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Décès de Hamid Berrada | La presse maghrébine perd l’un de ses piliers

Le journaliste marocain Hamid Berrada, ancien grand reporter à Jeune Afrique connu pour ses interviews d’éminentes personnalités maghrébine et arabes, est décédé dans la nuit de vendredi 25 à samedi 26 septembre 2026, à l’âge de 87 ans.

Né en 1939 à Tanger, Hamid Berrada, diplômé en philosophie, en droit et en sociologie politique, s’était fait connaître lors de son passage dans l’hebdomadaire Jeune Afrique, fondé et dirigé par le Tunisien Béchir Ben Yahmed. Il était rédacteur en chef de l’hebdomadaire parisien de 1974 à 1985 et y a collaboré régulièrement, jusqu’à la fin des années 1990, avant d’être nommé directeur Maghreb/Moyen-Orient de la chaîne francophone TV5.

Berrada a été aussi le présentateur et animateur, entre 2007 et 2018, de l’émission ‘‘Mais Encore ?’’ sur la chaîne de télévision marocaine 2M. Il était connu pour la qualité de ses analyses des affaires maghrébines et des interviews des grands acteurs politiques. Les Tunisiens d’un certain âge se souviennent encore de l’entretien qu’il avait réalisé avec Rached Ghannouchi, du temps où il était exilé à Londres.

«Hamid Berrada avait une façon particulière d’écrire ses ‘‘papiers’’, pas de machine à écrire, ni ordinateur ou PC, mais un crayon noir et une gomme, un carnet en poche… Il me rappelait un seigneur du journalisme ayant marqué ma jeunesse et mes débuts dans la presse : Albert Londres !», se souvient l’un des anciens collègues et amis Hassan Aaloui. Qui ajoute : «Hamid était un esprit curieux, honnête jusqu’au bout des ongles, très ouvert et pas un seul ni le moindre préjugé ne guidaient sa démarche… Très exigeant avec lui-même, l’honnêteté hissée comme un mât, il veillait aux détails et vérifiait deux, trois fois ou plus ses textes rédigés ou ‘‘gribouillés’’ au crayon noir.»

«Pour l’avoir côtoyé de près à Jeune Afrique dans les années 1990 et beaucoup appris à ses côtés, notamment sur son pays, le Maroc, où il m’a ouvert beaucoup de portes, je garde des souvenirs émus de nos échanges», se souvient, de son côté, Ridha Kéfi, fondateur et directeur de Kapitalis. Qui ajoute : «Il avait toujours le bon mot pour détendre une atmosphère guindée. Il savait aussi mettre de l’esprit là où les partis-pris politiques prennent le pas sur les idées et les principes. Certains de ses échanges à fleurets mouchetés avec feu Béchir Ben Yahmed, lors des réunions de rédaction matinales, étaient restés dans les mémoires. Les deux journalistes s’appréciaient beaucoup, mais le respect mutuel n’interdisait pas, chez l’un comme chez l’autre, une certaine franchise qui traduisait leur hauteur d’esprit».

«Le départ de Barrada du 57 bis rue d’Auteuil a été ressenti comme un arrachement, et d’abord par le défunt lui-même qui a maintenu des liens amicaux avec plusieurs de ses anciens collègues», conclut Ridha Kéfi.   

I. B.

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La crise de l’eau pourrait coûter à la Tunisie 6,4 % du PIB d’ici 2050

La pénurie d’eau risque de devenir l’un des principaux freins structurels à la croissance tunisienne et, en l’absence de mesures adéquates, pourrait réduire le PIB du pays de 6,4 % d’ici 2050. C’est l’alerte lancée par la Banque mondiale (BM) dans son dernier rapport Tunisia Economic Monitor intitulé «Tunisia’s Water Challenge: From Scarcity to Resilience» (Le défi de l’eau en Tunisie : de la pénurie à la résilience).

Ce rapport identifie la sécurité hydrique comme un facteur de plus en plus déterminant pour la croissance, l’emploi et la compétitivité.

