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Ce que les crédits sur l’honneur nous ont appris

L’engouement pour les crédits sur l’honneur, accordés sans intérêts, ainsi que pour les crédits des caisses sociales par le passé, révèle deux réalités.

La première est qu’il existe un besoin vital de liquidités au sein des ménages et des petits entrepreneurs. Pour les ménages, ces crédits constituent souvent une bouffée d’oxygène leur permettant de faire face à la cherté de la vie et de constituer un capital de précaution contre les imprévus. Au-delà de la simple survie quotidienne, ces financements peuvent également représenter une opportunité pour lancer des microprojets, souvent informels, pour obtenir une source de revenu complémentaire.

La seconde est que la majorité de la population active se trouve exclue de fait du système bancaire en raison des conditions d’octroi de crédits particulièrement strictes. Ces exigences constituent autant de barrières infranchissables pour une grande partie des employés et des petits entrepreneurs.

Lorsque ces ménages ou petits entrepreneurs tentent de se tourner vers le marché bancaire, le coût total du crédit devient un obstacle. Les taux débiteurs, dont les origines remontent au niveau du taux directeur fixé par la Banque centrale, pèsent lourdement sur le budget des emprunteurs. S’endetter aux taux actuels signifie voir une part excessive de leurs revenus absorbée par le remboursement des intérêts, rendant l’opération financière non viable et menaçant directement les équilibres économiques de base.

Pour les petites structures, cette impossibilité d’accéder à un financement à coût modéré bloque la transition de l’informel vers le formel, entrave la croissance des activités existantes et freine la création d’emplois locaux. L’exclusion financière alimente un cercle vicieux qui prive l’économie de tout un potentiel de dynamisme et d’innovation.

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L’Africa Credit Rating Agency officiellement lancée

L’Union africaine donnera naissance aujourd’hui à la première agence de notation de crédit du continent, l’AfCRA (Africa Credit Rating Agency). Le projet était en préparation depuis près de dix ans, sa création approuvée en 2018. L’objectif est d’offrir une alternative aux trois géants mondiaux dont les évaluations ne font qu’alourdir le fardeau de la dette sur de nombreuses économies africaines. L’agence sera basée à Port-Louis, capitale de Maurice.

L’AfCRA notera les emprunteurs souverains, les institutions financières et les entreprises privées. Elle devrait accroître la couverture, 23 économies du continent ne disposant pas d’une notation de la part des trois grandes agences. L’indépendance sera garantie, le financement étant assuré par le capital des actionnaires et ses activités. La liste des actionnaires demeure, toutefois, inconnue.

L’UA affirme que l’agence devrait aider à améliorer l’accès des pays africains aux marchés de capitaux et fournir aux investisseurs des évaluations plus équilibrées et adaptées au contexte des économies du continent. Le service annuel de la dette extérieure du continent a grimpé à 163 milliards de dollars en 2024, contre 61 milliards en 2010. Dans de nombreux pays, les paiements d’intérêts ont dépassé les budgets annuels de secteurs sociaux clés tels que la santé et l’éducation.

Tout cela demeure néanmoins théorique. Pour que l’Agence africaine de notation ait un réel impact, elle devra gagner la confiance des investisseurs et des marchés. À défaut de cela, ses rapports resteront lettre morte aux yeux des opérateurs économiques mondiaux. En définitive, ce sont les bailleurs de fonds européens et américains qui sont visés. Si ces derniers perçoivent un écart trop important avec les évaluations des grandes agences, les analyses de l’AfCRA risquent de ne jamais dépasser le stade du papier.

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L’IA booste la croissance de l’Asie, mais augmente ses vulnérabilités

La Banque mondiale a relevé ses prévisions de croissance pour la région de l’Asie de l’Est et du Pacifique grâce aux exportations liées à l’intelligence artificielle (IA). Toutefois, elle a averti que cette dépendance rend la région vulnérable à un éventuel retournement mondial des dépenses technologiques.

 

La région concernée comprend 23 économies, dont la Chine, le Viêtnam, l’Indonésie, la Malaisie et la Thaïlande.

 

Moteur d’exportation

L’économie de l’Asie de l’Est et du Pacifique devrait progresser de 4,5 % en 2026, soit 30 points de base de plus que ce que l’institution de Bretton Woods avait prévu en avril. La croissance devrait ralentir à 4,4 % en 2027 puis à 4,3 % en 2028. Le Viêtnam a bénéficié de la plus forte révision à la hausse de ses prévisions parmi les principales économies de la région, de 110 points de base pour atteindre 7,4 %.

Cependant, la force de la région dépend fortement de la fabrication et des exportations liées à l’IA. La croissance du commerce, à l’exclusion des produits liés à l’IA, est faible ou négative. Ces produits ont représenté plus de la moitié de la croissance des exportations dans la plupart de ces pays, en particulier la Malaisie, les Philippines, la Thaïlande et le Viêtnam avec une proportion de plus de 70 %.

Le risque lié à l’IA se situe du côté des dépenses des principaux payés, essentiellement les Etats-Unis. Les investissements liés à l’IA ont totalisé 6 % du PIB des États-Unis, ce qui est comparable au pic d’investissement dans les technologies de l’information de l’an 2000, et le cycle actuel a progressé plus rapidement que les deux cycles précédents et continue de gagner en vitesse.

 

Les banques doivent faire attention

Le financement qui alimente est estimé à 2 900 milliards de dollars pour la période 2025-2028. Les crédits privés devraient fournir 800 milliards de dollars. L’exposition des banques, en cas de renversement de situation, est une source d’inquiétante.

L’IA est soutenue par une abondante liquidité et pourrait ralentir en raison du récent resserrement des conditions financières. A préciser qu’une correction ne signifie pas nécessairement un effondrement pour le supercycle de l’IA, mais que l’investissement avait devancé la demande réelle selon la Banque mondiale. Un ralentissement de 1 % de la croissance américaine réduit la croissance des autres marchés émergents d’environ 0,6 %, l’impact sur l’investissement étant environ deux fois plus important. Cela a donc des répercussions de taille sur les pays de l’Asie de l’Est en raison de la place prépondérante de la région dans la chaîne d’approvisionnement de l’IA.

Cela nous mène à une principale conclusion : la domination écrasante des États-Unis dans le secteur technologique fait de la croissance de ces pays asiatiques une extension directe de la chaîne de valeur américaine. C’est une illustration de l’asymétrie de puissance économique et stratégique.

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