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Tunisie-Autriche : Samir Abdelhafidh appelle à renforcer les investissements

A l’occasion du Business Forum Tunisie-Autriche, le ministre de l’Économie et de la Planification, Samir Abdelhafidh, a souligné la solidité des relations économiques entre les deux pays et appelé à leur donner une nouvelle impulsion. Il a mis en avant les résultats enregistrés au cours des dernières années, notamment la présence de 26 entreprises à participation autrichienne en Tunisie, représentant 502 millions de dinars d’investissements et 24 469 emplois créés.

Quatre entreprises autrichiennes ont également étendu leurs activités en Tunisie au cours du premier semestre 2026, avec des investissements d’environ 11 millions d’euros. Pour le ministre, ces opérations constituent un signal de confiance dans l’économie tunisienne, tout en soulignant la nécessité de poursuivre les réformes destinées à améliorer l’environnement des affaires.

Les échanges commerciaux tuniso-autrichiens ont presque doublé, passant de 603,7 millions de dinars en 2019 à 1,103 milliard de dinars en 2025. Au cours des huit premiers mois de 2026, ils ont déjà atteint 1,3 fois le niveau enregistré sur l’ensemble de l’année.

Samir Abdelhafidh a appelé les entreprises tunisiennes et autrichiennes à renforcer leurs partenariats, notamment dans les secteurs à forte valeur ajoutée, le transfert technologique, l’innovation et l’intégration dans les chaînes de valeur régionales et internationales.

Il a également relevé la reprise soutenue des flux touristiques autrichiens vers la Tunisie, revenus depuis 2024 à des niveaux supérieurs à ceux enregistrés avant la pandémie.

Le ministre a enfin présenté les principales orientations du plan de développement tunisien 2026-2030, qui accorde une place importante à l’énergie, à l’eau, à l’assainissement, aux infrastructures, à la sécurité alimentaire et à la modernisation administrative. Il a invité les investisseurs autrichiens à saisir les opportunités offertes par ces secteurs et réaffirmé la volonté de la Tunisie d’accueillir davantage d’investissements étrangers.

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Tunisie, Libye, Algérie : solidarité régionale et enjeux de souveraineté

Les tensions régionales s’accroissent en Méditerranée et au Maghreb. Certains appellent à soutenir l’Algérie et la Libye face aux pressions extérieures. Tandis que d’autres s’interrogent sur les formes que ce soutien devrait prendre.

Dans son analyse, l’ancien diplomate Elyes Kasri revient sur le rôle de la géographie et de l’histoire dans les relations entre la Tunisie et ses deux voisins que sont l’Algérie et la Libye.

Le poids de la géographie et de l’histoire

Elyes Kasri propose une lecture géopolitique et historique selon laquelle la situation actuelle de la Tunisie s’inscrit dans la longue durée. Il rappelle l’ancienneté de son histoire, de la civilisation du Kef à Carthage, dont l’influence économique et politique s’étendait à une grande partie de la Méditerranée. Il souligne qu’Aristote a consacré un chapitre de La Politique à la constitution carthaginoise, qu’il jugeait équilibrée.

Il rappelle également que la puissance d’un État dépend en partie de son territoire, de ses ressources et de sa position stratégique. Tout en soulignant que le tracé des frontières régionales a été largement façonné à l’époque coloniale.

Des frontières héritées de l’époque coloniale

Avec la Libye, Elyes Kasri évoque le contexte des rivalités italo-françaises en Afrique du Nord dans l’entre-deux-guerres. Et notamment les négociations franco-italiennes de 1935. Il mentionne aussi l’accord conclu en 1955 entre la France et le royaume de Libye, qui a fixé une partie de la frontière tuniso-libyenne.

Avec l’Algérie, il note que la France administrait la Tunisie comme un protectorat et l’Algérie comme un territoire français.Ce qui a influencé le tracé des frontières. Après l’indépendance, la question a été reprise dans les discussions entre Habib Bourguiba et Ferhat Abbas en 1961, puis dans la convention de délimitation signée en janvier 1970.

Les ressources énergétiques

Elyes Kasri met en avant l’enjeu que représentent les ressources en hydrocarbures dans ces délimitations, terrestres comme maritimes, notamment pour le plateau continental et le gisement de Bouri.

Pour l’ancien diplomate, ces éléments historiques éclairent les relations actuelles entre la Tunisie et ses voisins. De même, ils rappellent l’intérêt d’une coopération régionale fondée sur le dialogue et la prise en compte de l’histoire commune.

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L’affaire Yakine : une adolescente brisée, une société qui s’interroge

L’affaire Yakine a secoué la toile, et à travers elle, toute une société. La victime est une adolescente de 15 ans, violée par plusieurs personnes. D’après les faits rapportés par plusieurs médias, tout aurait commencé au quartier de Melassine, à Tunis. Manipulée par une amie qui l’aurait invitée à prendre un café, la jeune fille aurait ensuite été séquestrée, puis agressée avec une brutalité inouïe.

Une enquête a été ouverte par les services de sécurité de Sijoumi afin d’établir les faits et d’identifier les personnes impliquées. Plusieurs descentes ont été effectuées et la police reste mobilisée. Selon les dernières informations, l’adolescente a été transportée d’urgence à l’hôpital, où son état demeure critique. À ce stade, aucune communication officielle n’a été publiée par les autorités. L’affaire reste donc entre les mains des enquêteurs.

