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Lese-Ansicht

Début de la marche à Tunis pour une Tunisie libre et digne  

Des milliers de Tunisiennes et de Tunisiens ont répondu à l’appel des neufs organisations nationales, dont l’UGTT, le SNJT, l’Ordre des avocats, la LTDH et le FTDES, pour une marche de protestation à Tunis, ce samedi 17 octobre 2026, sous le slogan rassembleur : «La Tunisie d’abord, et le peuple avant tout» (ou «Travail, liberté, dignité nationale»).

Le rassemblement a commencé au milieu de la matinée devant le siège de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), place Mohamed Ali, au centre-ville de la capitale, et la foule des manifestants a grossi au fil des heures et s’est rassemblée devant le théâtre municipal de Tunis. La marche pacifique se déroule encore ans heurts notables et les slogans scandés dénoncent le pouvoir en place, incarné par l’hyperprésidence de Kaïs Saïed, et son refus de tout dialogue politique ou social.

Les manifestants protestent aussi contre la détérioration de la situation socio-économique et politique, des libertés publiques et appellent à l’indépendance de la justice et la libération des détenus d’opinion.

I. B.

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Les exportations alimentaires de la Tunisie augmentent de 19,9 % (9 mois de 2026)

La balance commerciale alimentaire de la Tunisie a enregistré, au cours des neuf premiers mois de l’année 2026, un excédent de 919,8 millions de dinars. Le taux de couverture des importations par les exportations a atteint 116,3 %, tandis que la valeur des exportations alimentaires a progressé de 19,9 % par rapport à la même période de l’année 2025. À fin septembre 2026, l’huile d’olive représentait 61 % et les dattes 9,4 % de la valeur totale des exportations alimentaires.

C’est ce qu’a indiqué le ministre du Commerce et du Développement des exportations, Samir Abid, lors d’une journée d’information organisée par son département en collaboration avec le Conseil bancaire et financier (CBF), le vendredi 16 octobre 2026, à Tunis, et qui visait à faire connaître les mécanismes et les facilités financières et bancaires disponibles pour financer les activités de transformation, de promotion et d’exportation de ces deux produits phares de l’agriculture tunisienne.

Selon Diwan FM, le ministre a souligné la nécessité de renforcer le financement des exportations d’huile d’olive et de dattes, et de développer le partenariat entre le secteur bancaire et financier et les entreprises exportatrices de ces deux filières exportatrices. Le but étant de soutenir la compétitivité des produits tunisiens et d’accroître leur valeur ajoutée sur les marchés mondiaux.

Concernant la campagne 2025-2026, M. Abid a indiqué que les exportations d’huile d’olive ont dépassé 399 400 tonnes durant la période allant de novembre 2025 à octobre 2026, pour une valeur avoisinant les 5,016 milliards de dinars. Cela représente une hausse de 48,7 % en volume et de 39,4 % en valeur par rapport à la campagne précédente. Par ailleurs, l’huile d’olive extra vierge a constitué environ 90 % des quantités exportées, tandis que la part de l’huile conditionnée n’a pas excédé 15 %.

Quant aux exportations de dattes, elles ont franchi pour la première fois la barre du milliard de dinars, atteignant 1,011 milliard de dinars, contre 882,7 millions de dinars lors de la campagne précédente ; les quantités exportées ont, quant à elles, progressé pour atteindre 159 400 tonnes, contre 138 300 tonnes auparavant. Actuellement, les dattes tunisiennes sont exportées vers environ 86 pays à travers les différents continents.

M. Abid a souligné l’importance de fournir des financements adaptés aux différentes étapes de l’activité — de la production et la transformation au stockage, au conditionnement et à la commercialisation —, en particulier au profit des petites et moyennes entreprises (PME). Il a également insisté sur le développement de mécanismes d’assurance des exportations et de couverture contre les risques de change.

Par ailleurs, il a réaffirmé la nécessité de poursuivre les efforts visant à diversifier les marchés extérieurs, à renforcer la promotion des produits tunisiens et à développer les exportations d’huile d’olive conditionnée ainsi que de produits à haute valeur ajoutée.

Il a enfin préconisé une révision des interventions du Fonds de promotion des exportations (Foprodex), afin d’améliorer l’efficacité du soutien accordé aux entreprises.

