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Budget 2027 : des programmes pour renforcer l’inclusion scolaire et lutter contre la violence en milieu éducatif

Le document du projet de budget économique pour l’année 2027 comprend un ensemble de programmes et mesures visant à renforcer la justice sociale dans le secteur éducatif à travers la poursuite du développement des mécanismes d’inclusion scolaire, la lutte contre le décrochage et la violence dans les établissements scolaires ainsi que l’amélioration des services et la modernisation de l’administration scolaire.

Concernant l’inclusion scolaire, les orientations prévoient le développement des programmes et des mécanismes d’inclusion notamment, à travers l’élaboration d’un guide intitulé « Les apprenants à besoins spécifiques « , l’amélioration des méthodes pédagogiques, la mise en place d’une plateforme numérique de suivi des élèves inclus et le renforcement de la coordination avec les centres spécialisés.

Dans le cadre de la lutte contre le décrochage scolaire, les programmes portent sur la poursuite du programme de « la deuxième chance » avec la création d’une nouvelle section à Mahdia, le repérage des élèves menacés d’échec scolaire et la mise en oeuvre d’un programme visant à lutter contre ce phénomène.

Le programme « établissements éducatifs plus sécurisés » se poursuivra également dans le cadre des efforts visant la lutte contre la violence en milieu scolaire à travers le renforcement de la plateforme d’écoute et de l’Observatoire « Aïn » et la sécurisation des établissements scolaires.

Une conférence nationale consacrée aux nouveaux phénomènes et comportements sera organisée, afin de renforcer la prévention et la lutte contre les comportements pouvant affecter le milieu scolaire.

Par ailleurs, les efforts se poursuivront afin de fournir des repas scolaires à près de 300 000 élèves bénéficiant d’un repas froid et à 4 000 élèves bénéficiant d’un repas chaud. Les cantines scolaires pourront accueillir environ 133 000 élèves, dont 68 000 demi-pensionnaires et 25 000 internes. La capacité des internats scolaires s’élève à 51 100 élèves.

Dans ce cadre, un projet pilote prévoit la préparation de repas sains à partir de produits locaux dans les gouvernorats de Siliana, Kairouan et Nabeul. Ces repas seront préparés à proximité des établissements concernés par des ouvrières agricoles affiliées à des organisations professionnelles agricoles. Il prévoit également la création de fermes pédagogiques durables, le renforcement des actions en faveur de la santé physique et psychologique des élèves et l’amélioration des conditions de vie dans les internats.

Concernant le transport scolaire, les mesures prévoient l’acquisition de 73 nouveaux bus, qui s’ajouteront aux 95 déjà disponibles, ainsi que le renforcement du transport scolaire en milieu rural en collaboration avec les transporteurs sous contrat. Ces actions visent à améliorer les déplacements des élèves et à favoriser l’égalité d’accès à l’éducation.

Les orientations prévoient également la disponibilité des manuels scolaires et des cahiers subventionnés, tout en maintenant leurs prix et leur qualité. Elles incluent également l’amélioration et l’extension des infrastructures scolaires et le développement des pôles éducatifs.

En ce qui concerne la modernisation de l’administration scolaire et l’amélioration de la qualité, les orientations portent sur le développement d’un système d’information intégré permettant un suivi en temps réel, la mise en place d’un système numérique unifié pour l’éducation et l’élaboration d’un référentiel national de qualité.

Elles prévoient également la mise à disposition d’équipements informatiques et le développement des services numériques liés à l’inscription à distance, à la mobilité du personnel et à l’inscription aux services scolaires.

Les mesures comprennent, en outre, le développement d’une plateforme de suivi des projets d’infrastructure scolaire, afin d’améliorer leur suivi, leur gouvernance et l’efficacité de leur gestion.

Par ailleurs, les orientations relatives à l’enseignement supérieur visent à renforcer son rôle en tant que moteur de production des connaissances et de développement du capital humain, des compétences scientifiques et technologiques et de l’innovation, afin d’accroître la compétitivité de l’économie nationale.

Le plan de développement pour la période 2026-2030 vise à mettre en place un enseignement supérieur moderne, fondé sur l’excellence technologique, la qualité et la bonne gouvernance, mise à part le développement de l’enseignement et le renforcement de sa capacité à répondre aux mutations économiques et technologiques.

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Budget 2027 : le gouvernement ambitionne de créer 500 sociétés communautaires

Le gouvernement oeuvre à porter à 500 le nombre de sociétés communautaires et d’en financer 250, selon le document du projet de budget économique pour l’année 2027.

Ces objectifs s’inscrivent, selon ce document, dans le cadre des orientations visant à renforcer le réseau des sociétés communautaires et à consolider leur rôle dans la création d’emplois et la promotion de l’initiative collective à travers l’amélioration des conditions de création de ces structures, le renforcement de leur accompagnement et la simplification de leur passage à l’activité effective, à même d’assurer leur pérennité et de favoriser leur participation à la création de richesse.

