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Cinéma | Le Festival de la femme et de la jeunesse de Djerba revient du 24 au 27 octobre 2026

Le Festival international du cinéma de la femme et de la jeunesse, rendez-vous cinématographique emblématique de l’île de Djerba, revient cette année du 24 au 27 octobre 2026 avec une édition spéciale marquée par une riche programmation.

Djerba s’apprête ainsi à vibrer au rythme du 7e art durant cette manifestation incontournable de l’agenda culturel tunisien qui réunira cette année une sélection de 68 films en provenance de 12 pays, projetés dans le cadre de la compétition officielle ainsi qu’en séances hors compétition.

Pour cette édition 2026, l’Inde sera à l’honneur et une place de choix sera ainsi accordée au cinéma indien à travers une projection spéciale d’œuvres contemporaines et patrimoniales.

Fidèle à sa vocation de transmission et de formation, le festival proposera un programme parallèle dense, comptant desateliers pratiques et tables rondes ainsi que des hommages appuyés à des figures marquantes du cinéma.

Y. N.

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Dacian Cioloș, candidat roumain à l’OIF : « La francophonie peut contribuer à un multilatéralisme éclairé »

Ancien Premier ministre roumain, commissaire européen à l’Agriculture et député européen, Dacian Cioloș est l’un des quatre candidats à la succession de Louise Mushikiwabo au poste de secrétaire général de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF). Face à trois candidates africaines,  la sortante Louise Mushikiwabo (Rwanda), Juliana Lumumba (RDC) et une candidate mauritanienne, Dacian Cioloș défend une vision pragmatique : transformer le français en “langue d’opportunité”pour les jeunes, au-delà de l’héritage culturel. Interview exclusive : 

Quel est, selon vous, le but de la francophonie aujourd’hui, et comment la situer dans un ordre mondial en mutation ?

La Francophonie réunit des pays de continents, d’histoires et de niveaux de développement différents, liés par une langue commune, le français, utilisée comme langue de travail et de connexion. Grâce à cet atout linguistique, ces États diversifiés peuvent coopérer sur des objectifs partagés, dans le cadre d’une coopération multilatérale fondée sur cette spécificité.

L’OIF constitue le cadre politique qui rassemble les chefs d’État et de gouvernement. Mais la Francophonie dépasse cette instance : elle forme un réseau incluant des opérateurs universitaires, médiatiques, non gouvernementaux, économiques et entrepreneuriaux.

Autour de cette langue commune, ces pays partagent des valeurs, droits de l’homme, démocratie et valorisent un héritage culturel francophone. L’enjeu est désormais d’identifier, sur ces bases communes, des objectifs concrets pour répondre de manière pragmatique aux besoins des citoyens, malgré leur diversité géographique et historique. 

En quoi votre candidature se distingue-t-elle ?

Je ne souhaite pas me comparer aux autres candidatures. Chaque profil a sa spécificité ; ce sera aux États membres et aux chefs d’État et de gouvernement de choisir la vision la plus adaptée à leurs attentes pour cette organisation.

Je viens d’un pays francophone par choix, qui voit dans la francophonie une opportunité, comme cela a été mon cas personnel. Je suis ce que je suis aujourd’hui parce que j’ai eu accès à la langue française. Grâce à elle, j’ai acquis une formation, des expériences professionnelles et administratives et je souhaite désormais mettre cela au service de la francophonie. Ma vision est celle d’une francophonie utile pour les États. Chaque État membre appartient déjà à d’autres organisations régionales ou sectorielles ; je souhaite que les pays membres trouvent une utilité concrète à leur appartenance à la francophonie. Et que le français devienne une langue d’opportunité pour les jeunes d’aujourd’hui, comme elle l’a été pour moi. C’est sur cette base que j’ai construit mon projet.

L’espace francophone peut-il devenir un espace économique capable de renforcer ce multilatéralisme ?

Oui, et je pense que c’est une évolution inévitable et naturelle. La francophonie a commencé par une coopération autour de l’apprentissage d’une langue commune, puis s’est enrichie de valeurs humaines et d’une richesse culturelle. Longtemps, cette coopération s’est concentrée sur l’éducation et la formation, ce qui était essentiel pour beaucoup de pays francophones. Aujourd’hui, cette éducation en langue française doit créer des opportunités pour les jeunes.

