Portée disparue depuis plus de deux semaines et faisant l’objet d’un appel à témoins, une femme a été retrouvée morte, enterrée dans une maison abandonnée à Jendouba Nord.
Les soupçons des enquêteurs se sont rapidement portés sur l’un de ses collègues de travail à la maison de jeunes de la région. Selon les premiers éléments de l’enquête, ce dernier a avoué le meurtre. Après son crime, il avait enterré sa victime à plusieurs mètres de profondeur, indiquent différentes sources.
Un important dispositif regroupant la police, la Garde nationale et la Protection civile s’est immédiatement rendu sur place, en présence d’un représentant du Ministère public près le Tribunal de première instance de Jendouba, pour procéder à l’exhumation du corps.
La dépouille présentait d’importantes traces de violences et a été transférée au service médico-légal pour autopsie afin de déterminer les causes exactes du décès.
Quant au suspect, il a été placé en garde à vue tandis que l’enquête se poursuit.
L’aéronautique marocaine poursuit son développement. Le secteur attire de nouveaux investisseurs, tandis qu’Airbus prépare une nouvelle étape de son implantation industrielle dans le royaume. Selon Mohammed Bellatig, président du Groupement des industries marocaines aéronautiques et spatiales (GIMAS), les exportations du secteur pourraient passer de 3 milliards de dollars en 2025 à 5 milliards de dollars par an d’ici 2029.
Airbus prévoit de renforcer ses activités au Maroc avec une nouvelle unité consacrée à la conception, à la fabrication et à l’assemblage de pièces aéronautiques. Le projet a été évoqué par Mickaël Bertrand, représentant du groupe au Maroc. Une annonce officielle est attendue dans les prochains mois. En décembre 2025, Airbus avait déjà finalisé le rachat du site casablancais de Spirit AeroSystems, spécialisé dans les composants de structure pour les avions A220 et A321.
Le développement du secteur s’est également illustré lors de la huitième édition du Marrakech Airshow, organisée du 7 au 10 octobre 2026. À cette occasion, le ministère marocain de l’Industrie et du Commerce a signé trois protocoles d’accord portant sur de nouveaux investissements.
D’ailleurs, MATIS prévoit d’investir 16,457 millions de dollars dans une usine de câblage aéronautique, avec 750 emplois directs à la clé. APS Coating consacrera 18 millions d’euros à une unité de traitement de surface de pièces aéronautiques, qui devrait employer 120 personnes. De son côté, MECAPOLE prévoit un investissement de 10 millions d’euros dans l’usinage de pièces pour avions et hélicoptères, en partenariat avec l’Agence marocaine de développement des investissements et des exportations (AMDIE). Le projet devrait créer 80 emplois.
En effet, ces investissements doivent permettre de produire davantage de composants sur place et de renforcer les compétences industrielles locales. Le ministre de l’Industrie et du Commerce, Ryad Mezzour, y voit un moyen de consolider la souveraineté industrielle du pays et d’accroître la valeur ajoutée produite au Maroc.
Par ailleurs, d’autres projets viennent étoffer le tissu industriel. Le groupe chinois Hangyu Technology a choisi la Cité Mohammed VI Tanger Tech pour implanter une unité de forge de précision destinée aux moteurs d’avion et aux turbines à gaz. L’investissement pourrait atteindre 105 millions d’euros.
En juin 2026, Safran Electronics & Defense a lancé l’extension de son usine de Nouaceur, près de Casablanca. Évalué à 350 millions de dirhams, soit environ 36 millions de dollars, le projet prévoit 17 000 m² supplémentaires et 15 nouvelles lignes de production consacrées notamment aux calculateurs avioniques, aux actionneurs et aux systèmes de mesure. Le groupe suédois Trelleborg a également inauguré, en juin, une usine spécialisée dans les systèmes d’étanchéité pour l’aéronautique, pour un investissement d’environ 130 millions de dirhams.
Cinquième contributeur aux recettes d’exportation industrielles du Maroc, derrière l’automobile, la chimie, le textile et l’agroalimentaire, l’aéronautique emploie près de 25 000 personnes. Le secteur enregistre une croissance annuelle supérieure à 10 %, selon les données communiquées dans le cadre de ces annonces.
L’objectif de 5 milliards de dollars d’exportations annuelles à l’horizon 2029 reste une projection du GIMAS. Pour l’atteindre, le Maroc devra poursuivre la montée en gamme de ses activités, attirer de nouveaux équipementiers et intégrer davantage de savoir-faire et de production dans ses usines locales.
La dette publique allemande devrait atteindre 78,25 % du produit intérieur brut (PIB) en 2030. C’est ce que prévoit le Conseil de stabilité de l’Allemagne, qui coordonne les questions fiscales du gouvernement fédéral et des Länder. En 2025, ce pourcentage n’était que de 62,8 %.
Selon le traité de Maastricht de l’UE, le déficit budgétaire d’un pays ne doit pas dépasser 3 % du PIB. Tout en sachant que la dette publique totale ne doit pas dépasser 60 % du PIB. Or, le déficit budgétaire allemand devrait se creuser. Et ce, pour passer de 2,9 % l’an dernier à 5,25 % en 2027. Il devrait représenter 4,5 % du PIB de l’Allemagne d’ici 2030, relève Reuters.
Par ailleurs, l’emprunt augmente grâce à un fonds d’infrastructure de 500 milliards d’euros (559 milliards de dollars) et à l’assouplissement des restrictions d’emprunt pour les dépenses de défense. « Après des années de stagnation, une reprise économique commence à se dessiner », assure le ministre allemand des Finances, Lars Klingbeil, à l’issue de la réunion du Conseil de stabilité. « Ce sont avant tout nos investissements qui dynamisent l’économie et nous permettent de nous redresser, après des années de faible croissance ».
La sélection tunisienne d’haltérophilie a bouclé les Championnats arabe et d’Afrique, disputés du 5 au 13 octobre à Mostaganem, en Algérie, avec 147 médailles. Le bilan comprend 82 médailles arabes, dont 24 en or, et 65 médailles africaines, dont 19 en or.
Deux titres par équipes chez les juniors filles
La Tunisie a remporté les titres arabe et africain par équipes dans la catégorie des juniors filles. Elle a également terminé deuxième chez les cadettes dans les deux compétitions et décroché la deuxième place par équipes chez les seniors filles aux Championnats arabes.
Au total, le bilan tunisien se répartit entre 24 médailles d’or, 45 d’argent et 13 de bronze au niveau arabe, ainsi que 19 d’or, 31 d’argent et 15 de bronze au niveau africain.
Khaoula Mejri et Idriss Ouerthi en évidence
Khaoula Mejri, engagée dans la catégorie des 49 kg, a remporté neuf médailles d’or aux Championnats arabes, auxquelles se sont ajoutées six médailles d’argent au niveau africain.
Yasmine Radhouani (53 kg) a également signé un bilan important, avec cinq médailles d’or, neuf d’argent et une de bronze sur les deux compétitions, selon les résultats détaillés communiqués par la TAP.
Chez les garçons, Idriss Ouerthi (60 kg) a obtenu six médailles d’argent aux Championnats arabes, avant de décrocher trois médailles d’or aux Championnats d’Afrique.
Autre performance notable, Hibatallah Tebbini a établi trois records d’Afrique dans la catégorie des cadettes.
