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Festival des musiques soufies. La mystique peut-elle guérir le monde ?

On peut compter sur le personnage pour toujours trouver le bon mot : « La poésie mystique, élixir de guérison » et pourquoi pas ? Quand Faouzi Skali, président du Festival de Fès de la culture soufie, choisit ce mot…

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Handball – championnat d’Afrique des nations 2028 :  lutte entre la Tunisie et le Maroc pour l’organisation 

Le bureau exécutif de la Confédération africaine de handball (CAHB) a tenu récemment son Conseil dans la capitale angolaise, Luanda. Parmi les décisions prises, l’octroi à l’Angola de l’organisation de la CAN 2028 des seniors dames. Toutefois, report sine die de la question du choix du pays qui devra abriter, au cours de la même année, celle des seniors hommes. Sans aller jusqu’à penser qu’il s’agit là d’un aveu d’impuissance au passif de l’instance continentale, il est, par contre, permis de dire que ce report témoigne de la sensibilité d’un dossier profondément marqué par la course féroce lancée par la Tunisie et le Maroc pour l’organisation de la prochaine édition en question. Deux pays qui bénéficient, il est vrai, de l’estime au sein de la CAHB, les Tunisiens étant considérés comme l’une des deux superpuissances du handball africain, quand les Marocains, outre leurs solides points d’appui au sein de la Confédération, sont connus pour leur excellence en matière d’organisation des hauts rendez-vous internationaux, tous sports confondus. Attendons de voir. 

TQO : nouvelle formule 

Lors de son dernier conclave de Luanda, la CAHB a annoncé officiellement l’instauration d’une nouvelle formule concernant le traditionnel tournoi de rachat qualificatif aux Jeux olympiques, plus connu sous l’appellation«TQO». Ainsi, il a été décidé de mettre fin à la désormais ancienne formule qui permettait au vainqueur d’une CAN de se qualifier automatiquement aux JO et de la remplacer par un tournoi regroupant aussi bien les vainqueurs des trois premières places que le représentant du pays accueillant ce tournoi. Seul le vainqueur de ce dernier ira dorénavant aux Olympiades. 

Mohsen ZRIBI 

 

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Tebboune: D’ici à la fin de l’année 2027, on aura une économie forte !

Le président Abdelmadjid Tebboune fixe un nouveau cap pour l’économie algérienne. Il donne son évaluation des politiques menées jusque-là qui, selon lui, ont permis au pays de réaliser un important bond pour se placer en tant que «3e économie performante en Afrique, rapporte El Watan.. Intervenant lors de la troisième rencontre avec les opérateurs économiques […]

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Le Président Kaïs Saïed commémore à Bizerte le 63ᵉ anniversaire de la Fête de l’Évacuation

Le Président de la République, Kaïs Saïed, a présidé, jeudi, au Carré des martyrs à Bizerte, une cérémonie à l’occasion du 63è anniversaire de la fête de l’Évacuation.
La cérémonie a débuté par le salut au drapeau national, au son de l’hymne national, avant que le chef de l’État ne passe en revue un détachement des trois armées, qui lui a rendu les honneurs.
Kaïs Saïed a ensuite déposé une gerbe de fleurs au pied des plaques commémoratives et récité la Fatiha à la mémoire des martyrs de la patrie, qui ont sacrifié leur vie pour la liberté et l’indépendance de la Tunisie.

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Photo du jour | La tombe du martyr de Bizerte

Cette photo réalisée par un photographe français (Cliché Vaguer) dans les années soixante au cimetière musulman de Ferryville, actuelle Menzel Bourguiba, représente deux fillettes devant la tombe d’un martyr tombé lors de la guerre de Bizerte, en 1961.

Nous remercions notre collègue et collaborateur Abdellatif Ben Salem qui nous l’a envoyée. Il l’avait trouvée, il y a quelques années, chez un antiquaire parisien et l’avait achetée pour sa valeur historique.

