir budgétaire et peut conditionner le financement des ministères et des agences fédérales à la mise en œuvre de réformes. Par ailleurs, une majorité démocrate pourrait tirer parti de son contrôle sur les commissions parlementaires pour ouvrir des enquêtes sur des affaires de corruption ou d’autres irrégularités et pour émettre des assignations à comparaître à l’encontre de responsables gouvernementaux.

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Tribune. Europe 2026 et le moment 1848 : printemps ou automne européen ?

De Paris à Milan, de Lisbonne à Tirana, une même colère sociale traverse aujourd’hui plusieurs pays européens. Jeunesse mobilisée, crise du logement, services publics à bout de souffle, défiance envers les institutions : les similitudes avec le « printemps des…

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Libye : la Tunisie, l’Algérie et l’Égypte appellent à une solution politique globale et durable

La situation en Libye s’est envenimée. Aujourd’hui, il est essentiel de trouver des solutions diplomatiques. Tel est l’objet de la réunion du mécanisme de concertation tripartite sur la Libye, qui a réuni, à Alger, le ministre des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger, Mohamed Ali Nafti, et ses homologues algérien et égyptien : Ahmed Attaf, ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, de la Communauté nationale à l’étranger et des Affaires africaines de la République algérienne démocratique et populaire, et Badr Abdelatty, ministre des Affaires étrangères, de l’Émigration et des Égyptiens à l’étranger de la République arabe d’Égypte.

Dans un communiqué relayé par le ministère sur sa page Facebook officielle, Mohamed Ali Nafti a souligné l’importance de ce mécanisme en tant que cadre pratique de coordination, de consultation et d’échange de points de vue entre les pays voisins sur l’évolution de la crise libyenne. Il a également insisté sur la nécessité d’unifier les visions et les positions afin d’identifier les voies susceptibles d’aider les frères libyens à surmonter les difficultés actuelles, dans le but de renforcer la sécurité, la stabilité et le développement en Libye et dans la région.

Dans ce contexte, les trois ministres ont mis l’accent sur la convergence des positions de leurs pays à l’égard de la situation en Libye, ainsi que sur leur attachement au respect de son unité, de sa souveraineté et de l’intégrité de son territoire. Ils ont réaffirmé leur soutien aux efforts de la Mission d’appui des Nations unies en Libye, ainsi que leur volonté d’accompagner les initiatives onusiennes visant à faciliter le dialogue entre les parties libyennes et à créer les conditions propices à des progrès concrets dans le processus politique, aboutissant à une solution globale et durable en Libye.

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Nations unies : la Tunisie défend un ordre international fondé sur la force du droit

Par Ahmed NEMLAGHI

À l’occasion de la Journée des Nations unies, la Tunisie réaffirme son attachement au multilatéralisme, à la souveraineté des États et au droit des peuples à disposer librement de leur destin. Une position qui s’inscrit dans la vision défendue par le président de la République, Kaïs Saïed, pour qui aucune paix durable ne peut être construite sur la domination, les ingérences ou l’application sélective du droit international.

Dans un monde traversé par les conflits armés, les rivalités géopolitiques et les fractures économiques, la question de l’efficacité du système multilatéral se pose avec une acuité particulière. Créée au lendemain de la Seconde Guerre mondiale pour préserver les générations futures du fléau de la guerre, l’Organisation des Nations unies demeure un cadre essentiel de dialogue entre les peuples et les États. Pourtant, sa capacité à faire respecter les principes qui fondent son existence est régulièrement mise à l’épreuve.

C’est dans ce contexte que la Tunisie a réaffirmé, à l’occasion de la Journée des Nations unies, son attachement au droit international et à la consolidation du rôle de l’Organisation dans la préservation de la paix et de la sécurité internationales. Elle a également appelé à une réforme profonde de ses structures et de ses mécanismes de fonctionnement, afin de restaurer sa crédibilité et de lui permettre de répondre plus efficacement aux défis contemporains.

Cette déclaration traduit une orientation diplomatique fondée sur une conviction essentielle : la paix ne peut être durable lorsque les règles communes sont appliquées de manière inégale, que la souveraineté des peuples est contestée ou que les intérêts des puissances prennent le pas sur les principes du droit.

Pour le président de la République, Kaïs Saïed, la défense du droit international constitue un enjeu qui dépasse les considérations juridiques. Elle touche à la liberté des peuples, à l’indépendance des États et à leur capacité à déterminer leurs propres choix politiques, économiques et sociaux.