Officiellement pour « l’inclusion financière », et réellement selon nous, pour réduire l’usage des espèces, la Banque centrale de Tunisie relève les plafonds des comptes de paiement et autorise des retraits en liquide jusqu’à 10 000 dinars par jour. La nouvelle circulaire sur les établissements de paiement élargit leur champ d’action, durcit leur encadrement, mais ne dit […]
Maurice, les Seychelles et le Botswana occupent le haut du classement africain du Global Capitalism Index (GCI). La Tunisie, elle, se place au 18ᵉ rang sur les 47 pays évalués, avec 56,1 points sur 100, selon les données communiquées pour l’édition 2026. Elle devance l’Algérie et le Sénégal, mais reste derrière le Maroc et l’Égypte, deux économies nord-africaines qui figurent dans le top 10 continental.
Le Maroc totalise 61,8 points et l’Égypte 60,9, soit respectivement 5,7 et 4,8 points de plus que la Tunisie. L’écart est encore plus marqué avec Maurice, première du classement africain avec 73,9 points. Les Seychelles suivent avec 73,4 points, devant le Botswana et ses 72,7 points. Ces résultats placent les trois premiers pays à plus de 16 points de la Tunisie et montrent combien les performances varient d’une économie africaine à l’autre.
Rang africain
Pays
Rang mondial
Score sur 100
17
Ghana
108ᵉ
56,3
18
Tunisie
110ᵉ
56,1
19
Sénégal
114ᵉ
54,6
Derrière ces positions, l’indice évalue les conditions dans lesquelles les marchés fonctionnent. Il prend en compte la protection des droits de propriété, les règles de concurrence, l’ouverture du marché du travail, l’accès au financement, la solidité du système bancaire, le développement des marchés financiers, la création d’entreprises et la circulation des biens et des capitaux. Il ne mesure donc directement ni le niveau de richesse des habitants ni la croissance d’un pays. Son objectif consiste à apprécier les conditions institutionnelles et économiques qui encadrent l’activité des entreprises.
La répartition des scores confirme les écarts entre les pays africains. Vingt des 47 économies évaluées obtiennent moins de 50 points. La Mauritanie affiche 24,2 points, le Tchad 24,1 et la Libye 21,8. À l’autre bout du classement mondial, la Suisse arrive en tête avec 96,9 points, devant les États-Unis, Hong Kong, le Canada et Singapour.
Avec 56,1 points, la Tunisie se situe donc dans la partie médiane du classement africain. Les données communiquées font état d’une progression annuelle de 1,7 point, mais ce gain ne suffit pas à expliquer la position du pays. Pour comprendre ce qui le sépare du Maroc ou de l’Égypte, il faudrait comparer leurs résultats sur chacun des huit piliers de l’indice. Le score global ne permet pas de savoir si l’écart provient principalement de l’accès au financement, du fonctionnement de la concurrence, de la protection des droits de propriété ou d’autres facteurs. Cette distinction compte pour les entreprises. La stabilité des règles, la facilité d’accès aux capitaux et les conditions de concurrence pèsent dans les décisions d’investissement et les stratégies d’expansion. Le classement ne permet pas, à lui seul, d’affirmer que les entreprises tunisiennes sont moins compétitives que leurs concurrentes marocaines ou égyptiennes. Il fournit plutôt un point de comparaison pour examiner les règles et les institutions qui encadrent leur activité.
Voici le top 10 africain selon Global Capitalism Index
La Banque mondiale (BM) et le Fonds monétaire international (FMI) prévoient entre 4,6 % et 4,7 % de croissance économique en Mauritanie en 2026. Des projections que soutiennent principalement le développement de la production gazière et les performances des secteurs miniers. C’est ce que les médias du pays rapportent.
Ces perspectives sont entre autres liées à l’entrée en production du champ gazier Grand Tortue Ahmeyim (GTA), exploité conjointement par la Mauritanie et le Sénégal. Lequel devrait contribuer à l’augmentation des exportations et des recettes en devises du pays.
Et ce n’est pas tout, car les secteurs du fer et de l’or eux aussi pourraient soutenir cette dynamique économique. Et ce, malgré la persistance des pressions inflationnistes et les défis structurels liés à la diversification de l’économie mauritanienne, relève le site Cridem.
Une série d’attaques de drones, de missiles balistiques et de missiles de croisière menée par les Houthis yéménites a frappé l’aéroport international roi Khaled de Riyad samedi 10 octobre 2026 faisant 13 morts et 309 blessés. L’aéroport est fermé jusqu’à nouvel ordre, les écoles de la capitale ont basculé en enseignement à distance et plusieurs entreprises du centre d’affaires de Riyad ont mis leur personnel en télétravail. Les attaques n’ont pas épargné le reste du Royaume, l’aéroport de Dammam et des installations énergétiques du géant pétrolier Aramco ont aussi été visés. Ces frappes et leurs conséquences écornent l’image de l’Arabie Saoudite et peuvent compromettre la concrétisation des objectifs de diversification et de modernisation de l’économie saoudienne, priorité du prince héritier Mohammed ben Salmane surtout que pour le moment, aucune issue au conflit ne se profile.
Imed Bahri
Selon l’analyse du magazine britannique The Economist intitulée «L’Arabie saoudite est de plus en plus assiégée», le Royaume dispose de peu d’options face aux attaques meurtrières en provenance du Yémen et semble pris au piège. L’attaque visant l’aéroport international de Riyad était la plus sanglante jamais perpétrée par les Houthis.
Samedi, des témoins oculaires ont rapporté que des missiles avaient touché directement le terminal 3, réservé aux vols intérieurs, provoquant l’effondrement d’une partie de sa toiture. Au moins 13 personnes ont été tuées —saoudiens et résidents étrangers— et 309 autres ont été blessées, certaines se trouvant dans un état critique. L’aéroport reste fermé jusqu’à nouvelle ordre et la date de sa réouverture n’a pas encore été précisée.
Le lendemain, dimanche, les Houthis ont lancé une nouvelle attaque contre le terminal 4 cette fois-ci, provoquant un incendie. Cette attaque, la plus grave subie par le Royaume depuis plus d’une décennie, survient à peine deux semaines avant que le pays n’accueille une importante conférence sur l’investissement. Elle soulève des questions quant aux capacités de défense aérienne saoudiennes et à l’avenir de la guerre au Yémen, un conflit qui s’est récemment ravivé après une trêve de plusieurs années.
The Economist affirme que les Houthis contrôlent toujours la majeure partie du Yémen, malgré la campagne aérienne menée par l’Arabie saoudite en 2015 visant à les évincer du pouvoir. Si le cessez-le-feu de 2022 a gelé les lignes de front, la guerre plus large dans le Golfe, déclenchée par les États-Unis et Israël en février, a rendu cette trêve manifestement intenable. À l’approche de l’été, les deux camps se préparaient à reprendre les combats.
Le mois dernier, les Houthis ont lancé une offensive leur permettant de prendre rapidement le contrôle d’une grande partie de la côte sud-ouest du Yémen, y compris la ville portuaire de Mokha.
Les Saoudiens et leurs alliés yéménites (forces armées dépendant du gouvernement internationalement reconnu) ont entamé une contre-offensive ce mois-ci mais leur progression a été lente. S’ils ont reconquis une bande côtière, ils semblent marquer le pas aux abords de la localité de Dhubab, située à 40 kilomètres au sud de Mokha.
Comme c’est souvent le cas au Yémen, les campagnes militaires démarrent avec vigueur mais s’enlisent rapidement dans une impasse.
Parallèlement, les Houthis continuent de tenter d’encercler Taëz, la troisième plus grande ville du Yémen et bastion de la résistance anti-houthie. Ils ont également repris leurs attaques de missiles et de drones contre les infrastructures saoudiennes, notamment les raffineries de pétrole et les bases militaires.