L’avenir de la francophonie dépend du choix des jeunes d’apprendre ou non le français. Si un jeune ne trouve pas d’intérêt à apprendre le français, aucun décret ni résolution ne changera cela. Un jeune apprendra le français si cela lui apporte quelque chose : un emploi, une opportunité d’entrepreneuriat, une meilleure connexion au monde. La coopération économique au sein de la francophonie est donc inévitable si l’on veut créer ces opportunités pour les jeunes, les femmes et les communautés.

Elle est favorisée par l’expérience déjà acquise en matière d’éducation et de formation. Il faut désormais orienter ces formations vers des domaines économiques, marketing, technologiques, numériques, liés à l’intelligence artificielle, afin de déboucher sur des emplois ou des opportunités d’entrepreneuriat et d’investissement. En parallèle, il faut encourager le secteur privé à investir dans les pays francophones et rapprocher autant que possible les politiques économiques, fiscales et commerciales de nos États.

La Tunisie a certains objectifs de développement économique, le Vietnam d’autres, tout comme le Canada, la Roumanie, la Belgique ou la Suisse. Ce qui importe, c’est de mettre autour de la table les ministres de l’Économie et du Commerce pour échanger des bonnes pratiques en matière de politiques économiques et commerciales. Nos pays appartiennent à différents blocs économiques ayant négocié des accords de partenariat, avec des règles communes pour le commerce et l’investissement. Il est important que nos États communiquent autour de ces politiques, tentent de les aligner et facilitent l’accès des investisseurs canadiens, belges ou roumains aux normes et règles des pays d’accueil comme la Tunisie ou le Sénégal. C’est là que je vois le rôle de la francophonie : encourager les échanges de bonnes pratiques économiques, comme cela a été fait pour l’éducation, et faciliter les contacts entre entrepreneurs et investisseurs. C’est ainsi, de manière pratique, que l’espace francophone pourra devenir un espace de coopération économique.

Que faudrait-il faire pour renforcer davantage cet espace francophone ? Prenons l’exemple de la Tunisie et de la Roumanie : quels points de similitude peuvent être renforcés et quels mécanismes mettre en place ?

En tant que candidat à la tête de la francophonie,  je m’adresse à tous les pays francophones avec un objectif clair : si je suis élu secrétaire général, je créerai des espaces de dialogue et de coopération entre pays comme la Tunisie et la Roumanie, afin qu’ils se connaissent mieux, comprennent leurs avantages comparatifs et travaillent ensemble. Cela passe par des mécanismes d’échange d’expériences et de bonnes pratiques entre fonctionnaires, entrepreneurs, responsables de la formation et jeunes, ainsi que par la mise en commun de projets concrets.

Je propose la création d’un opérateur de coopération économique au sein de la Francophonie, à l’image de l’AUF pour l’université, de l’AIMF pour les collectivités ou de TV5Monde pour les médias. Cet instrument devra valoriser et structurer la coopération économique.

Des réseaux existent déjà : Alliance des patronats francophones, fédérations de femmes et de jeunes entrepreneurs. En associant ces acteurs aux ministres de l’Économie, des Finances et du Commerce, et en créant un espace de partage des politiques économiques, la Francophonie pourra faciliter foires, forums, missions économiques et coopérations entre pays et régions, puis accompagner la concrétisation des projets issus de ces rencontres.

Il s’agit aussi d’appuyer un investisseur francophone qui souhaite recruter des jeunes formés dans un pays francophone et d’aider les jeunes à identifier des filières menant à un stage, puis à un emploi, dans une entreprise francophone. La Francophonie n’est pas la seule organisation capable de porter cette coopération économique. Mais elle est celle qui peut le faire spécifiquement dans l’espace francophone.

Quelle place occupe aujourd’hui la diplomatie dans l’espace francophone ?

Tout ce que nous faisons relève de la diplomatie : dialogue, écoute, définition d’objectifs et recherche de partenaires partageant des objectifs proches. La diplomatie, c’est faire comprendre ce que je sais faire. Elle fonctionne tant que nous sommes capables de nous écouter et de nous entendre, ce qui suppose un effort pour comprendre la culture de l’autre.