Le martyr dont la tombe est sur la photo s’appelle Mokhtar Ben Amor Ayari, né le 6 novembre 1934 et décédé sous les balles des soldats français le 19 juillet 1961. Il avait 27 ans et avait répondu à l’appel du devoir, comme des centaines d’autres martyrs tunisiens de cette guerre qui aurait pu être évitée si les responsables tunisiens et français de l’époque avaient fait parler non pas leurs ressentiments mais leur raison.

I. B.   

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Quatre députés sanctionnés après des accusations de racisme

Trois députés LFI et un député écologiste ont été sanctionnés hier par le Bureau de l’Assemblée nationale pour avoir accusé la députée RN, Hélène Laporte, de raciste.   Lors de cette séance particulièrement houleuse, le 7 juillet dernier, Hélène Laporte…

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Saragosse : A la découverte des trésors mudéjars

En 2026, la capitale aragonaise célèbre le 25e anniversaire de l’inscription de son architecture mudéjare au patrimoine mondial de l’Unesco. Balade à travers des chefs-d’œuvre qui ont résisté à l’urbanisation et aux outrages du temps. En bref Saragosse conserve plusieurs…

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Moi président(e) … Amal Amélia Lakrafi : « Je supprimerai les niches fiscales qui n’ont pas fait leurs preuves »

Députée des Français établis hors de France, experte en cybersécurité et entrepreneuse, Amélia Lakrafi défend une conception exigeante de la justice, fiscale, sociale et climatique. Marquée par une expérience personnelle de la discrimination à l’embauche, elle plaide pour que la…

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Bizerte, 1961 | Le bras-de-fer entre De Gaulle et Bourguiba tourne au massacre

L’avant-première du film documentaire ‘‘Bourguiba – De Gaulle : Bras de fer à Bizerte’’, réalisé par Olfa Chakroun, est programmée pour le samedi 17 octobre 2026 à 10h30, au cinéma Africa à Tunis. Soixante ans plus tard, soldats français et forces tunisiennes brisent le silence. Soixante ans après, paras français et soldats tunisiens brisent le silence.

Cinq ans après l’indépendance tunisienne et un an avant celle de l’Algérie, la base navale française de Bizerte, qui contrôle l’accès au détroit de Sicile, devient un point de discorde majeur. Habib Bourguiba revendique sa rétrocession ; Charles De Gaulle refuse catégoriquement.

Ce documentaire est une investigation sur la guerre de Bizerte en 1961. Il fait parler, plus de soixante ans après, des paras français, des soldats tunisiens et plusieurs acteurs de la guerre.

Le film se concentre sur les enjeux historiques et mémoriels de la bataille, et se termine par un procès historique qui pointe l’immense responsabilité morale des politiques dans ce conflit : en quatre jours, l’attaque française tourne au massacre dans tout le gouvernorat de Bizerte, alors rempli de manifestants tunisiens, de bénévoles non armés et d’habitants.

Le documentaire développe le thème des lieux de la bataille à partir d’une investigation de terrain qui cherche la correspondance entre les témoignages des participants et l’image des lieux, d’hier dans les archives vidéo à aujourd’hui.

Les traces et les souvenirs de la guerre sont dispersés dans tout le gouvernorat : autour de la base aérienne de Sidi Ahmed, avec l’attaque terrestre des manifestants tunisiens par les paras français et l’attaque aérienne des soldats tunisiens dans les tranchées ; dans la ville de Bizerte, le quartier français, la Médina et la porte de Mateur, théâtres de combats de rue meurtriers où tombent manifestants, habitants, soldats tunisiens et bénévoles non armés ; à Ferryville, l’actuelle Menzel Bourguiba, où l’Arsenal compte ses victimes parmi les combattants non armés ; enfin à Menzel Abderrahmane et Menzel Jemil, avec le bombardement de la cimenterie et les pertes parmi les soldats tunisiens.

Le film retrace le déroulement des événements jour par jour, depuis les premiers préparatifs des forces tunisiennes et françaises jusqu’au cessez-le-feu et à l’intervention de l’Onu pour un retour au statu quo. Il décrit aussi la situation à Bizerte après le cessez-le-feu, durant un état de siège éprouvant de trois mois, puis le départ des Français de Bizerte et l’évacuation de la base le 15 octobre 1963, plus de deux ans après la bataille.