Les Houthis ont fait des aéroports une cible privilégiée, avertissant les voyageurs d’éviter l’espace aérien saoudien. Au cours des trois dernières semaines, ils ont multiplié les attaques d’envergure croissante contre l’aéroport de Riyad. Une attaque au missile, survenue le 8 octobre, a fait trois morts —dont un pilote— et a entraîné la destruction d’un avion appartenant à une compagnie aérienne saoudienne publique. Si les compagnies aériennes étrangères ont annulé des centaines de vols, les autorités saoudiennes ont maintenu l’aéroport ouvert jusqu’à l’attaque sanglante de samedi dernier.
The Economist souligne que l’incapacité des Saoudiens à intercepter les missiles reste inexpliquée alors même qu’ils disposent de systèmes de défense aérienne sophistiqués, notamment des batteries Thaad et Patriot de fabrication américaine.
Toutefois, comme c’est le cas dans de nombreux pays de la région, ils s’inquiètent de l’épuisement de leurs stocks de missiles intercepteurs après près de huit mois de guerre.
Quelques heures avant la dernière attaque, les organisateurs de la conférence annuelle Future Investment Initiative (Initiative pour l’investissement futur), prévue le 26 octobre, ont déclaré qu’ils comptaient toujours maintenir l’événement. Cet événement annuel, organisé par le prince héritier et surnommé le «Davos du désert», attire généralement l’élite du monde de la finance et des affaires, son annulation serait donc source d’embarras.
Cependant, on ignore combien de dirigeants d’entreprises souhaiteront y assister, ni même comment ils rejoindront le Royaume. Les déplacements aériens vers d’autres villes pourraient ne pas être une option envisageable, les Houthis ayant également pris pour cible l’aéroport de Dammam, situé à quatre heures de route à l’est de la capitale, Riyad.
Le gouvernement saoudien confronté à une guerre prolongée
Les Houthis dirigent de main de fer les zones sous leur contrôle. Ils financent leur machine de guerre grâce à des taxes et des redevances exorbitantes qui pèsent lourdement sur une population déjà épuisée. Si une décennie de guerre a appauvri le Yémen, ils restent prêts et capables de poursuivre le combat.
Dans ce contexte, le gouvernement saoudien est confronté à une guerre prolongée, marquée par des attaques répétées contre les aéroports et les infrastructures énergétiques, ce qui compromet ses plans de diversification économique et sape la concrétisation de la vision 2030 de Mohammed ben Salmane.
Pour autant, des analystes politiques sur les réseaux sociaux saoudiens insistent sur le fait que le pays se battra jusqu’à remporter une victoire décisive sur les Houthis. Les sources de The Economist ayant récemment rencontré les dirigeants du Royaume affirment que le prince héritier est déterminé à reconquérir les territoires perdus au profit des Houthis le mois dernier. Un responsable occidental a déclaré : «Je ne sais pas s’ils ont des objectifs clairs au-delà de cela».
L’Arabie saoudite a obtenu un certain soutien international ce mois-ci en activant des accords de défense commune signés en août avec le Pakistan et la Turquie. Le Pakistan a déployé des milliers de soldats en Arabie saoudite, bien qu’il affirme ne pas vouloir participer à la guerre au Yémen. Le Royaume-Uni a envoyé un avion ravitailleur en vol et la France a promis d’envoyer des troupes pour protéger un important terminal pétrolier sur la mer Rouge. Donald Trump a rejeté à plusieurs reprises les demandes du prince Mohammed ben Salmane de mener des frappes aériennes américaines mais le président américain a laissé entendre qu’il pourrait reconsidérer la question après l’attaque de samedi contre l’aéroport de Riyad. Néanmoins, aucune de ces mesures ne s’avérera décisive face aux Houthis.
L’autre option consiste à conclure un accord mais les Houthis en exigeront un prix élevé. Ils s’attendront à des gains économiques, à la levée du blocus saoudien sur l’espace aérien yéménite et à d’autres concessions. Cela créerait un précédent dangereux : les Houthis comprendraient que les attaques contre les infrastructures civiles constituent une forme efficace de chantage.
Après plus d’une décennie de guerre, les Saoudiens ne disposent clairement plus de bonnes options et il n’y a pas de voie de sortie à l’horizon, du moins pour l’instant.
L’application publique Khadamet, destinée à faciliter l’accès aux services administratifs en Tunisie, est désormais disponible sur l’App Store pour les utilisateurs d’iPhone. Lancée sur Android fin août 2026, elle avait dépassé les 50.000 utilisateurs durant ses dix premiers jours.
Les services publics accessibles sur iPhone
Avec cette disponibilité sur iOS, Khadamet élargit son accès aux citoyens souhaitant effectuer certaines démarches administratives depuis leur téléphone. L’application s’inscrit dans la stratégie nationale de développement de l’administration électronique et rassemble plusieurs prestations publiques au sein d’un espace numérique unifié et sécurisé.
L’accès aux services repose sur l’identité numérique tunisienne E-Houwiya. L’application permet notamment de consulter des informations relatives à l’état civil et aux documents administratifs, mais aussi d’accéder à plusieurs services liés aux véhicules.
Ces derniers comprennent la consultation des données du permis de conduire et de la carte grise, la vérification de la taxe de circulation et des infractions routières, ainsi que la prise de rendez-vous pour le contrôle technique.
Des prestations sociales et des paiements électroniques
Khadamet intègre également certains services relevant de la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM) et de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS). La plateforme permet par ailleurs d’effectuer des paiements électroniques et de régler certaines redevances.
Le ministère des Technologies de la communication avait annoncé l’intégration progressive de nouvelles fonctionnalités afin d’élargir l’offre de services publics numériques et de simplifier davantage les démarches des citoyens.
La mise à disposition sur iOS constitue ainsi une nouvelle étape dans le déploiement de cette application, désormais accessible depuis les deux principaux systèmes mobiles.
Les utilisateurs d’iPhone peuvent retrouver l’application sur l’App Store.
Congrès suspendu, querelles de leadership, rupture entre Abir Moussi et Karim Krifa… Inutile de dire que le Parti destourien libre (PDL) traverse une séquence particulièrement agitée, qui interroge voire soulève des questions sur sa cohésion interne et son avenir politique.
Le Parti destourien libre (PDL), naguère considéré comme ayant une assise politique solide, est confronté aujourd’hui à des turbulences qui mettent à l’épreuve son unité et son organisation. En effet, en l’espace de quelques jours, le parti s’est retrouvé au centre de plusieurs controverses : la suspension de son congrès national, les divergences autour d’un nouveau mandat pour sa présidente, Abir Moussi, et, plus récemment, la rupture publique entre cette dernière et l’avocat Karim Krifa – qui fait tâche d’huile.
Il s’agit là d’événements à même de donner à la crise une dimension dépassant les simples désaccords organisationnels. Derrière ces épisodes se dessine une interrogation fondamentale : est-ce que le PDL parviendra à préserver sa cohésion alors que son fonctionnement et sa direction sont de plus en plus contestés sur plusieurs fronts ? Rien n’est moins sûr.
Un congrès stoppé en pleine tourmente
Premier épisode marquant : le congrès national du PDL, baptisé « Congrès de la fidélité » et programmé les 3 et 4 octobre 2026, a été suspendu par une décision de la chambre des référés du Tribunal de première instance de Tunis, le 2 octobre. Cette décision est intervenue alors que le parti s’apprêtait à renouveler ses instances dirigeantes et qu’Abir Moussi entendait briguer un nouveau mandat à sa tête. La procédure judiciaire, engagée dans un contexte de divergences internes sur les conditions d’organisation du congrès, a ainsi interrompu net un rendez-vous politique important pour l’avenir de la formation.