Selon l’institution de Washington, la Tunisie ne dispose aujourd’hui que de 380 mètres cubes d’eau douce renouvelable par habitant et par an, un niveau nettement inférieur au seuil international de pénurie d’eau absolue, qui est de 500 mètres cubes.

Le secteur agricole est particulièrement exposé ; il emploie environ 14 % de la population active nationale et jusqu’à la moitié des travailleurs dans les zones rurales. Sans mesures correctives, le stress climatique et le manque d’eau pourraient entraîner la perte d’au moins 30 % des emplois agricoles d’ici le milieu du siècle, avec des répercussions également sur l’agro-industrie, le tourisme et l’industrie.

Le rapport s’inscrit dans un contexte économique toujours marqué par une croissance modérée. Après une hausse de 2,7 % en 2025 et de 2,4 % en rythme annuel au premier semestre de cette année, la BM prévoit une progression du PIB de 2,3 % en 2026 et une croissance moyenne de 2,1 % sur la période 2027-2028. Le taux de chômage a reculé à 14,9 % au deuxième trimestre, mais demeure à 21,6 % chez les femmes.

Pour transformer le «Plan Eau 2050» tunisien en une réponse structurelle, la BM préconise des investissements de l’ordre de 900 millions de dollars par an jusqu’au milieu du siècle, assortis d’une réforme de la gouvernance du secteur, d’une réduction des pertes sur les réseaux, de la réutilisation des eaux usées traitées, de la numérisation et d’une meilleure gestion de l’irrigation.

Le programme RESEau, soutenu par la BM elle-même, devrait générer, lors de sa première phase, environ 4 000 emplois permanents et 13 400 emplois temporaires.

I. B.

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Les USA financent un centre militaire naval tunisien à Bizerte

Les États-Unis ont attribué à la société turque Biltek Uluslararasi Insaat Limited Sirketi un contrat de 998 000 dollars pour la troisième phase du Maritime Center of Excellence (MCOE), actuellement en construction sur la base navale tunisienne de Bizerte.

Selon l’agence Ansa, l’attribution du marché a été publiée le 22 septembre sur SAM.gov par le Department of the Navy, par l’intermédiaire du Naval Facilities Engineering Systems Command Europe Africa Central (Navfac Euracent).

L’Award Notice ou avis d’attribution, relatif au contrat N33191-26-C-0010, précise que Biltek a remporté le marché à l’issue d’une procédure concurrentielle à prix fixe.

La phase III prévoit une tour d’entraînement à la descente en rappel et aux opérations en hauteur, ainsi qu’une zone d’atterrissage pour hélicoptères. L’appel d’offres inclut également, en option, une installation pour véhicules et embarcations ainsi qu’une rampe de mise à l’eau avec ponton. Ce centre est destiné à l’entraînement des commandos et des forces spéciales navales tunisiennes et s’inscrit dans le cadre des programmes américains de renforcement des capacités des partenaires (Building Partner Capacity).

Washington et Tunis visent également à en faire un pôle régional pour des activités et des exercices multinationaux.

Biltek avait déjà été chargée, en 2024, de réaliser une première tranche du complexe, comprenant une zone d’entraînement au combat rapproché, des champs de tir, un parcours d’obstacles et des installations pour embarcations.

En juin, le ministre de la Défense, Khaled Sehili, avait présenté ce projet comme l’un des moyens de renforcer la capacité opérationnelle des forces navales d’élite ainsi que le rôle de la Tunisie en tant que centre régional de formation militaire.

Ce même mois, le commandant des forces navales américaines en Europe et en Afrique, l’amiral George Wikoff, avait visité le centre en construction à Bizerte.

I. B.

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Décès de Me Lassaad Mechri, un grand défenseur des droits humains

Me Lassaad Mechri, avocat et fervent défenseur des droits humains, toujours présent dans les prétoires et les parloirs pour défendre les victimes de la répression politique, est décédé hier soir, samedi 26 septembre 2026, chez lui, à la cité El Ghazela, à l’Ariana, des suites d’une crise cardiaque foudroyante. Il laisse une épouse et deux enfants éplorés.

