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Ridha Chkoundali : « La crise de l’offre, vraie cause de l’inflation »

Le taux d’inflation des dépenses de consommation des ménages s’est établi à 5,6 % en glissement annuel en septembre 2026, soit 0,8 point de plus qu’en août. Pour l’expert en économie, Ridha Chkoundali, ce chiffre marque la fin de la baisse progressive de l’inflation observée entre 2023 et 2025, après le pic de fin 2022.

Cette reprise intervient alors que la Banque centrale de Tunisie (BCT) maintient son taux directeur inchangé. Selon l’analyse de Ridha Chkoundali, cela traduit l’impasse de la politique monétaire. La BCT considère l’inflation comme le résultat d’une surconsommation, mais elle ignore la crise structurelle de l’offre que connaît l’économie tunisienne depuis des années. Dans ces conditions, ni le gel ni le relèvement des taux ne permettent de freiner la hausse des prix, notamment celle des produits de première nécessité.

Une inflation tirée par l’alimentation et l’éducation

Les produits alimentaires restent le principal moteur des tensions, avec une hausse de 8,4 % sur un an. Les produits non réglementés enregistrent les augmentations les plus fortes : volaille  16,5 % ; fruits et légumes frais : +15,4 % ; viande rouge : +14,6 % pour le mouton et +13 % pour le bœuf ; légumes frais : entre 9,7 % et 12,9 %.

Les dépenses d’éducation progressent elles aussi nettement : 6,4 % pour le préscolaire et le primaire; 6,0 % pour le secondaire, auxquels s’ajoutent les services d’hébergement (+14,7 %). Ridha Chkoundali souligne que cette flambée ne reflète pas une amélioration du niveau de vie. Elle traduit plutôt la fuite contrainte des familles vers un secteur privé coûteux, face à la dégradation de la qualité de l’enseignement public.

Selon l’expert en économie, l’inflation est d’abord une crise d’offre aiguë, nourrie par un climat des affaires peu propice à l’investissement et freiné par la bureaucratie. Les coupures d’électricité répétées et les perturbations énergétiques ont aggravé la situation. Elles ont interrompu des cycles de production, abîmé des produits agricoles frais et rompu les chaînes du froid et de stockage. Le coût unitaire de production a ainsi augmenté et cette charge est répercutée mécaniquement sur le consommateur.

Le seul facteur de demande à l’œuvre vient, d’après lui, non du niveau de vie des ménages mais de l’endettement de l’État auprès de la Banque centrale pour financer le déficit budgétaire. Ces fonds n’ont pas été orientés vers l’investissement productif ou le développement. Ils ont servi à des dépenses de consommation et au fonctionnement de l’administration, créant une masse monétaire sans contrepartie en biens.

L’inflation cumulée sur la période 2015-2026 atteint 98 %. Concrètement, relève Ridha Chkoundali, le dinar a perdu environ la moitié de son pouvoir d’achat en onze ans. Ce qui explique l’érosion du pouvoir d’achat des Tunisiens.

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Des fluctuations mondiales du blé...

Les marchés du blé tendre ont connu des fluctuations importantes, au cours du premier semestre 2026, avec des prix en hausse par rapport aux années pr

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blé
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Change: Le dinar s'apprécie face au dollar...

Le dinar tunisien a connu une légère appréciation face au dollar américain, son taux de change étant ainsi passé de 3,20, en janvier 2025, à environ 2

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dinar
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Vers une amélioration progressive de l’efficience du système électrique en Tunisie

L’été 2027 constituerait une étape décisive pour le système électrique en Tunisie, compte tenu de la pression persistante sur les capacités de production et de la demande croissante en électricité. C’est ce qu’il ressort d’une étude, élaborée par l’Ordre des ingénieurs tunisiens (OIT), et dont les résultats viennent d’être présentés, mardi 6 octobre.

D’après la même source, les indicateurs devraient s’orienter vers une amélioration progressive de la situation, à partir de 2028. Et ce, grâce à un ensemble de mesures et de réformes structurelles proposées.

L’étude a fait savoir que les difficultés confrontées par la Tunisie durant l’été 2026 ne sont pas liées uniquement aux conditions climatiques, mais elles sont le résultat de plusieurs problèmes structurels (la hausse du prix de gaz importé, la détérioration du rendement des turbines de 25%, le retard au niveau de réalisation d’un nombre de projets…). Lesquels doivent être surmontés grâce à la mise en œuvre de mesures adéquates, à la mobilisation des financements nécessaires et à une exécution rigoureuse dans les délais impartis.

