❌

Lese-Ansicht

Menaces sur les oliveraies tunisiennes

La Tunisie prend des mesures pour contrer la propagation de la tuberculose de l’olivier, une maladie bactérienne qui menace cette culture importante pour l’économie du pays. Parallèlement, les prévisions pour la campagne oléicole 2026-2027 indiquent une baisse de la production d’environ 40 % par rapport à la saison précédente, qui pourrait être encore davantage impactée par la recrudescence de cette maladie.

Le ministère de l’Agriculture a annoncé un programme exceptionnel d’interventions phytosanitaires, suite à la détection de foyers dans la zone de Melloulech, située dans le gouvernorat côtier de Mahdia — une région du pays à forte vocation oléicole.

Cette maladie, également appelée «tuberculose de l’olivier», est causée par la bactérie Pseudomonas savastanoi. Elle se manifeste par des excroissances noueuses sur les branches et les troncs, susceptibles de compromettre la vitalité des arbres et de réduire leur productivité. L’agent pathogène se propage principalement par le biais de lésions de l’écorce, favorisées notamment par les opérations de taille et l’utilisation d’outils agricoles contaminés.

Selon un communiqué du ministère de l’Agriculture, des équipes techniques pluridisciplinaires sont à pied d’œuvre dans les zones concernées depuis fin septembre, afin d’évaluer l’étendue des infections et d’identifier les arbres touchés.

Le plan d’urgence prévoit le confinement des zones infectées, l’élagage des arbres les plus gravement atteints, l’élimination des résidus végétaux infectés par brûlage contrôlé, ainsi que des traitements préventifs dans les oliveraies avoisinantes.

Surveillance dans tous les gouvernorats oléicoles

Les autorités ont par ailleurs mis en place des équipes régionales de surveillance dans tous les gouvernorats oléicoles, chargées de détecter rapidement tout nouveau foyer d’infection.

Aucune donnée officielle n’a encore été communiquée concernant les superficies touchées, ni aucune évaluation quantitative des pertes de production imputables à la maladie.

Cette urgence phytosanitaire survient à une période délicate pour le secteur. Selon Najah Saïdi Hamed, présidente de la Chambre nationale des producteurs d’olives, la production tunisienne d’huile devrait s’établir autour de 300 000 tonnes pour la campagne 2026-2027, contre environ 500 000 tonnes estimées pour la campagne précédente, soit une baisse de 200 000 tonnes (40 %).

Ce recul est principalement attribué au phénomène d’alternance biennale des oliviers : après une saison particulièrement abondante, les arbres ont tendance à enregistrer des rendements plus faibles. Par conséquent, il n’existe pas, à l’heure actuelle, d’éléments permettant d’établir un lien direct entre la baisse de production nationale prévue et la tuberculose de l’olivier. Toutefois, la prévision, formulée dès début septembre, a précédé l’annonce de l’urgence bactérienne.

Les enjeux sont importants pour l’économie tunisienne. En 2025, les exportations d’huile d’olive ont généré environ 4,07 milliards de dinars, soit l’équivalent d’environ 1,35 milliard de dollars. Au cours des dix premiers mois de la campagne 2025-2026, de novembre à août, les ventes à l’étranger ont atteint 381 200 tonnes, pour une valeur de 4,78 milliards de dinars, selon les données de l’Observatoire national de l’agriculture (Onagri).

L’Union européenne demeure la principale destination, absorbant 56,6 % des exportations en volume, tandis que l’Espagne et l’Italie en captent respectivement 31,9 % et 19,8 %. Environ 85,5 % de l’huile tunisienne exportée continue d’être commercialisée en vrac. Une récolte moins abondante pourrait avoir une incidence sur les quantités destinées à l’exportation ainsi que sur les prix ; toutefois, une éventuelle hausse des cours internationaux pourrait compenser, au moins partiellement, la baisse des volumes.

I. B.

L’article Menaces sur les oliveraies tunisiennes est apparu en premier sur Kapitalis.

  •  
❌