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Renforcer les liens entre les écosystèmes d’innovation de l’Italie et de la Tunisie

La 3e édition des Innovation Talks, cycle de rencontres initié par l’ambassade d’Italie à Tunis et par Terna Innovation Zone a porté sur le renforcement des liens entre les écosystèmes d’innovation de l’Italie et de la Tunisie afin de développer de nouvelles solutions dans les domaines de l’efficacité énergétique, de la surveillance industrielle et de l’intelligence artificielle.

La rencontre s’est tenue au sein de Terna Innovation Zone Tunisia (dans le «Spazio Italia») et a donné lieu à un échange entre Nicandro Buono, cofondateur de la start-up italienne eMomentum, et Dhaker Hadded, cofondateur de l’entreprise tunisienne Orbit Engineering Solutions, sous la modération de Wassim Ben Larbi.

Le débat a porté principalement sur les applications de l’intelligence artificielle et des nouvelles technologies à la surveillance des installations industrielles, à la maintenance et à l’optimisation de la consommation d’énergie.

«Renforcer les synergies entre les écosystèmes d’innovation italien et tunisien peut jouer un rôle clé dans la recherche de solutions innovantes pour relever les défis de l’efficacité énergétique et de l’optimisation des processus industriels», a souligné l’ambassadeur d’Italie à Tunis, Alessandro Prunas, rappelant qu’il s’agit du premier «Innovation Talk» organisé directement au sein de la Terna Innovation Zone.

Ce pôle de Tunis, inauguré par Terna en janvier 2025, constitue la première «Innovation Zone» du groupe italien en Afrique ; il a été conçu pour soutenir les startups, la formation et le développement des compétences dans le cadre de la transition énergétique et numérique de la Tunisie. Le projet vise également à nouer des collaborations entre entreprises innovantes, universités, centres de recherche et acteurs industriels des deux pays. Cette initiative s’inscrit dans le partenariat énergétique plus large entre l’Italie et la Tunisie ainsi que dans le cadre d’Elmed — le projet d’interconnexion électrique sous-marine de 600 MW entre les deux pays, développé conjointement par Terna et la société tunisienne Steg comme première liaison électrique directe entre l’Europe et l’Afrique du Nord.

C’est précisément la présence du projet Elmed qui a motivé le choix de Tunis comme zone stratégique pour les activités d’innovation du groupe italien. Cette nouvelle édition des «Innovation Talks» confirme ainsi l’intérêt croissant de la coopération économique italo-tunisienne pour les technologies numériques, les «cleantech» et l’efficacité énergétique, en associant aux grands projets d’infrastructure des initiatives axées sur le développement de startups et de compétences technologiques locales.

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Frontières maritimes : Rome, Athènes et Tunis contestent les revendications libyennes à l’ONU

Une nouvelle bataille autour des frontières maritimes se dessine en Méditerranée centrale. Une analyse publiée le 1er octobre par le quotidien économique italien Il Sole 24 Ore replace la Tunisie aux côtés de l’Italie et de la Grèce dans une convergence de contestations face à certaines revendications maritimes de la Libye, sur fond d’intérêts énergétiques et de tensions impliquant également la Turquie.

Il ne s’agit pas d’une nouvelle protestation tunisienne. La position de Tunis a été officiellement transmise aux Nations unies en avril dernier. Mais la récente mise à jour italienne de ses lignes de base maritimes, déposée à l’ONU le 24 septembre, remet ces différents contentieux au premier plan.

Tunis conteste une partie de la carte libyenne

Le dossier tunisien trouve son origine dans les nouvelles délimitations défendues par Tripoli.

Le 27 mai 2025, la Libye a transmis aux Nations unies une déclaration accompagnée d’une carte concernant les limites extérieures de son plateau continental. Tunis a répondu officiellement le 19 avril 2026.

La Tunisie conteste notamment la délimitation libyenne entre les points 30 et 32 et s’appuie sur l’arrêt rendu en 1982 par la Cour internationale de Justice dans l’affaire du plateau continental entre les deux pays, ainsi que sur l’accord bilatéral conclu en 1988.

Pour Tunis, le point 30, tel que défini unilatéralement par Tripoli, ne correspond pas à l’extrémité de la ligne de délimitation : la Cour a elle-même rappelé que le prolongement vers le nord-est dépendra d’une délimitation à convenir avec des États tiers.

Une première protestation tunisienne avait déjà été adressée à l’ONU en janvier 2025 au sujet de la zone contiguë de 12 milles déclarée par la Libye.

L’Italie remet le dossier sous les projecteurs

L’élément récent vient principalement de Rome.

Le 24 septembre, l’Italie a déposé auprès des Nations unies de nouvelles coordonnées de ses lignes de base maritimes, remplaçant celles enregistrées en 1996. Cette opération découle d’une modification de la législation italienne et constitue, selon Rome, une mise à jour technique.

Elle intervient toutefois alors que l’Italie est elle-même en désaccord avec Tripoli sur certaines revendications concernant le plateau continental.

Rome avait adressé en mai une objection à la Libye, estimant que certains segments de la démarcation revendiquée par Tripoli affectaient ses droits et intérêts.

C’est dans ce contexte qu’Il Sole 24 Ore évoque une “alliance” entre l’Italie, la Tunisie et la Grèce face aux revendications libyennes. Les documents officiels disponibles établissent en tout cas une convergence de leurs contestations, chacune portant toutefois sur un segment maritime distinct, sans faire apparaître d’alliance formelle entre les trois pays.

Grèce et Turquie dans l’équation

La Grèce conteste de son côté certaines revendications libyennes au sud de la Crète.

Le différend est directement lié au mémorandum maritime signé en 2019 entre Ankara et Tripoli, rejeté par Athènes, qui considère notamment qu’il ne respecte pas les droits maritimes générés par les îles grecques.

L’enjeu s’est accru avec l’exploration gazière au sud et au sud-ouest de la Crète, où plusieurs zones suscitent des revendications concurrentes.

La Turquie soutient pour sa part le cadre maritime conclu avec la Libye, faisant de ce dossier un élément supplémentaire du rapport de forces en Méditerranée.

Gaz, pétrole et câbles sous-marins

Derrière cette bataille de cartes se trouvent des intérêts économiques et stratégiques considérables.

La délimitation du plateau continental détermine notamment les droits d’exploration et d’exploitation des ressources du sous-sol marin. Les tracés peuvent également peser sur le développement des gazoducs, des interconnexions énergétiques et des câbles sous-marins.

Pour la Tunisie, le dossier présente une particularité : malgré le différend sur certaines limites maritimes, Tunis et Tripoli poursuivent leur coopération énergétique.

Les deux pays cherchent notamment à attirer des investisseurs pour l’exploration d’un bloc offshore d’environ 3.000 km² dans le bassin Gabès-Tripoli et le développement de la découverte de Zarat.

La Tunisie se retrouve ainsi dans une équation délicate : défendre les limites maritimes qu’elle considère établies par le droit international tout en préservant une coopération économique et énergétique stratégique avec son voisin libyen.

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