L’objectif est de renforcer la stabilité du système électrique, à travers le renforcement des capacités de production, l’accélération du développement des énergies renouvelables couplées à des solutions de stockage, tout en rationalisant la demande et en réduisant les pertes. Ainsi, l’étude a recommandé, sur le court terme, de mettre en place une cellule nationale de gestion de crise opérationnelle 24/24h et l’adoption d’un système d’alerte à trois niveaux. Elle a également préconisé de garantir la continuité de l’approvisionnement en électricité pour les services vitaux et de ne programmer des coupures qu’en cas de nécessité, tout en informant les citoyens au préalable.

Elle a proposé, aussi, de lancer des campagnes périodiques de rationalisation de la consommation de l’électricité ainsi que de multiplier les initiatives visant à lutter contre la fraude et les raccordements illicites.

Par ailleurs, l’étude a appelé au renforcement de la coopération énergétique avec l’Algérie, la Libye et l’Italie afin de sécuriser l’approvisionnement en gaz durant les périodes de pointe. Sur le moyen terme (les années 2027 et 2028), l’étude a proposé une série de réformes structurelles. Il s’agit notamment de la création d’une autorité de régulation indépendante, l’élaboration d’un Code pour l’électricité et la nomination d’un commissaire du gouvernement à l’énergie, outre l’amélioration du recouvrement des créances, l’investissement dans les ressources humaines…

Avec TAP

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MENAAP : le conflit pèse sur la croissance, mais l’IA ouvre une fenêtre d’opportunité à long terme

Le conflit déclenché en février 2026 et la fermeture du détroit d’Ormuz freinent la croissance de la région Moyen-Orient, Afrique du Nord, Afghanistan et Pakistan (MENAAP), qui devrait se contracter de 2,1 % en 2026, avec un recul marqué dans les pays exportateurs de pétrole du Golfe (-4,3 %).

Un communiqué de la Banque mondiale relève que les pays importateurs de pétrole résistent mieux (+4,3 %). Mais l’inflation, les perturbations logistiques et la détérioration des infrastructures pèsent sur les perspectives dans la région MENAAP. Si le conflit s’atténue, un rebond à 7,8 % est possible en 2027. Et ce, à condition de protéger les ménages vulnérables et de restaurer les capacités productives.

Parallèlement, le rapport de la Banque mondiale souligne que l’intelligence artificielle pourrait augmenter la productivité dans 13 à 20% des emplois de la région. Pour cela des lacunes structurelles sont à combler, comme : les données et langues locales sous-représentées; la faible adoption des outils d’IA; le déficit en capital humain et en infrastructures; et un secteur privé peu dynamique.

Au final, une collaboration régionale, associant les pays leaders en IA, les économies à revenu intermédiaire et les États plus vulnérables, représente une piste clé à même de bâtir un écosystème régional d’IA et de transformer ce potentiel en gains concrets de productivité et de croissance, conclut la BM.

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Face aux crises, le monde arabe abandonne la budgétisation traditionnelle pour viser l’efficacité

Les pays arabes doivent opérer un changement de paradigme budgétaire pour passer d’une simple comptabilité des dépenses à une gestion axée sur la performance, les résultats et l’impact. Ce constat a été dressé lors de l’ouverture du 4ᵉ Forum financier arabe, organisé les 6 et 7 octobre à Tunis sur le thème : « Flexibilité financière et durabilité : concevoir des budgets flexibles et axés sur la valeur ».

Réunissant le ministère tunisien des Finances, le gouvernement de Sharjah et l’Organisation arabe pour le développement administratif (OADA), cette rencontre s’inscrit dans le cadre du Prix de Sharjah pour les finances publiques. Elle vise à renforcer la résilience des États face à un contexte international sous pression (tensions géopolitiques, coût élevé du financement, chocs climatiques et transition numérique), rapporte la TAP.

Zouhair Atallah, chef de cabinet de la ministre tunisienne des Finances, a souligné que la matrice budgétaire doit être perçue comme un outil stratégique de gestion des risques. Il a insisté sur deux leviers essentiels : la flexibilité financière, pour réagir aux urgences et la durabilité, pour honorer les engagements de l’État (dette, protection sociale, énergie). Il a rappelé que les réformes en Tunisie visent la redevabilité et la transparence pour réorienter les ressources vers les secteurs à forte valeur ajoutée.

