❌

Lese-Ansicht

TeleHealth Connect 2026: la Tunisie accueille le directeur général de l’OMS

La santé est en train de changer de terrain. Consultation à distance, intelligence artificielle, données médicales et outils de diagnostic connectés s’installent progressivement dans les systèmes de soins, avec une promesse forte, celle de rapprocher le patient du médecin et de rendre les parcours de soins plus fluides. Mais derrière cette transformation se posent déjà d’autres questions, moins technologiques et beaucoup plus structurantes, sur la gouvernance, la sécurité des données et l’accès aux nouvelles solutions.

C’est dans ce contexte que la Tunisie accueillera, du 29 septembre au 1er octobre 2026, le congrès international TeleHealth Connect Tunisia 2026, à l’hôtel Radisson Blu (ex Laico) à Tunis. Placée sous le haut patronage du président de la République, Kaïs Saïed, la rencontre réunira des responsables de la santé, des délégations arabes, africaines et internationales, ainsi que des experts autour des grandes mutations du secteur.

Le rendez-vous intervient alors que l’intelligence artificielle progresse plus vite que les cadres censés l’encadrer. Un constat particulièrement visible en Europe. Dans une analyse publiée en juillet 2026, l’Organisation mondiale de la santé indique que seuls 8 % des pays de sa Région disposent d’une stratégie spécifique à l’intelligence artificielle en santé, alors que près des deux tiers utilisent déjà l’IA dans le diagnostic. L’OMS relève également que moins de la moitié des pays ont évalué l’adéquation de leurs cadres juridiques à ces nouveaux usages.

Le sujet ne relève donc plus de la prospective. L’IA entre déjà dans les pratiques médicales, tandis que les systèmes de santé doivent encore définir les règles qui permettront de l’utiliser de manière sûre et responsable. C’est précisément l’un des enjeux qui traversera les discussions de TeleHealth Connect 2026.

La télémédecine figurera parmi les principaux thèmes du congrès. Plusieurs initiatives sont déjà engagées dans ce domaine, avec l’objectif de faciliter l’accès aux soins, notamment pour les patients éloignés des établissements et des spécialités médicales. Cette évolution ouvre de nouvelles possibilités pour le suivi et la prise en charge à distance, tout en posant des questions sur les infrastructures, la formation des professionnels et l’accès des patients aux outils numériques.

Les données de l’UIT illustrent l’ampleur du défi. En Afrique, seulement 38 % de la population utilisait Internet en 2024, contre 68 % à l’échelle mondiale. L’écart entre les villes et les zones rurales reste particulièrement important, avec un taux d’utilisation de 57 % en milieu urbain contre 23 % en milieu rural. Dans ces conditions, la transformation numérique de la santé ne peut pas être pensée uniquement sous l’angle des technologies disponibles. Elle dépend aussi de la capacité à garantir une connexion, des équipements et des usages accessibles au plus grand nombre.

L’OMS souligne elle aussi les limites de cette transition. Dans son analyse régionale consacrée à la santé numérique et à la télémédecine, elle relève que 30 à 70 % des professionnels de santé interrogés dans différentes études déclarent ne pas disposer des compétences numériques nécessaires pour utiliser efficacement les technologies numériques. Elle constate également que les dispositifs de télémédecine restent encore insuffisamment évalués dans plusieurs pays.

Cette réalité donne une autre dimension au débat sur l’innovation. La question n’est plus seulement de savoir ce que la technologie permet de faire, mais dans quelles conditions elle peut réellement améliorer les soins.

La cybersécurité sera ainsi au cœur des discussions. À mesure que les données médicales circulent entre patients, professionnels, établissements et plateformes, leur protection devient un enjeu stratégique. Le développement de l’IA ajoute une couche supplémentaire à cette équation, avec des interrogations sur la qualité des données, les biais, la confidentialité et la responsabilité des décisions prises avec l’appui d’algorithmes.

L’OMS a d’ailleurs consacré en juin 2026 un document spécifique aux opportunités et aux risques de l’IA dans l’élaboration des politiques de santé. L’organisation met notamment en garde contre les biais liés aux données, les vulnérabilités en matière de cybersécurité et le risque que les outils numériques donnent davantage de poids aux informations facilement quantifiables au détriment de l’expérience des patients et des réalités locales.

C’est donc un débat de gouvernance autant qu’un débat technologique qui se dessine à Tunis. La santé numérique peut accélérer l’accès aux soins et améliorer certains parcours, mais elle oblige aussi les décideurs à revoir les règles, les compétences et les infrastructures qui accompagnent cette évolution.

Les bénéfices potentiels sont néanmoins considérables. Selon l’UIT, qui s’appuie sur des travaux conjoints avec l’OMS, le recours à des solutions numériques telles que la télémédecine, la messagerie mobile et les chatbots pour prévenir et prendre en charge certaines maladies non transmissibles pourrait permettre d’éviter plus de deux millions de décès et quelque sept millions d’événements aigus ou hospitalisations au cours des dix prochaines années, avec un gain économique estimé à 199 milliards de dollars.

Encore faut-il que cette promesse ne creuse pas les écarts existants. C’est là que la question de l’équité prend tout son sens. Une innovation médicale n’aura qu’un impact limité si elle reste inaccessible aux populations les plus éloignées du numérique ou aux territoires qui disposent des infrastructures les plus faibles.