Selon le même document, ces orientations prévoient l’amélioration de l’accès au financement et aux circuits de commercialisation, le renforcement de la ligne de financement dédiée aux sociétés communautaires, ainsi que la création d’une ligne d’autofinancement mobilisant les ressources du Fonds national de l’emploi.

Elles prévoient aussi la signature d’accords avec les institutions financières et la diversification des sources de financement, afin de mettre en place des mécanismes adaptés aux besoins de ces sociétés.

Les mesures envisagées portent aussi sur l’élaboration d’un programme et d’un guide d’accompagnement administratif, juridique, logistique et financier, destinés à apporter le soutien nécessaire aux bénéficiaires. Elles prévoient, en outre, le développement d’une plateforme numérique dédiée au marketing, afin de faciliter la commercialisation des produits et services des sociétés communautaires.

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Budget 2027 : une enveloppe de 1 321 millions de dinars prévue pour les investissements dans la santé

Les dépenses d’investissement dans le secteur de la santé devraient doubler en 2027, pour atteindre 1 321 millions de dinars, contre 780 millions de dinars en 2026, selon le projet de budget économique pour 2027.

Par ailleurs, les dépenses du Fonds de soutien à la santé publique devraient s’élever à 200 millions de dinars l’année prochaine, contre 100 millions de dinars au cours de cette année.

Ces orientations s’inscrivent dans le cadre de la politique sanitaire au titre de l’année 2027 et de la mise en œuvre du plan de développement pour la période 2026-2030. Ce plan vise à réformer le système de santé, à améliorer la qualité des services de santé publique, à renforcer la prévention et la sécurité sanitaire, ainsi qu’à garantir un accès équitable aux soins.

Les priorités annoncées dans le cadre du projet de budget économique comprennent le renforcement des soins de santé de base et des spécialités médicales, le développement des services de santé numériques, ainsi que l’accélération de l’achèvement des projets en cours, notamment les hôpitaux régionaux et locaux, afin d’améliorer les services de santé et de les rapprocher des citoyens.

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Achats sur les réseaux sociaux : quand le consommateur se retrouve sans recours

Les publicités défilent quotidiennement sur Facebook et Instagram, proposant une multitude de produits à des prix souvent attractifs. Articles ménagers, accessoires de cuisine, vêtements, chaussures, produits cosmétiques, gadgets électroniques ou encore objets présentés comme révolutionnaires : les offres se multiplient, accompagnées de vidéos séduisantes et de promesses commerciales parfois difficiles à vérifier. En quelques clics, le consommateur peut passer commande et se faire livrer directement à domicile. Mais derrière cette apparente simplicité se cache une réalité beaucoup moins rassurante.

En Tunisie, une partie de ce commerce réalisé à travers les réseaux sociaux semble évoluer dans une zone grise où l’identité du vendeur, l’origine des marchandises et les possibilités de réclamation demeurent souvent floues. Lorsque le produit livré ne correspond pas à celui présenté dans la publicité, le consommateur peut rapidement se retrouver face à une impasse.

Des publicités séduisantes, mais des vendeurs parfois insaisissables

Le mécanisme est désormais bien rodé. Une publicité apparaît sur le fil d’actualité d’un internaute, généralement accompagnée d’une démonstration vidéo particulièrement convaincante. Le produit semble pratique, innovant et proposé à un tarif accessible. Il suffit alors de remplir un formulaire, d’envoyer un message privé ou de communiquer son numéro de téléphone pour confirmer la commande. Quelques jours plus tard, un livreur se présente au domicile du client, qui règle généralement le montant demandé à la réception. Une partie de ces marchandises peut provenir de Chine ou d’autres marchés étrangers, sans que leur provenance exacte soit toujours clairement indiquée. Mais le problème ne réside pas nécessairement dans le pays de fabrication. Il concerne avant tout l’absence d’informations fiables sur le vendeur, les caractéristiques réelles du produit et les garanties offertes après l’achat. Les images utilisées dans les publicités peuvent être particulièrement valorisantes, tandis que l’article reçu se révèle parfois de qualité médiocre, différent du modèle présenté ou tout simplement inutilisable. Dans le commerce traditionnel, le consommateur dispose généralement d’un interlocuteur identifiable auquel il peut s’adresser en cas de problème. Dans ces transactions réalisées sur les réseaux sociaux, la situation peut être tout autre. Certaines pages commerciales ne mentionnent ni adresse physique, ni raison sociale, ni numéro d’identification de l’entreprise. Les échanges se limitent parfois à une conversation sur Messenger, WhatsApp ou à un simple appel téléphonique. Une fois la commande livrée et payée, obtenir une réponse peut devenir particulièrement compliqué.

