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Easy Export Days pour impulser les exportations tunisiennes

Le programme Easy Export vise à simplifier l’exportation de colis via le réseau postal et à permettre aux artisans, aux petites et moyennes entreprises (PME), aux startups et aux entrepreneurs d’accéder aux marchés extérieurs dans le cadre d’un parcours export simplifié et plus lisible.

Une série de rencontres régionales dédiées à la présentation de ce programme seront organisées, a indiqué le ministre du Commerce et du Développement des exportations, Samir Abid, en soulignant que l’élargissement de la base des exportateurs constitue l’un des leviers essentiels pour renforcer la compétitivité de l’économie nationale.

Le ministre a aussi relevé que le programme Easy Export représente une opportunité concrète pour les PME, les artisans et les porteurs de projets disposant de produits à potentiel commercial sur les marchés extérieurs, en leur permettant d’engager une démarche d’exportation.

Dans ce contexte, le défi ne se limite plus à produire des biens compétitifs, mais consiste également à mettre en place les parcours, les services et les outils permettant aux producteurs d’accéder aux marchés extérieurs.

Le programme permet ainsi de mettre à disposition un mécanisme simplifié pour l’exportation de colis via le réseau postal, le but étant de contribuer à rapprocher le service d’exportation des entreprises et permettre à celles-ci d’entamer une activité export avec des volumes adaptés à la nature de leur activité et à leurs capacités.

Les mécanismes d’appui disponibles dans le cadre du Fonds de promotion des exportations (Fodex), notamment la prise en charge d’une partie des coûts de transport des colis destinés à l’exportation, contribuent par ailleurs à alléger une partie des charges liées au transport et à renforcer la pertinence de ce dispositif pour les petites et moyennes entreprises.

Par ailleurs, M. Abid a précisé que le programme Easy Export s’inscrit dans une démarche plus large engagée par la Tunisie pour moderniser son système de commerce extérieur, à travers la simplification et la digitalisation des procédures ainsi que l’amélioration des services destinés aux opérateurs économiques.

La dimension régionale du programme revêt également une importance particulière. Les rencontres organisées dans ce cadre permettront de présenter les différentes étapes et procédures du programme, d’apporter des éclaircissements pratiques aux entreprises et aux artisans, et de recueillir leurs préoccupations ainsi que les difficultés auxquelles ils sont confrontés. Elles permettront également d’identifier, dans chaque région, les produits et activités disposant d’un potentiel à l’export.

Dans ce cadre, le ministre du Commerce et du Développement des exportations a souligné que le développement des exportations nationales passe également par la valorisation des atouts économiques et compétitifs propres à chaque région et par la mise à disposition des entreprises et des artisans des outils nécessaires pour transformer leur potentiel de production en opportunités sur les marchés extérieurs.

M. Abid a également indiqué que le ministère poursuivra ses efforts pour développer les mécanismes de soutien à l’exportation et élargir la base des entreprises exportatrices, et ce, dans le but de renforcer la compétitivité des produits tunisiens, de diversifier les marchés et les produits exportés et d’accroître la capacité des entreprises tunisiennes à tirer parti des opportunités offertes par le commerce électronique et les marchés internationaux.

Il convient de rappeler que l’organisation de ces rencontres autour du programme  Easy Export s’inscrit dans le cadre du projet «Commerce électronique et commerce numérique dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord», financé par l’Union européenne et le ministère fédéral allemand de la Coopération économique et du Développement (BMZ), et mis en œuvre par la Coopération allemande au développement (GIZ) et le Centre du commerce international (ITC).

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L’Europe face au dilemme des canons et du beurre

Les leaders des grandes économies européennes ont réclamé des coupes de plusieurs centaines de milliards d’euros dans le prochain budget 2028-2034 de l’Union. Les efforts consentis pour financer la défense de l’Europe ne passeront pas sans en payer le prix.

 

Six pays d’Europe soutiennent cette démarche. Il s’agit de l’Allemagne, du Danemark, des Pays-Bas, de l’Autriche, de la Finlande et de la Suède. L’importance de cet appel est qu’ils financent près de 40 % de l’ensemble des contributions des États membres au budget.

La Commission européenne avait déjà présenté ses propositions depuis l’été, avec des projections de 2 000 milliards d’euros. Pour qu’il soit adopté, il faut l’unanimité des 27 États membres. Outre la défense, les dépenses iront en priorité à la compétitivité, l’innovation et la lutte contre l’immigration clandestine.

Plus tôt dans l’année, le FMI a prévenu qu’une nouvelle ère de budgets de sécurité renforcés signifierait que les gouvernements feraient bientôt face à des choix cornéliens quant aux coupes à opérer pour financer la défense. Il a qualifié ce phénomène par l’arbitrage « entre les canons et le beurre ».

 

Mauvais momentum

Le contexte est compliqué, avec la flambée des coûts d’emprunt des États, l’inflation galopante et la croissance molle dans la majeure partie du Vieux continent. Il y a plein d’inquiétudes concernant la hausse des déficits budgétaires dans divers pays de l’UE.

La meilleure illustration vient de l’Hexagone. La France est appelée à réduire drastiquement ses dépenses pour ramener son déficit national de 5,1 % à la ligne directrice européenne fixée à 3 %. Les rendements des obligations souveraines du pays sont à leur plus haut sur plusieurs décennies, valant des coûts d’emprunt parmi les plus élevés au sein du G7.

Par ailleurs, l’Autriche et la Finlande font actuellement l’objet de la procédure européenne de déficit excessif.  Parmi les autres pays soumis à cette procédure figurent également l’Italie, la Pologne et la Belgique.

Et comme le budget de l’UE est payé par ses citoyens, la source du financement de cet effort ne peut provenir que d’efforts douloureux d’assainissement des comptes de chaque pays. Il n’y aura pas de souveraineté européenne sans des finances publiques saines.

 

A la diplomatie de jouer

Cela concerne directement la Tunisie. Il est logique de voir les fonds de voisinage réduits ou, au meilleur des cas, rester stables. L’argent réalloué au réarmement de l’Europe pourrait se faire au détriment des programmes d’aide traditionnels via la politique de voisinage. Idem pour les partenariats stratégiques qui pourraient être ralentis.

De plus, le contrôle des frontières et la lutte contre la migration sont un pilier de la logique sécuritaire de l’UE. Cela implique la protection des frontières sud. Les financements accordés aux pays partenaires seront de plus en plus conditionnés à la gestion des flux migratoires, à la surveillance maritime et à la lutte antiterroriste.

Cela ne colle pas nécessairement avec les besoins de ces pays, comme la Tunisie, qui a besoin davantage d’investissements dans les infrastructures et de soutien aux PME. La diplomatie jouera un rôle important afin de trouver le juste équilibre. Car, nous avons besoin d’une Europe en bonne santé économique, mais aussi en paix.

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