Dans la Francophonie, la langue commune nous donne accès à cette culture. En tant que Roumain, je n’ai pas besoin d’apprendre le vietnamien, le cambodgien ou l’arabe : à travers le français, en dialogue avec des Tunisiens, des Vietnamiens, des Sénégalais, je peux comprendre leur façon de penser et partager un objectif commun, sans contrainte. C’est ainsi que j’ai utilisé la diplomatie pour renforcer l’entente et la coopération entre les pays, sans tensions ni conflits. Le dialogue reste primordial.

Comment la francophonie peut-elle renforcer son poids diplomatique et contribuer davantage au dialogue entre les pays du Nord et du Sud ?

Il n’y a pas que les pays du Nord et du Sud ; il y a les pays de l’Est et de l’Ouest, les pays continentaux et insulaires, les petits et les grands pays, les pays multiculturels et monoculturels. Ce qui est important, c’est de créer des opportunités pour toutes ces régions francophones.

Dans mon programme, j’ai dit : « La francophonie avec l’Afrique au cœur », parce que c’est là qu’on a le plus de pays francophones, la dynamique démographique la plus importante et le plus de jeunes. Mais il est important que cette organisation ne soit pas perçue comme une organisation régionale africaine soutenue par quelques pays du Nord. J’aimerais qu’on dépasse cet esprit de partage Nord-Sud et qu’on crée une organisation comme une opportunité de coopération de l’ensemble des pays francophones.

Tout en reconnaissant et en mettant en valeur le poids africain, qui est important, on ne doit pas se limiter à l’Afrique et dire que l’Afrique, c’est le reste du monde francophone. Non, c’est l’Afrique et l’Asie, l’Afrique et l’Europe, l’Afrique et les Amériques, mais aussi l’Asie et l’Europe, et l’Asie et les Amériques. 

De toute façon, de manière pratique et pragmatique, c’est l’Afrique, à mon avis, qui sera la grande gagnante de ce processus, en raison de sa domination démographique, de son potentiel économique et de ses ressources à mettre en valeur. Cette coopération multicontinentale et multi pays de la francophonie serait surtout au bénéfice de l’Afrique. Mais faut-il encore le faire ! Et faut-il amener l’organisation de la francophonie en visibilité, à l’échelle d’une vraie organisation multilatérale et internationale.

Le mot de la fin ?

Le besoin d’apprendre à travailler ensemble pour des intérêts communs. Tout ce dont je viens de parler ne peut pas être fait juste par un pays ou par un groupe de pays contre les autres. L’enjeu à l’avenir, c’est qu’on arrive à travailler ensemble pour des intérêts communs, avec comme cible notamment les jeunes générations, l’autonomisation des femmes; mais surtout les jeunes générations, parce que c’est le choix que les jeunes feront qui déterminera l’avenir de notre organisation. 

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Agriculture et pêche : 17 MDT d’investissements sur les rails dans trois gouvernorats

17 millions de dinars (MDT) : tel est le volume des projets agricoles et de pêche qui viendront prendre forme à Béja, Bizerte et Médenine. Et ce, après le feu vert donné lundi par le Comité national d’octroi des avantages de l’APIA.

C’est lundi 5 octobre que le Comité national d’octroi des avantages, rattaché à l’Agence de Promotion des Investissements Agricoles (APIA), a donné son aval à un ensemble de projets d’investissement dans les secteurs de l’agriculture et de la pêche. Leur coût global atteint 17 MDT.

L’APIA précise, dans un communiqué, que ces approbations sont intervenues au terme de la sixième réunion tenue par l’instance en 2026. Les projets concernés seront menés dans les gouvernorats de Béja, de Bizerte et de Médenine.

Dans le même temps, le comité s’est penché sur les prêts fonciers. Des crédits ont été accordés à de jeunes agriculteurs de Kasserine pour leur permettre d’acheter des terres agricoles s’étendant sur 49,9 hectares. Le financement prévu pour cette acquisition représente 715,9 mille dinars.

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Wajdi Riahi Trio : trois albums, un seul set, une salle archi-comble

 Vingt minutes après 20 heures, le Théâtre des régions était plein. Au piano, à la contrebasse et à la batterie, trois musiciens ont déroulé trois albums en un seul set.  