Pour sa part, le directeur général de l’OADA, Nasser Al-Hatlan Al-Qahtani, a plaidé pour l’abandon des modèles rigides au profit de solutions adaptées à chaque structure économique. Pour ce faire, il préconise entre autres l’intégration des données prospectives et de l’intelligence artificielle dans les décisions financières ; l’application du principe d’efficacité de la dépense (« valeur de l’argent ») ; et le renforcement de la confiance citoyenne grâce à une gouvernance équitable et transparente, ajoute la même source.

Après l’édition 2025 organisée à Tanger au Maroc, cette étape tunisienne consolide la coopération interarabe pour moderniser la gestion des ressources publiques.

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Agriculture et pêche : 17 MDT d’investissements sur les rails dans trois gouvernorats

17 millions de dinars (MDT) : tel est le volume des projets agricoles et de pêche qui viendront prendre forme à Béja, Bizerte et Médenine. Et ce, après le feu vert donné lundi par le Comité national d’octroi des avantages de l’APIA.

C’est lundi 5 octobre que le Comité national d’octroi des avantages, rattaché à l’Agence de Promotion des Investissements Agricoles (APIA), a donné son aval à un ensemble de projets d’investissement dans les secteurs de l’agriculture et de la pêche. Leur coût global atteint 17 MDT.

L’APIA précise, dans un communiqué, que ces approbations sont intervenues au terme de la sixième réunion tenue par l’instance en 2026. Les projets concernés seront menés dans les gouvernorats de Béja, de Bizerte et de Médenine.

Dans le même temps, le comité s’est penché sur les prêts fonciers. Des crédits ont été accordés à de jeunes agriculteurs de Kasserine pour leur permettre d’acheter des terres agricoles s’étendant sur 49,9 hectares. Le financement prévu pour cette acquisition représente 715,9 mille dinars.

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ZLECAf: cap sur l’export, la logistique et l’industrialisation verte

Alors que la Tunisie accueille une formation régionale « SME Boost » du secrétariat de la ZLECAf, réunissant des délégations égyptienne, algérienne, libyenne, marocaine et des opérateurs locaux, Zied Jaouadi, vice-président de la Chambre des sociétés de commerce international (UTICA) et de la Chambre panafricaine de commerce et d’industrie, détaille les défis du secteur privé pour exporter vers l’Afrique.

Entre financement coûteux, logistique lourde et besoin de réformer les organismes d’appui, la question essentielle est de savoir comment mettre une implantation directe sur les marchés africains et des échanges bilatéraux, dans une logique qui rejoint les enjeux de transition énergétique et d’industrialisation verte portés par la ZLECAf. 

Interrogé sur les défis rencontrés par le secteur privé à l’export, notamment vers l’Afrique, Zied Jaouadi identifie, dans une déclaration exclusive à leconomistemaghrebin.com, trois principaux challenges.

Le premier est l’accès au financement. Avec les taux d’intérêt actuels, le coût du financement reste très élevé, en particulier pour les PME exportatrices. La deuxième barrière est le coût logistique : la Tunisie affiche l’un des coûts logistiques les plus élevés de la Méditerranée. Cela ne tient pas seulement à la logistique portuaire tunisienne, mais aussi au fait que de nombreuses liaisons nécessitent deux à trois transbordements pour livrer des marchandises sur notre propre continent. Le troisième point, et c’est le plus structurel, est la restructuration urgente des organismes d’appui à l’exportation, notamment les chambres de commerce et les centres de promotion des exportations. « Il faut revoir leur modèle économique pour passer d’une logique de promotion à un véritable accompagnement dans le développement à long terme de l’exportation », poursuit-il. 