Mais au-delà du volet judiciaire, il y a une jeune fille dont la vie a été brisée. Aucune peine, même la plus lourde, ne lui rendra sa dignité ni n’effacera le choc qu’elle porte désormais. Elle aura besoin de temps, de soins et d’un soutien immense pour se reconstruire.

Face à l’horreur, beaucoup réclament la peine de mort pour les violeurs. D’autres s’inquiètent de cet emballement, qui leur rappelle les chasses aux sorcières : une foule qui envahit un village, exige qu’on brûle la « coupable », puis s’amuse du spectacle. Aujourd’hui, on réclame des exécutions alors que personne ne sait encore qui a fait quoi.

Enfin, le problème est-il résolu ? Non. Sans chercher à minimiser les atrocités commises, avons-nous trouvé des solutions pour ces jeunes ? Non. Ont-ils autre chose à faire que d’errer dans leurs quartiers ? La situation est révoltante. On ne se soucie pas de la nouvelle génération, surtout des plus démunis. Alors, on se demande si c’est la peine de mort qui produira une société meilleure? Plusieurs voix insistent à dire que la prison seule n’est pas une solution. Il faudrait plutôt un cadre comme celui de l’armée, où ils apprendraient un métier, liraient, découvriraient un autre mode de vie et l’amour de leur pays.

Rien désormais ne pourra faire oublier le calvaire que la jeune Yakine a subi. Sa vie est brisée à jamais et le chemin de la reconstruction sera long et difficile. Pourquoi vivons-nous dans ce monde de brutes où le mal domine malheureusement ? Peut-on s’attendre à des jours meilleurs ? Rien ne semble poindre à l’horizon.

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Rapport Banque mondiale : l’analyse de Ridha Chkoundali

Dans son rapport de septembre 2026, « Le défi de l’eau en Tunisie : de la rareté à la résilience », la Banque mondiale dresse un tableau contrasté de l’économie tunisienne : une reprise modeste après la quasi-stagnation de 2023, mais des déséquilibres structurels profonds et des pressions financières croissantes. Le PIB réel a rebondi à +2,7 % en 2025 et devrait se stabiliser autour de +2,3 % en 2026, porté par l’agriculture (+11,7 % en 2025), les industries agroalimentaires (+8,9 %) et les industries mécaniques et électriques (+4,6 %), tandis que les hydrocarbures (-8,2 % en 2025), le textile (-3,3 %) et le BTP (-1,6 %) reculent.

Le déficit du compte courant a augmenté de 49 % en valeur nominale au premier semestre 2026, avec un déficit énergétique représentant 53 % du déficit commercial total, et les réserves de change ont chuté brutalement en juillet (de 101 à 92 jours d’importations après le remboursement d’un Eurobond de 700 millions d’euros) avant une légère reconstitution fin août à 98 jours grâce à des financements extérieurs (500 millions USD de la BADExim et 312 millions USD du Fonds monétaire arabe).

Pour l’économiste Ridha Chkoundali, ce diagnostic confirme une croissance « à deux vitesses », tirée par un secteur offshore performant mais incapable de compenser le déficit structurel du secteur onshore, qui ne couvre que 44 % de ses besoins. Cette dualité, selon lui, illustre la fragilité d’une reprise largement dépendante des aléas climatiques et des conjonctures extérieures, sans transformation structurelle du tissu productif local.

Sur le marché du travail, le taux de chômage officiellement en baisse à 14,9 % au deuxième trimestre 2026 masque une destruction nette de 58 000 emplois, principalement féminins (-72 000 postes contre +14 000 pour les hommes), et un taux d’activité des femmes structurellement bas (27 % contre 63,3 % pour les hommes). Ridha Chkoundali insiste sur le caractère « statistiquement trompeur » de ce recul du chômage, qui traduit davantage un retrait de la population active qu’une création réelle d’emplois, et met en garde contre le gaspillage de capital humain que représente la sous-participation féminine.

Pour Ridha Chkoundali, les recommandations de la Banque mondiale, bien que techniquement cohérentes, comportent cinq paradoxes majeurs. D’abord, l’ajustement des tarifs de l’eau et de l’irrigation, destiné à réduire les déficits de la SONEDE et de l’ONAS, risque d’alourdir l’inflation alimentaire et de pénaliser les ménages modestes dans un contexte de contraction du pouvoir d’achat.

Ensuite, la critique du financement interne via la Banque centrale ignore l’absence d’alternatives externes réalistes : pas d’accord avec le FMI, accès bloqué aux marchés internationaux et remboursement de dettes majeures laissent l’État sans marge de manœuvre.

Troisièmement, l’accent mis sur la libéralisation néglige la nécessité d’une politique industrielle pour le secteur onshore, affaibli par une faible intégration dans les chaînes de valeur, un manque de financement et des contraintes logistiques.

Quatrièmement, le recours aux PPP pour le dessalement constitue un pari énergétique risqué dans un pays où le déficit énergétique pèse lourdement sur la balance commerciale, avec le danger de transformer ces contrats en dettes conditionnelles futures. Enfin, la loi sur les chèques de 2024 montre comment des mesures répressives, sans alternatives numériques efficaces, élargissent l’économie parallèle et réduisent la liquidité bancaire disponible pour l’investissement.

Au total, Ridha Chkoundali juge le diagnostic de la Banque mondiale précieux, mais appelle à une adaptation fine des réformes aux réalités sociales, énergétiques et géoéconomiques tunisiennes.

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