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La cheffe du Gouvernement préside un CMR : les sociétés communautaires jouent un rôle pivot dans la création d’emplois et de richesse

La cheffe du Gouvernement, Sarra Zaâfrani Zenzri, a présidé, au palais du Gouvernement à la Kasbah, un Conseil ministériel restreint consacré à l’examen des moyens de développer le système de gouvernance des sociétés communautaire, les mécanismes d’encadrement et d’accompagnement, l’accélération du rythme de leur création et la facilitation de leurs procédures.

A l’ouverture des travaux du Conseil, la cheffe du Gouvernement a rappelé que les sociétés communautaires représentent un choix économique national et stratégique visant à établir un nouveau modèle de développement basé sur l’initiative collective, la promotion de l’emploi, la réalisation de la justice sociale et la répartition équitable des richesses, conformément aux orientations du président de la République Kaïs Saïed.

Elle a souligné que ce modèle économique, qui part de la base, crée de réelles opportunités d’emploi à travers l’investissement des ressources locales et régionales, et leur transformation en richesse économique via des projets durables, productifs et dotés d’une haute compétitivité, affirmant que les sociétés communautaires constituent une formule opérationnelle directe pour réaliser le développement, combinant l’ancrage de l’esprit d’initiative, l’autonomie, et l’appui sur les valeurs du travail collectif participatif et de la justice sociale.

Elle a également rappelé que ce modèle ouvre de nouveaux horizons pour les promoteurs qui lancent ce type d’entreprises, en particulier les jeunes, afin de créer de la richesse dont les bénéfices ne se limitent pas seulement à eux, mais s’étendent au développement de toutes les régions, soulignant que ce modèle est appliqué dans plusieurs pays parmi les plus développés au monde et a prouvé son efficacité et sa pertinence.

Le ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Riadh Chaoued, et la Secrétaire d’État auprès du ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle chargée des sociétés communautaires, Hasna Jiballah, ont présenté un exposé détaillé sur les réalisations quantitatives et qualitatives accomplies dans le domaine de la gouvernance des sociétés communautaires, notamment en ce qui concerne la simplification, l’unification et la numérisation des procédures via le registre national créé pour faciliter l’accès au financement et soutenir l’accompagnement et la formation, afin de favoriser la pérennité de leur activité.

Un diagnostic des défis et des problématiques procédurales posées a également été passé en revue, proposant des solutions pratiques pour les surmonter, selon une approche globale basée sur l’encadrement et la simplification des procédures administratives.

Des expériences réussies mettant en avant le rôle de ces entreprises dans l’emploi des jeunes et la réduction du chômage ont été mises en lumière.

Après discussion, le Conseil a recommandé ce qui suit :

– Orienter les sociétés communautaires vers de nouveaux secteurs et marchés vitaux, en renforçant leur encadrement et leur accompagnement vers des domaines à haute valeur ajoutée et à dimension stratégique en adéquation avec le plan de développement pour la période 2026-2030.

– Développer la formation et l’accompagnement via un mécanisme intégré couvrant toutes les étapes de préparation du projet, du démarrage jusqu’à l’exploitation.

– Harmoniser les programmes de formation avec les besoins techniques de l’entreprise et instaurer des mécanismes pour mesurer l’impact de la formation et de l’accompagnement au niveau de la performance.

– Développer et documenter des idées de projets intégrés au sein des chaînes de valeur des secteurs économiques ciblés, et les inscrire dans la banque de projets tout en orientant les promoteurs à y investir pour garantir la réalisation de rendements économiques et sociaux durables.

En conclusion des travaux du Conseil, la cheffe du Gouvernement a insisté sur la nécessité d’ancrer la conscience de l’importance de ce modèle économique réussi dans de nombreux pays développés, pour son rôle dans la réalisation de la justice sociale et la garantie d’une répartition plus équitable de la richesse.

Elle a indiqué que ce modèle soutient le développement local et régional, et consacre la contribution des citoyens à la production de richesse et à la valorisation des ressources disponibles dans leurs régions.