L’affaire révèle surtout que les désaccords au sein du PDL ont dépassé le cadre des discussions internes pour se déplacer sur le terrain judiciaire. Le renouvellement de la direction, qui devait permettre de clarifier les rapports de force, reste donc en suspens. Et pour combien de temps ? Personne n’est en mesure de répondre à cette question. Excepté peut-être les responsables au sein du parti destourien.
La candidature d’Abir Moussi au cœur des divergences
La question du leadership constitue l’un des principaux points de friction. En juillet dernier, rappelle-t-on, l’ancien député et cadre du parti, Majdi Boudhina, avait publiquement appelé Abir Moussi à renoncer à briguer un nouveau mandat, invoquant la nécessité de renouveler les responsables et de respecter le principe d’alternance.
Cette prise de position a mis en lumière un débat sur l’interprétation des statuts du PDL et sur la durée des mandats de sa présidence. Encore eux, les statuts du parti. En tout cas, le parti défend, pour sa part, la légitimité d’une nouvelle candidature de sa présidente. Selon son interprétation des dispositions statutaires, le décompte des mandats concernés commence avec le premier congrès électif, organisé en 2021. Cette lecture est contestée par ceux qui estiment qu’un nouveau mandat – qu’ils qualifient de “trop“ – soulèverait un problème de cohérence avec le principe de limitation des mandats.
Au-delà de la question statutaire, le débat oppose deux préoccupations/tendances : préserver la continuité autour d’une figure centrale de l’opposition et préparer le renouvellement des structures dirigeantes.
Majdi Boudhina : le débat sur le renouvellement s’invite sur la place publique
Hélas, la démarche de Majdi Boudhina a révélé les difficultés rencontrées par les voix discordantes au sein du parti. Après avoir défendu publiquement la nécessité d’un renouvellement du leadership, l’ancien député a annoncé son retrait du PDL, dans un climat marqué par de vives réactions de certains partisans d’Abir Moussi. Et son départ donne une illustration concrète des tensions suscitées par le débat sur l’avenir de la formation politique. Il pose aussi la question de la place accordée à la contestation interne et de la capacité du parti à gérer les divergences sans provoquer de nouvelles ruptures. « C’est le cas de tous les partis gouvernés de façon autoritaire », atteste un ancien cadre du PDL qui, ayant constaté les germes de cette dérive, avait fini par quitter le navire.
Ceci étant, cet épisode ne suffit pas à établir l’existence d’« une opposition organisée ou majoritaire à Abir Moussi, mais témoigne néanmoins d’un désaccord public sur la manière de préparer l’avenir du PDL ».
Abir Moussi et Karim Krifa : une rupture qui ajoute à la crise
Sauf que cela commence à faire beaucoup, surtout avec le dernier épisode en date concernant Karim Krifa, avocat et membre du PDL. En effet, le 9 octobre, Abir Moussi lui a demandé de « se retirer » de son comité de défense et de cesser d’intervenir dans les dossiers judiciaires et les procédures engagées en son nom, en Tunisie comme à l’étranger.
Depuis son lieu de détention, la présidente du parti lui a reproché une conduite qu’elle estime contraire à ses intérêts et à ses droits. Elle a également demandé le retrait de son nom et de sa photographie des documents et supports liés au comité de défense.
Comme l’on pouvait s’y attendre, l’intéressé, en l’occurrence Karim Krifa, le temps sans doute de la réflexion, a réagi trois jours après, le 12 octobre en indiquant qu’il ne souhaitait pas entrer dans un échange d’accusations, tout en se réservant la possibilité d’engager des procédures judiciaires contre les personnes qu’il estimerait responsables de la diffusion d’allégations à son encontre.
Cette confrontation publique entre deux personnalités longtemps associées au PDL ajoute une nouvelle dimension aux tensions actuelles. Elle concerne désormais non seulement l’organisation et la direction du parti, mais aussi les relations entre ses responsables et les modalités de défense de sa présidente.
À ce stade, les accusations formulées par les protagonistes doivent être considérées comme leurs propres déclarations et non comme des faits judiciairement établis. Certains ne manquent pas de dire que la maison « PDL » a entamé un dangereux processus de décomposition.
Un parti confronté à la question de son avenir
Ainsi, on remarquera que ces différents épisodes ont un point commun : ils interviennent dans un contexte où Abir Moussi, détenue depuis trois ans (octobre 2023), demeure la figure centrale du PDL. Son rôle politique et symbolique constitue un facteur de rassemblement pour ses soutiens. Mais sa détention pose également des questions pratiques sur le fonctionnement du parti, la prise de décision et la préparation de son avenir.
Alors trois questions existentielles demeurent : comment maintenir une organisation politique opérationnelle dans ces circonstances ? Comment arbitrer les différends statutaires ? Et comment préserver l’unité lorsque des divergences sur la direction débouchent sur des départs, des procédures judiciaires et des ruptures publiques ? Si ces interrogations ne permettent pas, à elles seules, de conclure à une implosion du PDL, elles montrent toutefois que la formation traverse une période délicate, durant laquelle sa capacité à gérer ses désaccords sera déterminante.
Une crise de personnes, de règles ou de stratégie ?
Réduire la situation à une querelle entre individus semble sans doute insuffisant. Les événements récents font apparaître plusieurs niveaux de tension : une divergence sur l’interprétation des statuts, un débat sur la limitation des mandats, une procédure ayant empêché la tenue du congrès et une rupture entre Abir Moussi et Karim Krifa.
À ces questions organisationnelles s’ajoute un enjeu politique plus large : la capacité du PDL à maintenir sa visibilité et son influence tout en assurant la continuité de ses activités.
La suspension du congrès laisse la question de la direction sans règlement par cette voie élective. Les départs et les désaccords publics fragilisent l’image d’unité du parti, tandis que la rupture avec Karim Krifa ouvre un nouveau front de confrontation, comme le soulignent certains analystes politiques de la place.
La véritable question est désormais de savoir si le PDL pourra transformer cette séquence de tensions en une occasion de clarification interne, ou si les divergences continueront à s’accumuler au détriment de sa cohésion et de sa capacité d’action.
Une chose est certaine : la maison « PDL » traverse une zone de turbulences. Reste à savoir si ses responsables parviendront à renouer le dialogue, à clarifier les règles de fonctionnement et à définir une perspective commune pour la suite.
L’image récente du Burkina Faso inaugurant ses propres infrastructures de raffinage d’or pour capter la valeur ajoutée sur son sol ne relève pas du simple fait divers ou de la posture politique. Elle incarne une mutation structurelle qui traverse l’ensemble des pays émergents : le refus d’être de simples réservoirs de matières premières brutes et la réappropriation méthodique des chaînes de valeur.
Pour la Tunisie, engagée dans son cycle stratégique 2026-2030, cette dynamique offre un miroir d’une grande lucidité. Qu’il s’agisse de nos ressources minières, de notre production agricole ou de nos compétences technologiques, l’économie nationale demeure piégée dans une logique d’extraction à faible marge, subissant la volatilité des cours mondiaux au lieu d’imposer son propre prix par la transformation locale.
Le piège de la rente brute : dépasser la tentation du rendement immédiat
Les données officielles illustrent la gravité du coût d’opportunité concédé par le pays. Dans le secteur des phosphates, la production nationale de phosphate marchand, qui dépassait 8 millions de tonnes en 2010, s’est effondrée pour osciller ces dernières années autour de 3 à 3,5 millions de tonnes, pénalisant l’approvisionnement des usines de transformation du Groupe Chimique Tunisien. Dans le secteur agricole, près de 80 à 85 % de notre huile d’olive est encore exportée en vrac, abandonnant la marge de conditionnement et le pouvoir de marque aux conditionneurs de la rive nord de la Méditerranée.