I. B.

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Tunisie | Mesures pour impulser les exportations d’huile d’olive et de dattes

Dorra Borji, directrice générale du commerce extérieur au ministère du Commerce et du Développement des exportations, a affirmé que son département travaille sur une stratégie intégrée visant à soutenir et à développer les exportations d’huile d’olive et de dattes. Cette démarche s’accompagne d’un renforcement des mécanismes de financement et des facilités bancaires destinés aux professionnels actifs dans ces deux secteurs.

Mme Borji, citée par Diwan FM, intervenait lors d’une journée d’information, organisée en collaboration avec le Conseil bancaire et financier (CBF), le vendredi 16 octobre 2026, et qui avait pour objectif de faire connaître les mécanismes et les facilités financières et bancaires disponibles pour financer les activités de transformation, de promotion et d’exportation de ces deux produits phares de l’agriculture tunisienne.

Cette rencontre s’inscrivant dans le cadre de l’évaluation des résultats de la saison écoulée et de la préparation de la nouvelle saison, fait suite à une série de réunions entre les établissements bancaires et les professionnels, au cours desquelles le secteur bancaire a été encouragé à renforcer le financement des filières de l’huile d’olive et des dattes.

Les échanges ont également permis de mettre en lumière l’existence de mécanismes et de facilités financières dont certaines entreprises — notamment les PME — n’avaient pas une connaissance suffisante.

La directrice générale du Commerce extérieur a passé en revue les principaux indicateurs enregistrés durant la saison 2025-2026, indiquant que la valeur des exportations d’huile d’olive a atteint environ 5 milliards de dinars. Et celles de dattes ont franchi, pour la première fois de leur histoire, le seuil du milliard de dinars, pour s’établir à 1,011 milliard de dinars.

Mme Borji a souligné l’importance stratégique de ces deux produits pour le soutien des exportations nationales, précisant que le secteur agroalimentaire constitue le deuxième contributeur aux exportations tunisiennes : l’huile d’olive représente environ 61 % du total des exportations alimentaires, tandis que les dattes en représentent près de 10 %.

Stockage, financement et promotion pour soutenir les exportations

Concernant la stratégie adoptée pour les prochaines campagnes, Mme Borji a indiqué que le plan d’action pour le secteur de l’huile d’olive repose sur trois axes principaux — le stockage, le financement et la promotion — mis en œuvre en coordination avec les différents ministères concernés.

Les établissements bancaires ont, pour leur part, intégré les produits saisonniers parmi leurs priorités en matière de financement, a-t-elle aussi indiqué, en insistant, également, sur la nécessité de poursuivre les efforts visant à diversifier les marchés extérieurs, au-delà des destinations traditionnelles (Europe et Etats-Unis), soulignant que les dattes tunisiennes sont actuellement exportées vers 86 pays à travers différents continents.

Dans ce contexte, Mme Borgi a révélé que le ministère de l’Agriculture a récemment organisé une mission de prospection au Sénégal, dans le but d’explorer de nouvelles opportunités pour les produits tunisiens et de renforcer leur présence sur les marchés africains.

I. B.

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Tunisie | Le financement de la campagne de l’huile d’olive et des dattes sous de bons auspices

Le président du Conseil bancaire et financier (CBF), Néji Ghandri, a affirmé que le secteur bancaire et financier est prêt à accompagner la nouvelle campagne de l’huile d’olive et des dattes, en fournissant les financements nécessaires aux divers acteurs des chaînes de valeur, notamment les agriculteurs, les industriels, les collecteurs et les exportateurs.

Dans une déclaration à Diwan FM, M. Ghandri a précisé que le CBF, en partenariat avec le ministère du Commerce, a organisé, le vendredi 16 octobre 2026, une journée d’information et de sensibilisation à son siège, consacrée au financement des exportations d’huile d’olive et de dattes. L’objectif était de présenter les solutions financières disponibles et d’accompagner les professionnels pour répondre à leurs besoins en financement durant la nouvelle campagne.

M. Ghandri a indiqué que le secteur bancaire a enregistré, au cours de la saison écoulée, un volume record de financements alloués à la filière de l’huile d’olive, atteignant environ 3,2 milliards de dinars.

Il a ajouté que, bien que les données définitives concernant le volume de la récolte et les besoins de la saison en cours ne soient pas encore disponibles, les banques tunisiennes sont prêtes à mobiliser des capacités de financement additionnelles incluant des financements à court terme pour accompagner les opérations d’exportation, ainsi que des financements à moyen terme destinés à l’investissement dans les huileries et les centres de collecte des dattes.