Ses collègues du Conseil de l’ordre des avocats de Tunisie pleurent aujourd’hui un être cher, attentionné et affectueux, toujours disponible pour les autres et à l’écoute de leurs souffrances. Plus qu’un avocat à la force de l’âge et au faîte de sa carrière professionnelle que la Tunisie perd, c’est un homme au grand cœur qui disparaît en un clin d’œil, comme une lumière étouffée par la noirceur d’une interminable nuit. Celle que traverse aujourd’hui la Tunisie, le pays qu’il aimait tant et qui n’a cessé de le décevoir et d’éteindre ses espoirs.

Son ami, le journaliste Fahem Boukaddous lui a rendu un hommage poignant dans un post facebook où il a notamment écrit : «Il avait en lui quelque chose de ces enfants que la vie n’a pas corrompus. Spontané, enjoué, d’une bonté presque insoutenable, il possédait un rire malicieux, un sourire qui devançait ses paroles et un cœur ouvert aux autres comme à leurs souffrances. Pour lui, la loyauté était une seconde nature, l’amitié une responsabilité, et la mémoire un engagement qui ne s’éteignait pas, même après la disparition de ceux qu’il chérissait.» Et de conclure : «Comment croire que tu ne seras plus là, désormais ? Qui nous adressera ces mots spontanés ? Qui prendra l’initiative de demander des nouvelles ? Qui portera les nouvelles des vivants aux vivants, et celles des disparus jusqu’à notre mémoire ? Qui laissera derrière lui cet espace chaleureux que tu comblais si naturellement ? Tu es parti, mais les traces de ta présence demeurent en nous. Il reste ta voix, ton rire, ta bonté, ton courage, ta loyauté, ainsi que tous ceux que tu aimais et que tu défendais.»

I. B.

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Football | L’Espagne s’impose face à une Angleterre brillante mais inconstante

Abstraction faite du manque de chance sur le penalty raté de Harry Kane, il y a deux raisons qui expliquent la défaite de l’équipe d’Angleterre, hier soir, samedi 26 septembre 2026, face à l’Espagne (2-3) : les erreurs inexcusables de sa défense.

Dr Mounir Hanablia *

Si le sort avait été juste, les deux équipes auraient dû se retrouver en finale de Coupe du Monde. Mais l’option défensive choisie par l’entraîneur Thomas Tuchel avait grandement facilité la tâche du gang argentin. Cette fois les Anglais menés dès la deuxième minute sur un but de Lamine Yamal à la suite d’une grossière erreur d’un de leurs défenseurs ont attaqué et ont réussi l’exploit de dominer une équipe espagnole qui quoique privée du ballon n’a jamais paniqué, et s’est même procurée des occasions nettes sur des fautes de placement de la défense anglaise décidément perméable.

Néanmoins les intentions offensives anglaises et le pressing finirent par payer grâce à deux buts dont l’avant Anthony Gordon, transfiguré depuis son transfert à Barcelone, fut soit à la transformation après une déviation géniale et une remise de Bellingham, soit à l’origine en démarquant sur l’aile Nico O’Reilly, son défenseur latéral sociétaire de Manchester City, dont le centre trouva la tête de Harry Kane aidé par l’indécision de Marc Cucurella. En seconde mi-temps les Anglais obtinrent dès le début un penalty à la suite d’une faute de Rodri, mais Harry Kane, victime d’une glissade au moment du tir, percuta la transversale. Ce fut le tournant du match. L’équipe d’Espagne retrouva alors la maîtrise du ballon comme par enchantement et réussit deux jolis buts par Oyarzabal bien démarqué lobant tout en finesse le gardien, puis par Ferran dont le tir bien travaillé contourna les défenseurs pour se ficher au bas de la lucarne.

Puissance physique et manque de précision

Les Anglais finirent bien par dominer la fin de la rencontre grâce à leur puissance physique mais plutôt brouillons et manquant de précision, ils ne réussirent pas à exploiter les possibilités intéressantes qui se présentèrent à eux. Finalement la victoire espagnole fut logique.

Néanmoins l’équipe d’Angleterre fut par moments brillante. Abstraction faite du manque de chance sur le penalty raté, il y a deux raisons qui expliquent sa défaite : les erreurs inexcusables de la défense souvent mal placée et le choix de Bukayo Saka dont le jeu stéréotypé n’apporta absolument rien à son équipe.