Le Wajdi Riahi Trio s’est produit le 5 octobre 2026 au Théâtre des régions de la Cité de la culture, dans le cadre des JMC, devant une salle archi-comble. Le concert a commencé une vingtaine de minutes après 20 heures.

Wajdi Riahi (piano), Basile Rahola (contrebasse) et Pierre Hurty (batterie) ont présenté une sélection de leurs trois albums acclamés : Mhamdeya, Essia et l’album live Zabonprés Sessions. Ce set traversait tout leur parcours, avec des compositions riches, nourries de plusieurs traditions et revisitées au fil des tournées. Le trio le décrit comme plein de fraîcheur, de profondeur et de générosité, pour une musique toujours en mouvement.

Pianiste et compositeur né à Tunis, Wajdi Riahi a commencé le piano très jeune avant de s’installer à Bruxelles. Il y a façonné un style mêlant jazz, musiques méditerranéennes et traditions classiques et populaires. Son jeu est sensible et rythmiquement intense, entre profondeur mélodique et liberté d’improvisation. Avec ses deux partenaires, il forme un groupe porté par l’écoute mutuelle, une amitié profonde et une alchimie scénique rare.

Né le 20 septembre 1995 et membre du Jazz Club de Tunis, il y a obtenu en 2011 un diplôme de musique arabe. En 2015, il a rejoint le Hard Bop Project et donné son premier concert de jazz avec des membres du club. En 2016, il a participé à l’Itinéraire Jazz, série de concerts organisée par l’association, et à un stage de piano jazz, d’improvisation et de composition à l’AKDT, à Libramont (Belgique). En 2017, il a joué dans Darimba, projet du bassiste tunisien Wassim Ben Rhouma, puis créé North Africa, qui lui a valu trois prix : le Tanit de bronze, le prix de la meilleure composition et le prix Ahmed Litaiem du meilleur soliste. Il a aussi suivi la Master Class du pianiste américain Barry Harris, en Italie.

Il étudie aujourd’hui au Conservatoire royal de Bruxelles auprès du pianiste Éric Legnini. Outre son trio, il joue comme sideman dans The Rythme Hunters de Stéphane Galland, Now Project de Fabrice Alleman, Aleph Quintet et New Lands d’Armando Luongo. Il a également participé, à Bruxelles, à la célébration des trente ans d’Aka Moon, au Festival des Libertés.

Du diplôme de musique arabe à la Master Class de Barry Harris, des stages de jazz au Conservatoire royal, ces formations successives ont préparé Wajdi Riahi à exceller. Son talent se lit dans les trois prix de North Africa et dans la place qu’il tient aujourd’hui sur la scène bruxelloise.

 

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Agriculture : 650 candidatures en une semaine, l’APIA relance le financement dans trois gouvernorats

Le financement des projets agricoles suscite un afflux de demandes dans le Centre-Ouest. Après avoir enregistré 650 nouvelles candidatures en seulement une semaine, le projet de valorisation des périmètres irrigués et de développement des chaînes de valeur du Centre-Ouest (PVPI-DCV) relance son appel dans les gouvernorats de Kasserine, Sidi Bouzid et Kairouan. L’APIA annonce une nouvelle période de dépôt du 6 au 11 octobre, avec 90 candidats qui seront retenus à l’issue d’une première sélection.

Les dossiers du 21 septembre doivent être redéposés

Dans un communiqué publié le 5 octobre, l’Agence de promotion des investissements agricoles (APIA) précise que l’appel est rouvert afin de faciliter le traitement et le classement des dossiers, mais aussi de clarifier les pièces demandées.

Une précision importante accompagne cette nouvelle ouverture : les candidats ayant déjà déposé leur dossier lors de l’appel lancé le 21 septembre doivent le soumettre de nouveau. Ceux qui ne l’avaient pas encore fait peuvent également déposer leur candidature durant cette nouvelle période.