Sur les solutions à privilégier, il précise : « Face à ces coûts élevés, la solution pour le secteur privé est l’ouverture de filiales sur place, en revenant en quelque sorte au modèle des comptoirs commerciaux. Cela permet d’éviter les problèmes logistiques et de disposer d’un stock de marchandises directement sur le marché africain. Bien sûr, cela nécessite un accès au financement, mais aussi une réflexion sur les flux dans les deux sens. Ce que nous avons souvent oublié en Tunisie, c’est que pour travailler avec les pays de notre continent dans le cadre d’un accord commercial préférentiel, il faut penser à la fois à vendre et à acheter. Ne pas se limiter à l’exportation des produits tunisiens permet d’optimiser les flux financiers et de mieux réussir l’implantation d’entreprises tunisiennes sur place. »

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ZLECAf et transition énergétique : Cynthia Gnassingbé-Essonam détaille la stratégie verte

L’ambition de la ZLECAf est de bâtir un marché unique continental. Mais qu’en est-il du volet transition énergétique, notamment les énergies renouvelables ? Cynthia Gnassingbé-Essonam, conseillère principale pour l’engagement du secteur privé auprès du secrétaire général de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), souligne le rôle clé de la Tunisie dans un contexte d’intégration accélérée et de transformation digitale. Interview.

« La question de la transition énergétique est effectivement au cœur de la ZLECAf », déclare Cynthia Gnassingbé-Essonam, dans une déclaration à L’Économiste Maghrébin. « Ce que nous sommes en train de faire, c’est de mettre en place une plateforme sous le leadership du président du Kenya, William Ruto. Nous avons lancé ce que nous appelons l’Africa Green Industrialization Initiative (AGII), une initiative qui vise à mobiliser les acteurs de la finance verte et les projets verts. Il s’agit des banques multilatérales et des banques commerciales qui disposent de financements pour des projets, mais qui ne trouvent pas de projets véritablement bancables. L’idée est donc de consolider et de fédérer tous ces acteurs, de mobiliser les financements, d’identifier des projets bancables dans le secteur vert, projets verts, commerce vert et de voir comment mobiliser les investissements dans ces projets », explique-t-elle.

Le Secrétariat coordonne aujourd’hui cette plateforme. A cet effet, Cynthia Gnassingbé-Essonam souligne que la transition énergétique passe aussi par les minéraux critiques et, partant, par l’industrialisation, en interrogeant la manière d’utiliser le cadre de la ZLECAf pour apporter de la valeur ajoutée à ces minéraux au service de cette transition énergétique. 

Et d’expliquer : « Il est question, par exemple, de véhicules électriques. Comment faire en sorte que des pays comme la Zambie et la RDC, qui disposent de cobalt, puissent transformer ces ressources et participer pleinement à ces chaînes de valeur ? C’est donc sous un angle essentiellement industriel que nous abordons la question. Depuis février de cette année, les chefs d’État de l’Union africaine ont décidé de travailler sur un protocole portant sur l’industrialisation et la politique commerciale au niveau continental. Ce protocole couvrira toutes les questions liées à la transition énergétique et au rôle des minéraux critiques. » 

Concernant le calendrier de mise en place de ce protocole, la conseillère principale dira qu’il doit d’abord être développé, puis négocié entre les différents États. Mais qu’en est-il des énergies renouvelables concrètement ? « Effectivement, tout cela va faire partie des discussions. Les énergies renouvelables sont importantes » répond-elle. « Pour l’instant, ce que nous sommes en train de faire aussi, c’est de travailler avec les petites entreprises qui sont dans ce secteur-là et nous espérons que cela fera partie du lot. Mais l’idée, c’est vraiment de voir comment intégrer ces aspects dans un nouveau protocole, parce que le protocole initial porte uniquement sur le commerce des marchandises. C’était là notre mandat. Il faut donc vraiment avoir un cadre qui implique cet aspect-là et nous sommes en train d’y travailler. Un cadre législatif unifié, par exemple. Oui, ce sera un protocole harmonisé sur la question » conclut-elle.

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Aram Belhadj juge difficile que la BCT maintienne son taux directeur à 7 %

Le taux d’inflation annuel s’est établi à 5,6 % en septembre 2026 en Tunisie, d’après l’Institut national de la statistique (INS). Pour l’économiste Aram Belhadj, le passage au-dessus de 6 % au début de 2027 constitue désormais le scénario central. C’est ce qu’il explique dans un post publié sur sa page officielle Facebook.

Après 5,1 % en juillet puis 5,4 % en août, l’inflation en glissement annuel a atteint 5,6 % en septembre 2026 en Tunisie, selon les données de l’INS. C’est la troisième progression consécutive. L’économiste Aram Belhadj, qui commente ces chiffres dans une publication Facebook, relève que le rythme mensuel s’accélère lui-même.

Selon lui, dépasser 6 % dès le début de 2027 ne relève plus de l’hypothèse marginale. Il en fait le scénario central, alors que se rapproche l’échéance de la loi de finances 2027, que les grandes orientations annoncées sont maintenues et que les tensions persistent dans la région.