Elle a également souligné le rôle pivot des sociétés communautaires dans la création d’emplois et de richesse, particulièrement au profit des jeunes, insistant sur la nécessité de lever tous les obstacles au niveau central, régional et local, et d’intensifier les efforts à cet effet par les ministères, les structures publiques et les gouvernorats concernés, en simplifiant les procédures administratives et en accompagnant les promoteurs, afin de répondre aux aspirations et attentes des tunisiens et des tunisiennes, en accord avec la vision du président de la République.

 

 

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Zied Dabbar : « Libérez les journalistes et mettez fin aux poursuites »

Le président du Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT), Zied Dabbar, a appelé à la libération immédiate des journalistes détenus et à l’arrêt des poursuites et des procès visant des dizaines de professionnels des médias.

Lors de l’ouverture du septième congrès du SNJT, il a dressé un constat préoccupant de la situation de la presse en Tunisie, évoquant des journalistes emprisonnés, d’autres confrontés à des condamnations judiciaires et certains contraints de quitter le pays.

Zied Dabbar a notamment demandé la libération de Mourad Zeghidi, Zied El Heni, Mohamed Youssefi et Borhen Bsaies. Il a également exprimé son soutien aux familles des journalistes détenus, soulignant les souffrances liées à l’attente et à l’incertitude.

Le président du syndicat a assuré que le SNJT continuerait à défendre ses membres, quelles que soient les circonstances. Il a également insisté sur l’importance de préserver l’indépendance du syndicat, tout en renforçant les alliances avec les organisations nationales, les syndicats et les associations de défense des droits humains.

Selon lui, la liberté de la presse constitue un droit de la société et non un privilège réservé aux journalistes. Il a rappelé que l’indépendance des médias repose notamment sur celle des journalistes, qui nécessite la garantie de leurs droits professionnels et sociaux ainsi que des conditions de travail au sein d’organisations médiatiques viables.

En conclusion, Zied Dabbar a réaffirmé la volonté du SNJT de rester un espace ouvert à la diversité des opinions et de poursuivre son engagement en faveur de la liberté de la presse et de la dignité des journalistes, indépendamment des changements de direction et des échéances syndicales.

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Compter sur soi : quand la souveraineté économique commence à produire ses effets

 Par Ahmed NEMLAGHI

Pendant longtemps, la question économique tunisienne a été abordée à travers le prisme de la dépendance aux financements extérieurs, de l’endettement et des équilibres budgétaires. Depuis plusieurs années, le président Kaïs Saïed défend une autre orientation : compter davantage sur les capacités propres du pays, renforcer la souveraineté économique, lutter contre la corruption et la spéculation et réorienter les ressources nationales vers l’investissement, la production et la justice sociale.

Les résultats enregistrés récemment dans plusieurs secteurs donnent des éléments permettant d’apprécier cette orientation, même si les défis structurels restent considérables.

La politique économique défendue par le président Kaïs Saïed repose sur une idée devenue centrale dans son discours : la Tunisie doit davantage compter sur ses propres ressources, ses propres compétences et ses propres capacités de production. Le «compter-sur-soi» ne signifie pas, dans cette conception, se fermer au monde ou renoncer aux relations économiques internationales. Il s’agit plutôt de rechercher une plus grande autonomie dans les choix économiques et financiers, afin que les décisions nationales soient déterminées en priorité par les intérêts du pays et les besoins de sa population.

Cette orientation s’inscrit dans une vision plus large de la souveraineté. La souveraineté politique ne pourrait être pleinement exercée, selon cette approche, sans une capacité minimale à maîtriser les grands équilibres économiques, à préserver les ressources publiques et à réduire les formes de dépendance qui fragilisent la décision nationale.

Le gouvernement a d’ailleurs inscrit explicitement cette logique dans les orientations économiques de l’État. Le projet de budget économique pour 2026 met en avant la souveraineté nationale, la confiance dans les propres moyens du pays et la recherche d’un équilibre entre croissance économique et justice sociale. Il prévoit également de développer les ressources propres de l’État, de réduire l’évasion fiscale, d’intégrer progressivement l’économie parallèle et de diversifier les sources de financement.

Le changement de perspective est important. Il ne s’agit plus seulement de rechercher des ressources financières supplémentaires, mais de s’interroger sur la manière dont les richesses nationales sont produites, distribuées et utilisées.