M. Ghandri a également fait état de visites sur le terrain effectuées par des conseillers techniques du secteur bancaire, en collaboration avec les chambres professionnelles, l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (Utica) ainsi que les professionnels, dans le but de déterminer les besoins réels pour la saison et de définir les ressources financières nécessaires.

Le président du CBF a indiqué que la journée d’information a permis de présenter les produits financiers disponibles et les solutions proposées aux exportateurs d’huile d’olive et de dattes incluant des mécanismes de couverture contre les risques de change, des garanties et des assurances-exportation, ainsi que des crédits à moyen terme destinés à renforcer les capacités opérationnelles et à améliorer la qualité.

Ces solutions couvrent les différentes phases de la chaîne de valeur, de la collecte et du stockage jusqu’à l’exportation, grâce à des financements dédiés au stockage et à des avances sur marchandises, en plus de mécanismes d’assurance visant à atténuer les risques et à protéger les exportateurs.

Concernant les perspectives d’exportation, M. Ghandri a souligné l’importance de s’orienter vers l’exportation d’huile d’olive conditionnée et de renforcer la présence des marques tunisiennes à haute valeur ajoutée, expliquant que le développement de cette stratégie permettrait de soutenir les recettes d’exportation en devises et d’en assurer un flux continu tout au long de l’année, plutôt que de se limiter à la seule période de la récolte.

Le président du CBF a également appelé à diversifier les marchés extérieurs et à se tourner plus activement vers les marchés asiatiques, africains et autres, car l’élargissement de la base des marchés cibles renforcerait la compétitivité des produits tunisiens, améliorerait leurs conditions de vente sur les marchés internationaux et réduirait la dépendance à l’égard d’un marché de consommation unique, a-t-il expliqué.

I. B.

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Nabeul célèbrera le mariage de l’harissa et de la pizza

Ce sera l’un des rendez-vous les plus originaux de la douzième édition du Festival de l’harissa de Nabeul, qui se tiendra du 30 octobre au 1er novembre 2026 dans cette ville côtière tunisienne, considérée comme l’une des capitales de la production de la célèbre sauce à base de piments rouges.

L’événement, organisé par l’Association pour la sauvegarde de la ville de Nabeul (ASVN), accueillera des pizzaiolos italiens experts, invités à proposer une réinterprétation de la pizza napolitaine agrémentée d’une sauce à base d’harissa.

Selon le quotidien La Presse, deux pizzaiolos napolitains sont attendus ; ils animeront des démonstrations gastronomiques visant à mettre en valeur la rencontre entre les traditions culinaires des deux rives de la Méditerranée.

Parmi les nouveautés de cette année, le festival s’étendra au-delà de ses espaces habituels à Dar Nabeul — siège de l’association organisatrice — pour investir l’avenue Habib Bourguiba, en plein centre-ville. Une structure d’exposition y sera installée pour accueillir une trentaine de producteurs et artisans, proposant des dégustations ainsi que la vente d’harissa traditionnelle et de ses diverses variantes.

Le programme culturel et scientifique restera, quant à lui, concentré à Dar Nabeul, avec trois conférences consacrées au patrimoine gastronomique local, des ateliers de préparation artisanale de l’harissa, des démonstrations culinaires, ainsi que des activités autour de la mosaïque, de la calligraphie et de la céramique — un autre fleuron de l’artisanat régional. Des spectacles folkloriques et diverses animations sont également au programme. L’objectif, a expliqué le directeur du festival, Samir Kerkeni, à la radio Diwan FM, est de valoriser l’harissa de Nabeul, de préserver le patrimoine alimentaire régional et de promouvoir de nouveaux usages du produit dans la gastronomie internationale.

Traditionnellement préparée à partir de piments rouges séchés au soleil, d’ail, de sel et de coriandre, l’harissa est l’un des ingrédients les plus emblématiques de la cuisine tunisienne ; elle est utilisée au quotidien comme condiment et entre dans la composition de nombreux plats.

En décembre 2022, l’Unesco a inscrit les savoir-faire, connaissances et pratiques culinaires et sociales liés à l’harissa tunisienne sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité, reconnaissant ainsi sa valeur culturelle et son rôle dans la transmission des traditions familiales et communautaires.