M. Belhadj attribue d’abord la hausse à des facteurs d’origine alimentaire et énergétique. L’inflation sous-jacente, qui exclut l’alimentation et l’énergie, reste à 4,9 % pour le deuxième mois de suite. D’après son analyse, le choc gagne l’ensemble du panier alimentaire, mais ne s’est pas encore transformé en inflation généralisée portée par la demande.

L’aspect qu’il juge le plus préoccupant sur le plan structurel tient à l’écart entre les produits alimentaires à prix libres, en hausse de 9,4 %, et ceux à prix encadrés, en progression de 0,2 %. Cet écart s’accentue d’un mois à l’autre. Il en découle, selon l’économiste, un coût de soutien caché qui s’accumule sans apparaître dans les comptes.

Dans ce contexte, l’analyste estime difficile que la Banque centrale de Tunisie (BCT) conserve son taux directeur à 7 % sans le modifier. Il avertit en outre que « un hiver chaud » attend le pays, aussi intense que l’été 2026 qui vient de s’achever.

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La Tunisie appelle à transformer la ZLECAf en un levier concret pour les PME africaines

A l’ouverture du programme régional BOOSTER SMEs, le ministre du Commerce et du Développement des exportations, Samir Abid, a appelé à transformer la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) en un instrument concret au service des entreprises, notamment des PME.

Il a souligné lors de son allocution que la Tunisie, qui a été parmi les premiers pays à signer et ratifier l’accord sur la ZLECAf, a rejoint l’Initiative sur le commerce guidé en octobre 2022 et délivré son premier certificat d’origine en mai 2023. Plus de 400 opérations d’importation et d’exportation auraient depuis été réalisées dans le cadre de l’accord.

Puis, le ministre a insisté sur la nécessité de passer du cadre juridique à une véritable dynamique commerciale, en facilitant l’accès des entreprises africaines aux marchés, en simplifiant les procédures et en renforçant les chaînes de valeur continentales.

En outre, il a réaffirmé le rôle central du secteur privé et annoncé plusieurs initiatives visant à faire de la Tunisie une plateforme de coopération économique africaine, notamment les Rencontres d’affaires tuniso-africaines et le salon Africa First Expo.

Au final, Samir Abid a appelé les entrepreneurs africains à privilégier les partenariats, les projets communs et le développement du commerce intra-africain, dans le cadre de l’accord de la ZLECAf.

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Fret pétrolier : le coût journalier d’un VLCC s’envole à 1,3 million $

Le marché du transport maritime de pétrole brut connaît une nouvelle flambée spectaculaire. Les tarifs des très grands pétroliers, ou VLCC (Very Large Crude Carriers), ont atteint un nouveau record historique, sous l’effet des perturbations provoquées par la guerre avec l’Iran et des risques persistants dans le détroit d’Ormuz.

Sur la principale liaison entre Ras Tanura (en Arabie saoudite) et la Chine, le revenu quotidien d’un VLCC a atteint 1,29 million de dollars, selon les données du Baltic Exchange publiées le 5 octobre. Pour un voyage d’environ 46 jours, ce niveau représente près de 59,2 millions de dollars de recettes en équivalent time-charter. Cette progression intervient après un précédent record de 1,27 million de dollars par jour, enregistré le 21 septembre. Le marché a donc renoué avec une trajectoire haussière après une brève période de détente.

L’envolée ne concerne pas uniquement la liaison Golfe-Chine. Le revenu moyen quotidien sur le marché spot des VLCC a atteint 786.000 dollars, son plus haut niveau depuis le lancement de cet indicateur en 2008. En une seule journée, cette moyenne a progressé de 73.800 dollars, soit 10,4 %. Le mouvement traduit la forte tension sur la disponibilité des navires alors que les exportateurs du Golfe doivent recourir à des itinéraires et à des opérations logistiques beaucoup plus complexes.

Reuters souligne que les tarifs sur certaines liaisons du Moyen-Orient vers l’Asie dépassent désormais 1,2 million de dollars par jour, contre environ 30.000 dollars en janvier. Le coût du fret représente ainsi une part beaucoup plus importante du prix final du pétrole livré.