Dans la vision présidentielle, le développement économique doit être étroitement lié à la justice sociale. La croissance n’a de véritable signification que si elle se traduit par davantage d’emploi, une amélioration du pouvoir d’achat, une réduction des disparités régionales et une meilleure qualité des services publics.

Le projet de développement 2026-2030 traduit cette orientation à travers une démarche annoncée comme «ascendante», partant du local vers le régional puis vers le national. L’objectif affiché est de rapprocher les politiques de développement des besoins réels des territoires et de réduire les déséquilibres qui ont longtemps caractérisé la répartition des investissements.

Les premiers résultats comme éléments de réponse

C’est à ce niveau que les données économiques récentes prennent toute leur importance.

Selon les données présentées en juillet 2026 à l’occasion de la remise du rapport annuel de la Banque centrale pour 2025, le PIB tunisien a progressé de 2,5% en 2025, contre 1,6% en 2024. Le chômage est passé de 16,5% en 2024 à 15,2% en 2025, puis à environ 15% au début de 2026 selon les données alors communiquées par le gouvernement. Les investissements directs étrangers ont également progressé d’environ 30% en 2025.

La Banque mondiale fait état, de son côté, d’une croissance de 2,7% en 2025 et de 2,4% sur un an au premier semestre 2026. Elle relève également une baisse du chômage à 14,9% au deuxième trimestre 2026. La croissance récente a notamment été soutenue par la reprise de l’agriculture, des industries mécaniques et électriques et du tourisme.

Ces chiffres ne permettent évidemment pas d’attribuer mécaniquement chaque évolution à une seule décision politique. L’économie dépend d’une multitude de facteurs internes et internationaux. Ils constituent néanmoins des indicateurs importants pour mesurer la trajectoire économique du pays.

La question essentielle est donc de savoir si cette amélioration peut être consolidée et transformée en dynamique durable.

Le principe du «compter-sur-soi» trouve une traduction particulièrement claire dans la volonté de renforcer la production nationale.

La Tunisie dispose d’atouts importants dans l’agriculture, l’agroalimentaire, les industries mécaniques et électriques, le tourisme et les services. L’objectif consiste à mieux valoriser ces ressources afin de créer davantage de valeur ajoutée à l’intérieur du pays.

Le cas de l’huile d’olive constitue à cet égard un exemple significatif. Au cours des dix premiers mois de la campagne 2025-2026, les exportations tunisiennes d’huile d’olive ont atteint 381,2 mille tonnes pour une valeur de 4,78 milliards de dinars, en hausse de 50,8% sur un an.

Au-delà de ce produit emblématique, le défi consiste toutefois à passer progressivement d’une économie fondée sur l’exportation de produits à une économie capable de générer davantage de transformation, d’innovation et de valeur ajoutée.

Lutter contre la corruption pour libérer l’économie

La lutte contre la corruption constitue l’autre pilier de cette orientation.

Dans le discours présidentiel, la corruption n’est pas seulement considérée comme une question morale ou judiciaire. Elle est également présentée comme un obstacle économique. Lorsqu’un marché est faussé, qu’une entreprise obtient un avantage indu, qu’un intermédiaire profite d’une position dominante ou qu’une ressource publique est détournée, ce sont à la fois l’État, l’entreprise honnête et le citoyen qui en subissent les conséquences.

Kaïs Saïed fait régulièrement de la lutte contre la corruption, l’évasion fiscale et les réseaux d’intérêts une composante de sa politique économique. En septembre 2025, il avait notamment insisté sur la nécessité de combattre l’évasion fiscale et les réseaux de corruption, tout en affirmant que les potentialités nationales étaient loin d’être limitées.

Cette approche conduit à considérer la lutte contre la corruption comme un moyen de récupérer des ressources qui pourraient être consacrées au développement.

La même logique concerne la spéculation. La maîtrise des circuits de distribution et la lutte contre les pratiques spéculatives sont présentées comme des conditions nécessaires à la protection du pouvoir d’achat et à la stabilité des marchés.

En février 2026, le président avait appelé à des textes permettant à la fois de préserver le pouvoir d’achat, de freiner la hausse des prix, de lutter contre la spéculation et de réduire les importations non essentielles.

