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Sur la voie publique : des aberrations au quotidien 

Durant la journée et dans plusieurs artères de la capitale, des scènes aberrantes se passent et se répètent devant le citoyen piéton qui trouve du mal à les accepter, étant donné qu’il n’aura jamais imaginé de les voir et de les vivre, parfois dangereusement.

Pour traverser une rue, d’un trottoir à l’autre, et même si cette rue est à sens unique, ce citoyen doit impérativement prendre toutes ses précautions pour ne pas finir à la morgue. Après avoir tiré sa révérence sur le coup! Car il doit regarder dans les deux sens pour éviter d’être fauché par un vélo ou une moto dont le conducteur roule très vite et en sens inverse, en toute «sécurité». Cela est d’ailleurs devenu une chose commune et une évidence chez une catégorie de citoyens qui devraient être… déchus de leur citoyenneté, eh oui, pour des mois ou des années pour la simple raison qu’ils devraient la mériter au concret. Enfreindre la loi et provoquer des accidents mortels avec préméditation est un acte passible d’une peine d’emprisonnement et d’une amende. D’un autre côté et sur le trottoir, les bicyclettes et les motos peuvent surgir de partout, puisque les messieurs qui les utilisent ne prennent pas la peine d’en descendre, car ils continuent leur chemin, qu’ils auraient dû faire à pied, toujours sur l’engin jusqu’à arriver tranquillement à leur boutique ou magasin. Un non-respect total envers autrui ! Qui fera mieux en termes d’incivisme?

Le «rapide» est devenu plus lent

Le pauvre citoyen se retrouve souvent à traverser un passage étroit et de fortune qui a échappé à l’invasion d’une rue, pourtant assez large au départ, par les vendeurs ambulants installés confortablement et par le débordement sur le trottoir et sur la chaussée de plusieurs articles à bon marché que les propriétaires revendent dans leur boutique ou magasin. Et il est un autre détail qu’on retrouve dans certaines artères de la capitale où l’on est contraint à marcher sur la chaussée, étant donné que le petit trottoir n’existe plus, emprunté depuis des années par les boutiques qui préfèrent revendre dehors pour attirer la clientèle et gagner beaucoup plus de fric qu’en situation réglementaire. Sur un autre plan, le citoyen lambda peut être surpris par une file d’attente dans une rue. Il s’aperçoit au plus vite qu’il s’agit de l’Administration rapide, créée par la municipalité depuis plusieurs années pour alléger les attentes devenues interminables pour obtenir un papier officiel. Et tellement ce service rapide est couru par les citoyens qu’il est devenu beaucoup plus lent que celui de la voie normale où l’on gagne chaque guichet d’un service ou d’un autre par ticket d’attente et parfois bien installé sur une chaise dans une salle climatisée été comme hiver. L’Administration rapide se révèle en tant que service lent où il faut avoir des nerfs d’acier et une très bonne santé pour rester debout durant près d’une heure pour aspirer à être servi. Sinon, on ira se reposer par terre en face du lieu en attendant son tour. Un véritable supplice. 

Des abris-bus lamentables et sans chaises

Il est regrettable de trouver dans les rues et les avenues de Tunis des stations de bus dans un piteux état. Et si elles existent, elles sont dépourvues de leurs chaises. La condamnation à rester debout est donc inévitable pour les usagers de tous les bus. La saleté n’y est pas en reste et l’attente est tellement longue qu’on se dit qu’il vaudrait mieux aller à pied pour gagner du temps et pour éviter de risquer de tomber malade. Et le plus aberrant dans tout cela est que ces abris-bus ont été ravagés par les citoyens eux-mêmes et que d’un autre côté, les sociétés de transport ne les ont pas réparés. Un tableau représentant une situation aberrante et insupportable pour le commun des citoyens qui voudrait vivre dans une atmosphère saine et belle.

Lotfi BEN KHELIFA 

 

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PLF 2027 : les priorités sociales du gouvernement

Conformément à l’article 42 de la loi organique du budget, qui fixe au 15 octobre au plus tard le délai de dépôt du projet de loi de finances, le gouvernement a transmis le projet de loi de finances pour l’année 2027 à l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP).

Composé de 70 articles dans sa version transmise à l’ARP, le PLF 2027 s’inscrit dans les orientations stratégiques définies par le gouvernement dans le cadre du Plan de développement 2026-2030.