Tuchel a encore du pain sur la planche afin de trouver le juste équilibre entre attaque et défense et la confrontation avec les Croates risque de ne pas être facile.

Cependant, il est certain que les supporters du onze de la Rose ont beaucoup plus de raisons d’espérer de cette défaite contre le champion du monde en titre comparativement à celle sans gloire subie contre les Argentins, ou même à la victoire chanceuse contre les Norvégiens. 

* Médecin de libre pratique.

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Presse | Mohamed Benchicou inhumé finalement à Alger

La dépouille du journaliste, écrivain et ancien directeur du quotidien Le Matin Mohamed Benchicou a finalement été rapatriée en Algérie et inhumée samedi 26 septembre 2026 au cimetière de Garidi, à Alger. Son retour au pays avait été précédé d’un épisode d’incertitude qui avait suscité l’émotion dans les milieux de la presse.

L’inhumation s’est déroulée en présence de sa famille, de proches, de journalistes et de nombreux confrères venus lui rendre un dernier hommage.

Quelques heures auparavant, le retour de sa dépouille à Alger paraissait encore incertain.

Dans un communiqué, la famille avait annoncé que les autorités algériennes refusaient, dans un premier temps, le rapatriement de la dépouille pour son enterrement prévu à Alger. «Même après sa mort, il continue d’être harcelé», dénonçait la famille, estimant que personne ne pouvait priver un ressortissant algérien d’être enterré dans son pays.

La situation s’est finalement débloquée. «Dernière nouvelle : selon les autorités, mon père sera finalement inhumé au cimetière de Garidi», annonçait ensuite la famille, faisant part de son soulagement.

La dépouille a ainsi pu rejoindre Alger où un hommage lui a été rendu à la Maison de la presse Tahar-Djaout, lieu particulièrement symbolique pour plusieurs générations de journalistes algériens, avant son transfert vers le cimetière.

Selon Le Matin d’Algérie, environ 150 personnes ont assisté à l’inhumation, mais aucun représentant officiel n’a été signalé parmi les présents.

Des années de débats, de combats et d’amitié

Dans un hommage publié après l’inhumation, le journaliste Maâmar Farah a fait revivre une partie de cette histoire commune : «Nous étions voisins», écrit-il en évoquant les années où Benchicou travaillait au journal Le Matin et lui aujournal Le Soir. Il rappelle notamment la solidarité de Le Soir lorsque Le Matin avait été confronté à des difficultés, jusqu’à lui ouvrir une page de son édition pour permettre au journal de continuer à s’adresser à ses lecteurs.

Maâmar Farah revient également sur les années du quotidien El Moudjahid, les combats syndicaux et journalistiques menés avec Benchicou, ainsi que sur cette période où une partie de la rédaction avait tenté de desserrer l’emprise de la censure.

Son témoignage dépasse ainsi le seul parcours de Benchicou. Il restitue une époque de la presse algérienne où les journalistes, encore jeunes, avaient la conviction que le journal pouvait contribuer à changer les choses : «Nous savions surtout que le journaliste ne possède peut-être rien d’autre que sa plume et sa conscience», écrit Maâmar Farah.

Mohamed Benchicou avait marqué la presse algérienne par son indépendance de ton et ses prises de position critiques. Ancien directeur du Matin, il avait également publié plusieurs ouvrages consacrés à l’Algérie et à sa vie politique.

Son parcours avait été marqué par son emprisonnement au début des années 2000, après la publication de son livre ‘‘Bouteflika : une imposture algérienne’’. Cette période demeure l’un des épisodes les plus connus de son parcours de journaliste et d’écrivain.

Sa disparition a suscité des réactions nombreuses en Algérie et à l’étranger. Des médias algériens, maghrébins et internationaux ont consacré des articles à son décès et à son parcours. Mais son histoire ne se résume pas à ses confrontations avec le pouvoir. Elle appartient aussi à une génération de journalistes qui ont accompagné les transformations profondes de la presse algérienne, au prix parfois de leur liberté, de leur carrière ou de leur sécurité.