La position tunisienne repose sur des principes clairement affirmés : l’égalité souveraine des États, la non-ingérence dans les affaires intérieures, le règlement pacifique des différends et la primauté du dialogue. Ces principes constituent les fondements d’un ordre international dans lequel aucun État ne devrait pouvoir imposer sa volonté aux autres par la force, la pression ou la menace.

La Charte des Nations unies consacre cette ambition. Elle établit un cadre juridique destiné à prévenir les conflits, à favoriser la coopération internationale et à promouvoir des relations pacifiques entre les nations. Sa portée ne peut toutefois être pleinement réalisée que si ses dispositions sont respectées par tous, indépendamment de la puissance militaire, économique ou politique des États concernés.

C’est précisément là que réside l’une des principales contradictions du système international actuel : les principes sont universels, mais leur application demeure souvent confrontée aux rapports de force. Lorsque les violations du droit ne donnent pas lieu à des réponses cohérentes, la confiance dans les institutions internationales s’érode et la tentation du recours unilatéral à la force gagne du terrain.

Réformer l’ONU pour restaurer sa crédibilité

L’appel tunisien à une réforme profonde de l’Organisation des Nations unies s’inscrit dans cette recherche d’un multilatéralisme plus efficace et plus équitable.

Depuis sa création, l’ONU a joué un rôle important dans la prévention et la gestion des conflits, les opérations de maintien de la paix, l’action humanitaire, la lutte contre les épidémies, la réduction de la pauvreté et la promotion des droits humains. Ses agences et ses institutions spécialisées contribuent également aux politiques de développement, à la protection de l’enfance, à l’autonomisation des femmes et des jeunes ainsi qu’à l’action climatique.

Ces acquis ne doivent cependant pas masquer les limites auxquelles l’Organisation se heurte, notamment lorsque les divisions entre grandes puissances paralysent les mécanismes de décision ou entravent la mise en œuvre des résolutions. Une institution qui ne parvient pas à faire respecter les principes qu’elle proclame risque de voir son autorité affaiblie et les populations concernées perdre confiance dans sa capacité à les protéger.

La réforme défendue par la Tunisie vise donc à renforcer la cohérence entre les engagements internationaux et leur application concrète. Elle suppose des institutions plus représentatives, des mécanismes de décision plus efficaces et une volonté politique renouvelée de placer l’intérêt collectif au-dessus des calculs de puissance.

L’objectif n’est pas d’affaiblir l’ONU mais de lui permettre d’assumer pleinement sa mission. Dans cette perspective, le multilatéralisme ne peut se réduire à la coexistence formelle des États autour d’une même table. Il doit devenir un instrument réel de prévention des conflits, de règlement pacifique des différends et de protection des droits des peuples.

L’attachement de la Tunisie à la souveraineté nationale et à la non-ingérence s’inscrit dans l’expérience historique d’un pays qui a accédé à l’indépendance en 1956 et rejoint l’Organisation des Nations unies la même année.

Cette mémoire donne une portée particulière à la défense du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. L’indépendance ne représente pas seulement la fin d’une domination extérieure. Elle consacre également le droit d’une nation à choisir librement son avenir et à organiser ses priorités en fonction des aspirations de sa population.

Dans la vision portée par le président de la République, la souveraineté ne saurait être considérée comme un privilège réservé aux États les plus puissants. Elle constitue un principe fondamental des relations internationales, qui doit s’appliquer à tous les peuples sans distinction.

Cette conception implique de rejeter les ingérences et les pressions qui visent à imposer des choix nationaux de l’extérieur. Elle exige également que la coopération internationale repose sur le respect mutuel, l’égalité souveraine et la prise en compte des intérêts communs. La souveraineté ne signifie toutefois pas l’isolement. Elle permet, au contraire, de construire des partenariats librement consentis, dans lesquels les États coopèrent sans renoncer à leur autonomie de décision.

La Palestine, révélateur des contradictions internationales

La défense du droit à l’autodétermination trouve une illustration majeure dans la question palestinienne, que la Tunisie place au premier rang des causes justes auxquelles elle demeure attachée.

Le droit du peuple palestinien de déterminer librement son avenir, de vivre dans la dignité et de disposer d’un État indépendant et souverain constitue un enjeu central de la crédibilité du système international. La persistance du conflit et les souffrances infligées aux populations civiles soulèvent une question fondamentale : comment prétendre défendre un ordre fondé sur le droit lorsque les principes de protection des civils, d’autodétermination et de respect du droit international humanitaire ne sont pas garantis de manière effective ?