Parmi les axes prioritaires mis en avant dans la présentation du PLF 2027, figure ainsi la consolidation du rôle social de l’État, associée au renforcement de l’inclusion économique. Cette orientation se traduit notamment par le renforcement de la protection sociale, le soutien aux régimes de sécurité sociale et l’appui au système de santé.

20 millions de dinars pour les catégories vulnérables et à revenu limité

Dans le cadre du renforcement du soutien social et de la promotion de l’inclusion économique, l’article 17 du PLF 2027 prévoit la création d’une ligne de financement d’un montant de 20 millions de dinars, mobilisée sur les ressources du Fonds national de l’emploi, au profit des catégories vulnérables et à revenu limité.

Cette enveloppe est destinée à l’octroi de crédits sans intérêt, d’un montant maximal de 10.000 dinars par bénéficiaire, afin de financer des activités dans l’ensemble des secteurs économiques.

«Le dispositif couvrira la période allant du 1er janvier au 31 décembre 2027, les crédits étant remboursables sur une durée maximale de six ans, dont une année de grâce», indique le document.

Par ailleurs, le projet prévoit le maintien, pendant deux ans à compter de la création du projet et de son entrée en activité, des avantages accordés dans le cadre du programme «Amen Social» aux bénéficiaires ayant obtenu des crédits au titre de cette ligne de financement.

Renforcement du financement destiné aux personnes handicapées

Dans la continuité des mesures visant à favoriser l’inclusion économique des personnes handicapées, l’article 18 du PLF 2027 prévoit, d’une part, la prolongation de la période d’application du dispositif de financement qui leur est destiné et, d’autre part, le renforcement des ressources qui lui sont allouées.

À cet effet, le texte propose de modifier l’article 22 de la loi n° 2024-48 du 9 décembre 2024, portant loi de finances pour l’année 2025, tel que modifié et complété par l’article 34 de la loi n° 17 de 2025 du 12 décembre 2025, portant loi de finances pour 2026.

Plus précisément, la période initialement fixée du 1er janvier 2025 au 31 décembre 2027 serait prolongée jusqu’au 31 décembre 2028.

En parallèle, le projet prévoit l’affectation d’une enveloppe supplémentaire de 5 millions de dinars, prélevée sur les ressources du Fonds national de l’emploi, au profit de la ligne de financement destinée aux personnes handicapées.

Il convient de rappeler que le dispositif initial prévoyait une enveloppe de 5 millions de dinars destinée à l’octroi de crédits sans intérêt, plafonnés à 10.000 dinars par crédit, pour financer des activités dans tous les secteurs économiques. Par ailleurs, ce mécanisme prévoit des modalités de remboursement sur une durée maximale de huit ans, dont deux années de grâce.

Soutien aux régimes de sécurité sociale 

S’agissant du soutien aux régimes de sécurité sociale, le gouvernement prévoit des mesures visant à régler certaines dettes croisées entre les établissements publics et à alléger leurs charges fiscales.

À ce titre, l’article 52 du PLF2027 prévoit l’abandon des pénalités de contrôle et de retard de recouvrement afférentes aux créances fiscales prises en charge par les receveurs des finances au 31 décembre 2026 et dues par la Caisse Nationale de Retraite et de Prévoyance Sociale (CNRPS).

Dans le même axe, le projet prévoit également des mesures relatives à la régularisation de la situation de quatre établissements publics à l’égard de la CNRPS. Il s’agit de l’Office des Terres Domaniales (OTD), la Société Nationale des Chemins de Fer Tunisiens (SNCFT), la Société des Transports de Tunis (TRANSTU) et la Société Nationale de Cellulose et de Papier Alfa (SNCPA).

Prolongation des mesures fiscales en faveur de la PCT

Quant au soutien au système de santé, il constitue un autre volet des mesures annoncées par le gouvernement dans le cadre du PLF 2027.

À ce titre, l’article 25 du PLF 2027 prévoit la prorogation, jusqu’au 31 décembre 2027, des mesures de soutien à la Pharmacie centrale de Tunisie (PCT) prévues par l’article 34 de la loi de Finances pour 2025.

Ces mesures consistent, d’une part, à réduire à 0% le taux des droits de douane applicables aux médicaments importés par la PCT disposant d’un similaire fabriqué localement et relevant des positions tarifaires 30.03 et 30.04 du tarif des droits de douane. D’autre part, elles prévoient la suspension de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) applicable à ces mêmes médicaments.