Dans son hommage, Maâmar Farah évoque enfin le retour de Benchicou sur cette terre qu’il avait tant aimée.

«L’Algérie, cette terre que tu as tant aimée, t’a repris sans bruit», écrit-il.

À Garidi, le journaliste a ainsi été accompagné par ceux qui avaient partagé avec lui des années de journalisme, de débats, de combats et d’amitié.

Djamal Guettala

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Mohammed ben Salmane, seul face aux Houthis

Alors que le prince Mohammed ben Salmane, héritier du trône saoudien et homme fort du Royaume, a traversé différentes tempêtes notamment celle de l’affaire Khashoggi et a réussi à s’en sortir, il semble aujourd’hui fragilisé par le conflit avec les Houthis yéménites car lâché par Donald Trump qui ne bouge pas le petit doigt pour l’aider. Le président américain lui tient rancune parce qu’il n’a pas soutenu sa guerre contre l’Iran. De plus, Trump ne veut pas ouvrir un autre front au Moyen-Orient à seulement quelques semaines des élections de mi-mandat. 

Imed Bahri

La réticence des États-Unis à soutenir l’Arabie saoudite contre les Houthis a confirmé aux dirigeants de Riyad que Washington est un partenaire «peu fiable», ont affirmé James Politi, Steff Chavez et Andrew England dans un article publié par le Financial Times. Sous le titre « MBS n’oubliera pas », en référence à l’acronyme désignant le prince héritier saoudien, souvent utilisé par les médias occidentaux, le journal indique que l’hésitation du président Trump à s’engager dans la guerre contre les Houthis au Yémen a exacerbé les tensions entre Washington et Riyad, dont les relations sont déjà fragilisées par la guerre américaine contre l’Iran.

Sous la pression de la hausse des prix de l’essence et de l’impopularité de la guerre d’Iran au sein de l’opinion publique américaine, le président américain qui joue gros lors des élections de mi-mandat du 3 novembre prochain s’est jusqu’à présent abstenu de toute nouvelle action militaire pour soutenir les efforts de l’Arabie saoudite visant à réprimer l’offensive houthie et leurs attaques contre les infrastructures du royaume.

Le journal britannique estime que l’hésitation de Trump risque de tendre les relations avec le prince héritier saoudien, compromettant davantage la crédibilité de Washington en tant que partenaire clé de la défense pour Riyad.

Washington refuse de participer à des frappes contre les Houthis

Mona Yacoubian, directrice du programme Moyen-Orient au Center for Strategic and International Studies (CSIS) à Washington a déclaré au FT : «Les États-Unis hésitent et leur décision, du moins pour l’instant, de ne pas se joindre aux Saoudiens exacerbe les tensions bilatérales. Cela suscite également, chez les Saoudiens, des inquiétudes supplémentaires quant au rôle qu’ils peuvent attendre des États-Unis».

Le journal britannique a fait état de discussions récentes suite à une demande saoudienne en faveur de frappes aériennes américaines contre les Houthis mais Washington a refusé d’y participer. La Maison-Blanche n’a pas fait de commentaire.

Karen Gibson, générale à la retraite et ancienne directrice du renseignement du Commandement central des États-Unis (Centcom *), a déclaré : «Mohammed ben Salmane ne l’oubliera pas», ajoutant que l’hésitation de l’administration démontre que «les États-Unis ne s’engageront pas nécessairement dans un conflit armé lorsqu’ils estiment que des intérêts vitaux de l’Arabie saoudite sont menacés».

Ces tensions entre les deux pays concernant une action conjointe contre les Houthis marquent un tournant dans la relation parfois tendue entre Trump et MBS, une relation caractérisée par une alternance de périodes d’éloges mutuels enthousiastes et de tensions.

Trump a mentionné le prince Mohammed lors d’un discours prononcé lors d’une conférence sur l’investissement organisée par l’Arabie saoudite à Miami en mars dernier. Il a d’abord fait l’éloge du prince saoudien, le qualifiant de «grand ami» et de «guerrier». Vingt minutes plus tard, il a fait remarquer que le prince saoudien «ne s’attendait pas à me flatter» et est allé jusqu’à utiliser un langage vulgaire à son propos, illustrant l’attitude grossière et imprévisible du président américain.