La maîtrise de l’inflation constitue précisément l’un des éléments les plus sensibles pour la population.

Une croissance qui ne s’accompagne pas d’une amélioration du pouvoir d’achat demeure insuffisante du point de vue social. Le gouvernement souligne ainsi l’évolution favorable de plusieurs indicateurs monétaires et financiers.

La Banque mondiale indique que l’inflation moyenne est passée à 5,7% en 2025, après avoir atteint 10,4% en février 2023. L’Institut national de la statistique indiquait pour sa part un taux d’inflation de 5,3% en juin 2026.

Cette évolution doit naturellement être interprétée avec prudence : une baisse de l’inflation ne signifie pas une baisse générale des prix, mais un ralentissement de leur rythme d’augmentation. Pour les ménages, la question demeure donc celle du niveau réel des prix et de l’évolution des revenus.

Le président lui-même place cette dimension au cœur de l’action économique : préserver le pouvoir d’achat constitue, dans sa conception, l’un des critères permettant de mesurer la portée sociale des politiques publiques.

La souveraineté financière comme objectif

Le «compter-sur-soi» comporte également une dimension financière.

La Tunisie reste confrontée à un niveau élevé de dette, à des besoins importants de financement et à un déficit énergétique qui pèse sur les équilibres extérieurs. La Banque mondiale souligne d’ailleurs que les perspectives demeurent exposées aux prix des importations et aux déséquilibres des finances publiques.

La souveraineté financière ne peut donc être considérée comme acquise. Elle constitue plutôt un objectif vers lequel l’action économique cherche à progresser.

Dans cette perspective, l’augmentation des ressources propres, l’amélioration du recouvrement fiscal, la réduction du gaspillage, l’intégration de l’économie informelle et la mobilisation de l’épargne nationale deviennent des instruments essentiels.

Le projet de loi de finances pour 2026 s’inscrit explicitement dans cette logique en mettant l’accent sur la réduction de l’évasion fiscale, l’intégration de l’économie parallèle et la diversification des ressources de financement.

Dire que cette politique «donne ses fruits» suppose toutefois de distinguer les résultats observables de l’interprétation politique qui peut en être faite.

Les indicateurs disponibles montrent effectivement une amélioration de plusieurs variables : reprise de la croissance après une période de faibles performances, baisse du chômage, ralentissement de l’inflation et progression de certaines activités exportatrices. 

Produire, investir, travailler : le triptyque de la nouvelle orientation

Au fond, la politique économique défendue par Kaïs Saïed repose sur un triptyque : produire davantage, investir dans les capacités nationales et garantir que les fruits de la croissance bénéficient plus largement à la population.

Le rôle de l’investissement public est, dans cette conception, déterminant. Les infrastructures, l’énergie, l’eau, les transports, la santé et l’éducation constituent autant de conditions nécessaires au développement du secteur privé.

Dans les orientations du plan 2026-2030, le gouvernement a ainsi inscrit le soutien à l’investissement public, considéré comme un levier susceptible de stimuler l’investissement privé, ainsi que l’appui aux petites et moyennes entreprises et aux entreprises communautaires.

L’enjeu consiste donc à établir un cercle économique vertueux : davantage de production entraîne davantage d’investissement, davantage d’investissement crée davantage d’emplois, davantage d’emplois améliorent les revenus et l’amélioration des revenus soutient à son tour la demande intérieure.

La politique du «compter-sur-soi» n’est donc plus seulement une formule politique. Elle tend à se traduire par des choix budgétaires, des orientations de développement et des politiques destinées à renforcer les ressources propres du pays.

Les premiers indicateurs disponibles montrent une amélioration de plusieurs paramètres économiques. Ils constituent des signes encourageants, sans pour autant effacer les difficultés structurelles : dette, déficit énergétique, faiblesse de l’investissement, chômage encore élevé, disparités régionales et pression persistante sur le pouvoir d’achat.

La véritable réussite consistera désormais à faire de ces premiers résultats une tendance durable.

Car compter sur soi ne signifie pas seulement disposer de ressources nationales. Cela signifie être capable de les mobiliser intelligemment, de les protéger contre la corruption et la spéculation, de les transformer en investissement et en emplois et, surtout, de faire en sorte que la croissance économique retrouve une traduction concrète dans la vie quotidienne des Tunisiens.