Le dispositif concerne les trois gouvernorats de Kasserine, Sidi Bouzid et Kairouan. Trente candidats seront sélectionnés dans chaque gouvernorat, soit 90 bénéficiaires dans cette première phase. La sélection reposera notamment sur l’âge, l’existence d’un crédit foncier, une déclaration d’investissement, une décision d’octroi d’avantages ou encore l’adhésion à un réseau d’incubateurs agricoles.

650 demandes en une semaine

C’est précisément cette forte demande qui donne une autre dimension à la réouverture.

Dans un bilan publié sur LinkedIn, Samia Aloui, responsable de la composante consacrée à la facilitation du financement des investissements agricoles au sein du PVPI-DCV, indique que 650 nouvelles candidatures ont été enregistrées en une semaine après le lancement de la nouvelle vague.

2,35 millions de dinars encore disponibles

Le même bilan apporte un éclairage sur les moyens financiers restant à mobiliser.

Selon Samia Aloui, 1,623 million de dinars ont déjà été engagés au titre de la dotation remboursable financée par la Banque africaine de développement, sur une enveloppe globale de 4 millions de dinars. Il resterait ainsi 2,35 millions de dinars à déployer d’ici la fin de 2026, selon les chiffres communiqués par la responsable.

Elle fait également état de 39 dossiers déjà financés par la BTS, pour 1,512 million de dinars de crédits accordés et 1,072 million de dinars de primes, ainsi que de 89 emplois créés directement dans les régions d’intervention.

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Dialect, une appli pour apprendre la langue des ses parents

Les grandes applications enseignent l’anglais et l’espagnol. L’appli Dialect existe pour les langues qu’on hérite, celles que les grandes plateformes ignorent. Ahcène Bensalama est l’un des deux créateurs de Dialect, l’appli pour apprendre la langue de ses parents, celle qu’on parle vraiment à la maison. Le tunisien en fait partie, enregistré par une voix native.

«On l’a faite pour ceux qui ont grandi loin de la Tunisie et qui veulent parler le tunisien de leur famille. On apprend cinq minutes par jour, avec des cartes, des quiz et un parcours qui avance petit à petit», explique-t-il.

L’appli enseigne 19 langues d’origine, dont beaucoup sont absentes de Duolingo, Babbel et Rosetta Stone : les darija maghrébines, le kabyle, le wolof, le tamoul, etc.

Des voix 100 % natives sur 10 d’entre elles et une mémorisation par répétition espacée. Cinq minutes par jour suffisent pour l’apprentissage des bases, explique encore le jeune développeur.  

Le tunisien, rappelons-le, est une langue sémitique (afro-asiatique), variété d’arabe maghrébin ; vocabulaire à substrat berbère (environ 8-9 % du lexique) et emprunts au français, à l’italien, au turc et à l’espagnol. Il est parlé par 11,5 millions de locuteurs dont 10 % en dehors de la Tunisie, correspondant à la diaspora. C’est à ces derniers essentiellement que Dialect s’adresse.

I. B.

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L’UTAP organise à Tozeur une conférence nationale consacrée aux dattes

« Les dattes tunisiennes : Entre les défis de coûts, réussite de la saison et enjeux de marché », tel est le thème de la première conférence nationale qui sera organisée, le 8 octobre, à l’initiative de l’Union tunisienne de l’agriculture et de la pêche (UTAP) au Village artisanal de Tozeur.

Cette rencontre s’inscrit dans le cadre du suivi des préoccupations des producteurs de dattes, du soutien aux efforts visant à promouvoir le secteur agricole et de la préparation de la nouvelle campagne agricole.

Elle constituera un espace de dialogue entre les différents acteurs de la filière qui permettra d’examiner les principaux défis auxquels est confrontée la filière, notamment la hausse des coûts de production.

Les participants devront discuter également des moyens permettant d’assurer le bon déroulement de la nouvelle campagne ainsi que sur les mécanismes favorisant le développement des opérations de la commercialisation, de stockage et de valorisation des dattes tunisiennes sur les marchés national et international.

Cette initiative intervient alors que le secteur des dattes tunisiennes a enregistré des indicateurs positifs au cours de la campagne 2025-2026. La production nationale a atteint un niveau record d’environ 404 mille tonnes, dont 347 mille tonnes de la variété « Deglet Nour ». Pour ce qui des exportations, les recettes ont dépassé le seuil de 1000 millions de dinars.