Durant la guerre contre l’Iran, l’Arabie saoudite a subi des attaques répétées contre ses infrastructures, conséquences des frappes de représailles iraniennes, ainsi que les répercussions économiques de la fermeture du détroit d’Ormuz.

Durant la guerre d’Iran, l’Arabie saoudite a informé Washington qu’elle n’autoriserait pas les avions de combat américains à utiliser ses bases ou son espace aérien pour cibler l’Iran. Elle voulait se prémunir d’attaques de plus grande envergure. Cette décision a fortement déplu à Trump.

Tout a changé quand les Houthis ont entraîné Riyad dans un conflit qu’elle avait longtemps cherché à éviter en imposant un blocus aux ports saoudiens, en attaquant des pétroliers et en lançant des missiles et des drones sur le royaume.

Les Houthis intensifient leurs attaques contre l’Arabie saoudite

Ces deux dernières semaines, les Houthis ont intensifié leurs attaques, ciblant les installations pétrolières saoudiennes dans le sud du royaume et lançant une offensive éclair le long de la côte yéménite de la mer Rouge. Ils ont mis en déroute les forces yéménites soutenues par l’Arabie saoudite et progouvernementales et consolidé leur contrôle sur le détroit de Bab el-Mandeb, un autre point de passage stratégique pour le transport maritime mondial.

Le week-end dernier, les Houthis ont tiré un missile balistique sur Riyad, la capitale saoudienne, pour la première fois depuis la reprise des hostilités. MBS, qui, à l’instar d’autres dirigeants du Golfe, a mis en garde Trump contre une guerre contre l’Iran, peine à contenir une crise qui menace de faire dérailler ses ambitions de faire de son pays une plaque tournante régionale de la finance, du commerce et du tourisme.

Si par le passé les États-Unis ont lancé des campagnes militaires contre les Houthis aussi bien sous les administrations Trump et Biden en réponse aux attaques menées par les  Houthis contre des navires commerciaux en mer Rouge, l’administration Trump est désormais confrontée à une pénurie de ressources et à un épuisement de ses stocks de munitions ainsi qu’aux répercussions politiques et électorales de la crise au Moyen-Orient.

Elizabeth Dent, chercheuse principale au Washington Institute for Near East Policy, a déclaré: «Il sera très difficile pour Trump de s’engager sur un autre front dans cette guerre avant les élections de mi-mandat de novembre».

Bien que les États-Unis ne soient pas directement impliqués dans les opérations militaires contre les Houthis, ils continuent de fournir au royaume des armes et des renseignements. L’Arabie saoudite possède également des systèmes de défense aérienne américains. La semaine dernière encore, l’administration Trump a approuvé une vente potentielle de chasseurs F-35 à l’Arabie saoudite pour un montant de 24,3 milliards de dollars, même si la livraison prendrait des années.

Les Houthis sont perçus par les Occidentaux comme un problème saoudien

«Il y a une certaine frustration mais un constat que c’est la façon d’être de Trump», a déclaré un analyste saoudien sous couvert d’anonymat qui a ajouté : «L’Arabie saoudite a la capacité de tout bombarder et les États-Unis nous fournissent les informations de ciblage dont nous avons besoin». Et l’analyste d’ajouter que même un soutien aérien américain symbolique au début du conflit aurait remonté le moral des combattants yéménites.

Asaad al-Shamlan, de l’Institut Prince Saud al-Faisal d’études diplomatiques, a indiqué que les relations entre Riyad et Washington demeurent «excellentes». Cependant, alors qu’aux États-Unis et en Europe, les Houthis sont perçus «essentiellement» comme un problème saoudien, Riyad les considère comme un «défi international». Selon Al-Shamlan, cette différence de perception explique l’hésitation américaine à intervenir.

Après la rupture par les Houthis d’une trêve de quatre ans avec l’Arabie saoudite, l’administration Trump a mené des pourparlers avec le groupe rebelle par l’intermédiaire du Sultanat d’Oman. Un responsable houthi a déclaré que la cible était l’Arabie saoudite et non les intérêts américains.

