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Mohamed Ali Nafti, les complots et les olives de Carthage

Épisode 1 – À Carthage, on vit dans un autre fuseau horaire Il est 6 h 18, jeudi 22 octobre. Les boulangers ont déjà enfourné leur pain, les agents de nettoyage ont commencé leur tournée et des milliers de Tunisiens attendent leur transport pour aller travailler. À Carthage, on publie un communiqué présidentiel. Six heures...

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Caisses noires, espionnage, pétrodollars : le gendre de Trump au cœur d’un scandale explosif

Selon une enquête explosive publiée par Vanity Fair, Jared Kushner, le gendre de Donald Trump, aurait été au cœur d’un réseau financier aux ramifications diplomatiques sensibles. Des accusations graves, que ses avocats rejettent catégoriquement et qui restent à ce stade à établir.

 

Tous les ingrédients d’un véritable roman d’espionnage sont réunis dans ce dossier explosif : des comptes secrets de près de deux milliards de dollars alimentés par les princes du Golfe, un iPhone piraté par Moscou et, au cœur de cette intrigue, un bénéficiaire de premier plan, à savoir Jared Kushner, l’époux de la fille chérie de Donald Trump, la belle Ivanka…

Selon un livre à paraître aux États-Unis, intitulé « Princes et voleurs : le plan secret de Jared Kushner et Mohammed ben Zayed pour remodeler le Moyen-Orient », dont le magazine américain Vanity Fair a publié jeudi 22 octobre quelques extraits particulièrement savoureux, les services de contre-espionnage néerlandais seraient parvenus à pirater l’iPhone personnel de Jared Kushner grâce à un transfuge russe. L’exploitation des conversations aurait mis au jour des éléments troublants : entre 2017 et 2018, le gendre de Donald Trump, alors conseiller parmi les plus proches du président et émissaire spécial au Moyen-Orient durant son premier mandat, aurait eu accès à des comptes bancaires secrets transférés via l’Azerbaïdjan et alimentés à hauteur de près de deux milliards de dollars par l’émir d’Abou Dhabi, Mohammed ben Zayed al-Nahyane. Ainsi que par le prince héritier et dirigeant de facto du royaume wahhabite, Mohammed ben Salmane (MBS).

Toutefois, il faut souligner que ces allégations reposent sur des sources anonymes, et aucun document bancaire ni autre preuve publique n’a été présenté permettant une vérification indépendante. Donc, la prudence est de mise.

L’ombre d’Israël

Toujours selon Matthew Cole, auteur de l’ouvrage attendu en librairie le 27 octobre, dont cette enquête aura nécessité quatre années de travail, les espions néerlandais observent notamment Jared Kushner se connecter à un premier compte bancaire domicilié aux Émirats arabes unis chez First Abu Dhabi Bank, présidée par Tahnoon ben Zayed, frère du président émirati, Mohammed ben Zayed al-Nahyane émirati MBZ.

Le mécanisme financier décrit est complexe. A partir de 2017, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis auraient injecté quelque 750 millions de dollars sur ce compte, en transitant par une banque azerbaïdjanaise, dans un pays régulièrement mis en cause pour des affaires de blanchiment d’argent.

Officiellement, le compte appartient à la fondation caritative émiratie Watani Al Emarat. Jared Kushner, alors chargé notamment du dossier israélo-palestinien et des relations avec les monarchies du Golfe, n’en serait pas le propriétaire, mais disposerait d’une autorisation lui permettant d’effectuer des transactions. Matthew Cole décrit ce compte comme une slush fund, autrement dit une caisse noire qui aurait servi à financer des opérations diplomatiques officieuses au Moyen-Orient.

Rappelons à ce propos que le président émirati Mohammed ben Zayed a noué très tôt des liens étroits avec l’entourage de Donald Trump. En décembre 2016, soit un mois avant l’investiture du président américain, il rencontre Jared Kushner à New York. Les deux hommes entretiennent ensuite des échanges réguliers sur WhatsApp, avec une ambition commune : redessiner les équilibres au Moyen-Orient en favorisant notamment un rapprochement entre Israël et les monarchies du Golfe. Une stratégie qui se concrétisera en 2020 avec la signature des accords d’Abraham.

Toujours selon l’enquête de Matthew Cole, le président émirati aurait dans un deuxième temps versé plus d’un milliard de dollars, toujours via l’Azerbaïdjan, sur un second compte destiné à Jared Kushner, avec des fonds déposés chez la Banque centrale d’Israël sur le conseil de Benyamin Netanyahou, un ami intime de la famille Kushner.

