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Coton : l’Angola veut s’inspirer du modèle brésilien pour relancer sa filière

L’Angola cherche à relancer sa filière cotonnière en s’appuyant sur l’expérience du Brésil. Une délégation du ministère angolais de l’Industrie et du Commerce et de la Banque de développement d’Angola (BDA) s’est rendue récemment à Brasília pour explorer des opportunités d’investissement et de coopération dans le secteur.

Selon l’Agence angolaise de presse (ANGOP), les représentants angolais ont notamment rencontré l’Association brésilienne des producteurs de coton (ABRAPA). Les échanges ont porté sur la production, la structuration de la chaîne de valeur, l’innovation technologique et l’accès aux marchés internationaux. La délégation a également visité le Centre brésilien de référence en analyse du coton (CBRA), consacré notamment au contrôle et à l’analyse de la qualité de la fibre.

Cette démarche intervient alors que la production angolaise reste très en dessous des ambitions affichées par les autorités. Les précédents plans de relance de la filière avaient notamment fixé un objectif de 100 000 tonnes de coton par an. Le pays reste aujourd’hui très loin de ce niveau. Le contexte réglementaire a par ailleurs évolué cette année. En avril 2026, l’Angola a autorisé, sous certaines conditions, l’importation, la production et l’utilisation de semences génétiquement modifiées de coton et de ricin. Cette décision ouvre notamment la voie à l’utilisation de certaines technologies semencières dans la stratégie de relance de la production.

Pourquoi le Brésil intéresse Luanda

Le choix du Brésil n’est pas anodin. Le pays dispose aujourd’hui d’une filière cotonnière fortement industrialisée et orientée vers l’exportation. Pour la campagne 2025/2026, l’USDA estimait sa production à près de 3,9 millions de tonnes et ses exportations à plusieurs millions de tonnes. La technologie constitue également un élément important de ce modèle. Selon l’USDA, les variétés génétiquement modifiées représentaient environ 99 % des superficies brésiliennes de coton durant la campagne 2024/2025. Mais la performance du secteur ne repose pas uniquement sur les semences : elle associe recherche agronomique, mécanisation, amélioration variétale, contrôle de la qualité et organisation de la commercialisation.

L’expérience brésilienne intéresse déjà d’autres pays africains. Au Sénégal, la campagne 2024/2025 a enregistré un rendement de 1,26 tonne par hectare, en hausse de 50 % sur un an, dans un contexte où les semences améliorées issues notamment de collaborations avec le Brésil ont été mises en avant par les acteurs de la filière. Le Nigeria a également renforcé sa coopération avec Brasília sur la science, la technologie, la biotechnologie et le développement du coton.

Pour l’Angola, l’enjeu est désormais de transformer ces échanges en projets concrets : investissements, transfert de technologies, amélioration des rendements et structuration de la chaîne de valeur. La mission à Brasília marque ainsi une nouvelle étape dans la volonté de reconstruire une filière cotonnière capable de produire davantage et de mieux s’intégrer aux marchés internationaux.

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Djezzy obtient le feu vert pour entrer dans le paiement mobile en Algérie

L’opérateur télécom Djezzy s’apprête à entrer plus directement dans les services financiers. Le Conseil monétaire et bancaire de la Banque d’Algérie a autorisé « Djezzy Payment Services », filiale d’Optimum Telecom Algérie, à se constituer en prestataire de services de paiement (PSP). La décision a été prise lors de la session ordinaire du Conseil et annoncée le 23 septembre 2026. 

Il s’agit d’une étape réglementaire importante, mais pas encore d’un agrément définitif pour exercer. Selon la Banque d’Algérie, l’autorisation de constitution devra être suivie d’une demande d’agrément auprès de la Banque d’Algérie dans un délai maximal de douze mois à compter de la notification de la décision. Cette distinction est importante pour comprendre où en est réellement le projet : Djezzy dispose désormais du feu vert pour constituer sa structure spécialisée, mais son activité en tant que PSP reste conditionnée à l’obtention de l’agrément prévu par la réglementation.

Un nouveau métier pour les opérateurs télécoms

Le projet s’inscrit dans la transformation du cadre financier algérien. La loi monétaire et bancaire n°23-09 de juin 2023 a introduit les prestataires de services de paiement parmi les nouveaux acteurs du système de paiement national, avec l’objectif notamment de diversifier les moyens de paiement et de renforcer l’inclusion financière. Le dispositif réglementaire a ensuite été précisé en 2025. Le règlement n°25-02 définit les conditions de constitution, d’agrément et d’exercice des PSP. La Banque d’Algérie prévoit notamment la possibilité pour ces acteurs de proposer différents services de paiement électronique. L’instruction n°06-2025 va plus loin en encadrant notamment l’ouverture de comptes de paiement à distance. Trois niveaux de comptes sont prévus, avec des plafonds de solde allant de 100.000 à 1 million de dinars algériens, selon le niveau d’identification requis.