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Grippe saisonnière : la campagne nationale de vaccination lancée le 27 octobre

La campagne nationale de vaccination contre la grippe saisonnière en Tunisie démarre le 27 octobre courant, avec la disponibilité des vaccins dans les pharmacies privées et dans les centres de santé de base et les établissements de santé publique.

Le secrétaire général adjoint du syndicat des pharmaciens d’officine de Tunisie (SPOT) Aymen Khélifi, a indiqué que 280 mille doses de vaccin ont été consacrées à la campagne nationale de vaccination contre la grippe saisonnière, annonçant qu’un tarif préférentiel sera appliqué cette année pour la vaccination, ne dépassant pas 24 dinars par dose, contre environ 38 dinars l’année dernière.

Khalifi a expliqué, dans une déclaration à l’agence TAP, que cette baisse des prix est due au mécanisme d’ajustement mis en place par la pharmacie centrale, qui est le seul organisme autorisé à négocier directement avec les laboratoires étrangers et à acquérir les vaccins.

Il a relevé que les vaccins seront de même qualité et efficacité dans les secteurs privé (via les pharmacies privées) et public (à travers les centres de santé de base et les établissements sanitaires relevant du ministère de la santé).

La déclaration du secrétaire général adjoint du SPOT intervient après une réunion de coordination tenue mercredi, au siège de la direction des soins de santé de base, qui a réuni les représentants du ministère de la santé, de la pharmacie centrale, et de la direction des soins de santé de base, ainsi que du syndicat des pharmaciens d’officine de Tunisie et de l’ordre des pharmaciens.

Cette réunion annuelle s’inscrit dans le cadre des préparatifs proactifs visant à assurer la réussite de la campagne de vaccination contre la grippe saisonnière, à finaliser les préparatifs logistiques et à garantir une meilleure coordination aux niveaux central et régional pour la distribution des doses et l’administration des vaccinations.

Il convient de rappeler que le ministère de la santé a souligné que le vaccin contre la grippe saisonnière est simple, sûr et efficace. Il protège les populations vulnérables contre les complications et les risques liés à cette infection.

La vaccination est particulièrement recommandée aux personnes âgées (65 ans et plus) les personnes atteintes de maladies chroniques (cardiaques, respiratoires, rénales, diabète, immunodéficience) les femmes enceintes et les professionnels de santé.

Le ministère a également souligné que la grippe revient chaque automne et que la période la plus propice à la vaccination se situe  avant l’hiver, précisant qu’elle peut se poursuivre jusqu’au mois de février voire au-delà, après avis médical.

 

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La Tunisie passe son temps à réparer ses pannes

Derrière l’image convenue de la table en bois vernis, des costumes-cravates et des dossiers qui s’empilent, il y a une réalité amère : celle de nos infrastructures qui vieillissent, de nos chantiers qui s’éternisent, de nos équipements qui tombent en panne, et de nos citoyens qui voient les projets s’ouvrir, se prolonger, parfois changer d’ambition, sans toujours comprendre ce qui empêche leur aboutissement. Ce n’est pas seulement le béton qui se fissure ; c’est le lien de confiance entre l’État et le citoyen qui a craqué. (Photo: La place Barcelone à Tunis le jour de son inauguration après sa réhabilitation, en septembre 2025. Qu’est-elle devenue aujourd’hui ?)

Manel Albouchi *

Le 8 octobre 2026, la Commission des grands projets s’est réunie à la Kasbah pour examiner six dossiers majeurs, concernant notamment le stade olympique d’El Menzah, la protection de la colline de Sidi Bou Saïd, l’hôpital régional de Bir Ali Ben Khelifa, la centrale électrique de Borj El Amri, l’aéroport Tunis-Carthage et le port en eaux profondes d’Enfidha. Certains de ces projets, on en parle depuis dix, vingt, trente ans, comme le port en eaux profondes d’Enfidha, et ils sont toujours dans les cartons. Cette fois, comme d’autres fois auparavant, des décisions ont été prises, des marchés attribués, mais une question demeure : pourquoi est-il parfois si difficile de transformer une ambition publique affichée en résultat durable pour les citoyens ? 