Ormuz, principal facteur de tension

La nouvelle flambée des tarifs intervient après plusieurs attaques contre des pétroliers dans le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour les exportations d’hydrocarbures du Golfe. Plusieurs VLCC ont été pris pour cible, tandis que les compagnies pétrolières ont multiplié les opérations de transbordement de navire à navire, notamment dans le golfe d’Oman. Ce dispositif permet de faire sortir les cargaisons du Golfe tout en limitant le temps d’exposition des grands navires dans les zones considérées comme les plus dangereuses.

La perturbation des routes traditionnelles immobilise parallèlement une partie importante de la flotte mondiale. Selon Reuters, la hausse des exportations saoudiennes transitant par Ormuz a nécessité des dizaines de VLCC supplémentaires pour assurer ces opérations de navettes et de transbordement.

Mais la hausse des tarifs dépasse désormais le seul théâtre du Golfe. Sur la route reliant le golfe du Mexique aux ports chinois, le coût total d’un voyage en VLCC a atteint 54,8 millions de dollars, un nouveau record. En Afrique de l’Ouest, les revenus quotidiens d’un VLCC transportant du brut vers la Chine ont également dépassé 645.000 dollars. Cette généralisation de la hausse traduit la réorganisation profonde des flux mondiaux de pétrole. Les acheteurs asiatiques se tournent davantage vers les producteurs de l’Atlantique, tandis que les routes plus longues absorbent davantage de capacités de transport.

Un marché transformé par la guerre

La flambée des tarifs maritimes constitue désormais l’un des principaux facteurs de renchérissement du pétrole. Même lorsque les volumes disponibles progressent, les coûts de transport, d’assurance et de transbordement continuent d’alourdir le prix final. Les exportations de brut du Moyen-Orient ont d’ailleurs récemment retrouvé, voire dépassé ponctuellement, leurs niveaux d’avant-guerre, mais les contraintes logistiques persistent.

Pour les armateurs, cette situation représente une opportunité exceptionnelle. Reuters rapporte ainsi que certains acteurs du marché envisagent d’augmenter leurs flottes de VLCC, malgré le risque qu’une normalisation géopolitique et maritime provoque ensuite une forte détente des tarifs. Le paradoxe du marché pétrolier est désormais manifeste : le retour progressif des volumes ne suffit pas à faire baisser les coûts, car la capacité à transporter le pétrole est devenue aussi déterminante que sa disponibilité.

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Atelier du Meuble Intérieurs : bénéfice net de 1,50 MDT au premier semestre 2026

Le résultat net de la société Atelier du Meuble Intérieurs atteint 1,50 million de dinars (MDTT) au 30 juin 2026, contre 1,32 MDT un an plus tôt.

Les revenus de la société s’établissent à 13,14 MDTT contre 12,07 MDTT au premier semestre 2025, soit une progression de 8,87 %. Le résultat d’exploitation ressort à 1,95 MDTT (soit +10,16 %), et le résultat des activités ordinaires avant impôt à 1,99 MDTT (contre 1,73 MDT). Le résultat par action est de 0,246 dinar, contre 0,238 dinar, pour 6 085 083 actions contre 5 561 635 un an plus tôt. Ces chiffres figurent dans les états financiers intermédiaires publiés par la société Atelier du Meuble Intérieurs.

L’excédent brut d’exploitation passe de 2,29 MDTT à 2,67 MDTT et la marge sur coût matières de 4,96 MDTT à 5,41 MDTT. Les achats consommés atteignent 7,65 MDT (6,85 MDT). Les charges de personnel augmentent de 18,32 %, à 1,81 MDT contre 1,53 MDT. Les dotations aux amortissements et aux provisions montent à 718,5 milliers de dinars (KD), contre 513,7 KD, et incluent 58,6 KD de provisions pour dépréciation des stocks, absentes au premier semestre 2025. Les autres charges d’exploitation reculent à 931,0 KD, contre 1,14 MDT. L’impôt sur les sociétés s’élève à 468,5 KD (385,9 KD) et la contribution sociale de solidarité à 23,4 KD (19,3 KD).

Dans le détail des revenus, les ventes de marchandises taxables totalisent 11,27 MDT (10,89 MDT). Les ventes en suspension de taxes grimpent à 1,74 MDT, contre 707,0 KD. Les ventes à l’exportation reculent à 138,1 KD, contre 472,8 KD. Les produits des placements atteignent 100,6 KD, dont 99,95 KD de produits des participations. Aucun produit de ce type n’était comptabilisé au premier semestre 2025.