 

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Duty-free: quand le shopping devient une partie du voyage

Dans les aéroports, le duty-free n’est plus seulement un espace où le voyageur effectue un achat avant son départ. Le retail s’intègre désormais dans l’ensemble du parcours passager, entre restauration, services, découverte de la destination et outils numériques. En Afrique, cette évolution ouvre des perspectives, mais reste fortement liée aux réalités propres à chaque marché. En Tunisie, l’enjeu consiste notamment à combiner efficacité, identité locale et nouvelles technologies.

«Airport retail has become a core part of the travel experience», explique Isaías Díaz García, General Manager Africa d’Avolta. Selon lui, les attentes des passagers se sont élargies: certains recherchent avant tout de la rapidité et de la praticité, tandis que d’autres veulent découvrir des produits liés à leur destination ou repartir avec un souvenir qui ait du sens. Le magasin devient ainsi une composante de l’expérience de voyage, au même titre que les autres services proposés dans l’aéroport.

Cette évolution pousse les opérateurs à revoir la manière de concevoir les espaces commerciaux. L’objectif n’est plus uniquement de multiplier les références, mais de rendre le parcours plus simple et plus pertinent. Agencement des boutiques, visibilité des produits, présence de marques internationales mais aussi de produits locaux : plusieurs éléments doivent désormais fonctionner ensemble.

Le digital pour réduire les frictions

La digitalisation constitue l’un des principaux leviers de cette transformation. Pour Isaias, les données permettent surtout de mieux comprendre les comportements des voyageurs et d’adapter l’offre aux différents moments du parcours. À l’échelle mondiale, Avolta indique avoir une exposition à environ 2,5 milliards de passagers, ce qui lui permet de disposer d’importants volumes d’informations sur les attentes des voyageurs.

Mais l’enjeu n’est pas de remplacer l’humain par la technologie. Au contraire, Isaias estime que les outils numériques doivent compléter le service en magasin. Les recommandations personnalisées, les promotions ciblées, les programmes de fidélité comme Club Avolta ou encore les services de réservation et de retrait des achats peuvent permettre au voyageur de gagner du temps, tandis que le personnel conserve un rôle central dans le conseil et l’accueil.

Cette logique prend également forme en Tunisie. Dans les aéroports où Avolta opère, les outils de précommande, Reserve & Collect, la signalétique digitale et les offres ciblées sont présentés comme des moyens de simplifier le parcours. À terme, une utilisation plus fine des données pourrait permettre de mieux distinguer les profils de passagers et d’adapter l’expérience à leurs besoins. «L’objectif est simple : utiliser la technologie pour éliminer les frictions et rendre chaque étape plus intuitive», souligne Lotfi Nsib, General Manager of Avolta Tunisie SA.

L’Afrique, un marché aux réalités multiples

À l’échelle africaine, il n’existe toutefois pas de modèle unique. La croissance du trafic aérien crée des opportunités pour les aéroports et les acteurs du travel retail, mais les conditions diffèrent considérablement d’un pays à l’autre. Infrastructures, connectivité ou encore accès aux données clients peuvent constituer des contraintes différentes selon les marchés. Pour Isaias, la réponse passe par une adaptation aux caractéristiques de chaque aéroport et de sa clientèle. Il cite notamment la possibilité de combiner des standards internationaux avec des marques, produits, offres alimentaires, éléments de design et références culturelles locales. Cette dimension locale prend une importance particulière en Tunisie. L’augmentation et la diversification des flux de voyageurs font émerger des attentes différentes. Certains privilégient la rapidité, d’autres recherchent des produits tunisiens ou des articles associés à leur séjour. Dans les 15 magasins opérés dans cinq aéroports tunisiens, l’approche mise notamment sur l’équilibre entre marques internationales et produits tunisiens, ainsi que sur une présentation plus visible de l’identité locale.

Le facteur humain reste également déterminant. Formation des équipes, connaissance des produits et qualité du conseil sont présentées comme des éléments essentiels de l’expérience. Pour Nsib, l’hospitalité tunisienne doit aussi se retrouver dans l’environnement aéroportuaire : un achat peut ainsi devenir une partie positive du voyage lorsqu’il est accompagné par un service attentif et personnalisé.