Le festival de Nabeul, créé en 2015, vise donc à conjuguer la préservation d’un patrimoine gastronomique profondément ancré dans l’identité tunisienne avec la promotion de l’artisanat, du tourisme et de nouvelles opportunités économiques. Dans ce contexte, la pizza à l’harissa devient un symbole du dialogue gastronomique entre la Tunisie et l’Italie.

I. B.

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C’est une France en lambeaux que va laisser Emmanuel Macron

Alors que le président français Emmanuel Macron vit ses derniers mois à l’Elysée, c’est bien pire qu’une ambiance de fin de règne qui prévaut en France mais celle d’un pays qui se morfond dans de multiples crises dont il a du mal à se sortir. Le fringuant banquier d’affaires élu à seulement 39 ans en 2017 et qui promettait de réformer la France et d’assainir ses finances publiques laisse aujourd’hui un bilan désastreux. Les oligarques qui l’ont porté à l’Elysée, eux, sont plus riches aujourd’hui qu’il ne l’étaient il y a dix ans. Eux, au moins, ne se plaignent pas : la mission pour laquelle ils l’ont destiné a été bien accomplie.  

Imed Bahri

Dans le New York Times, Mujtaba Rahman, directeur du cabinet d’analyse en risques politiques Eurasia Group, affirme que la France se trouve aujourd’hui au bord du gouffre. Il dresse un tableau sombre du pays européen dans une analyse intitulée «La France ne maîtrise plus son destin», où il souligne qu’il existe en français un terme qui décrit parfaitement la situation à savoir «engrenage» signifiant une spirale inquiétante. C’est précisément l’état actuel du pays où s’accumulent depuis longtemps de multiples crises, chacune menaçant d’aggraver les autres.

La première est la crise de la démocratie libérale. Les sondages suggèrent une possible accession de l’extrême droite au pouvoir lors de l’élection présidentielle du printemps prochain.

La deuxième concerne la mauvaise gestion des finances publiques. La dette publique française a atteint un niveau record de 4 000 milliards de dollars, tandis que le coût des nouveaux emprunts de l’État a grimpé, dépassant désormais ceux de l’Italie et de la Grèce.

La troisième est celle du mécontentement de la jeunesse. Pour protester contre la dégradation des établissements scolaires et la réduction de leurs perspectives d’avenir, des lycéens français ont bloqué près de la moitié des lycées du pays ces dernières semaines.

Par leurs affrontements avec la police et leurs pancartes aux slogans percutants, ces jeunes ont attiré l’attention du monde entier. Tout de même, il faut reconnaître les violences et les dérapages qui ont émaillé ce mouvement de protestation.

Si ces mouvements de contestation tout comme la montée de l’extrême droite sont marquants et révélateurs, c’est la crise financière qui s’avère la plus périlleuse, elle est à la racine de nombreux problèmes du pays et menace de le détruire.

Un pays au bord du gouffre

Selon l’auteur, la France se trouve bel et bien au bord du gouffre. Le mouvement des lycéens a débuté mi-septembre dans les banlieues défavorisées de Paris, avant de s’étendre aux établissements publics à travers tout le pays, des grandes métropoles aux petites communes. Les élèves, âgés de 15 à 18 ans, se révoltent contre la longueur des journées scolaires, le surpeuplement des classes, les absences fréquentes des enseignants et la vétusté des établissements scolaires. Ils s’inquiètent également du réchauffement climatique, de la montée de l’extrême droite et de la menace que fait peser l’intelligence artificielle sur les perspectives d’emploi des jeunes. Au cœur de leurs griefs se trouve un manque chronique d’investissement.

Selon Rahman, il s’agit d’une crise majeure. L’État français consacre pourtant des sommes considérables à l’éducation, environ 100 milliards de dollars par an soit 5,1% du produit intérieur brut (PIB), un taux supérieur à la moyenne de l’Union européenne (UE).

Que se passe-t-il donc ? Le fait est qu’une part importante de ces fonds —plus d’un quart— n’est pas allouée à la jeunesse mais aux générations plus âgées, pour financer les pensions des enseignants retraités.

Cela met en lumière l’une des causes profondes des problèmes du pays. Près d’un quart des dépenses publiques totales est consacré aux retraites, tandis qu’un autre quart est alloué aux services sociaux, allant des soins de santé aux allocations chômage.