Certains analystes soutiennent que l’exportation brute constitue le moyen le plus rapide de procurer des devises liquides à un Trésor public sous tension. C’est un calcul à courte vue : céder de la matière brute pour racheter ensuite des produits dérivés à fort coefficient d’importation aggrave le déficit commercial structurel et détruit l’emploi industriel local. La véritable souveraineté économique n’est ni un autarcisme nostalgique ni une rupture avec le commerce international, mais un repositionnement agressif au sommet de la chaîne de valeur.
Capital humain et numérique : stopper la fuite du minerai immatériel
Cette urgence industrielle s’applique avec une acuité accrue à notre ressource la plus précieuse : le capital humain. Avec plus de 3 000 ingénieurs et cadres techniques qui quittent chaque année le territoire national, la Tunisie subit une forme d’extraction à ciel ouvert de sa matière grise. Exportée sous forme de sous-traitance logicielle à faible marge ou par l’émigration directe de compétences formées par l’école publique, notre intelligence technologique enrichit des écosystèmes extérieurs.
Traiter ce phénomène comme une fatalité liée aux écarts salariaux est une erreur d’ingénierie. La rétention des talents ne se fera pas par des décrets restrictifs, mais par la création sur notre sol de projets complexes à forte valeur ajoutée. Bâtir des briques de souveraineté numérique, déployer des infrastructures d’intelligence artificielle appliquées à l’industrie et concevoir des plateformes logicielles nationales permettent de transformer la sous-traitance passive en co-propriété intellectuelle, fiscalisée et valorisée en Tunisie.
Financer l’exécution : le rôle souverain du secteur bancaire public
L’objection récurrente face à ces ambitions touche à la disponibilité des capitaux : comment financer des unités de raffinage, des chaînes de conditionnement et des centres de calcul souverains dans un contexte de rigueur budgétaire ? La réponse réside dans la réallocation stratégique du crédit. Le secteur bancaire, et en premier lieu les banques publiques, ne peut plus cantonner son rôle au refinancement passif des dettes d’exploitation ou à la couverture des déficits de gestion des entreprises publiques. Il doit s’imposer comme un banquier de l’exécution industrielle, capable de structurer des financements en Project Finance, d’adosser les crédits à des garanties sur la valeur ajoutée future et d’accompagner l’équipement technologique des filières stratégiques.
La souveraineté économique ne se décrète pas ; elle s’exécute dans les usines, les laboratoires et les réseaux de distribution. Pour le cycle 2026-2030, le choix offert à la Tunisie est binaire : demeurer un sous-traitant vulnérable exposant ses ressources brutes et ses compétences aux chocs extérieurs, ou devenir un hub régional de transformation à haute valeur ajoutée.
C’est en opérant ce saut d’ingénierie industrielle que le pays garantira la stabilité de sa monnaie, la solidité de ses équilibres extérieurs et l’avenir de sa jeunesse.
Le chef du parti Place publique et député européen a remporté, le 11 octobre, la primaire sociale-démocrate. Il est donc le candidat du PS et de Place publique pour la présidentielle.
En bref
Raphaël Glucksmann a remporté la primaire sociale-démocrate…
La sélection tunisienne de canoë-kayak a achevé les Championnats d’Afrique juniors, U23 et seniors avec 21 médailles, dont cinq en argent et 16 en bronze. La dernière journée, disputée le 12 octobre à Boumerdès, en Algérie, a apporté sept nouvelles récompenses à la délégation tunisienne.
Mohamed Naffeti décroche l’argent
Mohamed Naffeti a signé le meilleur résultat tunisien de cette dernière journée en remportant la médaille d’argent du K1 200 mètres juniors. Six médailles de bronze ont complété le bilan du jour.
Sabiha Ben Othman s’est distinguée avec deux médailles de bronze sur 200 mètres en kayak individuel, chez les seniors et les moins de 23 ans. Les autres podiums sont revenus à Salah Eddine Mguin en K1 200 mètres U23, Mohamed Ali Mrabet en K1 200 mètres seniors, Anes Bahrun en K1 200 mètres juniors et Mohamed Ali Hamida en C1 200 mètres U23.
Un bilan final de 21 médailles
Après les 14 médailles obtenues lors des deux premières journées, la sélection tunisienne termine la compétition avec cinq médailles d’argent et 16 de bronze. Aucun titre continental ne figure dans ce bilan.
Le total de 21 médailles constitue ainsi le principal résultat de la participation tunisienne à ces Championnats d’Afrique organisés à Boumerdès.
Le musée archéologique de Nabeul compte parmi les pépites mettant en valeur l’histoire antique de toute la région du Cap Bon. Plusieurs merveilles en mosaïque et de nombreux artefacts font de ce musée une destination de choix.
Organisé selon les régions du Cap Bon, ce musée rassemble des mosaïques de Kélibia, de Nabeul – notamment celles de la villa du Sphinx – et de Hammamet. On y trouve également une collection d’objets et de statues en provenance de Kerkouane et Thinissut.
Très didactique et déployé avec beaucoup de pédagogie, ce musée de Nabeul permet également de s’initier à l’exploitation antique du murex et du garum.
Avec une seule salle et un déambulatoire parfaitement organisé, ce musée démontre que la richesse des collections n’est pas seulement dans le nombre des pièces mais aussi dans leur qualité et leur état de conservation.
Le musée archéologique de Nabeul apporte en effet que les musées en région recèlent de véritables trésors qui attendent plus de visibilité.
Principalement de nationalité éthiopienne, au moins 139 migrants sont morts dans le naufrage le plus meurtrier au large de Djibouti selon l’OIM.
En bref
Au moins 139 migrants sont morts dans un naufrage au large de Djibouti.
Plus d’une…
Dans un communiqué publié hier, lundi 12 octobre 2026, l’Union Populaire Républicaine (UPR), dont le secrétaire général et ancien candidat à la présidentielle, Dr Lotfi Mraihi est incarcéré depuis le 3 juillet 2024, annonce sa participation à la marche populaire et citoyenne du 17 octobre 2026 à Tunis, à laquelle a appelé une coordination de la société civile, dont l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), l’Ordre national des avocats tunisiens (Onat) et la Ligue tunisienne de défense des droits de l’homme (LTDH).
«Réaffirmant notre engagement indéfectible en faveur des valeurs d’émancipation et de démocratie, et conscients de notre responsabilité nationale en cette conjoncture délicate, nous annonçons notre participation active à la marche du 17 octobre», lit-on dans le communiqué de l’UPR.
«Cette participation vise à faire face à la situation périlleuse et à la grave érosion du système des droits et libertés ; elle exprime également notre rejet des politiques du fait accompli, du musellement des voix, des restrictions imposées au pluralisme et de la confiscation de la volonté de la société civile et politique», ajoute l’UPR, qui exprime, par ailleurs, «son rejet catégorique des décrets modifiant la loi électorale, lesquels témoignent manifestement d’une volonté de domestiquer l’Instance supérieure indépendante pour les élections (Isie) et de l’aligner sur les organismes inféodés au pouvoir, privant ainsi les prochaines échéances électorales des normes minimales d’intégrité et de crédibilité».