C’est à cette condition que la souveraineté économique pourra devenir non seulement un principe politique, mais une réalité mesurable dans la production, l’emploi, le pouvoir d’achat et la qualité de vie.

 

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SNIT : réalisation d’un projet résidentiel à Fouchana dans le cadre de la location-accession

La Présidence du gouvernement a annoncé avoir chargé la Société nationale immobilière de Tunisie (SNIT) de la réalisation d’un projet résidentiel à Fouchana, dans le gouvernorat de Ben Arous, s’inscrivant dans le cadre du programme de location-accession.
Une décision gouvernementale signée par la cheffe du gouvernement, Sarra Zaafrani Zenzri, et publiée au Journal officiel de la République tunisienne (JORT), prévoit la réalisation du projet dans le cadre d’un marché public selon la formule « clé en main ».
Ce projet s’inscrit dans le cadre des mécanismes mis en place pour faciliter l’accès au logement.
Le programme de location-accession a été lancé par le ministère de l’Équipement et de l’Habitat dans le cadre du Plan de développement 2026-2030. Il vise à permettre aux ménages à revenu limité ou moyen d’accéder à un logement décent grâce à un mécanisme de financement reposant sur le paiement de mensualités locatives, à l’issue desquelles le logement devient la propriété du bénéficiaire.
Le programme prévoit la réalisation de logements sociaux par des promoteurs immobiliers publics, notamment la SNIT et la Société de promotion des logements sociaux (SPROLS).
Selon les données du ministère, environ 5 mille logements devraient être réalisés dans le cadre de ce mécanisme sur la période 2026-2030, pour un coût estimé à près de 750 millions de dinars.
Le ministère de l’Équipement et de l’Habitat prévoit par ailleurs de mettre en place une plateforme numérique d’inscription afin de simplifier les procédures, de garantir la transparence et d’assurer l’égalité des chances entre les candidats, parallèlement à l’avancement des projets immobiliers.

 

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Transition énergétique : accélération des chantiers solaires et éoliens en vue des objectifs de 2030

La Cheffe du gouvernement, Sarra Zaâfrani Zenzri, a présidé, vendredi, un Conseil ministériel restreint consacré au plan d’action pour l’exécution des projets énergétiques, réaffirmant l’objectif stratégique de porter à 35 % la part des énergies renouvelables dans la production d’électricité à l’horizon 2030, afin de renforcer la sécurité énergétique du pays.
Conformément aux directives du Président de la République, cette rencontre a examiné la stratégie nationale à court, moyen et long termes visant à garantir la continuité de l’approvisionnement en électricité, à réduire le déficit du secteur et à renforcer la compétitivité de l’économie nationale face aux défis climatiques et aux fluctuations géopolitiques.
Le plan d’action, présenté par Slah Zouari, ministre de l’Équipement et de l’Habitat, chargé également de la gestion du ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, repose sur une approche intégrée associant le renforcement des capacités de production, la réhabilitation des infrastructures existantes, le développement des énergies renouvelables et le déploiement de solutions de stockage de l’électricité.
Pour faire face aux pics de consommation, la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) a présenté son plan d’exécution à court terme, qui prévoit la réalisation de plusieurs projets d’envergure. Ce plan prévoit l’amélioration des performances des unités de production existantes grâce à l’installation de systèmes de refroidissement de l’air, permettant d’accroître la capacité de production de 250 mégawatts (MW), la mise en service d’une troisième turbine à gaz à Borj El Amri d’une capacité de 300 MW, l’acquisition de moteurs à gaz totalisant 200 MW, ainsi que la remise en service complète des centrales de Kchabta et de Maktar, pour une capacité cumulée d’environ 190 MW.
En matière de développement des énergies renouvelables et de maîtrise de la demande, près de 300 MW de capacités renouvelables devraient être raccordés au réseau d’ici l’été 2027, auxquels s’ajouteront environ 40 MW dans le cadre du cinquième round de l’appel à projets du régime d’octroi des autorisations. Les projets prévus comprennent l’extension du parc éolien de Sidi Daoud, avec une capacité supplémentaire d’environ 30 MW, une centrale photovoltaïque de 50 MW à Béni M’hira, dotée d’un système de stockage de 20 MWh, et une centrale photovoltaïque de 200 MW à Tataouine, équipée d’un système de stockage de 100 MWh. Le plan prévoit également une réduction de la demande de 300 MW en période de pointe et l’amélioration du système de délestage.
En conclusion des travaux, la Cheffe du gouvernement a appelé à assurer un suivi rigoureux sur le terrain pour accélérer l’exécution de l’ensemble de ces projets. Elle a insisté sur la modernisation du réseau électrique, la généralisation des compteurs intelligents et la mobilisation collective des citoyens et des entreprises en faveur d’une consommation rationnelle de l’électricité, notamment pendant les périodes de forte demande.