Rahman souligne qu’aucun gouvernement français n’est parvenu à équilibrer le budget national depuis 52 ans. Cela étant, la dette publique française, qui s’élève à 119% du PIB, demeure inférieure à celle observée dans certains autres pays, notamment les États-Unis.

En 2019, le président Macron est parvenu à ramener le déficit annuel en dessous du seuil de 3% du PIB, fixé comme objectif par l’UE. Puis est survenue la pandémie de coronavirus. L’engagement pris par Macron de dépenser autant que nécessaire pour préserver l’économie française durant la période de confinement (le fameux «quoi qu’il en coûte») a entraîné une forte augmentation du déficit, qui a atteint 9,2% du PIB en 2020. La dette cumulée a, quant à elle, progressé de 335 milliards de dollars en une seule année. À cette époque, la France a été plus lente que les autres pays de l’UE à réduire ses mesures de soutien face à la pandémie.

Par ailleurs, le gouvernement a déboursé 95 milliards de dollars supplémentaires pour protéger le pays contre la hausse des prix de l’énergie, consécutive à l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022.

Par la suite, Macron a perdu le contrôle de la situation bien qu’il ait été réélu en 2022, il n’a pas obtenu de majorité à l’Assemblée nationale. En 2023, il a imposé une réforme modeste du système des retraites, relevant progressivement l’âge légal de départ de 62 à 64 ans. Il a justifié cette mesure en expliquant que la France devait travailler plus longtemps pour financer ses généreuses pensions de retraite et son système de protection sociale. Toutefois, plus de 70% des Français s’y sont opposés, certains avec une grande virulence.

Les élections européennes du 9 juin 2024 ont été marquées par la victoire historique du Rassemblement national (RN). Menée par Jordan Bardella, la liste du parti d’extrême droite est arrivée largement en tête du scrutin (31,37%). Renaissance, la formation politique de Macron, n’a recueilli que 14,60%.

Un mélange singulier d’immobilisme et de chaos

En réponse, Macron a convoqué des élections anticipées en 2024, qui se sont révélées défavorables réduisant ainsi la taille de sa coalition centriste à l’Assemblée nationale, l’empêchant d’avoir une majorité absolue ce qui a rendu le pays ingouvernable.

Depuis lors, deux Premiers ministres (Michel Barnier et François Bayrou) ont proposé des solutions au problème des dépenses excessives de la France mais ils ont été évincés par une majorité de députés issus de la gauche et de l’extrême droite. Le résultat est un mélange singulier d’immobilisme et de chaos.

Selon Rahman, Macron porte une part de responsabilité dans ce chaos, tout comme l’opposition —allant de la formation d’extrême gauche La France insoumise (LFI) au RN dirigé par jadis par Marine Le Pen et aujourd’hui par Bardella (président depuis le 5 novembre 2022).

Ces derniers ont privilégié les manœuvres politiques plutôt que de s’attaquer à la catastrophe financière qui s’aggrave, notamment le poids étouffant des retraites et des autres prestations sociales.

En février, les socialistes (centre-gauche) ont permis l’adoption du budget de l’année en cours mais à la condition que la réforme des retraites proposée par Macron soit suspendue, condition à laquelle s’est plié le Premier ministre Sébastien Lecornu ce qui lui a permis de sauvegarder son poste. Cet épisode lui a valu beaucoup de critiques lui reprochant de privilégier le prolongement de son bail à Matignon que le sauvetage des finances publiques.

Lecornu, propose cet automne des ajustements pour le budget 2027 —douloureux certes mais pas brutaux— visant à ramener le déficit à 5% du PIB. Un premier vote crucial est attendu à l’Assemblée nationale le 20 octobre. Si son gouvernement ne parvient pas à faire adopter ce budget, le coût du service de la dette française pourrait grimper en flèche. La France se verrait alors contrainte de solliciter l’aide du Fonds monétaire international (FMI), voire de la Banque centrale européenne (BCE), une perspective qui constituerait un véritable camouflet pour la septième économie mondiale et une fin de mandat humiliante pour Macron.