Les capitaux propres avant affectation s’élèvent à 15,38 MDT, contre 15,81 MDT au 31 décembre 2025.

L’assemblée générale ordinaire du 25 juin 2026 a approuvé l’affectation du résultat de l’exercice 2025, de 2,56 MDT, avec une distribution de 1,92 MDT. Au 30 juin 2026, les dividendes à payer aux actionnaires figurent pour 1,92 MDT parmi les autres passifs courants, et le tableau des flux de trésorerie du semestre ne comporte aucun décaissement à ce titre.

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Aramco tire la sonnette d’alarme : le spectre de la pénurie pétrolière menace la stabilité mondiale

Les réserves mondiales de pétrole – ou « coussin de sécurité »  qui protège les nations des perturbations d’approvisionnement -, sont « inquiétantes de faiblesse », exposant les marchés à des risques qui s’aggraveront si le détroit d’Ormuz n’est pas rouvert, s’inquiète le directeur de la compagnie pétrolière nationale saoudienne, Aramco.

Le dirigeant du plus grand exportateur mondial de pétrole brut s’est exprimé quelques jours seulement après l’annonce par le G7 de son intention de libérer jusqu’à 100 millions de barils de réserves de pétrole et de diesel afin d’atténuer la hausse des coûts des carburants.

« Tant que le détroit d’Ormuz ne sera pas pleinement ouvert et que la confiance ne sera pas rétablie, la dure réalité est que la pression sur les deux côtés du marché va s’intensifier », a déclaré Amin Nasser, directeur général de Saudi Aramco, au Forum sur l’intelligence énergétique à Londres lundi 5 octobre. « Alors que la pression sur le pétrole brut est forte, les prix des carburants raffinés ont augmenté encore plus fortement. »

La consommation de pétrole brut continue d’augmenter et les pays auront besoin d’approvisionnements encore plus importants pendant au moins les deux prochaines années, le temps de reconstituer leurs réserves, a déclaré M. Nasser. Cela pourrait représenter une demande supplémentaire d’au moins 2 millions de barils par jour, voire davantage si les gouvernements décident d’accroître leurs réserves de pétrole, a-t-il ajouté.

Au moment où la guerre entre les États-Unis et l’Iran a éclaté, les réserves mondiales de pétrole s’élevaient à environ 10 milliards de barils, a déclaré M. Nasser. Ce montant a été réduit à moins de 6 milliards, dont environ 10 % sont réellement disponibles en raison de diverses limitations techniques, a-t-il ajouté. Selon Amin Nasser, la libération d’une partie des réserves mondiales restantes permettra aux économies de gagner du temps, mais ne corrigera pas les déséquilibres entre l’offre et la demande. Les pays producteurs du Golfe s’efforcent d’accroître leur production et leurs exportations et sont parvenus à ramener les flux de pétrole brut à des niveaux proches de ceux d’avant-guerre.

L’Arabie saoudite et des pays voisins comme les Émirats arabes unis et le Koweït utilisent leurs propres pétroliers pour transporter du pétrole brut à travers le détroit d’Ormuz, qui est bloqué, au moins partiellement, depuis l’attaque menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran fin février, déclenchant une guerre régionale.

L’augmentation des flux n’a guère soulagé les marchés pétroliers, toujours confrontés aux risques d’insécurité d’approvisionnement dans le golfe Persique et la mer Rouge. Le Brent s’est négocié autour de 100 dollars le baril le mois dernier, malgré l’accroissement du trafic de pétroliers dans le détroit d’Ormuz. Ces navires ont été contraints de prendre des risques d’attaques, tandis que l’Arabie saoudite a été la cible de nombreuses attaques au cours du mois écoulé.

Cependant, selon M. Nasser, la totalité des capacités de production d’Aramco reste intacte. Cela a permis à l’entreprise de continuer d’honorer ses contrats d’approvisionnement avec ses clients en Europe et en Asie. Elle a utilisé différentes routes d’exportation, réparti ses approvisionnements entre ses différents types de pétrole brut et déployé ses propres pétroliers pour servir ses clients, a-t-il précisé. Au cours du mois écoulé, Aramco a augmenté ses expéditions de pétrole brut depuis son principal terminal d’exportation de Ras Tanura, dans le golfe Persique. L’entreprise a réagi rapidement à l’arrêt temporaire du principal oléoduc du pays suite à une attaque le mois dernier et a depuis rétabli les flux à environ 80 % de leur capacité.