Livraison à domicile : une chaîne de responsabilités difficile à identifier

L’intervention des sociétés de livraison ajoute une difficulté supplémentaire. Ces prestataires assurent l’acheminement des commandes et, dans certains cas, l’encaissement des paiements pour le compte des vendeurs. Pourtant, lorsqu’un client découvre que le produit ne correspond pas à ses attentes ou à la description annoncée, il peut se heurter à un véritable jeu de renvoi des responsabilités. Le livreur explique qu’il n’est chargé que du transport, tandis que le vendeur peut devenir injoignable ou refuser toute réclamation. Cette situation soulève plusieurs interrogations. Qui est réellement responsable lorsque le produit livré est défectueux ou différent de celui commandé ? Comment identifier le vendeur lorsque la transaction ne s’accompagne d’aucune facture ni d’aucun document commercial ? À qui le consommateur peut-il s’adresser lorsque la page ayant diffusé la publicité disparaît, change de nom ou cesse simplement de répondre aux messages ?

Il serait néanmoins inexact d’affirmer que ces transactions échappent à toute réglementation. La Tunisie dispose d’un cadre juridique relatif au commerce électronique et à la protection du consommateur. La loi du 9 août 2000 relative aux échanges et au commerce électroniques prévoit notamment des obligations concernant les informations communiquées au consommateur et les transactions à distance. Le véritable enjeu réside donc dans l’application effective de ces dispositions aux ventes effectuées par l’intermédiaire des réseaux sociaux, particulièrement lorsque les vendeurs opèrent de manière informelle ou demeurent difficiles à identifier. La question du contrôle se pose avec d’autant plus d’acuité que ces publicités peuvent toucher quotidiennement un nombre considérable d’utilisateurs. La facilité avec laquelle une page peut promouvoir un produit, recueillir des commandes et organiser leur livraison contraste parfois avec les difficultés auxquelles se heurte un client souhaitant simplement obtenir un remboursement ou retourner un article non conforme.

Une protection du consommateur à renforcer

La comparaison avec les pratiques européennes met en évidence l’importance d’un encadrement effectif. Au sein de l’Union européenne, les achats à distance effectués auprès de professionnels sont soumis à des obligations d’information, à des garanties légales de conformité et, sauf exceptions, à un droit de rétractation de quatorze jours. Le consommateur dispose ainsi de droits clairement définis lorsqu’il souhaite retourner un produit ou contester une livraison non conforme. Même si des difficultés peuvent également survenir dans leur application, ces mécanismes constituent une protection essentielle. En Tunisie, le développement rapide des ventes sur Facebook et Instagram impose de s’interroger sur l’efficacité des dispositifs de contrôle existants. Il ne s’agit évidemment pas de remettre en cause l’ensemble des commerçants qui utilisent les réseaux sociaux pour développer leurs activités. Beaucoup exercent de manière sérieuse et respectent leurs engagements. Le problème concerne surtout les pratiques opaques qui permettent à certains vendeurs de commercialiser des produits sans offrir aux clients des garanties suffisantes. Une meilleure identification des vendeurs, la délivrance systématique de justificatifs d’achat, la transparence des conditions de retour et la mise en place de procédures de réclamation accessibles apparaissent comme des exigences fondamentales. Le rôle des entreprises de livraison mérite également d’être clarifié, notamment concernant les informations permettant d’identifier leurs clients professionnels et les modalités de traitement des litiges. Sans leur attribuer automatiquement la responsabilité de la qualité des marchandises transportées, il paraît légitime de s’interroger sur leur place dans cette chaîne commerciale.

Au-delà des textes juridiques, c’est aussi la question de la surveillance des pratiques commerciales sur les plateformes numériques qui se pose. Les autorités compétentes disposent-elles de moyens suffisants pour identifier les vendeurs qui multiplient les publicités trompeuses ? Les consommateurs connaissent-ils les démarches à entreprendre pour signaler une transaction litigieuse ? Et surtout, ces démarches permettent-elles réellement d’obtenir réparation lorsque le vendeur refuse de coopérer ? A mesure que les réseaux sociaux deviennent de véritables vitrines commerciales, la protection du consommateur ne peut rester en décalage avec l’évolution des habitudes d’achat. Commander un produit en quelques secondes ne devrait pas signifier renoncer à ses droits. Car derrière chaque publicité séduisante et chaque livraison à domicile, il doit exister une responsabilité clairement identifiable. Faute de quoi le commerce numérique risque de devenir, pour certains vendeurs peu scrupuleux, un espace où il est beaucoup plus facile de vendre que de répondre de ses engagements.

Leila SELMI

 

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