Il fait part aussi de «son rejet du décret portant abrogation de la loi sur les collectivités locales, en raison de l’atteinte qu’il porte aux fondements de la démocratie participative et aux acquis de la décentralisation» et exprime «sa solidarité totale et inconditionnelle avec les diplômés de l’enseignement supérieur dans leur attachement légitime à leurs revendications sociales, et condamnation de la politique d’indifférence et de mépris opposée par les autorités à ces revendications».
Tout en exprimant, également, sa solidarité avec tous les détenus politiques, les professionnels des médias et les prisonniers d’opinion, l’UPR réitère son exigence de libération immédiate de tous les détenus politiques et prisonniers d’opinion, au premier rang desquels figurent le Dr Lotfi Mraihi, condamné à 6 ans de prison pour des soupçons de blanchiment d’argent et de transfert illégal de biens à l’étranger, et le Dr Leila Kallel, directrice exécutive du de l’UPR, condamnée dans la même affaire à 3 ans de prison, entre autres.
L’UPR appelle enfin toutes les forces vives, les organisations de défense des droits humains et les consciences libres à participer massivement à la marche du 17 octobre, «afin de faire entendre la voix de la vérité et de défendre l’État de droit et la citoyenneté.»
De la polémique sur l’immigration à la récupération politique de son image, le parcours médiatique de l’écrivain français d’origine algérienne Boualem Sansal interroge les rapports entre littérature, pouvoir et instrumentalisation des figures intellectuelles. Derrière la célébration d’un écrivain présenté comme un symbole absolu de la liberté se dessine une question essentielle : où s’arrête l’admiration sincère d’un auteur et où commence son exploitation politique ? Question que l’écrivain doit du reste se poser à lui-même…
Dr Abderrahmane Cherfouh *
À force de renier ses principes, on finit par se confronter aux conséquences de ses propres choix. Le temps finit parfois par rendre à chacun le fruit de ses actes. Dans un récent entretien, l’écrivain Boualem Sansal se lamentait de l’accueil qui lui est désormais réservé à Paris après son feuilleton éditorial et ses déclarations fracassantes, résumant son quotidien par cette formule : «C’était matin et soir, j’étais l’ingrat et le salaud». L’ironie est le désespoir de ceux que le spectacle du monde a cessé de faire rire.
Voilà un homme qui découvre, feignant la surprise, des qualificatifs que le peuple algérien lui attribue pourtant depuis des années. Sauf que cette fois, ce ne sont pas les Algériens qui le pointent du doigt, mais ses propres soutiens du microcosme parisien.
En se retournant contre le système qui l’a médiatiquement fabriqué après avoir renié la patrie qui l’a nourri et formé, Sansal fait face au miroir de ses propres turpitudes. L’instrument de l’extrême droite française est en train de réaliser, à ses dépens, qu’un mercenaire idéologique n’a pas d’amis : il n’a que des utilisateurs.
La fabrication d’une icône par une droite en manque de symboles
À Paris, le monde politique et les médias confondent trop souvent les enjeux électoraux avec la valeur littéraire d’un écrivain.
Dès qu’un auteur instrumentalise les thèmes incandescents de l’époque — l’autoritarisme, le fanatisme et les fractures géopolitiques —, une partie du complexe médiatique s’empresse de lui tailler un costume sur mesure : celui du «martyr absolu». C’est ainsi que s’est écrite la saga de Boualem Sansal, ou l’histoire stupéfiante d’un esprit aux prophéties apocalyptiques métamorphosé en icône nationale par une droite en quête de symboles.
Invité régulier des plateaux télévisés, l’écrivain n’a jamais hésité à surenchérir sur le lexique de l’extrême droite. Lors d’un entretien diffusé dans l’émission Les Conversations en mai 2024, alors que son interlocuteur évoquait prudemment la question de l’immigration, l’auteur coupait court pour imposer sa vision des choses : «Vous parlez d’immigration, mais c’est une invasion !» En qualifiant les flux migratoires de «colonisation à l’envers» et en affirmant sur CNews ou dans les colonnes du Figaro que la France perdait une guerre culturelle face à un projet de conquête, l’écrivain offrait sur un plateau d’argent la caution rêvée aux tenants du choc des civilisations.
Mais comment en est-on arrivé là ? Comment faire d’un écrivain jusque-là peu connu du grand public une star de dimension mondiale ? Le secret de cette élévation médiatique réside notamment dans la ferveur des campagnes politiques françaises. À l’approche d’échéances électorales majeures, la droite s’est disputé sa présence. Bruno Retailleau affichait fièrement son amitié avec lui et l’invitait à son premier meeting, dans une mise en scène qui a viré au fiasco. En cherchant à ériger une figure au discours si particulier en «faiseur de présidents», ce courant politique a rejoué le mythe de Frankenstein : il a façonné sa propre créature médiatique, un avatar idéologique nourri de surenchères, qui a fini par échapper à ses géniteurs.
Cet affaissement éthique et la dérive du débat public — où la course aux voix et le règne de l’image ont fini par banaliser la xénophobie et ériger des provocateurs en modèles de franc-parler — n’étaient en réalité que les signes avant-coureurs de cette séquence. C’est précisément dans cette brèche que s’engouffre l’intelligence cynique de Boualem Sansal : celle d’un auteur qui a su trouver sa place dans un écosystème médiatique avide de figures clivantes et de symboles politiques, échangeant une caution idéologique contre une visibilité et des dividendes considérables.
De l’intellectuel d’œuvre à l’intellectuel de plateau
Poussé sur le devant de la scène médiatique, Sansal y est resté non pas en raison de la profondeur d’une œuvre — car une simple succession de romans ne compose pas nécessairement une œuvre véritable —, mais parce qu’il s’est installé en symbiose parfaite avec une époque qui a fait de l’exclusion et du discours identitaire son terrain de prédilection. Nous assistons à une perversion des valeurs capable de transformer la moindre posture en événement de première importance.
L’époque est bien révolue où un intellectuel se définissait d’abord par la rigueur de son travail, par une création exigeante qui fondait sa légitimité lorsqu’il intervenait dans les affaires du siècle. Voltaire, Victor Hugo, Émile Zola, André Gide, Jean-Paul Sartre ou Pierre Bourdieu furent tous des créateurs qui ne devaient leur renommée qu’à leur talent, à la force de leurs écrits et à l’indépendance de leur pensée.
Aujourd’hui, peu importe la valeur ou la nullité d’une production : ce sont les médias, et la télévision en premier lieu, qui consacrent les intellectuels, décident qui l’est et qui ne l’est pas, modifiant radicalement leur statut. Il ne s’agit plus d’écrire les livres les plus substantiels pour être reconnu, mais d’être le plus visible possible, d’occuper l’antenne et les unes des journaux comme Le Monde ou Le Figaro. Grâce aux réseaux de connivence parisiens, l’auteur s’assure une place au soleil.
Dans cet échange de bons procédés, Sansal apporte aux médias la caution dont ils ont besoin pour leurs polémiques, tandis que les médias entretiennent sa réputation et le couronnent roi. Mais cette dépendance servile à l’égard de ceux qui l’ont fait roi — et qui peuvent du jour au lendemain le précipiter dans les oubliettes — se répercute sur la nature même de sa production. Tout se fait au détriment de la rigueur, du sérieux et de la vérité historique.
Faute d’innover et de créer, ces figures de plateau se distinguent toutes par un silence assourdissant sur les tragédies réelles du monde contemporain, qu’il s’agisse des massacres en Palestine, du drame du Soudan ou du blocus subi par Cuba. On assiste au contraire à leur alignement inconditionnel sur les politiques d’occupation, à leur soutien inlassable et inconditionnel à Israël et aux États-Unis, à leur dénigrement permanent du Sud Global et à leur obsession anti-immigrés. À chacun son fonds de commerce idéologique : pour peu qu’il soit rentable, son détenteur peut se permettre n’importe quelle fantaisie, jusqu’à soutenir qu’un raciste n’est qu’un humaniste persécuté.