Pour la diplomatie tunisienne, la solidarité avec le peuple palestinien s’inscrit dans une conception universelle de la justice. Elle ne relève pas uniquement d’une proximité historique ou régionale, mais du refus que la force puisse priver un peuple de ses droits fondamentaux.

Cette position rappelle que la paix ne peut être confondue avec la seule interruption des hostilités. Elle suppose une solution politique juste et durable, fondée sur le respect des droits, la fin de la domination et la possibilité pour les peuples concernés de décider de leur avenir.

La question palestinienne met ainsi en lumière la nécessité d’un système international capable de faire prévaloir les règles communes sur les intérêts particuliers. Tant que les principes du droit seront soumis aux rapports de force, la confiance dans les institutions multilatérales restera fragile.

La déclaration tunisienne insiste également sur la complémentarité entre la paix et le développement. Cette articulation est essentielle, car les conflits détournent des ressources considérables des besoins sociaux, économiques et humains des populations.

Les guerres, les rivalités entre puissances et les conflits par procuration aggravent les inégalités, détruisent les infrastructures, provoquent des déplacements de populations et compromettent les perspectives de développement. Les ressources consacrées aux affrontements ne peuvent alors être mobilisées pour l’éducation, la santé, la protection sociale ou la transition écologique.

Une paix durable ne peut donc reposer uniquement sur des arrangements diplomatiques ou des dispositifs de sécurité. Elle exige également des conditions économiques et sociales permettant aux peuples de vivre dans la dignité, de bénéficier des fruits du développement et de participer aux décisions qui engagent leur avenir.

C’est dans cet esprit que la Tunisie met en avant le rôle de la coopération onusienne dans la réalisation de ses objectifs nationaux de développement. Le Cadre de coopération des Nations unies pour le développement durable 2027-2031 est présenté comme devant s’articuler avec le Plan national de développement, afin de renforcer l’appropriation nationale des priorités et de faire de la coopération internationale un levier au service des besoins du pays.

Une diplomatie fondée sur la constance des principes

À l’occasion du 81e anniversaire de la création de l’ONU et du 70e anniversaire de l’adhésion de la Tunisie à l’Organisation, le message tunisien réaffirme la continuité de ses principes diplomatiques : respect du droit international, souveraineté des États, non-ingérence, dialogue et règlement pacifique des différends.

La Tunisie souligne également la contribution de ses compétences nationales aux différentes instances et agences onusiennes ainsi que sa participation aux initiatives de maintien de la paix et de coopération internationale. Ces engagements illustrent la place que le pays entend occuper au sein du système multilatéral.

Mais la défense des principes doit s’accompagner d’une action diplomatique constante et de résultats concrets. La crédibilité du droit international dépend de la capacité des États à soutenir les mécanismes de prévention des conflits, à défendre les droits des peuples de manière cohérente et à promouvoir des solutions pacifiques aux crises.

Au fond, la vision défendue par le président de la République repose sur une exigence simple : substituer la force du droit au droit du plus fort. Dans un monde marqué par les rivalités et les incertitudes, la Tunisie rappelle que la paix ne peut être imposée durablement par la domination, pas plus que la liberté des peuples ne peut être subordonnée aux intérêts géostratégiques.

L’avenir du multilatéralisme dépendra de la capacité de l’ONU et de ses membres à faire vivre concrètement les engagements de sa Charte. Car la paix véritable ne résulte pas du silence des armes seulement, elle se construit dans le respect des droits, la reconnaissance de la souveraineté des peuples et la volonté de faire du développement une ambition partagée par l’humanité.

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Tunisie-UE: un financement de 80 millions d’euros attendu pour le budget de l’État

Un nouvel accord financier de 80 millions d’euros, soit environ 269,3 millions de dinars, sera conclu prochainement entre la Tunisie et l’Union européenne (UE). Prévue dans le cadre du programme de soutien à l’inclusion sociale, cette enveloppe est destinée au budget de l’État, a annoncé samedi la délégation de l’UE en Tunisie.

L’annonce intervient alors que Bruxelles se dit prête à engager des négociations avec Tunis sur les règles commerciales de l’Accord d’association. L’ambassadeur de l’UE en Tunisie, Giuseppe Perrone, a exprimé la volonté européenne d’ouvrir un dialogue global avec les autorités tunisiennes afin de réviser ces dispositions et de moderniser l’accord.

