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Recensement agricole : 5 MD pour une opération 100% numérique

La Tunisie prévoit de lancer son premier recensement général agricole entièrement numérique avant la fin de 2026. Évalué à environ 5 millions de dinars, le projet reposera sur des tablettes, une base de données géolocalisée des exploitations et une collecte déployée dans les 24 gouvernorats.

Une collecte numérique sur le terrain

Le recensement agricole 2026-2027 doit permettre de constituer une base de données actualisée sur les exploitations agricoles, leurs caractéristiques et leur répartition géographique. Le coût prévisionnel de l’opération est estimé à près de 5 millions de dinars, selon Nabil Zarrouk, responsable à la direction générale des études et du développement agricole au ministère de l’Agriculture, cité le 13 octobre par Mosaïque FM.

Pour la première fois, la collecte des données sera entièrement numérique. Les agents utiliseront des tablettes pour saisir les informations sur le terrain, avant leur contrôle et leur validation au niveau central.

Le transfert des données vers les serveurs dédiés sera sécurisé, en collaboration avec Tunisie Telecom. Le dispositif prévoit également le respect du secret statistique et la protection des données personnelles des agriculteurs.

Les 24 CRDA mobilisés

La mise en œuvre sur le terrain sera confiée aux commissariats régionaux au développement agricole (CRDA), dans les 24 gouvernorats. Le projet associe notamment le ministère de l’Agriculture, l’Institut national de la statistique, l’Office des céréales et Tunisie Telecom.

L’objectif est de recenser les exploitations et de mieux documenter les caractéristiques du secteur agricole, avec des données actualisées à l’échelle nationale et régionale.

Une conférence de presse est annoncée pour le 30 octobre 2026 afin de présenter les modalités du lancement officiel et les différentes étapes de l’opération. Le recensement doit être achevé avant le début de la campagne agricole 2027-2028.

Des données pour orienter les politiques agricoles

Au-delà de la modernisation statistique, les données recueillies doivent aider les autorités à mieux préparer les politiques agricoles, à évaluer les besoins des exploitations et à orienter les investissements.

La constitution d’une base géolocalisée doit également permettre d’affiner la connaissance des réalités territoriales et des capacités de production. Les effets concrets sur le ciblage des programmes de soutien ou l’allocation des investissements dépendront toutefois de l’exploitation qui sera faite de ces données après le recensement.

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À El Jadida, le cheval au galop entre tradition et création

Le prince héritier Moulay El Hassan a présidé, le 12 octobre, la cérémonie d’ouverture de la 17e édition du Salon du Cheval d’El Jadida. Jusqu’au 18 octobre, la manifestation célèbre le patrimoine équestre marocain, entre Tbourida, compétitions internationales et créations…

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La Société Marja de développement de l’élevage et de l’agriculture augmente son capital

Les actionnaires de la Société Marja de développement de l’élevage et de l’agriculture -SMADEA ont été convoqués en une Assemblée générale extraordinaire le mercredi 28 octobre 2026. La principale résolution à voter est une augmentation de capital, pour le porter de 18 835 254 à 33 484 896 TND, et ce, par l’augmentation de la valeur nominale de 18 TND actuellement à 32 TND. L’opération sera réalisée par la transformation d’une partie des résultats reportés à la date du 31 août 2025, d’une valeur de 14 649 642 TND.

La SMADEA a pour vocation la création et l’exploitation des projets agricoles et industriels intégrés. Son domaine se situe à Bou Salem et s’étend sur une superficie de l’ordre de 4 070 hectares.

Lors de l’exercice 2025, la société a réalisé des revenus de 33,841 MTND, en hausse de 24,1% en glissement annuel. Cette performance repose sur l’activité de l’élevage (27,489 MTND), portée principalement par les ventes de lait qui ont totalisé 25,119 MTND. Les revenus de l’agronomie ont enregistré 6,347 MTND. Les charges d’exploitation ont augmenté de 11,3%, à 27,489 MTND. Grâce à cette dynamique, le résultat d’exploitation a quasiment doublé pour s’élever à 13,492 MTND. La société affiche une situation financière particulièrement saine, avec un endettement quasi nul. Les charges financières nettes ne sont que de 0,013 MTND. Le bénéfice net est de 11,525 MTND.