Aramco étudie des itinéraires alternatifs pour exporter son pétrole brut afin de ne pas dépendre excessivement d’une seule voie d’acheminement vers les acheteurs internationaux, a déclaré M. Nasser, sans donner plus de précisions. L’entreprise examine des projets visant à doubler, voire tripler, la capacité de ses installations de stockage, a-t-il ajouté.

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Sadok Rouai revient sur la naissance de la BCT et du dinar

Vient de paraître aux éditions Arcadia, à Tunis, ‘‘La genèse de la création de la Banque centrale de Tunisie et du dinar – Le rôle de la France et du FMI’’, de l’économiste Sadok Rouai, qui revient sur une période déterminante de l’histoire financière de la Tunisie : la création de la BCT et de la monnaie nationale.

L’auteur propose une relecture de ce qui a souvent été résumé à la «bataille du dinar», en s’intéressant aux négociations complexes qui ont accompagné la construction de la souveraineté monétaire tunisienne. Il met notamment en lumière les pressions exercées par la France ainsi que le soutien technique apporté par le Fonds monétaire international (FMI) dans la mise en place des réformes monétaires.

Fondé sur des archives et des reconstitutions financières, l’ouvrage entend renouveler la lecture des origines du dinar tunisien et de la BCT, en montrant une souveraineté monétaire construite progressivement, dans un contexte de contraintes et de négociations.

Économiste, diplômé de la Faculté de droit et des sciences économiques de l’Université de Tunis et titulaire d’un Diplôme d’études supérieures bancaires de l’Institut technique de banques à Paris, Sadok Rouai a débuté sa carrière à la BCT, où il a notamment travaillé aux départements des études, des relations internationales et de la supervision bancaire.

En 1987, il rejoint le FMI, où il exercera pendant plus de trois décennies comme conseiller principal auprès d’un administrateur.

Avec ce nouveau livre, l’auteur met ainsi son expérience des institutions financières tunisiennes et internationales au service d’une plongée dans les origines de la souveraineté monétaire de la Tunisie.

Djamal Guettala 

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Tourisme tunisien : les recettes grimpent à près de 6,4 Mrds de dinars à fin septembre

La Tunisie continue de tirer profit de son activité touristique. Les recettes du secteur ont progressé de 4,5 % sur un an à fin septembre 2026, malgré une quasi-stagnation du nombre de visiteurs. Une évolution qui témoigne d’une hausse de la dépense moyenne des touristes.

Le tourisme tunisien confirme sa bonne dynamique sur le front des recettes. A fin septembre 2026, les revenus générés par l’activité touristique ont atteint 6,37 milliards de dinars, soit une progression de 272 millions de dinars (+4,5 %) par rapport à la même période de 2025, selon les données de la Banque centrale de Tunisie (BCT).

Cette hausse intervient dans un contexte marqué par une progression limitée des flux touristiques. À fin août, le nombre de visiteurs enregistrait une légère baisse de 0,2 % sur un an.

L’écart entre l’évolution des arrivées et celle des recettes constitue l’un des principaux enseignements de ces chiffres. Il suggère une augmentation de la dépense moyenne par touriste, permettant au secteur de générer davantage de revenus sans dépendre exclusivement de la croissance du nombre de visiteurs.

La France en tête, le Royaume-Uni progresse

Du côté des marchés émetteurs européens, la France reste le principal pourvoyeur de touristes, avec une croissance comprise entre 3 % et 4 %.

Le Royaume-Uni poursuit pour sa part sa progression et occupe désormais la deuxième position, devant la Pologne et l’Allemagne. Cette évolution confirme la volonté de la Tunisie de diversifier ses marchés touristiques et de réduire sa dépendance à quelques destinations traditionnelles.

Objectif : 12 millions de touristes

Les autorités tunisiennes ambitionnent désormais de franchir le seuil des 12 millions de visiteurs en 2026, contre environ 11 millions en 2025.

Pour atteindre cet objectif, le ministère du Tourisme entend accélérer la conquête de nouveaux marchés, notamment la Chine, la Russie et la Biélorussie, tout en renforçant les liaisons aériennes avec les marchés prioritaires.

À trois mois de la fin de l’année, la progression des recettes apparaît ainsi comme un signal positif pour le secteur. Au-delà du volume des arrivées, l’enjeu pour la Tunisie consiste désormais à accroître la valeur économique générée par chaque visiteur.

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