Signé le 17 juillet 1995 et entré en vigueur le 1er mars 1998, cet accord encadre les relations politiques, économiques et commerciales entre les deux parties. Aucun calendrier n’a été annoncé pour l’ouverture des négociations sur son volet commercial. Giuseppe Perrone a également réaffirmé la volonté de l’Union européenne de poursuivre son soutien à la Tunisie, qu’il a présentée comme un partenaire historique et fiable.

La coopération énergétique figure aussi parmi les axes des relations bilatérales. L’ambassadeur a notamment souligné l’importance du projet d’interconnexion électrique entre la Tunisie et l’Italie, baptisé ELMED. Cette infrastructure doit renforcer les échanges d’électricité entre les deux pays et développer les liens énergétiques entre la Tunisie et l’Europe. 

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D’Oradour sur Glane à Hébron | Même barbarie, même force aveugle

Benyamin Netanyahu et Yoav Gallant sont sous mandat d’arrêt international émis par la CPI. Bezalel Smotrich, le ministre extrémiste des Finances et des Colonies et Itamar Ben Gvir, le ministre raciste de la Sécurité – qui réserve la peine de mort par pendaison aux seuls Palestiniens – devraient aussi être sous mandat d’arrêt. Il faut espérer que les pays démocratiques exécutent ces mandats et interdisent, à tout le moins, le passage des criminels israéliens dans leur espace aérien. (Ph. L’armée israélienne expulse 2 600 Palestiniens d’Hébron : une opération de punition collective dans l’impunité la plus totale).

Mohamed Larbi Bouguerra *

«Nous sommes en guerre depuis trois ans… Votre désir de vengeance est sain, vous ne devriez pas avoir honte de le dire. Nous en avons assez de ces c… qui disent que l’ennemi est comme nous. Nous devons l’anéantir.» (Émission ‘‘Patriotes’’ du 7 octobre 2026 de la Chaîne 14 israélienne dévouée à Netanyahu à 100%).  

Dans la France occupée, le 10 juin 1944, l’armée nazie de Hitler, exécute un effroyable massacre dans le village d’Oradour/Glane situé à une vingtaine de kilomètres de Limoges. La population de ce bourg votait socialiste avant l’arrivée du Maréchal Pétain qui acceptait la collaboration avec les occupants allemands. Elle alimentait de diverses façons les nombreux foyers de résistance des Forces Françaises de l’Intérieur (FFI) des alentours qui infligeaient aux Allemands de lourdes pertes.

La division SS Das Reich investit avec des blindés et des engins sur chenilles. Elle encercle le village pour le couper du monde, puis les Allemands rassemblent toute la population et demandent qu’on leur indique les caches d’armes et les villageois qui possèdent une arme. Ils séparent ensuite les femmes et les enfants qu’ils enferment dans l’église où ils mettent le feu après qu’une bombe de gaz mortel n’a pas fonctionné et fusillent les hommes faisant au total 642 victimes et un village dévasté, aujourd’hui encore en ruine.

Yinon Magal, ancien député à la Knesset (Parlement israélien) proche du PM Netanyahu déclare : «Voilà à quoi devrait ressembler tout le territoire de Gaza, sans une seule maison, pierre sur pierre» (Télérama, n° 4006, 21 octobre 2026, p. 33). Israël a tué plus de 1000 Palestiniens en Cisjordanie depuis le 7 octobre.

Résistance à Hébron

Vendredi 23 octobre 2026, deux résistants palestiniens de Hébron (Al-Khalil), Firas et Hammouda al-Jaaba, à bord d’une voiture bien fournie en d’armes automatiques – provenant d’un réseau de résistants en Turquie, semble-t-il – attaquent un check-point sur la route 35 près de Hébron, tenu par l’armée d’occupation, tuant deux soldats et blessant trois autres. Après une course poursuite, des drones et des hélicoptères, les militaires sionistes les ont abattus.

Pour le chef d’état-major de l’armée sioniste, Eyal Zamir, «c’était une attaque grave. Une grande quantité de munitions a été trouvée dans le véhicule utilisé par les terroristes… Ces munitions étaient destinées à être utilisées dans une attaque à plus grande échelle.» (Le Monde, 25-26 octobre 2026, p. 2)

«Il ne fait aucun doute que ce réseau terroriste a opéré sous le nez des responsables du renseignement de l’armée israélienne et du Shin Bet, malgré un avertissement général selon lequel le Hamas avait l’intention de mener des attaques dans la région avant les élections prévues ce mardi», regrette le journal anglophone de droite israélien The Jerusalem Post du 25 octobre 2026.