Cependant, le secteur fait face à plusieurs défis structurels et logistiques, parmi lesquels figurent la hausse du coût des intrants et de l’entretien, les difficultés de transport et de stockage, outre les impacts du changement climatique.

La superficie totale des palmiers dattiers en Tunisie est estimée à environ 60,8 mille hectares, répartie principalement entre les gouvernorats de Kébili, Tozeur, Gafsa et Gabès.

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Nouvelle de Amel Mokhtar | Le mariage m’a tuée

Originaire de Sers (Kef), née en 1964 à Makthar (Siliana), Amel Mokhtar est romancière et nouvelliste. Après des études universitaires, elle rejoint en 1985, le journalisme. Elle publie en 1993, son premier roman, «‘ala nakhabi al-hayat» (Toast à la vie) à Dar Al-Adab, à Beyrouth, suivi de «Al-korsi al-hazzaz» (La chaise à bascule), en 2003, roman censuré pour immoralité, puis finalement mis en distribution. Il révèle une écriture audacieuse, dénonçant les retors de la société, transgressant les interdits et les tabous. Son œuvre, qui compte d’autres romans, comme «Maestro», 2006 ou «La fumée du palais», 2013, ainsi que des recueils de nouvelles, est aujourd’hui largement reconnue et récompensée de différents prix et distinctions littéraires.

Traduite de l’arabe et présentée par Tahar Bekri

Je l’ai rencontré par hasard. Cela aurait pu être passager comme toute rencontre fortuite entre un homme et une femme qui se connaissent superficiellement. Sauf que le destin planifiait à sa manière et selon ses scénarios. Le destin fixa cet instant afin qu’il devienne le début d’une histoire d’une passion enflammée, puis un mariage réussi, selon les critères sociaux.

A cet instant exactement, quelqu’un m’appela au téléphone, me disant que cet homme était ton époux attendu. Peut-être m’en étais-je moquée, car j’ai cru que cela m’habitait à cause de ma mère qui insistait tout le temps et sans relâche, pour que je me dépêche de me marier, considérant qu’une fille qui dépasse la vingtaine, sans se marier est une vieille fille aux yeux de la société.

J’avais dépassé vingt-cinq ans mais je n’avais pas ressenti que j’étais une vieille fille, comme ils le disent. J’étais une fille joyeuse, allante, aimant la vie jusqu’à la folie. Le mariage n’était pas, quel que fût son prix, parmi mes objectifs. Mon premier objectif et le plus important était de réussir au travail, quant à mon second objectif, c’était de conserver au sein de l’institution du mariage, une passion folle. Je savais pertinemment que ce que je visais était parmi les équations difficiles, plutôt, impossibles dans la vie. Je considérais les expériences qui reconnaissaient la mort de la passion et de l’amour comme des expériences incomplètes ou bancales. Je m’assois sur le siège d’un spectateur roi qui a une haute confiance en lui-même et ses capacités. Je persistais alors sur le fait que je n’épouserais qu’un bel homme, de mon niveau culturel et de mes idées. Ainsi, nous échangerions une passion de légende. Après cela, il me sera possible de parier et de gagner le pari de conserver la flamme de la passion, entre moi et mon mari, jusqu’au dernier moment que durera notre mariage.

Quand le téléphone me chuchota que ce bel homme était mon époux attendu, j’ai cru que c’était une autre feinte du destin. Sauf que ce dernier, cette fois-ci, était sérieux, plutôt même, généreux envers moi et m’avait fourni tout ce que je désirais : me marier. J’ai épousé un bel homme cultivé, un artiste, je me suis mariée dans la fournaise d’une histoire vraie.

Au début du voyage-mariage, sur lequel ont passé dix ans, j’étais enthousiaste jusqu’à me vanter de mes hautes capacités, magiques, à vaincre, probablement, l’institution du mariage.

A chaque occasion et à chaque rencontre avec des amis, je me vantais et insistais sur ma réussite d’avoir conservé nos sentiments enflammés, même après le mariage. Tant que mon mari croyait en mon idée et se distinguait par sa mentalité ouverte et libre, il m’a aidée et m’aidera à gagner le pari afin que notre passion reste enfiévrée.