Le prisme colonial : du ressentiment au reniement
Pour comprendre la mécanique de Sansal, il faut analyser le cadre mental dans lequel il s’est enfermé. Nous faisons face à une forme de racisme idéologique, tout aussi pernicieux que le racisme biologique. Il s’agit du logiciel propre aux esprits coloniaux et impérialistes : «Tu dois penser comme moi, adopter mes dogmes, sinon tu es considéré comme l’ennemi.»
Un esprit libre et véritablement universaliste sait travailler sur ce qui rassemble les êtres humains tout en acceptant ce qui les sépare. L’esprit colonial, lui, rejette viscéralement la différence. Si vous ne pensez pas comme lui, si vous ne validez pas ses obsessions, vous ne serez jamais le bienvenu. C’est ce fascisme identitaire qui caractérise aujourd’hui le discours de Sansal et qui est en train de subir un choc violent face au principe de réalité.
On peut légitimement s’interroger sur la trajectoire psychologique de l’écrivain : s’agit-il d’une naïveté politique sidérante, d’un aveuglement tragique sur les signaux et les marqueurs idéologiques qui l’entourent ? Ou alors, plus simplement, faut-il admettre que Sansal est irrémédiablement tombé, par le biais de ses frustrations et de ses ressentiments pathologiques, dans la sphère la plus réactionnaire ? Les notions d’«extrême droite», de neutralité ou de clairvoyance politique semblent désormais frappées d’un flou artistique absolu dans son esprit, masquant à peine un alignement total sur des dogmes xénophobes.
En diabolisant systématiquement les musulmans et les immigrants sous le qualificatif d’«envahisseurs», Sansal a tenté d’appliquer la stratégie classique du bouc émissaire. Mais ce principe politique comporte une règle d’or : il n’est jamais payant à long terme. Il finit toujours par se retourner contre son propre initiateur. En s’attaquant avec la même hargne aux voix laïques et progressistes qui dénonçaient ses amalgames, Sansal s’est définitivement aliéné ses soutiens historiques.
L’imposture du «Voltaire» autoproclamé face au miroir d’Émile Zola
Tant que Sansal servait les intérêts de ses promoteurs, ses courtisans les plus zélés n’hésitaient pas à le parer de vertus philosophiques indues, allant jusqu’à le qualifier grotesquement de «Voltaire algérien». Quelle insulte à l’esprit des Lumières et à l’honnêteté intellectuelle ! Voltaire, Sartre ou Beauvoir ont marqué l’Histoire en choisissant d’écouter leur conscience au détriment de la raison d’État ou des opportunismes de carrière. Sansal, lui, n’est qu’un pamphlétaire aux indignations sélectives.
Où est la conscience de ce prétendu «Voltaire» face aux tueries de masse perpétrées à Gaza ? Lors de son voyage en Israël en 2012, balayant les critiques relatives à l’occupation, Sansal déclarait toute honte bue : «Ma liberté de penser et de parler passe avant toute chose… Je suis venu avec joie et je reviendrai.» Plus tard, au micro de la radio Kan Reshet Bet, il scellait cette sélectivité morale en affirmant, sans le moindre mot pour la tragédie palestinienne : «Mon amitié avec Israël est ce que le régime algérien ne pouvait pas supporter», réduisant ainsi un conflit d’occupation à une simple «guerre civile». Ce refus de voir la souffrance des opprimés trahit une faillite morale absolue.
Comment ne pas éprouver une vive indignation en songeant, par contraste, au sort d’Émile Zola ? Candidat malheureux à dix-neuf reprises à l’Académie française, le titan du naturalisme et l’auteur de ‘‘J’accuse… !’’ a payé son engagement en faveur d’Alfred Dreyfus au prix de la haine, des menaces et de l’exil. Son combat demeure l’un des exemples les plus marquants du courage intellectuel. Un siècle plus tard, les institutions déroulent le tapis rouge devant un «athée mystique à double visage» dont la seule arme est l’amalgame anti-laïque et la provocation marchande.
La trahison éditoriale et la qualification juridique
Le cynisme marchand a fini par achever le personnage. Après avoir bénéficié de la mobilisation de son éditeur historique Gallimard et de soutiens européens pour sa libération, Sansal a cédé aux sirènes financières en rejoignant les écuries Grasset (groupe Hachette-Bolloré) contre un chèque mirobolant d’un million d’euros. Ce marchandage a suscité la désillusion de ses soutiens, jusque dans les rangs du Parlement belge et de l’Académie royale de Belgique, où ses pairs lui ont infligé un réquisitoire mémorable sur sa déchéance éthique.
Au-delà de la faillite morale, les propos répétés de Sansal relèvent d’une responsabilité civique et légale. Classer les êtres humains, désigner des communautés entières (musulmans, immigrants) sous le sceau de l’«invasion» ou de la menace constitue une forme intolérable de discrimination.
En droit français, de tels dérapages dépassent la simple liberté d’opinion :
L’article 24 de la loi du 29 juillet 1881 sanctionne l’incitation à la haine, à la violence ou à la discrimination envers un groupe de personnes en raison de leur origine ou de leur religion.
L’article 225-1 du Code pénal définit et réprime sévèrement les discriminations portées aux droits fondamentaux des individus.
Cet homme irresponsable ne saurait se draper plus longtemps dans le manteau de la laïcité. Il s’agit désormais d’informer les esprits éclairés et les vrais défenseurs des libertés que cet auteur n’est qu’un agitateur anti-laïque, dont les amalgames tombent sous le coup des principes civiques les plus élémentaires.
Le syndrome du citron pressé et le verdict de la postérité
Le vent tourne en France et l’autorité usurpée de Boualem Sansal s’émousse irrémédiablement. La dénonciation est désormais lancée, et elle se poursuivra de bouche à oreille, sur la toile et dans les médias indépendants.
Sansal est définitivement devenu semblable à ce citron que l’on presse jusqu’à la dernière goutte pour alimenter les polémiques des plateaux télévisés. Une fois totalement asséché, il sera mis au rebut par ceux-là mêmes qui l’ont instrumentalisé.
Traité de «salaud» et d’«ingrat» par le Tout-Paris littéraire et politique qu’il a tenté de berner, il subit aujourd’hui un juste retour des choses. L’arroseur est arrosé. L’Histoire retiendra qu’à force de nourrir son ego de contrevérités, d’amalgames répréhensibles et de reniements, Boualem Sansal aura fini par s’isoler totalement : rejeté par la patrie qu’il a trahie, méprisé par le système qui l’a utilisé, et condamné par la conscience des hommes libres.
L’homme politique Riadh Ben Fadhel, coordinateur général du parti Al-Qotb, a comparu hier, lundi 12 octobre 2026, devant la chambre criminelle du Tribunal de première instance de Tunis, dans le cadre de l’affaire dite des «biens confisqués» du clan de l’ancien président Ben Ali, près de trois ans après son arrestation le 14 novembre 2023 et son incarcération à la prison civile de Mornag.
Cette comparution fait suite au report de l’audience précédente, tenue le 28 septembre 2026, dans un contexte suscitant une vive inquiétude quant au maintien de la détention provisoire au-delà des délais légaux maximaux.