Les élections générales israéliennes prévues pour le mardi 27 octobre présageant un mauvais score en faveur de Netanyahou, celui-ci a annoncé «une opération militaire d’une ampleur jamais vue depuis la guerre des Six Jours» pour rallier à sa cause sionistes religieux et autres messianiques. (Lire Jack Khoury, Haaretz, 24 octobre 2026).

Du coup, dans la nuit de vendredi à samedi, 250 familles palestiniennes – soit près de 2000 personnes – des quartiers Al- Jalda et Deir Balah – densément peuplés – ont été évacuées de leurs maisons car elles se trouvaient dans le voisinage du logement des deux résistants qui ont attaqué l’armée d’occupation, selon Khaled Fahd al-Qawasmi, maire-adjoint de Hébron qui ajoute que les familles n’ont été autorisées à prendre avec elles que le strict nécessaire pour aller soit dans un centre d’accueil préparé par la mairie soit chez des proches.

Al-Qawasmi apprend par ailleurs que les bulldozers de l’armée sont entrés en action dans les deux quartiers pour démolir des habitations. Israël veut tout détruire, dans le cadre du nettoyage ethnique voulu par Smotrich et Ben Gvir, ces ministres racistes et suprémacistes ; comme cela a été fait en 2025 pour les camps de réfugiés à Jenine, Tulkarem et Naplouse mettant dehors plus de 30 000 Palestiniens.

L’armée israélienne affirme que l’opération durera plusieurs jours. Elle a bloqué les entrées et les sorties de la ville ainsi que ceux de la ville proche de Halhul autorisant cependant les gens à sortir par trois points de contrôle après accord des services de sécurité. Les militaires se sont lancés à la recherche de suspects de «terrorisme» et d’armes.

De son côté, Netanyahu déclare : «Nous allons saisir toutes les armes et toutes les structures terroristes seront démolies.» Exactement comme disait le général Lammerding de l’armée allemande à Oradour/Glane en 1944 !

Tout aussi clair, le ministre sioniste de la Défense éructe : «Tout le quartier du clan à Hébron d’où les terroristes ont émergé aujourd’hui sera vidé de ses habitants et l’infrastructure de terreur sera traitée et démolie. C’est le seul langage que le terrorisme djihadiste comprend. Comme à Gaza et au Liban.»

Les services israéliens prétendent que les deux résistants palestiniens viennent d’un clan auquel appartiennent d’anciens prisonniers palestiniens libérés dans le cadre de l’échange avec le soldat Gilad Shalit.

Netanyahu, Gallant et Smotrich devraient être sous mandat d’arrêt

L’ONG des droits de l’homme israélienne B’Tselem condamne les plans de déplacement des populations et déclare : «Israël annonce ses crimes en préparation. Netanyahou et Katz ont fait état de leur intention de vider leur voisinage à Hébron et de rééditer le déplacement massif et la destruction infligés aux camps de réfugiés de Cisjordanie. Hébron est déjà sous cordon militaire et les démolitions ont commencé près du site de l’attaque. C’est clairement l’‘‘Elimination Project’’ (Projet d’élimination). Les gouvernements ont été avertis. Ils doivent agir maintenant pour prévenir une nouvelle vague de nettoyage ethnique et de crimes de guerre.»

Les responsables des massacres commis par les Nazis allemands en France, en Ukraine, en Pologne, en Italie ont été jugés au procès de Nuremberg et condamnés.

Benyamin Netanyahu et Yoav Gallant sont sous mandat d’arrêt international émis par la CPI. Bezalel Smotrich, le ministre extrémiste des Finances et des Colonies et Itamar Ben Gvir, le ministre raciste de la Sécurité – qui réserve la peine de mort par pendaison aux seuls Palestiniens – devraient aussi être sous mandat d’arrêt.

Il faut espérer que les pays démocratiques exécutent ces mandats et interdisent, à tout le moins, le passage des criminels israéliens dans leur espace aérien.

La barbarie et la force aveugle exercées par Israël en Palestine occupée sont une honte pour l’Occident comme pour les pays arabes.

* Professeur honoraire à la Faculté des sciences de Tunis et ancien directeur associé de recherche au CNRS, Paris.

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