(D’après TAP)

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À Carthage, les citernes de la Mâalga : un trésor antique délaissé au potentiel économique considérable

Monument exceptionnel de l’ingénierie hydraulique romaine, les citernes de la Mâalga, à Carthage, constituent un patrimoine historique majeur dont le potentiel touristique et économique reste à valoriser. Construit au IIᵉ siècle après J.-C. pour répondre aux besoins en eau de la région, cet ensemble monumental témoigne du savoir-faire des civilisations antiques et pose aujourd’hui la question de la préservation et de la mise en valeur des richesses archéologiques tunisiennes.

Situées à Carthage, explique la chercheuse Houda Boubaker à MSB, les citernes de la Mâalga forment un ensemble de quinze réservoirs, dont la capacité totale est estimée à 60 000 m³ d’eau. Alimentées par un aqueduc acheminant l’eau depuis la région de Zaghouan sur environ 130 kilomètres, elles illustrent l’ampleur des infrastructures hydrauliques développées durant l’époque romaine. Leur construction, généralement située au IIᵉ siècle après J.-C., est associée au règne de l’empereur Hadrien, dans un contexte où l’approvisionnement en eau constituait un enjeu majeur pour les populations urbaines.

Au-delà de leur valeur archéologique, ces citernes représentent un potentiel important pour le tourisme culturel. Leur intégration dans des circuits patrimoniaux mieux structurés pourrait contribuer à enrichir l’offre touristique tunisienne, à prolonger les visites du site de Carthage et à générer des retombées économiques pour les acteurs locaux. Leur valorisation permettrait également de mieux faire connaître au public un patrimoine dont l’importance dépasse les frontières nationales, affirme la chercheuse.

Cette ambition s’inscrit dans l’histoire exceptionnelle de Carthage, ancienne capitale de la civilisation punique, fondée en 814 av. J.-C. par la princesse Elyssa, également connue sous le nom de Didon, venue de Tyr, en Phénicie. Devenue l’une des grandes puissances de la Méditerranée antique, la cité s’est imposée comme un centre majeur du commerce et des échanges maritimes, rappelle-t-elle. Sa rivalité avec Rome, notamment pour la maîtrise des routes commerciales et des espaces stratégiques de la Méditerranée, a donné lieu aux célèbres guerres puniques.

La renommée de Carthage a traversé les siècles. Au XIIᵉ siècle, le géographe et historien arabe Al-Idrissi évoquait déjà les vestiges de l’ancienne cité, alors largement ruinée. Au fil du temps, ses ruines ont servi de carrière de matériaux pour différentes constructions, contribuant à la disparition d’une partie de son héritage monumental. Les citernes de la Mâalga, quant à elles, ont traversé les siècles et demeurent un témoignage remarquable de cette histoire.

Aujourd’hui, souligne Houda Boubaker, l’enjeu est de transformer ce patrimoine en un véritable levier de développement culturel et économique, sans compromettre son intégrité historique. La protection, l’entretien, l’accessibilité et la promotion des citernes pourraient leur donner une place plus importante dans le paysage touristique tunisien.

Préserver la Mâalga ne consiste donc pas seulement à sauver des vestiges du passé : c’est aussi faire le choix d’investir dans un patrimoine vivant, capable de renforcer l’attractivité de Carthage et de contribuer au rayonnement culturel et économique de la Tunisie.

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