Firas Maksad, directeur pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord au sein d’Eurasia Group, a estimé que les tensions sont inévitables à mesure que Washington se retire de son rôle historique de partenaire clé en matière de sécurité dans la région du Golfe. Il a ajouté: «Le vide laissé par Washington offrira des opportunités à ses concurrents stratégiques. Riyad cherche à diversifier ses partenaires en matière de sécurité tout en tentant de trouver des compromis avec Téhéran et les tensions dans ses relations avec Washington pourraient accélérer ce processus».

* Le Commandement central des États-Unis  (Centcom) est l’un des onze commandements interarmées et permanents des forces armées des États-Unis, il chapeaute les opérations militaires des États-Unis au Moyen-Orient, en Asie centrale et dans une partie de l’Asie du Sud (Afghanistan et Pakistan). Depuis 2002, le Centcom est basée au Qatar sur la base militaire d’Al Oudeid qui est la plus grande base américaine du Moyen-Orient.

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La Conect met l’accent sur l’investissement et la compétitivité

C’est dans le cadre feutré de l’hôtel Kasbah de Kairouan que le Conseil d’administration (CA) de la Confédération des entreprises citoyennes de Tunisie (Conect) s’est rassemblé, le samedi 26 septembre 2026, sous la conduite de son dynamique président, Aslan Berjeb. Autour de la table, les figures clés du réseau étaient au rendez-vous : les membres du Bureau exécutif national, le président de la Conect Internationale, le Comité des sages, ainsi que l’ensemble des présidents et délégués des bureaux régionaux et des groupements professionnels de l’organisation patronale.

Lotfi Sahli

Les échanges se sont ouverts sur un exposé consacré à la Plate-forme nationale de l’investisseur, présenté par Atef Belkadhi Jamoussi, au nom de l’Agence tunisienne de l’investissement (TIA). Saisissant toute l’importance de ce levier, le CA a appuyé chaque mesure propre à alléger le parcours des investisseurs et à accélérer les calendriers.

Dans ce droit fil, il a vivement invité les équipes régionales et sectorielles de la Conect à se faire le relais actif de cet outil auprès du tissu d’entreprises adhérentes.

Par la suite, les membres ont découvert avec attention la feuille de route de la Cité médicale des Aghlabides à Kairouan, dévoilée par Ridha Hentati, président-directeur général du projet. Une initiative chaleureusement saluée par la Conect, qui y voit l’illustration éclatante de l’attractivité de la région et du rôle moteur de l’initiative privée pour façonner des projets structurants au cœur des territoires. Il reste cependant à lever les obstacles, à trouver les financements et à accélérer la réalisation du projet pour qu’il ne reste pas éternellement à l’état de projet.   

Sur le plan institutionnel, le CA a donné son aval au rapport financier et aux états financiers de la Conect pour l’exercice 2025, appuyés par le rapport du commissaire aux comptes. L’assistance s’est aussi penchée sur le bilan d’étape du deuxième trimestre 2026, analysant la feuille de route menée par la Conect centrale, ses maillages régionaux, ses métiers et la Conect Internationale. Cette tribune a permis de tracer les grandes lignes des rendez-vous clés inscrits au calendrier de la fin d’année.

Le référentiel et la gouvernance de la RSE

S’exprimant sur les enjeux d’avenir, Hosn El Woujoud Ben Mustapha a rappelé combien la responsabilité sociétale des entreprises (RSE) s’impose désormais comme un pilier stratégique pour marier performance globale, pérennité et ancrage territorial. Un cadre qui repose sur 3 dimensions fondamentales : la démarche recherche un équilibre harmonieux entre volet social (santé, égalité, compétences), la  transition environnementale (décarbonation, efficacité énergétique, préservation des ressources) et l’impératif économique associé à la gouvernance (éthique, viabilité, transparence).

Le déploiement opérationnel se concentre sur 4 chapitres d’action : les ressources humaines, l’empreinte environnementale, la loyauté commerciale et l »implication dans la vie locale.