«Cette situation soulève de sérieuses interrogations sur le respect des garanties fondamentales d’un procès équitable, au premier rang desquelles figure le droit à être jugé dans un délai raisonnable, sans atermoiements ni reports injustifiés. Elle suscite également la crainte que cette détention prolongée ne se transforme en une peine privative de liberté effectivement subie avant même le prononcé d’un jugement définitif», écrit l’Association Intersection pour les droits et les libertés dans un communiqué, où elle «réitère son soutien inconditionnel à Riadh Ben Fadhel et appelle à garantir le respect de ses droits ainsi que toutes les garanties d’un procès équitable, conformément à la Constitution tunisienne et aux engagements internationaux de l’État tunisien en matière de droits humains.»
Intersection se dit d’autant plus préoccupée que ce procès intervient «dans un contexte marqué par une restriction croissante de l’espace politique et par des poursuites à l’encontre des acteurs et actrices politiques». Tout en réitérant son «refus catégorique de toute instrumentalisation de l’appareil judiciaire pour gérer les différends politiques ou pour éliminer des adversaires politiques», elle insiste également sur «la nécessité de garantir l’indépendance et l’impartialité de la justice, ainsi que le respect des garanties juridiques assurant qu’aucune atteinte ne soit portée aux droits et libertés en raison d’activités politiques.»
Parmi ces garanties fondamentales d’un procès équitable, Intersection cite «la présomption d’innocence, le droit à la défense et le droit à être jugé dans un délai raisonnable», ainsi qu’une justice indépendante et impartiale, pilier essentiel pour la protection des droits et libertés.
La majorité gouvernementale est désormais composée des partis de l’Authenticité et Modernité (PAM), de l’Istiqlal (PI), de l’Union socialiste des forces populaires (USFP) et du Progrès et du Socialisme (PPS).
En bref
La nouvelle majorité gouvernementale marocaine réunit quatre partis…
Un document envoyé à l’Otan par la Russie, examiné par Reuters, indiquait explicitement que Moscou était prêt à recourir à la guerre nucléaire contre l’Otan si l’Alliance Atlantique tentait d’isoler l’enclave russe de Kaliningrad, située entre la Pologne et la Lituanie, deux États membres de l’Otan.
Habib Glenza, àLödz, Pologne.
Kaliningrad, ville connue jusqu’en 1946 sous le nom de Königsberg en allemand, est une ville importante de l’oblast de Kaliningrad, une enclave russe située entre la Pologne, la Lituanie et la mer Baltique. Située à environ 663 kilomètres à l’ouest du territoire principal de la Russie, Kaliningrad est la deuxième plus grande ville du district fédéral du nord-ouest de la Russie, après Saint-Pétersbourg, la troisième de la région baltique et la septième de la mer Baltique. Sa population s’élevait à 490 449 habitants en 2021.
Königsberg était, jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, la grande ville la plus orientale d’Allemagne. Elle a été lourdement endommagée par les bombardements alliés en 1944 lors de la bataille de Königsberg en 1945 ; elle fut ensuite annexée par l’Union soviétique le 9 avril 1945 : les accords de Potsdam de 1945 la placèrent sous l’administration de Moscou. La ville a été rebaptisée Kaliningrad en 1946 en l’honneur du dirigeant bolchévique russe Mikhaïl Kalinine.
Depuis la dissolution de l’Union soviétique, elle est gouvernée comme le centre administratif de l’oblast de Kaliningrad, le plus occidental de la Russie que, depuis la chute de l’URSS, la Pologne et l’Allemagne cherchent à récupérer.
Un port russe stratégique sur la mer Baltique
Ville portuaire baltique, elle s’appelait Królewiec et appartenait au royaume de Pologne entre 1454 à 1425. Sous le nom de Königsberg, elle devint successivement capitale de l’Ordre Teutonique, du duché de Prusse (1525-1701) et de la Prusse orientale. Elle resta la ville du couronnement de la monarchie prussienne, même si la capitale fut transférée à Berlin en 1701.
On comprend que cette ville, désormais appelée Kaliningrad, soit aujourd’hui au centre des tensions entre la Russie et l’Otan, qui n’ont cessé de croître depuis le début du conflit russo-ukrainien en février 2022. Un document récent a révélé que la situation pourrait être bien pire qu’il n’y paraît.
Ce document examiné par Reuters, envoyé à l’Otan par la Russie, indiquait explicitement que Moscou était prêt à recourir à la guerre nucléaire contre l’alliance si l’Otan tentait d’isoler l’enclave russe de Kaliningrad, située entre la Pologne et la Lituanie, deux États membres de l’Otan.
Mark Rutte et Vladimir Poutine jouent à se faire peur.
Le document en question accusait l’Otan de mener une «politique dangereuse et irresponsable» ayant engendré un «risque élevé de déclenchement d’un conflit armé direct». Il avertissait également que la Russie frapperait l’Otan en cas de conflit de ce type.
Selon Reuters, le document affirmait : «La Russie frapperait d’emblée les centres de décision des États membres de l’alliance», ce qui signifie vraisemblablement que la Russie est prête à faire la guerre pour Kaliningrad.
Si un conflit éclatait entre la Russie et l’Otan, Moscou serait prêt à frapper l’Alliance avec toutes les armes de son arsenal. Cela inclut les armes nucléaires, selon un document russe secret.
Reuters a rapporté que cet avertissement souligne les inquiétudes croissantes en Russie quant à la menace que représente l’Otan pour Kaliningrad. Cependant, le plus haut responsable de l’Alliance ne s’est pas laissé intimider par cette menace russe.
Réponse de l’Otan aux menaces russes
Lors du sommet Défense et Espace d’Euronews à Bruxelles le 30 septembre drnier, le secrétaire général de l’Otan, Mark Rutte, a été interrogé sur la lettre de la Russie et sur la réalité de la menace d’utiliser des armes nucléaires pour défendre Kaliningrad. Il a répondu que, selon lui, cette menace était infondée.
«Poutine sait qu’il ne pourra jamais gagner contre l’Otan, donc je ne prends pas cela très au sérieux, mais bien sûr nous devons répondre et lui faire comprendre que l’Otan est une alliance défensive et qu’il faut arrêter la guerre en Ukraine et mettre fin aux menaces nucléaires, car cela n’est pas utile», a poursuivi Rutte, selon la transcription de ses propos par l’Otan. «L’Otan est bien plus forte que la Russie, il est donc impossible que celle-ci puisse nous vaincre», a poursuivi le secrétaire général de l’Otan.
Cependant, Poutine n’a pas tenu compte de cet avertissement. Le 1er octobre, le président russe a de nouveau mis en garde publiquement l’Occident sur les limites que la Russie était prête à franchir pour défendre Kaliningrad, déclarant devant un auditoire du Club Valdaï à Moscou que la Russie était prête à utiliser toutes les armes de son arsenal.
«Les exercices en mer Baltique se sont enchaînés ainsi que les tentatives d’arraisonnement de nos navires. Tout cela constitue une escalade. Et puis nous avons commencé à entendre des déclarations concernant la région de Kaliningrad», a déclaré Poutine à propos de la situation, selon CNN.
«Si une attaque directe devait avoir lieu contre la Fédération de Russie, en l’occurrence Kaliningrad et éventuellement d’autres territoires, la question de l’utilisation de toutes les armes de notre arsenal serait inévitablement et systématiquement abordée. C’est inévitable», a ajouté Poutine.
La guerre est-elle imminente ? Il est encore difficile de savoir si la situation dans la région baltique continuera de se détériorer, mais il est clair que les tensions entre la Russie et l’Otan semblent atteindre un nouveau point de rupture, et cette situation pourrait éventuellement mener à un conflit. Si les deux parties ne cessent pas de bomber le torse et de jouer à se faire peur mutuellement.