La cage des certitudes individuelles

Une administration peut réunir des cadres compétents, des responsables dévoués, pourtant le projet peut rester bloqué.

L’ingénieur signale le risque. Le juriste identifie la contrainte. Le financier attend la validation. L’entreprise suspend les travaux. Le ministre réclame une nouvelle note. Et, dans cette ronde administrative, la responsabilité du résultat final se dissout entre les responsabilités individuelles.

Pris isolément, chaque acteur protège son périmètre et a d’excellentes raisons d’agir ainsi. C’est l’un des paradoxes majeurs des grandes organisations : quand chacun répond strictly de son étape, personne ne répond nécessairement de l’arrivée.

En psychologie sociale, on parle de la dilution de la responsabilité ; un phénomène qui se conjugue au cloisonnement des services : chaque structure applique ses règles, poursuit ses objectifs et défend ses contraintes, tandis que la finalité commune perd en visibilité. La procédure bureaucratique, indispensable pour protéger l’intérêt général, devient alors un refuge face au risque de décision.

La question qu’on doit se poser est comment faire pour que le contrôle protège l’intérêt public sans rendre l’action impossible ?

Cela suppose non pas une signature supplémentaire dans un organigramme, mais une responsabilité effective : désigner un responsable de projet clairement identifié, doté d’un mandat réel, de moyens adaptés et d’un pouvoir d’arbitrage garanti.

De l’ambition au bruit d’un spectacle d’inauguration

L’impuissance organisationnelle ne se mesure pas seulement aux retards. Elle se manifeste parfois par une scénographie remarquable : la capacité d’isoler un sous-ensemble cosmétique d’un grand projet pour en faire un triomphe politique. C’est là que réside le malentendu démocratique majeur : une organisation publique ne doit pas être évaluée seulement sur sa capacité à annoncer, mais sur sa capacité à inaugurer le projet et à résoudre durablement le problème qui le justifiait.

Le projet de la réhabilitation de la Place Barcelone au centre-ville de Tunis en offre une illustration éclairante. À l’origine, le projet affichait une ambition métropolitaine : la création d’un grand pôle d’échange multimodal intégrant la réorganisation des lignes de métro léger, une gare routière souterraine, un parking enterré et la restructuration des flux de surface. Un projet d’infrastructure lourd, conçu pour désengorger durablement le cœur de la capitale.

Pourtant, au fil des blocages techniques, des contraintes financières et des arbitrages ajournés, le chantier de l’infrastructure souterraine s’est figé. C’est alors qu’est intervenue la magie de la résignation organisationnelle : redéfinir l’objectif à partir de ce que l’institution parvient encore à réaliser.

En septembre 2025, la Place Barcelone réhabilitée a été inaugurée en grandes pompes. Flashs des photographes, coupures de ruban, discours enthousiastes sous les nouveaux projecteurs et jaillissement inaugural des fontaines fraîchement rénovées. Officiellement, la capitale célébrait la «renaissance» d’un espace emblématique. Mais sous les vivats de la cérémonie et la verdure des nouvelles allées, la réalité fonctionnelle n’avait pas bougé d’un millimètre : les centaines de milliers d’usagers quotidiens continuaient de s’entasser aux mêmes arrêts saturés, sur la même dalle de surface, au milieu d’un nœud de transit inchangé.

Courir derrière les pannes

On a fêté avec éclat la pose de bancs et le nettoyage de jets d’eau là où l’on avait promis une révolution des transports publics. La célébration a agi comme un anesthésique médiatique : on a substitué l’aménagement d’un square à la résolution d’un problème d’urbanisme lourd.

Or, installer un espace paysager au cœur d’un nœud ferroviaire et routier saturé, sans en avoir modifié la dynamique de transit, relève d’une illusion éphémère. Livré à la pression quotidienne d’une foule en transit et faute d’un plan de maintenance préventive sanctuarisé, un tel aménagement est condamné, à court terme, au piétinement, à la dégradation et au retour du désordre. L’inauguration en grandes pompes n’aura été que le vernis temporaire appliqué sur un renoncement structurel.