Un système politique profondément fragmenté

Cela étant, souligne Rahman, la France demeure, à bien des égards, une nation puissante et prospère. Toutefois, la méfiance des marchés à l’égard du pays  relève moins de l’économie que de la politique. Les marchés doutent en effet de la capacité d’un système politique profondément fragmenté 

—de plus en plus dominé par les extrêmes à droite comme à gauche— à valider les réformes difficiles nécessaires pour assainir les finances publiques. Ils craignent que le pays ne sombre dans des troubles sociaux et une paralysie institutionnelle. C’est cette érosion de la confiance qui a propulsé les coûts d’emprunt de la France vers des niveaux records.

En fin de compte, note Rahman, il n’existe pas de solution miracle. Quel que soit l’issue de l’élection présidentielle de mai, le futur président aura probablement du mal à dégager une majorité parlementaire lors des élections législatives qui suivront en juin, ce qui laisse présager de nouvelles turbulences politiques. 

Beaucoup s’interrogent sur la volonté réelle de Mme Le Pen, actuellement donnée favorite, d’affronter la crise avec franchise. La semaine dernière, elle a présenté un plan budgétaire quinquennal empreint de préoccupations idéologiques et de calculs tortueux.

Par ailleurs, et concernant le vote du budget le 20 octobre prochain, Le Pen cherche à démontrer qu’elle est une femme politique aguerrie et non une force de déstabilisation. C’est pourquoi il est fort probable qu’elle donne pour consigne à son groupe parlementaire – fort de 139 députés – de s’abstenir, permettant ainsi l’adoption du budget. Une telle manœuvre pourrait, dans l’immédiat, éviter un effondrement comparable à celui qu’a connu la Grèce au lendemain de la crise financière. Toutefois, la France ne maîtrise plus son propre destin et l’engrenage infernal demeure inéluctable.

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Perle de la Méditerranée | Une revue consacrée aux îles de la Galite

Raconter et protéger l’un des écosystèmes insulaires les plus précieux et les moins connus de la Méditerranée. Tel est l’objectif de «Perle de la Méditerranée», une nouvelle revue consacrée à l’archipel tunisien de La Galite, situé au large des côtes septentrionales du pays. Le premier numéro, couvrant la période de janvier à juillet 2026, vient de paraître.

Cette initiative, annoncée par l’association environnementale tunisienne Méditerranée Action Nature (MAN) et relayée par l’agence de presse TAP, s’inscrit dans le projet «Consolidation d’une gestion efficace et durable de l’archipel de La Galite», financé par le Critical Ecosystem Partnership Fund (CEPF), un fonds international dédié à la conservation de la biodiversité.

La publication vise à sensibiliser le public à l’importance de la protection des écosystèmes marins et terrestres de l’archipel, à valoriser son patrimoine historique et culturel, et à documenter les actions de conservation menées sur place, tout en favorisant le partage des connaissances entre chercheurs, associations environnementales et institutions.

Le premier numéro propose plusieurs rubriques thématiques, notamment «Activités environnementales» — consacrée aux programmes et initiatives de protection — et «Sous la loupe», qui examine en détail les caractéristiques des espèces animales et végétales ainsi que des habitats naturels. Un espace est spécifiquement dédié à l’histoire de l’archipel, tandis que la rubrique photographique «Images de La Galite» invite les lecteurs à découvrir les paysages insulaires, la faune marine et la richesse biologique de la zone.

Situé à environ 46 kilomètres au nord du Cap Negro, l’archipel comprend l’île principale de La Galite et plusieurs îlots environnants. Cette zone, qui se distingue par une grande biodiversité marine et terrestre, constitue un patrimoine naturel tunisien majeur, faisant l’objet de programmes de conservation et de suivi environnemental.

Le projet soutenu par le CEPF, confié à l’association MAN, bénéficie d’un financement d’environ 170 000 dollars pour la période allant de décembre 2025 à décembre 2028.

Parmi les interventions prévues figurent le renforcement de la participation des acteurs locaux à la gestion de la zone, l’implication des pêcheurs dans le suivi des écosystèmes coralligènes, la promotion de pratiques touristiques durables ainsi que la définition d’actions en faveur de la restauration écologique des milieux terrestres.

Cette initiative s’inscrit dans le cadre d’un engagement plus large de la Tunisie visant à renforcer la protection de son patrimoine marin.

Selon l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), les aires protégées couvrent actuellement moins de 3 % des eaux marines tunisiennes, alors que le pays a lancé un programme visant à contribuer à l’objectif international de protéger au moins 30 % des écosystèmes terrestres et marins d’ici 2030.

I. B. (avec Ansa).

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