Puis les fatigues involontaires commencèrent. Je suis tombée enceinte, ce que nous attendions ardemment. Arrivèrent ainsi des fatigues que je ne m’imaginais absolument pas. Tout ce que nous entendons des autres passe sans signification, jusqu’à ce que nous le vivions par nous-mêmes et posions nos pieds sur la braise. A ce moment-là et c’est seulement à ce moment, que nous nous rappelons les expériences des autres et nous les comprenons.

Les fatigues de la grossesse changent le caractère, perturbent tous les sentiments clairs puis nous dépassons l’étape et nous fêtons le nouveau-né. Le mariage commence à étendre ses barreaux solides que nous avons pensés, au début, en or, J’avais cru, personnellement, que c’étaient des barreaux d’une passion enflammée qui ne s’éteindraient jamais.

Peu à peu, le cercle des barreaux gouverne et révèle que nous sommes de vrais prisonniers de l’institution du mariage qui bénéficie de ses propres lois très spécifiques et de ses jugements excessifs envers l’homme. Souvent, les époux plongent dans les échanges d’accusations, à cause du manque de conviction, de satisfaction du choix de l’autre ou du manque de parité et l’absence de sentiments de l’un envers l’autre. Mais dans la situation que je vis, où il n’y a pas de possibilité d’accrocher les erreurs sur le porte-manteau de l’autre, dans cette situation de parité et de passion, je me demande où se trouve la faille, après avoir reconnu à moi-même, d’abord, que j’ai perdu le pari et que, ce qui reste de notre passion enflammée, ce sont des sentiments silencieux et bridés, qui n’ont pas le moindre droit de s’exprimer devant l’encombrement des sujets et des dossiers ouverts à étudier et à discuter dans le partenariat du mariage!

Avec les jours et les années, le mariage, qu’au début, tous croient un havre d’amour, se transforme en un contrat d’une vraie société, au sens économique profond du terme. Nous réglons les problèmes d’un point de vue matériel, économique, lié à la balance économique, mondialiste. Nous discutons d’affaires diverses, et quand nous nous taisons un peu, il nous traverse l’esprit d’ouvrir les pages de notre histoire et de lire ensemble des extraits de poésie, comme nous le faisions au début de notre mariage, de voir un film au cinéma ou de pousser notre analyse de l’être humain. Nous découvrons soudain que nous sommes tous deux fatigués, nous réalisons ainsi, soudainement, que nous sommes épuisés, lui, se plaint d’un torticolis et moi, de maux de tête ou de dos. Nos regards se brisent et chacun de nous s’enfuit vers lui-même et se recroqueville sur ses vraies douleurs, c’est-à-dire, l’incapacité d’irriguer la plante fanée en son profondeur, reportant cela à demain, espérant d’autres circonstances plus souples pour une telle discussion, espérant un sentiment réel de puissance et de désir. Mais le lendemain ne sera pas meilleur, le tourbillon court et tourne d’une rapidité qui ne s’arrête pas et s’il s’arrête, c’est définitivement, pour la dernière scène d’adieu

Cette nuit, alors que nous nous préparons en silence pour fêter le dixième anniversaire de notre mariage, j’ai pensé proposer à mon mari la séparation, afin que chacun de nous retrouve sa liberté humaine. Au dîner, je lui ai dit : «J’ai une proposition à l’occasion de cet heureux anniversaire», il sourit et dit : «Moi aussi, j’ai une proposition». La curiosité m’a incité à connaître sa proposition avant de présenter la mienne. Il insista pour m’entendre la première. Notre entêtement finit par reporter cela à demain. J’étais persuadée qu’il allait me proposer la même proposition à laquelle j’ai pensée

Au lit, pendant que j’étais entre sommeil et éveil, j’ai essayé pour la dernière fois de le pousser à avouer sa proposition. Sa voix enfouie dans le sommeil me parvint : «Demain, je te dirai tout».

Remerciements à l’auteure.

Copyright Tahar Bekri pour la traduction.

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Sadok Rouai revient sur la naissance de la BCT et du dinar

Vient de paraître aux éditions Arcadia, à Tunis, ‘‘La genèse de la création de la Banque centrale de Tunisie et du dinar – Le rôle de la France et du FMI’’, de l’économiste Sadok Rouai, qui revient sur une période déterminante de l’histoire financière de la Tunisie : la création de la BCT et de la monnaie nationale.