Il existe dans nos institutions une seconde faille : la fascination pour l’urgence.

Inaugurer un tronçon de route produit une image. Réparer une panne d’électricité en pleine nuit d’été fait un bon communiqué. Mais inspecter une conduite tous les six mois ? Assurer la maintenance préventive d’un scanner hospitalier ? Cela ne produit aucun récit, aucune médaille, aucun applaudissement.

Résultat : nous avons bâti un système qui récompense ceux qui éteignent les incendies, mais néglige ceux qui empêchent le feu de prendre. À force de reporter l’entretien ordinaire parce qu’il n’est «pas urgent», nous accumulons une dette invisible. Nous sommes tout simplement un pays qui passe son temps à courir derrière ses pannes.

Les leviers de la véritable souveraineté

La souveraineté d’un État ne se réduit pas à la prise de décision politique ou à la signature d’un décret. Elle réside dans sa souveraineté opérationnelle — c’est-à-dire sa capacité autonome à piloter, exécuter, entretenir et faire durer ses propres infrastructures publiques sans dépendre systématiquement de béquilles extérieures. Chaque fois que nous exportons l’exécution faute d’arbitrage interne, nous cédons une parcelle de notre autonomie d’action.

La différence ne réside pas dans la maîtrise technique ou la valeur de nos diplômes, mais dans l’architecture de la décision. Les systèmes qui réussissent là où nous bloquons s’appuient sur des leviers managériaux précis que nous devons d’urgence réintégrer :

  1. Un responsable unique : désigner un pilote unique avec un périmètre clair, un calendrier et un mandat réels. Sa mission est de trancher les imprévus au fur et à mesure sans attendre qu’une chaîne interminable de validations ne paralyse le chantier.
  2. Un seul référent institutionnel : établir une matrice explicite du qui décide, qui finance, qui exécute, qui contrôle et qui répond du résultat entre les ministères et les opérateurs publics, afin d’éliminer définitivement les zones grises où s’évapore la responsabilité.
  3. Une évaluation par le résultat : évaluer la performance à la livraison effective et à la continuité du service, non à la conformité des seuls paraphes administratifs.
  4. La maintenance préventive : la prévention doit devenir un indicateur politique majeur : la souveraineté se mesure à ce que l’on sait préserver des années après le départ des officiels.
  5. La sécurité psychologique : créer un cadre où l’initiative responsable est encouragée et distinguée de la faute intentionnelle. Une organisation qui frappe indistinctement l’erreur de bonne foi et l’inertie condamne ses agents à la suspicion, à la peur de la sanction et au refuge procédural.

Si nous ne réformons pas notre chaîne de décision sur la base de ces leviers, nous continuerons de céder notre souveraineté opérationnelle, faute d’avoir su offrir à notre propre intelligence collective les moyens d’agir et de durer.

Retrouver l’alliance

Une infrastructure n’est pas seulement une masse de béton, d’acier ou quelques mètres carrés de gazon inaugurés en musique : elle est le visage concret d’une promesse collective.

Dans notre rapport à l’action publique, je vois que nous ressemblons parfois à ces couples qui dépensent une fortune pour la cérémonie d’un mariage grandiose sous les projecteurs, mais dont l’union s’effrite en quelques mois, faute d’avoir su construire le soin, la maturité et le dialogue du quotidien. L’inauguration en grandes pompes est notre mariage-spectacle : on y célèbre l’illusion d’une réussite éphémère, tout en abandonnant la maintenance ordinaire et l’écoute du terrain.

Je crois que les blocages techniques ne sont que le symptôme de liens relationnels abîmés. Reconstruire nos infrastructures nécessitera une véritable alliance publique. Il s’agit de sortir du cercle névrotique où la peur du blâme paralyse l’administrateur, où la rigidité du contrôle bloque l’ingénieur, et où le renoncement de l’institution finit par désespérer le citoyen.

Il est venu le temps de faire converger les expertises, de sanctuariser la maintenance préventive et de privilégier la pérennité du service rendu sur le spectacle éphémère du ruban coupé. Et de rendre la considération au citoyen, non comme un spectateur ou un usager passif, mais comme un partenaire du cadre commun.