Pour rappel, la liste des actionnaires comporte, essentiellement, le Comité arabe d’investissement et de développement agricole (63,33%), la TSB (20,34%), la TSPI (9,66%) et la BTK Finance (3,78%).

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Cinéma : Quatre présences tunisiennes annoncées au Festival du Caire 2026

Quatre professionnels et œuvres tunisiens sont annoncés à la 47e édition du Festival international du film du Caire, prévue du 11 au 20 novembre 2026. Le long métrage d’Aziz Shennawy figure en compétition, tandis qu’un court métrage d’animation, une participation au jury et un projet en développement complètent cette présence tunisienne.

Un long métrage en compétition

Premier long métrage de fiction du réalisateur tunisien Aziz Shennawy, To the Sun and Beyond (Au-delà du Soleil) a été retenu dans la section « Horizons du cinéma arabe », qui réunit sept films. Coproduite par la Tunisie et l’Arabie saoudite, l’œuvre raconte l’histoire de Linda, une veuve qui surprotège son fils de sept ans, atteint de xeroderma pigmentosum, une maladie génétique caractérisée notamment par une sensibilité extrême aux rayons ultraviolets.

Le récit suit la prise de conscience progressive de cette mère, qui comprend la nécessité de permettre à son enfant de vivre pleinement malgré les contraintes liées à sa maladie. Le film bénéficie notamment du soutien du Fonds de la mer Rouge, du Centre national du cinéma et de l’image (CNCI) et du ministère des Affaires culturelles.

L’animation tunisienne à l’honneur

La présence tunisienne se prolonge avec Sociophobia, un court métrage d’animation de Malek Hebiri, sélectionné dans « Cairo Kids », une section consacrée au jeune public. D’une durée de 13 minutes, le film, soutenu par le Doha Film Institute, met en scène un enfant de sept ans poursuivi par une foule qui fusionne pour former un monstre géant, avant qu’une menace plus redoutable ne surgisse.

Une Tunisienne au jury de la Semaine de la critique

La directrice de la photographie franco-tunisienne Farida Marzouk rejoint également le jury de la Semaine de la critique internationale. Elle y siégera aux côtés de la monteuse vidéo égyptienne Heba Othman.

Enfin, le projet Terminus, de la réalisatrice tunisienne Oumaima Trabelsi, a été retenu dans la catégorie des films documentaires en développement du Cairo Film Connection, la plateforme professionnelle organisée dans le cadre des Cairo Industry Days.

La 47e édition du Festival international du film du Caire se tiendra du 11 au 20 novembre 2026. Selon les informations annoncées lors de la présentation du programme, cette édition réunira 145 films issus de 64 pays et entités de production.

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Nabeul : Un admirable musée archéologique

Le musée archéologique de Nabeul compte parmi les pépites mettant en valeur l’histoire antique de toute la région du Cap Bon. Plusieurs merveilles en mosaïque et de nombreux artefacts font de ce musée une destination de choix.

Organisé selon les régions du Cap Bon, ce musée rassemble des mosaïques de Kélibia, de Nabeul – notamment celles de la villa du Sphinx – et de Hammamet. On y trouve également une collection d’objets et de statues en provenance de Kerkouane et Thinissut.

Très didactique et déployé avec beaucoup de pédagogie, ce musée de Nabeul permet également de s’initier à l’exploitation antique du murex et du garum.

Avec une seule salle et un déambulatoire parfaitement organisé, ce musée démontre que la richesse des collections n’est pas seulement dans le nombre des pièces mais aussi dans leur qualité et leur état de conservation.

Le musée archéologique de Nabeul apporte en effet que les musées en région recèlent de véritables trésors qui attendent plus de visibilité.

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Citron pressé | Boualem Sansal ou l’arroseur arrosé

De la polémique sur l’immigration à la récupération politique de son image, le parcours médiatique de l’écrivain français d’origine algérienne Boualem Sansal interroge les rapports entre littérature, pouvoir et instrumentalisation des figures intellectuelles. Derrière la célébration d’un écrivain présenté comme un symbole absolu de la liberté se dessine une question essentielle : où s’arrête l’admiration sincère d’un auteur et où commence son exploitation politique ? Question que l’écrivain doit du reste se poser à lui-même…

Dr Abderrahmane Cherfouh *

À force de renier ses principes, on finit par se confronter aux conséquences de ses propres choix. Le temps finit parfois par rendre à chacun le fruit de ses actes. Dans un récent entretien, l’écrivain Boualem Sansal se lamentait de l’accueil qui lui est désormais réservé à Paris après son feuilleton éditorial et ses déclarations fracassantes, résumant son quotidien par cette formule : «C’était matin et soir, j’étais l’ingrat et le salaud». L’ironie est le désespoir de ceux que le spectacle du monde a cessé de faire rire.

