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La succursale offshore de la TFB met fin à deux années de pertes

La succursale offshore tunisienne de la Tunisian Foreign Bank (TFB) a publié ses états financiers pour l’exercice clos au 31 décembre 2025. L’établissement affiche un bénéfice net de 0,249 M€, mettant fin à deux années de pertes consécutives. Ce retour au vert est le bienvenu.

Le PNB s’est redressé pour atteindre 0,362 M€. Ce rebond s’explique par des mouvements importants et contrastés. Alors que les intérêts et revenus assimilés ont fondu à 0,220 M€ contre 0,749 M€ un an plus tôt, la banque a engrangé 0,478 M€ de gains nets sur son portefeuille commercial et ses opérations financières, effaçant la contre-performance financière de 2024 (-0,216 M€).

Par ailleurs, le coût du risque reste une bouffée d’oxygène. La banque a enregistré 0,294 M€ de reprises de provisions, confirmant une amélioration de la qualité de ses actifs. Ce matelas a permis d’absorber des frais de personnel (265 M€) et les charges d’exploitation (0,129 M€). Les crédits à la clientèle ont reculé à 7,475 M€ en net (pour un brut de 19,581 M€). Les dépôts sont à 3,785 M€, ce qui est cohérent avec le profil institutionnel de la succursale.

La banque dispose d’un gisement de croissance encore peu exploité, à commencer par le potentiel stratégique des Tunisiens résidents à l’étranger. Pour en tirer pleinement profit, elle doit impérativement innover dans son approche. Des actions concrètes sont là, comme l’opération de prospection effectuée au Sultanat d’Oman en 2026. C’est un travail de longue haleine, qui doit se baser sur une offre digitale robuste, des solutions d’épargne et de placement sur mesure et une politique tarifaire compétitive.

 

 

 

 

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Préserver le taux directeur à 7% est un mal nécessaire

Le conseil d’administration de la Banque centrale de Tunisie – BCT – a décidé de maintenir le taux directeur à 7%, et ce, pour le dixième mois consécutif. Les avis divergent, entre ceux qui plaident pour un assouplissement afin de soutenir une croissance exsangue et ceux qui redoutent qu’une baisse prématurée ne relance l’inflation et n’exerce de nouvelles pressions sur les réserves de change.

Le contexte actuel, marqué par une croissance qui ralentit autour de 2,3%, une inflation de 5,6% avec des tensions sur les produits frais, une facture énergétique lourde et des réserves en devises sous surveillance, l’option du statu quo s’impose.

L’instinct immédiat face à une croissance faible serait de baisser le taux directeur pour oxygéner l’économie, stimuler le crédit bancaire et relancer l’investissement. Cependant, chez nous, cette manœuvre comporte des périls majeurs.

Le premier est la flambée inflationniste par les coûts. La tendance actuelle est, en partie, alimentée par des facteurs exogènes. Injecter de la liquidité ou baisser le coût de l’argent risquerait d’aggraver la demande globale sans stimuler l’appareil productif bloqué, ce qui alimenterait une spirale inflationniste.

Le second est la pression sur le dinar et les réserves de change. Une baisse des taux réduirait l’attractivité de l’épargne en dinars et fragiliserait davantage les avoirs nets en devises. Il y a une très forte relation entre le niveau du dinar et celui du taux directeur.

La hausse du taux directeur est une solution si l’inflation l’était par la demande ou en train de s’emballer de manière hyper-inflationniste. Les entreprises tunisiennes souffrent déjà de contraintes de liquidité et de coûts de financement élevés. Relever le taux directeur renchérirait instantanément le coût du crédit pour les PME, paralysant l’investissement privé et aggravant la stagflation. Le tissu bancaire et les créances classées n’auraient pas besoin d’une onde de choc supplémentaire.

Le maintien du taux directeur à 7% s’avère la décision la plus rationnelle et prudente. Cela permet de ne pas alourdir le fardeau financier des agents économiques tout en envoyant un signal clair de vigilance face aux évolutions de l’inflation sous-jacente et des prix internationaux de l’énergie. Dans une économie ouverte et fortement dépendante de ses importations énergétiques et alimentaires, préserver la valeur de la monnaie et maintenir un matelas de sécurité en devises prime sur une relance artificielle par du crédit administré.

 

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L’IPC à 198,9. Le coût de la vie a-t-il doublé depuis 2015 ?

Entre 2015 et septembre 2026, le niveau général des prix à la consommation en Tunisie a presque doublé, atteignant un score de 198,9, soit une hausse d’environ 99% par rapport à l’année de base, 2015. Pour que l’indice atteigne 200, il manque environ 1,07 point d’indice. Au rythme actuel, cela pourrait être franchi dans les tout prochains mois.

Est-ce que cela signifie mécaniquement un doublement du coût de la vie pour les ménages? Pas nécessairement et pas pour tous les ménages. Si les chiffres macroéconomiques actent un quasi-doublement du niveau général des prix sur la décennie, l’impact microéconomique ne se répartit pas de manière uniforme.

L’Indice des prix à la consommation repose sur un panier moyen standard. Or, pour les ménages modestes et la classe moyenne inférieure, les postes budgétaires incompressibles (l’alimentation et le transport) absorbent une grande part de leurs revenus. Puisque ce sont précisément ces postes qui ont subi les hausses les plus importantes, l’inflation perçue par ces catégories sociales est nettement supérieure à la moyenne officielle de 99%.

Au-delà des biens de consommation courante, l’inflation s’est installée durablement sur les services de santé, les frais de scolarité et l’accès au logement. Ces dépenses contraintes ne peuvent être réduites à court terme, privant les ménages de marges de manœuvre et renforçant le sentiment d’asphyxie financière.

Par ailleurs, un doublement des prix n’a de sens qu’en le mettant en balance avec l’évolution du revenu nominal. Entre 2015 et 2026, si les prix ont grimpé de près de 100%, les salaires n’ont connu que des revalorisations fragmentaires et décalées par rapport à l’érosion du pouvoir d’achat. Le résultat direct est une contraction sévère du revenu réel. Ce constat nous rappelle, tous, que la stabilité des grands équilibres n’a de sens que si elle intègre la soutenabilité sociale du coût de la vie pour l’ensemble de la population.

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