Nouha MAINSI

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40 MD pour reconstituer le cheptel bovin : l’État prend enfin le taureau par les cornes

Le projet de loi de finances 2027 prévoit de nouvelles mesures visant à reconstituer le cheptel bovin et à soutenir les petits éleveurs, afin de mettre fin de manière durable aux pénuries de lait et à la contraction critique de l’offre de viandes rouges, qui menacent l’un des piliers de la sécurité alimentaire nationale. Le texte stipule la révision à la hausse des crédits alloués au programme de reconstitution du cheptel lancé en 2025. La disposition figurant à l’article 32 de la loi de Finances de 2025, qui prévoyait l’allocation de 10 millions de dinars au titre de l’année 2025, a été annulée et remplacée par l’affectation de crédits d’un montant d’environ 40 millions de dinars provenant des ressources du Fonds de développement de la compétitivité dans les secteurs de l’agriculture et de la pêche. La mise en œuvre de ce programme s’étendra sur une période de quatre ans, du 1er janvier 2027 au 31 décembre 2030.

La nouvelle enveloppe a été répartie selon deux axes principaux. Il s’agit, en premier lieu, d’un montant de 35 millions de dinars décaissés sous forme de subventions exceptionnelles pour soutenir l’autofinancement des petits éleveurs de bovins, leur permettant ainsi d’obtenir des prêts bancaires sur les ressources propres des banques afin de financer l’acquisition de génisses gestantes. Selon le nouveau texte, cette acquisition concerne les génisses produites dans des centres agréés par le ministère de l’Agriculture et dédiés à l’élevage de génisses de race pure nées localement ou les génisses gestantes importées conformément aux cahiers des charges établis à cet effet.

Un montant de 5 millions de dinars sera d’autre part décaissé sous forme de subvention exceptionnelle directe pour soutenir les petits éleveurs dans le domaine du financement de l’élevage des génisses gestantes et des vaches primipares de race pure, dans le cadre du même programme de reconstitution et de préservation du cheptel.

Dans le même contexte, l’article 36 du projet de loi de finances 2027 clarifie le champ d’application de l’avantage fiscal relatif à l’alimentation des veaux. La mention du produit «poudre de lait écrémé destinée à l’alimentation des veaux», figurant dans l’article 80 de la loi de Finances pour 2026, a été remplacée par une formulation plus large, à savoir «préparations utilisées pour l’alimentation des animaux».

 

Un déclin estimé entre 20 à 35%

 L’objectif de cette modification est d’élargir la base des produits bénéficiant de l’avantage fiscal pour inclure diverses préparations d’aliments d’allaitement complémentaires pour veaux, contribuant ainsi à la réduction des coûts d’élevage et encourageant les éleveurs à préserver le cheptel.

Le cheptel bovin tunisien connaît depuis plusieurs années un déclin ininterrompu, qui a été à l’origine de pénuries récurrentes de produits laitiers et d’une flambée des prix des viandes rouges. Le cheptel bovin national a subi une contraction estimée entre 20% et 35% depuis 2019, qui trouve en grande partie son origine dans la succession de plusieurs années de sècheresse et de raréfaction des ressources hydriques. Outre ces aléas climatiques, la filière des viandes rouges a subi les contrecoups de l’envolée des coûts des intrants consécutive aux tensions géopolitiques internationales et à la hausse des tarifs du transport maritime. La hausse excessive des prix des aliments pour bétail a fragilisé l’équilibre financier des petites et moyennes exploitations. Criblés de dettes et largement déficitaires, de nombreux éleveurs ont fini par jeter l’éponge et par liquider massivement leurs troupeaux, dont les femelles reproductrices.

Le même réflexe de survie a touché les élevages ovins, causant une chute d’environ 60% de la production des viandes rouges comparativement aux niveaux des années 80 du siècle dernier, selon la Chambre syndicale nationale des bouchers, rattachée à l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (UTICA).

Les professionnels de la filière estiment cependant que d’autres mesures doivent être prises pour donner du sang neuf au secteur. Il s’agit notamment de la mise en place d’un recensement national précis et numérisé des cheptels ovin et bovin pour adapter les quotas d’approvisionnement et garantir un ciblage efficace pour les aides de l’État et l’adoption de sanctions plus sévères en ce qui concerne l’abattage précoce des génisses et des agnelles ainsi que l’abattage anarchique hors des structures réglementées, afin de préserver le renouvellement naturel et la base productive des troupeaux.