Voilà un homme qui découvre, feignant la surprise, des qualificatifs que le peuple algérien lui attribue pourtant depuis des années. Sauf que cette fois, ce ne sont pas les Algériens qui le pointent du doigt, mais ses propres soutiens du microcosme parisien.

En se retournant contre le système qui l’a médiatiquement fabriqué après avoir renié la patrie qui l’a nourri et formé, Sansal fait face au miroir de ses propres turpitudes. L’instrument de l’extrême droite française est en train de réaliser, à ses dépens, qu’un mercenaire idéologique n’a pas d’amis : il n’a que des utilisateurs.

La fabrication d’une icône par une droite en manque de symboles

À Paris, le monde politique et les médias confondent trop souvent les enjeux électoraux avec la valeur littéraire d’un écrivain.

Dès qu’un auteur instrumentalise les thèmes incandescents de l’époque — l’autoritarisme, le fanatisme et les fractures géopolitiques —, une partie du complexe médiatique s’empresse de lui tailler un costume sur mesure : celui du «martyr absolu». C’est ainsi que s’est écrite la saga de Boualem Sansal, ou l’histoire stupéfiante d’un esprit aux prophéties apocalyptiques métamorphosé en icône nationale par une droite en quête de symboles.

Invité régulier des plateaux télévisés, l’écrivain n’a jamais hésité à surenchérir sur le lexique de l’extrême droite. Lors d’un entretien diffusé dans l’émission Les Conversations en mai 2024, alors que son interlocuteur évoquait prudemment la question de l’immigration, l’auteur coupait court pour imposer sa vision des choses : «Vous parlez d’immigration, mais c’est une invasion !» En qualifiant les flux migratoires de «colonisation à l’envers» et en affirmant sur CNews ou dans les colonnes du Figaro que la France perdait une guerre culturelle face à un projet de conquête, l’écrivain offrait sur un plateau d’argent la caution rêvée aux tenants du choc des civilisations.

Mais comment en est-on arrivé là ? Comment faire d’un écrivain jusque-là peu connu du grand public une star de dimension mondiale ? Le secret de cette élévation médiatique réside notamment dans la ferveur des campagnes politiques françaises. À l’approche d’échéances électorales majeures, la droite s’est disputé sa présence. Bruno Retailleau affichait fièrement son amitié avec lui et l’invitait à son premier meeting, dans une mise en scène qui a viré au fiasco. En cherchant à ériger une figure au discours si particulier en «faiseur de présidents», ce courant politique a rejoué le mythe de Frankenstein : il a façonné sa propre créature médiatique, un avatar idéologique nourri de surenchères, qui a fini par échapper à ses géniteurs.

Cet affaissement éthique et la dérive du débat public — où la course aux voix et le règne de l’image ont fini par banaliser la xénophobie et ériger des provocateurs en modèles de franc-parler — n’étaient en réalité que les signes avant-coureurs de cette séquence. C’est précisément dans cette brèche que s’engouffre l’intelligence cynique de Boualem Sansal : celle d’un auteur qui a su trouver sa place dans un écosystème médiatique avide de figures clivantes et de symboles politiques, échangeant une caution idéologique contre une visibilité et des dividendes considérables.

De l’intellectuel d’œuvre à l’intellectuel de plateau

Poussé sur le devant de la scène médiatique, Sansal y est resté non pas en raison de la profondeur d’une œuvre — car une simple succession de romans ne compose pas nécessairement une œuvre véritable —, mais parce qu’il s’est installé en symbiose parfaite avec une époque qui a fait de l’exclusion et du discours identitaire son terrain de prédilection. Nous assistons à une perversion des valeurs capable de transformer la moindre posture en événement de première importance.