L’auteur propose une relecture de ce qui a souvent été résumé à la «bataille du dinar», en s’intéressant aux négociations complexes qui ont accompagné la construction de la souveraineté monétaire tunisienne. Il met notamment en lumière les pressions exercées par la France ainsi que le soutien technique apporté par le Fonds monétaire international (FMI) dans la mise en place des réformes monétaires.

Fondé sur des archives et des reconstitutions financières, l’ouvrage entend renouveler la lecture des origines du dinar tunisien et de la BCT, en montrant une souveraineté monétaire construite progressivement, dans un contexte de contraintes et de négociations.

Économiste, diplômé de la Faculté de droit et des sciences économiques de l’Université de Tunis et titulaire d’un Diplôme d’études supérieures bancaires de l’Institut technique de banques à Paris, Sadok Rouai a débuté sa carrière à la BCT, où il a notamment travaillé aux départements des études, des relations internationales et de la supervision bancaire.

En 1987, il rejoint le FMI, où il exercera pendant plus de trois décennies comme conseiller principal auprès d’un administrateur.

Avec ce nouveau livre, l’auteur met ainsi son expérience des institutions financières tunisiennes et internationales au service d’une plongée dans les origines de la souveraineté monétaire de la Tunisie.

Djamal Guettala 

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Voyage dans le Tunis d’antan par Alfonso Campisi

Entrelaçant archives familiales, roman épistolaire et chronique urbaine, le nouvel ouvrage bilingue ‘‘Le vent du Sirocco / Vento di Scirocco’’ d’Alfonso Campisi (professeur à la Faculté des Lettres, des Arts et des Humanités de Manouba), éclaire un chapitre méconnu de l’histoire tuniso-italienne, une sorte de mémoire retrouvée de la Médina de Tunis à travers le vécu d’une italienne de de Tunisie.

Il est des récits où l’histoire intime rencontre la grande Histoire. C’est le pari réussi de l’universitaire et essayiste Alfonso Campisi dans son nouvel ouvrage bilingue (français-italien), ‘‘Le vent du Sirocco / Vento di Scirocco’’, publié aux éditions Hkeyet. Une immersion historique et un éclairage précieux sur la Tunisie cosmopolite de la première moitié du XXe siècle.

Au centre de cette sorte de roman épistolaire se dresse une figure féminine d’exception : Lucia Campisi, arrière-grand-tante de l’auteur. Installée dès 1908,  au 98 rue Bab Souika, elle s’impose comme l’une des premières femmes pharmaciens de Tunisie, bravant les conventions de son époque pour mettre son savoir au service de la collectivité.

Une chronique vibrante de Tunis depuis 1900. Au fil des lettres, l’ouvrage dépasse la simple biographie pour offrir un portrait saisissant de Tunis au début du XXᵉ siècle. Le quartier de Bab Souika y est dépeint avec finesse et nostalgie : un territoire haut en couleur où la vie quotidienne réunissait Tunisiens musulmans et juifs, Siciliens, Italiens et Français dans un vivre-ensemble authentique.

L’officine de Lucia Campisi n’était pas seulement un lieu de soins, mais un véritable lieu de vie, témoin privilégié des mutations sociales, sanitaires et politiques de la Régence de Tunis au gré des décennies.

En ouvrant son officine au n° 98 de la rue Bab Souika, Lucia fait le pari de la proximité. Tenant à distance les intrigues politiques de l’époque, elle s’impose par son professionnalisme, son humanité et sa maîtrise des langues, et fait de sa pharmacie un lieu d’entraide entre Tunisiens, Siciliens, Maltais et Grecs.

À travers cette figure d’exception, Alfonso Campisi retrace l’émancipation d’une femme en avance sur son temps et rend hommage à la communauté sicilienne de Tunisie, à son intégration et à sa fidélité envers une terre que Lucia n’a plus jamais quittée.

L’auteur présentera son livre et assurera une séance de dédicace le dimanche 11 octobre à 17h à Dar El Jeld, dans la médina de Tunis.

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