Walid KHEFIFI

 

 

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Le droit des peuples, socle de la diplomatie tunisienne : une position constante face à l’épreuve du Moyen-Orient

Par Ahmed NEMLAGHI

La déclaration de l’ambassadeur et représentant permanent de la Tunisie auprès de l’Organisation des Nations unies à New York, Nabil Ammar, devant le Conseil de sécurité s’inscrit dans une ligne diplomatique régulièrement réaffirmée par le président de la république, Kaïs Saïed : le droit du peuple palestinien à disposer de lui-même ne peut être effacé par la force, le temps ou les rapports de puissance. La Tunisie défend l’établissement d’un État palestinien indépendant et pleinement souverain sur l’ensemble du territoire palestinien, avec Al-Qods pour capitale. Cette position a été réitérée à plusieurs reprises par le chef de l’État et par les représentants de la diplomatie tunisienne.

Pour Kaïs Saïed, la question palestinienne ne saurait être réduite à une succession de négociations, de cessez-le-feu provisoires ou d’arrangements sécuritaires. Elle renvoie à une exigence de justice : reconnaître au peuple palestinien ses droits nationaux et mettre fin aux conditions qui empêchent leur exercice effectif.

Cette approche explique la place accordée, dans le discours tunisien, à la condamnation des violences contre les civils, aux déplacements forcés et à l’appropriation des terres palestiniennes. Elle s’accompagne du refus de toute solution qui conduirait à faire supporter aux Palestiniens le prix d’un règlement élaboré sans garantie de leurs droits.

La portée politique de cette position réside dans la distinction qu’elle établit entre une accalmie militaire et une paix durable. Un cessez-le-feu peut réduire les pertes humaines et permettre l’acheminement de l’aide, mais il ne résout pas, à lui seul, la question des droits nationaux, du territoire et de l’autodétermination. Pour Tunis, la recherche de la paix doit donc s’accompagner d’une réponse politique à ces questions fondamentales.

L’intervention de Nabil Ammar insiste sur la contradiction entre la poursuite des opérations militaires et les principes du droit international ainsi que de la Charte des Nations unies. Elle met en cause l’incapacité de la communauté internationale à garantir les droits du peuple palestinien, malgré les appels répétés à la cessation des violences.

Cette critique rejoint l’un des axes de la diplomatie défendue par Kaïs Saïed : les règles internationales ne peuvent avoir de véritable portée si leur application dépend de la puissance des États concernés ou de leurs alliances. La crédibilité du système multilatéral repose sur la cohérence entre les principes proclamés et les actes accomplis.

La question palestinienne devient ainsi un test pour les Nations unies. Si la protection des civils, le respect de la souveraineté des peuples et le règlement pacifique des différends constituent des principes fondamentaux, leur efficacité dépend de la capacité des institutions internationales à agir lorsqu’ils sont gravement mis à l’épreuve.

Dans cette perspective, l’appel tunisien à révéler les crimes commis, à les condamner et à assurer réparation aux victimes ne relève pas uniquement d’une démarche mémorielle ou morale. Il renvoie également à la nécessité de préserver les mécanismes de responsabilité et de justice. La reconnaissance des souffrances ne saurait remplacer l’établissement des faits, pas plus que la condamnation politique ne peut se substituer aux procédures juridiques compétentes.

La position tunisienne souligne ainsi que la paix ne peut être durable si elle repose sur l’effacement des victimes ou sur l’absence de responsabilité. Elle suppose que les violations soient examinées conformément au droit applicable et que les victimes puissent obtenir justice.

L’expérience tunisienne du colonialisme comme référence

Nabil Ammar a également rappelé que l’histoire tunisienne, marquée par le colonialisme, la violence et l’humiliation, renforce la détermination du pays à défendre les droits des Palestiniens. Cette référence historique constitue un élément important de la lecture que Kaïs Saïed fait des relations internationales.

L’expérience de la lutte pour l’indépendance nourrit une conception selon laquelle aucun peuple ne devrait être privé de son droit à choisir librement son avenir. Elle confère à la solidarité avec les Palestiniens une dimension historique et politique, tout en inscrivant la position tunisienne dans une réflexion plus large sur la liberté des peuples et le refus de la domination.