L’époque est bien révolue où un intellectuel se définissait d’abord par la rigueur de son travail, par une création exigeante qui fondait sa légitimité lorsqu’il intervenait dans les affaires du siècle. Voltaire, Victor Hugo, Émile Zola, André Gide, Jean-Paul Sartre ou Pierre Bourdieu furent tous des créateurs qui ne devaient leur renommée qu’à leur talent, à la force de leurs écrits et à l’indépendance de leur pensée.

Aujourd’hui, peu importe la valeur ou la nullité d’une production : ce sont les médias, et la télévision en premier lieu, qui consacrent les intellectuels, décident qui l’est et qui ne l’est pas, modifiant radicalement leur statut. Il ne s’agit plus d’écrire les livres les plus substantiels pour être reconnu, mais d’être le plus visible possible, d’occuper l’antenne et les unes des journaux comme Le Monde ou Le Figaro. Grâce aux réseaux de connivence parisiens, l’auteur s’assure une place au soleil.

Dans cet échange de bons procédés, Sansal apporte aux médias la caution dont ils ont besoin pour leurs polémiques, tandis que les médias entretiennent sa réputation et le couronnent roi. Mais cette dépendance servile à l’égard de ceux qui l’ont fait roi — et qui peuvent du jour au lendemain le précipiter dans les oubliettes — se répercute sur la nature même de sa production. Tout se fait au détriment de la rigueur, du sérieux et de la vérité historique.

Faute d’innover et de créer, ces figures de plateau se distinguent toutes par un silence assourdissant sur les tragédies réelles du monde contemporain, qu’il s’agisse des massacres en Palestine, du drame du Soudan ou du blocus subi par Cuba. On assiste au contraire à leur alignement inconditionnel sur les politiques d’occupation, à leur soutien inlassable et inconditionnel à Israël et aux États-Unis, à leur dénigrement permanent du Sud Global et à leur obsession anti-immigrés. À chacun son fonds de commerce idéologique : pour peu qu’il soit rentable, son détenteur peut se permettre n’importe quelle fantaisie, jusqu’à soutenir qu’un raciste n’est qu’un humaniste persécuté.

Le prisme colonial : du ressentiment au reniement

Pour comprendre la mécanique de Sansal, il faut analyser le cadre mental dans lequel il s’est enfermé. Nous faisons face à une forme de racisme idéologique, tout aussi pernicieux que le racisme biologique. Il s’agit du logiciel propre aux esprits coloniaux et impérialistes : «Tu dois penser comme moi, adopter mes dogmes, sinon tu es considéré comme l’ennemi.»

Un esprit libre et véritablement universaliste sait travailler sur ce qui rassemble les êtres humains tout en acceptant ce qui les sépare. L’esprit colonial, lui, rejette viscéralement la différence. Si vous ne pensez pas comme lui, si vous ne validez pas ses obsessions, vous ne serez jamais le bienvenu. C’est ce fascisme identitaire qui caractérise aujourd’hui le discours de Sansal et qui est en train de subir un choc violent face au principe de réalité.

On peut légitimement s’interroger sur la trajectoire psychologique de l’écrivain : s’agit-il d’une naïveté politique sidérante, d’un aveuglement tragique sur les signaux et les marqueurs idéologiques qui l’entourent ? Ou alors, plus simplement, faut-il admettre que Sansal est irrémédiablement tombé, par le biais de ses frustrations et de ses ressentiments pathologiques, dans la sphère la plus réactionnaire ? Les notions d’«extrême droite», de neutralité ou de clairvoyance politique semblent désormais frappées d’un flou artistique absolu dans son esprit, masquant à peine un alignement total sur des dogmes xénophobes.

En diabolisant systématiquement les musulmans et les immigrants sous le qualificatif d’«envahisseurs», Sansal a tenté d’appliquer la stratégie classique du bouc émissaire. Mais ce principe politique comporte une règle d’or : il n’est jamais payant à long terme. Il finit toujours par se retourner contre son propre initiateur. En s’attaquant avec la même hargne aux voix laïques et progressistes qui dénonçaient ses amalgames, Sansal s’est définitivement aliéné ses soutiens historiques.

L’imposture du «Voltaire» autoproclamé face au miroir d’Émile Zola

Tant que Sansal servait les intérêts de ses promoteurs, ses courtisans les plus zélés n’hésitaient pas à le parer de vertus philosophiques indues, allant jusqu’à le qualifier grotesquement de «Voltaire algérien». Quelle insulte à l’esprit des Lumières et à l’honnêteté intellectuelle ! Voltaire, Sartre ou Beauvoir ont marqué l’Histoire en choisissant d’écouter leur conscience au détriment de la raison d’État ou des opportunismes de carrière. Sansal, lui, n’est qu’un pamphlétaire aux indignations sélectives.