La réussite repose sur l’impulsion d’un Comité de pilotage (Copil) dédié, qui dresse l’état des lieux initial, hiérarchise les urgences, fixe le cap et pilote avec rigueur l’évolution des indicateurs.

Autre sujet brûlant au menu des discussions : l’avenir des bureaux de contrôle technique. Le CA a passé en revue les actions menées par le groupement sectoriel à l’approche de la date couperet du 16 octobre 2026, marquant le risque d’un arrêt total des activités selon le cahier des charges de la profession. Face à ce défi, la Conect a réitéré sa détermination à poursuivre le dialogue pour débloquer la situation et déboucher sur des réponses adaptées aux contraintes du secteur.

Un partenariat économique renforcé avec l’Algérie.

Tourné vers le large, le CA s’est félicité des démarches entreprises par la Conect pour tisser des liens forts à l’international et booster le commerce transfrontalier, tout particulièrement avec les pays voisins. Une dynamique illustrée par la mission économique menée en Algérie par la Conect Internationale du 22 au 24 septembre 2026. Ce déplacement a posé des jalons précieux vers la concrétisation d’un partenariat stratégique ambitieux entre la Tunisie et l’Algérie. L’ambition affichée est claire : transformer les zones frontalières en véritables viviers de création de richesse, en développant des corridors économiques et des projets conjoints et en stimulant l’innovation au service de l’intégration régionale.

L’élaboration du projet de loi de finances pour 2027 s’est imposée au cœur des arbitrages. Les participants ont écouté l’analyse éclairée de Soltane Jebniani, membre du bureau exécutif national, qui a esquissé les pistes de propositions de la Conect à destination des parlementaires, fruit d’une concertation menée sur le terrain avec les structures régionales et sectorielles. À cette occasion, la Conct s’est dite pleinement mobilisée pour nourrir le débat budgétaire 2027, guidée par la volonté de concevoir des réponses équilibrées capable d’allier rigueur des finances publiques et soutien indispensable au financement de l’appareil productif.

Bureaux régionaux et groupements professionnels.

Un panorama complet des activités régionales et des groupements professionnels nationaux a été dressé par leurs présidents respectifs. À cette occasion, un débat sans concession a permis de cibler les freins du secteur et de définir ensemble des solutions concrètes pour surmonter ces obstacles. Dans ce même esprit, les interventions ont exploré les leviers essentiels pour permettre aux entreprises tunisiennes de produire, d’investir sereinement et de soutenir l’emploi.

Au terme d’échanges d’une grande richesse, le CA a réaffirmé l’ambition de la Conect de demeurer cette force de proposition indépendante, lucide et constructive, résolument engagée au service du tissu économique et de la nation.

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Le poème du dimanche | ‘‘Dédicace’’ de Egito Gonçalves

Né à Matosinho, au Portugal, en 1920, Egito Gonçalves, est poète, éditeur et traducteur. Sa poésie liée au surréalisme…

A publié dès 1950 et fait paraître plus de vingt six recueils qui comptent dans la poésie de langue portugaise contemporaine. Il est aussi le traducteur de nombreux poètes. Il décède en 2001. 

Tahar Bekri

Les caresses font fermenter le temps

J’étreins l’arbre, je soumets le jasmin,

au toucher de la langue nue

Tu te promènes dans les bruits du soir

On te met des habits d’été, les seins dansent

venus d’un pays d’eau, de glaciers

– On reçoit la lumière cadeau

    à conserver dans le miroir un cigare

    sera fumé avant que nous partions ; je contemple

    la fumée que je transformerai

    en pierre fumée déjà absence les mains

    avancent très vite, la musique

    de la peau, le sel

    d’une mer que je reconnais j’aime cette ville

    comme ton corps, j’écoute

    les paroles, leur envol ; tranches

    de pain qui soudain incendient je sais

    que je termine ici – que tu es l’ultime

    visage garde-moi

    dans ton ombre ; allume un cierge

    pour moi aussi couvre-moi : silence

    Traduit du portugais par René Poupart.

    ‘‘Poésie des régions d’Europe, Portugal’’, revue Sources n°10, Namur, 1992.

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