La solidité d’une nation ne se mesure pas au faste des cérémonies d’un jour ni au nombre de rubans coupés sous les projecteurs. Elle se mesure à la patience de ce qu’elle entretient, à la dignité de ce qu’elle répare avant la rupture, et à la continuité du service qu’elle garantit à ses citoyens.

* Psychologue, consultante en psychologie organisationnelle.

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Clinique Sidi Salah : Une fermeture qui suscite l’émotion des Marsois

La clinique Sidi Salah, l’un des établissements privés de santé les plus anciens de la banlieue nord de Tunis, a définitivement fermé ses portes, selon un témoignage publié mercredi 14 octobre 2026 par le docteur Kais Boussen, médecin interniste. Cette fermeture suscite une vive émotion chez plusieurs médecins et internautes, qui évoquent un établissement auquel de nombreux patients étaient attachés.

Dans une publication sur Facebook, le praticien, qui connaît l’établissement, a exprimé sa tristesse face à cette fermeture. Il a également salué les efforts déployés ces dernières années par le propriétaire et directeur de la clinique, le docteur Mokhtar Khattech, pour tenter d’en assurer la continuité, sans parvenir à empêcher l’arrêt de ses activités.

Une clinique de proximité au service des patients depuis des décennies

Située au 5, rue Amilcar, dans la cité El Wifak à La Marsa, la clinique Sidi Salah proposait une offre de soins médico-chirurgicaux pluridisciplinaire. Les informations disponibles dans les anciens répertoires médicaux font état de plusieurs services, notamment l’hospitalisation, la rééducation fonctionnelle, la radiologie, l’échographie, la maternité et un bloc opératoire doté de plusieurs salles d’intervention.

L’établissement disposait également d’espaces dédiés aux accouchements et à la prise en charge des mères et des nouveau-nés. Ces activités lui ont permis de s’inscrire durablement dans le paysage sanitaire de la banlieue nord et dans le parcours de soins de nombreuses familles.

Dans son témoignage, le docteur Kais Boussen met particulièrement en avant la dimension humaine de la clinique, évoquant un établissement à taille humaine, un personnel accueillant et chaleureux ainsi que des compétences médicales auxquelles les patients étaient attachés.

Des difficultés financières évoquées, mais des causes à confirmer

Selon certains échos, la clinique aurait été confrontée à des difficultés financières ces dernières années. Ces informations pourraient contribuer à expliquer les efforts entrepris pour maintenir l’établissement en activité, mais elles n’ont pas pu être confirmées par des documents financiers ou une déclaration officielle de sa direction. Les causes précises de la fermeture restent donc à établir. Toutefois, le propriétaire et directeur de la clinique, le docteur Mokhtar Khattech, ne s’est pas encore exprimé publiquement sur les circonstances de cette fermeture.

Lire aussi : Tunisie : Taoufik Hospitals racheté par un groupe marocain pour ce montant conséquent

L’annonce a néanmoins suscité plusieurs réactions empreintes d’émotion sur les réseaux sociaux. Des internautes ont partagé leurs souvenirs liés à cet établissement, notamment des expériences de soins et des événements familiaux, tandis que d’autres ont salué le travail du personnel médical et paramédical.

Au-delà de la fermeture d’une structure privée, cette disparition rappelle la place que peuvent occuper les établissements de proximité dans la mémoire collective et dans la relation entre soignants et patients. Le devenir des activités de la clinique, ainsi que les éventuelles conséquences pour son personnel et les patients qui y étaient suivis, restent à préciser.

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Evacuation de Bizerte – Le rôle de Bahi Ladgham

Secrétaire d’Etat à la Présidence (juillet 1957 – novembre 1969) et Secrétaire d’Etat à la Défense (juillet 1957 – juin 1966), considéré un temps comme le numéro deux du régime, il a été un acteur important de la bataille de la base navale de Bizerte et de son évacuation, il y a soixante-trois ans, le 15 octobre 1963.