Où est la conscience de ce prétendu «Voltaire» face aux tueries de masse perpétrées à Gaza ? Lors de son voyage en Israël en 2012, balayant les critiques relatives à l’occupation, Sansal déclarait toute honte bue : «Ma liberté de penser et de parler passe avant toute chose… Je suis venu avec joie et je reviendrai.» Plus tard, au micro de la radio Kan Reshet Bet, il scellait cette sélectivité morale en affirmant, sans le moindre mot pour la tragédie palestinienne : «Mon amitié avec Israël est ce que le régime algérien ne pouvait pas supporter», réduisant ainsi un conflit d’occupation à une simple «guerre civile». Ce refus de voir la souffrance des opprimés trahit une faillite morale absolue.

Comment ne pas éprouver une vive indignation en songeant, par contraste, au sort d’Émile Zola ? Candidat malheureux à dix-neuf reprises à l’Académie française, le titan du naturalisme et l’auteur de ‘‘J’accuse… !’’ a payé son engagement en faveur d’Alfred Dreyfus au prix de la haine, des menaces et de l’exil. Son combat demeure l’un des exemples les plus marquants du courage intellectuel. Un siècle plus tard, les institutions déroulent le tapis rouge devant un «athée mystique à double visage» dont la seule arme est l’amalgame anti-laïque et la provocation marchande.

La trahison éditoriale et la qualification juridique

Le cynisme marchand a fini par achever le personnage. Après avoir bénéficié de la mobilisation de son éditeur historique Gallimard et de soutiens européens pour sa libération, Sansal a cédé aux sirènes financières en rejoignant les écuries Grasset (groupe Hachette-Bolloré) contre un chèque mirobolant d’un million d’euros. Ce marchandage a suscité la désillusion de ses soutiens, jusque dans les rangs du Parlement belge et de l’Académie royale de Belgique, où ses pairs lui ont infligé un réquisitoire mémorable sur sa déchéance éthique.

Au-delà de la faillite morale, les propos répétés de Sansal relèvent d’une responsabilité civique et légale. Classer les êtres humains, désigner des communautés entières (musulmans, immigrants) sous le sceau de l’«invasion» ou de la menace constitue une forme intolérable de discrimination.

En droit français, de tels dérapages dépassent la simple liberté d’opinion :

  • L’article 24 de la loi du 29 juillet 1881 sanctionne l’incitation à la haine, à la violence ou à la discrimination envers un groupe de personnes en raison de leur origine ou de leur religion.
  • L’article 225-1 du Code pénal définit et réprime sévèrement les discriminations portées aux droits fondamentaux des individus.

Cet homme irresponsable ne saurait se draper plus longtemps dans le manteau de la laïcité. Il s’agit désormais d’informer les esprits éclairés et les vrais défenseurs des libertés que cet auteur n’est qu’un agitateur anti-laïque, dont les amalgames tombent sous le coup des principes civiques les plus élémentaires.

Le syndrome du citron pressé et le verdict de la postérité

Le vent tourne en France et l’autorité usurpée de Boualem Sansal s’émousse irrémédiablement. La dénonciation est désormais lancée, et elle se poursuivra de bouche à oreille, sur la toile et dans les médias indépendants.

Sansal est définitivement devenu semblable à ce citron que l’on presse jusqu’à la dernière goutte pour alimenter les polémiques des plateaux télévisés. Une fois totalement asséché, il sera mis au rebut par ceux-là mêmes qui l’ont instrumentalisé.

Traité de «salaud» et d’«ingrat» par le Tout-Paris littéraire et politique qu’il a tenté de berner, il subit aujourd’hui un juste retour des choses. L’arroseur est arrosé. L’Histoire retiendra qu’à force de nourrir son ego de contrevérités, d’amalgames répréhensibles et de reniements, Boualem Sansal aura fini par s’isoler totalement : rejeté par la patrie qu’il a trahie, méprisé par le système qui l’a utilisé, et condamné par la conscience des hommes libres.

* Médecin algérien au Canada.

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