Autre allégation explosive. D’après l’ouvrage, Jared Kushner, le dirigeant des Émirats arabes unis Mohammed ben Zayed et le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane auraient initialement discuté de la création d’un fonds de plus de dix milliards de dollars. Parmi les objectifs évoqués figuraient l’annulation de l’accord sur le nucléaire iranien, la promotion de la position de ben Salmane et un accord israélo-palestinien. Cette idée a finalement été abandonnée et les fonds ont été transférés sur des comptes distincts.

Déni

Les avocats du gendre de Donald Trump nient catégoriquement et dénoncent même « des accusations scandaleuses et catégoriquement fausses […] complètement délirantes ». Ils attaquent notamment le manque de preuves matérielles de l’article, qui ne présente, au-delà des affirmations de sources anonymes, « aucun relevé bancaire, aucun justificatif de virement, aucun numéro de compte, aucune date de transaction ni aucun autre élément vérifiable », ont-ils déploré.

Du pain béni pour les démocrates

Si les révélations de Matthew Cole venaient à être confirmées, Jared Kushner pourrait s’exposer à des poursuites pour corruption, si des contreparties étaient établies, ou pour avoir agi au profit d’une puissance étrangère sans en avoir informé les autorités américaines.

De quoi alimenter les investigations des démocrates au Congrès, qui s’intéressent déjà aux liens financiers du gendre de Donald Trump avec les monarchies du Golfe et à ses éventuels conflits d’intérêts. À l’approche des élections de mi-mandat du 3 novembre, les démocrates pourraient, s’ils reprenaient le contrôle de la Chambre des représentants, convoquer Jared Kushner pour l’interroger sous serment. Affaire à suivre.

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Snapshot : Les immeubles délaissés de la rue Mokhtar Attia

En remontant la rue Mokhtar Attia, plusieurs immeubles semblent delaissés, inhabités et ne portent aucune mention qui pourrait renseigner sur le pourquoi de leur situation présente.

S’ils ne menacent pas ruine, ces immeubles n’en restent pas moins quasiment abandonnés voire livrés à eux-mêmes et aux quatre vents de l’hiver qui approche.

Que faire pour réhabiliter ces édifices ? Qui pourrait les prendre en charge si les propriétaires sont défaillants ?

Ces immeubles ne constituent qu’un simple exemple car les cas de ce type sont nombreux au centre-ville de Tunis.

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En médinant dans Tunis : Entre friandises et parfums

Aujourd’hui, j’ai fait le choix d’une déambulation dans la médina de Tunis dont je n’ai quitté les murs virtuels qu’en début de soirée, après la prière du Maghreb.

J’ai souvent esquissé certains personnages de la médina. Mes carnets numériques comptent près de cinq cents portraits impromptus que je capture au jour le jour, à travers le fil de mes médinations ici et ailleurs dans les villes.

Aujourd’hui, je retrouve le sourire de Jalel Benna dont la parfumerie à l’ancienne se trouve rue des Tamis. Comme à chaque fois que je lui rends visite, il me raconte comment Tahar Haddad et son grand-père se retrouvaient ici même, dans cette échoppe vieillotte sur laquelle veille un portrait de l’aieul.

Plus tard dans la journée, j’ai croisé quelques amis confiseurs de rues qui à l’image de Chokri au seuil de Sidi Mahrez et Chedly près de Sidi Brahim, offrent du nougat, de l’harissa d’amandes et d’autres friandises et rahat loukoums.

Installé à la confluence des rues Achour, Kahia et Monastiri, Chedly propose aujourd’hui de la takoua de sésame qui enchante mes amis. Cette douceur devenue rare de nos jours, est un délice qui heureusement a survécu, surtout à Bab Souika car l’autre faubourg de Tunis a presque perdu tous ses confiseurs.

Cette journée de la lenteur pédestre s’est écoulée au rythme intime de la médina, au hasard des rencontres, au fil des rues et des mosquées, des moments de candeur aussi comme devant ces trois enfants qui jouent au toboggan ou avec cette dame d’un certain âge qui, dans un français impeccable, se lance dans un éloge de la Tunisie.

Ces journées m’apportent de la sérénité et ravivent toujours ma curiosité. Le plus surprenant est ailleurs : à chaque fois, je découvre des nouveautés et noue de nouveaux contacts. Comme si la médina me chuchotait qu’elle était infinie et que nul ne saurait se saisir de cette complexité.

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