L’ouverture de TeleHealth Connect Tunisia 2026 est prévue le 29 septembre à 9h, avec une allocution du ministre de la Santé, Mustapha Ferjani. Dans son message, il a présenté la santé numérique comme un moyen de “make digital health a bridge that brings care closer to every person” et appelé à la construction de partenariats pratiques et durables.

Les travaux se poursuivront le 30 septembre autour des différentes sessions thématiques. Le congrès réunira notamment des représentants du monde arabe et du continent africain, dans un contexte où les expériences de transformation numérique des systèmes de santé restent très diverses.

Le dernier jour devrait donner au rendez-vous une portée internationale supplémentaire. Le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé, Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, est annoncé à Tunis pour la clôture du congrès, ce qui constituerait, selon les organisateurs, une première en Tunisie. Sa présence doit également coïncider avec la signature d’un accord international présenté comme majeur. Son contenu et les engagements qui en découleront n’ont pas encore été précisés dans les informations communiquées.

Au fond, TeleHealth Connect 2026 pose une question qui dépasse la seule technologie. À mesure que l’intelligence artificielle et la télémédecine entrent dans le quotidien des systèmes de soins, le véritable enjeu sera de savoir comment transformer cette puissance numérique en progrès médical accessible, sécurisé et réellement utile au patient.

L’article TeleHealth Connect 2026: la Tunisie accueille le directeur général de l’OMS est apparu en premier sur Managers.

  •  

Huile d’olive tunisienne: quels sont les principaux marchés à l’export?

L’huile d’olive tunisienne continue de gagner du terrain sur les marchés extérieurs. Sur les dix premiers mois de la campagne 2025/2026, soit de novembre 2025 à août 2026, la Tunisie a exporté 381,2 mille tonnes, pour des recettes de 4,78 milliards de dinars. Par rapport à la même période de la campagne précédente, les volumes ont progressé de 50,8 %, tandis que les recettes ont augmenté de 41,2 %, selon les données de l’Observatoire national de l’agriculture (ONAGRI), rapportées par la TAP.

Cette hausse des exportations s’accompagne toutefois d’une réalité qui reste bien connue du secteur. L’essentiel de l’huile tunisienne vendue à l’étranger part encore en vrac. Sur les 381,2 mille tonnes exportées, 55,4 mille tonnes seulement étaient conditionnées, soit 14,5 % du total. Le vrac représente ainsi 85,5 % des volumes.

Le conditionné progresse néanmoins. Ses exportations ont augmenté de 48,7 % sur un an. Mais cette évolution ne se traduit pas encore par une part équivalente dans les recettes. L’huile conditionnée ne représente que 19,3 % des revenus générés par les exportations. Autrement dit, la majeure partie de la valeur reste encore réalisée sur des volumes exportés en vrac.

Dans le détail, l’huile extra vierge domine largement les expéditions tunisiennes. Elle compte pour 83,5 % des volumes exportés sur la période.

Des marchés toujours concentrés sur l’Europe et l’Amérique du Nord

Côté débouchés, l’huile d’olive tunisienne poursuit son implantation à l’international. Elle a été exportée vers plus de 82 pays à fin août 2026. L’Union européenne reste de loin le principal marché, avec 56,6 % des volumes. L’Espagne arrive en tête avec 31,9 %, devant l’Italie avec 19,8 %.

L’Amérique du Nord constitue le deuxième grand débouché, avec 24,4 % des exportations. Les États-Unis absorbent à eux seuls 19,3 % des volumes, tandis que le Canada en représente 5,1 %.

L’Asie concentre pour sa part 11,5 % des exportations, portée notamment par l’Arabie saoudite et la Jordanie, avec respectivement 4,9 % et 3 %. Le marché africain reste plus limité, à 3,7 % des volumes, dont 3,1 % pour l’Égypte.

Sur le front des prix, le mois d’août 2026 affiche une évolution favorable. Le prix moyen à l’export s’est établi à 13,31 dinars le kilogramme, contre 12,42 dinars un an auparavant, soit une hausse de 7,1 %. Selon les catégories d’huile, les prix se sont situés entre 8,41 et 17,12 dinars le kilogramme.

Le bio reste un créneau à forte valeur

L’huile d’olive biologique occupe également une place dans cette dynamique. Les exportations ont atteint 53 mille tonnes sur les dix premiers mois de la campagne, pour une valeur proche de 699,7 millions de dinars.

Là encore, le conditionnement reste minoritaire. Seulement 6,3 % des volumes d’huile d’olive biologique exportés étaient conditionnés.

Le bio affiche toutefois des niveaux de prix qui méritent l’attention. Le prix moyen s’est établi à 13,20 dinars/kg, avec 12,96 dinars pour l’huile en vrac et 16,74 dinars pour l’huile conditionnée.

L’Italie constitue le premier marché de l’huile d’olive biologique tunisienne, avec 39 % des volumes exportés. Elle est suivie par l’Espagne avec 26 %, les États-Unis avec 23 % et la France avec 8 %.

Ces chiffres montrent ainsi une progression nette des volumes exportés, mais aussi le poids encore important du vrac dans le modèle d’exportation tunisien. Le conditionné gagne du terrain, sans représenter encore la majorité de la valeur générée par les ventes à l’étranger.

L’article Huile d’olive tunisienne: quels sont les principaux marchés à l’export? est apparu en premier sur Managers.

  •  
❌