Cette référence ne signifie pas que les situations historiques soient identiques. Elle exprime plutôt une conviction : l’indépendance territoriale et politique ne peut être considérée comme pleinement accomplie tant que d’autres peuples restent privés de leurs droits fondamentaux.

Le discours présidentiel relie également cette question à la souveraineté nationale. Dans cette perspective, la Tunisie entend défendre ses choix diplomatiques sans se soumettre aux pressions extérieures, tout en maintenant sa participation aux institutions internationales et en plaidant pour le respect des principes qui les fondent.

La souveraineté ne signifie donc pas le retrait de la scène internationale. Elle suppose, au contraire, la capacité de prendre part aux débats mondiaux, de défendre une position nationale et de rechercher des convergences avec d’autres États sans renoncer à ses principes.

 

Arrêter les opérations militaires et construire une paix durable

En appelant à l’arrêt de toutes les opérations militaires au Moyen-Orient, la Tunisie inscrit la question palestinienne dans une préoccupation régionale plus large. La multiplication des fronts et l’escalade des tensions exposent les populations civiles à des risques supplémentaires et font peser la menace d’une extension des conflits.

Cette position souligne la nécessité de privilégier les voies politiques et diplomatiques. Elle ne dissocie toutefois pas la désescalade régionale du règlement de la question palestinienne. Une paix qui ignorerait les droits du peuple palestinien risquerait de laisser intactes les causes profondes de l’instabilité.

Les chiffres évoqués par Nabil Ammar donnent la mesure de l’urgence humanitaire. Selon son intervention, 1.394 Palestiniens auraient été tués depuis l’annonce du cessez-le-feu en octobre 2025, tandis que le bilan total dépasserait 73.900 morts depuis le début de la guerre. Ces chiffres, attribués au diplomate tunisien, illustrent la gravité de la situation telle que la Tunisie la présente devant le Conseil de sécurité.

L’arrêt des opérations militaires doit, dans ce contexte, aller de pair avec la protection des civils, l’accès durable à l’aide humanitaire et la reconstruction des territoires dévastés. Il doit également ouvrir la voie à un processus politique qui ne réduise pas la paix à une simple suspension des combats.

La diplomatie tunisienne affirme ainsi son soutien aux initiatives susceptibles de mettre fin aux violences et de contribuer au rétablissement de la sécurité régionale. La difficulté reste celle de leur traduction en résultats concrets, dans un contexte où les divergences internationales et les rapports de force entravent la recherche d’un règlement.

 

De la solidarité politique à l’efficacité diplomatique

La constance de la position tunisienne constitue un marqueur de la politique étrangère de Kaïs Saïed. Mais la défense d’une cause sur la scène internationale pose également la question des moyens diplomatiques permettant de faire progresser les objectifs annoncés.

La Tunisie peut contribuer à cette dynamique en poursuivant son action au sein des Nations unies, en renforçant la coordination avec les pays arabes et africains et en soutenant les initiatives conformes au droit international. La diversification des partenariats et le dialogue avec les acteurs internationaux peuvent également servir la recherche d’un consensus en faveur de la protection des civils et de l’exercice des droits palestiniens.

L’enjeu est de transformer la fermeté du discours en capacité d’action : mobiliser les soutiens, favoriser les démarches multilatérales, défendre l’accès humanitaire et maintenir au centre des négociations la question des droits nationaux palestiniens.

Cette exigence ne dépend pas de la seule Tunisie. Elle engage l’ensemble des États qui affirment leur attachement au droit international et à la paix. Elle implique aussi de distinguer les déclarations de principe des résultats effectivement obtenus.

En définitive, l’intervention de Nabil Ammar traduit la volonté de Tunis de maintenir la Palestine au cœur de son action diplomatique et de rappeler que la paix ne saurait être durable sans justice. La ligne défendue par Kaïs Saïed repose sur une idée centrale : les droits d’un peuple ne peuvent être annulés par la force ni devenir une variable d’ajustement des équilibres géopolitiques.

La portée de cette politique se mesurera à sa capacité à contribuer, avec les autres acteurs internationaux, à la cessation des violences, à la protection des populations et à l’émergence d’une solution garantissant aux Palestiniens leurs droits nationaux. Car la crédibilité du droit international, tout comme la perspective d’une paix durable au Moyen-Orient, dépend de la possibilité de faire de ces principes une réalité.

 

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