 

« Mission accomplie ». Nombre de Tunisiens, qui ont vécu l’évacuation de la base navale de Bizerte, le 15 octobre 1963, se souviennent, sans doute, de cette phrase prononcée, à l’endroit du premier président de la République, Habib Bourguiba, sur le quai de cette base. Une phrase qui marque la fin d’une présence définitive de l’armée française en Tunisie de quatre-vingt-deux ans, qui avait commencé, en mai 1881. L’évacuation de la base navale de Bizerte étant intervenue effectivement sept ans après l’indépendance de la Tunisie, le 20 mars 1956.

L’auteur de cette phrase n’est autre que Bahi Ladgham, alors Secrétaire d’Etat à la Présidence et Secrétaire d’Etat à la Défense, qui communiquait au téléphone avec Habib Bourguiba. Le même jour, Bahi Ladgham avait hissé le drapeau tunisien dans la base de Bizerte. En présence d’« une petite foule, qui a envahi le port, entonnant l’hymne national tunisien et lançant des « Yahya Bourguiba ! » (« Vive Bourguiba ! ») Un acte hautement symbolique d’une souveraineté retrouvée d’une base militaire que la France ne comptait pas lâcher. Mais que Bourguiba a voulu, coûte que coûte, récupérer.

 

Le même jour, Bahi Ladgham avait hissé le drapeau tunisien dans la base de Bizerte. En présence d’ « Une petite foule, qui a envahi le port, entonnant l’hymne national tunisien et lançant des « Yahya Bourguiba ! » (« Vive Bourguiba ! »)

 

La présence de Bahi Ladgham sur les lieux était du reste une juste consécration d’un parcours militant pour l’indépendance commencé dans les années trente du siècle dernier. Originaire de Libye, comme l’était du reste le père de l’indépendance de la Tunisie, Bahi Ladgham était de tous les combats contre la colonisation française. Un parcours émaillé d’arrestations et de séjours en prison. A commencer par son engagement dans les manifestations contre le Congrès eucharistique mondial de Carthage, en mai 1930. « À l’occasion du centenaire de la colonisation française de l’Algérie, un symbole pour une Église impliquée dans le processus colonial ».

Bahi Ladgham a failli même être exécuté

Il connaîtra même le bagne d’El Harrach, en Algérie, réputé pour être un lieu de détention des plus humiliants, servant de centre de détention et de transit, notamment pour les condamnés aux travaux forcés ou les opposants politiques et nationalistes à l’époque coloniale française. Bahi Ladgham a même failli être exécuté dans une affaire d’attentat à la bombe organisé contre le mur de l’enceinte de la caserne militaire de La Kasbah.

Militant, donc, de la première heure, il jouera un rôle dans l’action du Néo-destour, dont la participation à la création de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) et de l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (UTICA). De même, il a touché au journalisme militant en assurant la rédaction en chef du journal « Mission », dont le directeur n’est autre que son successeur, en 1970, à la tête du Premier ministère.

 

Bahi Ladgham connaîtra même le bagne d’El Harrach, en Algérie, réputé pour être un lieu de détention des plus humiliants, servant de centre de détention et de transit notamment pour les condamnés aux travaux forcés ou les opposants politiques et nationalistes à l’époque coloniale française.

 

Le « verrou de la Méditerranée »

Secrétaire d’Etat à la Présidence (juillet 1957 – novembre 1969) et Secrétaire d’Etat à la Défense (juillet 1957 – juin 1966), considéré un temps comme le numéro deux du régime, il a été un acteur important de la bataille de Bizerte, commencée en juillet 1961, lorsque la France décide de prolonger les pistes de la base aérienne de Sidi Ahmed – « ce qui ressemblait à une installation définitive » – le président tunisien Habib Bourguiba décide d’aller de l’avant. En usant d’« une stratégie mêlant pression populaire, blocus militaire et diplomatie internationale ».

En réussissant à faire plier la France qui considérait la base navale de Bizerte comme le “verrou de la Méditerranée“ . En effet, « située à la pointe nord de l’Afrique, la base fait directement face au détroit de Sicile. Pour les stratèges militaires français, contrôler Bizerte, c’était contrôler le passage maritime obligé entre le bassin occidental et le bassin oriental de la Méditerranée », soutiennent des récits historiques de l’époque.

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