La durabilité passe par des mesures concrètes

Autre transformation du secteur : la durabilité commence à se traduire par des actions opérationnelles. Pour Isaias, les initiatives les plus pertinentes sont celles qui produisent un effet concret sur les opérations et les communautés locales : réduction des déchets et de la consommation énergétique, approvisionnement responsable, recours à des fournisseurs locaux, mais aussi formation et développement des compétences des équipes.

En Tunisie, plusieurs pistes peuvent être mises en œuvre au niveau des espaces commerciaux : réduction des matériaux à usage unique, amélioration de l’efficacité énergétique et de l’utilisation des ressources, ou encore meilleure visibilité des produits issus de circuits locaux lorsque les conditions d’approvisionnement le permettent. L’information du voyageur constitue également un levier : les choix durables doivent être compréhensibles et facilement identifiables. La prochaine étape repose donc moins sur une technologie ou une initiative isolée que sur la capacité des différents acteurs à travailler ensemble. Aéroports, retailers, marques et fournisseurs locaux doivent coordonner leurs efforts pour construire des solutions à la fois pertinentes pour le marché et compatibles avec les objectifs environnementaux.

Pour l’Afrique, le potentiel est réel, mais son développement ne passera pas nécessairement par la reproduction du modèle des grands hubs internationaux. L’enjeu sera plutôt de construire des expériences adaptées aux passagers de chaque marché, en combinant standards internationaux, identité locale, outils numériques et pratiques plus responsables. La Tunisie dispose, à ce titre, d’un terrain concret pour observer cette transformation : ses aéroports deviennent progressivement des espaces où le retail ne cherche plus seulement à vendre, mais à participer davantage à l’expérience globale du voyage.

 

 

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Tunisie : le stress hydrique pourrait encore s’aggraver d’ici 2050

La Tunisie fait face à une situation hydrique « critique », et l’amélioration récente du niveau des barrages ne suffit pas à inverser une tendance de fond marquée par la raréfaction des ressources en eau. C’est le constat dressé par la Banque mondiale dans son nouveau bulletin consacré à l’eau, à la croissance et à l’emploi en Tunisie.

Le pays se classe actuellement au 23e rang mondial en matière de stress hydrique selon l’indice WRI Aqueduct. À long terme, la Tunisie pourrait se situer entre les 10e et 12e rangs. La disponibilité en eau douce renouvelable atteint aujourd’hui environ 380 m³ par habitant et par an, un niveau déjà inférieur au seuil de pénurie absolue fixé à 500 m³. La situation pourrait davantage se dégrader sous l’effet du changement climatique. Les projections citées par la Banque mondiale estiment que cette disponibilité pourrait tomber entre 120 et 210 m³ par habitant d’ici 2050, soit une baisse pouvant atteindre près de 70 % par rapport au niveau actuel. La pression concerne également les eaux souterraines. Leur exploitation atteindrait 133 % de leur capacité de renouvellement, tandis que plus d’un quart des prélèvements seraient effectués sans autorisation. Une situation qui accentue la pression sur des réserves dont le renouvellement est limité.

Une bonne année ne change pas la tendance

L’année hydrologique 2025-2026 a certes apporté un répit. Après cinq années consécutives de précipitations inférieures à la moyenne, le taux de remplissage des barrages, tombé à un niveau historiquement bas de 19 % en décembre 2024, est remonté à environ 60–70 % entre mars et mai 2026. Mais la Banque mondiale souligne que cette amélioration reste conjoncturelle. La fréquence des années sèches augmente et le niveau des nappes phréatiques continue de reculer dans plusieurs aquifères. Pour la Tunisie, l’enjeu dépasse donc la gestion des épisodes de sécheresse. Le rapport appelle à une réponse structurelle face à une disponibilité en eau appelée à se contracter davantage, avec des implications directes pour l’agriculture, les activités économiques et, plus largement, la croissance et l’emploi.

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Plan 2026-2030 : 101,8 milliards de dinars pour 21 100 projets

Adopté en juillet 2026, le Plan de développement 2026-2030 fixe les principales orientations économiques et sociales de la Tunisie pour les cinq prochaines années. Il prévoit une enveloppe d’investissement de 101,8 milliards de dinars pour environ 21 100 projets et programmes, dont près de 70 % sont de portée locale.

Le Plan a été élaboré selon une approche « ascendante » (bottom-up), à partir des propositions formulées par les conseils locaux, régionaux et de districts. Il s’articule autour de huit piliers, portant notamment sur la croissance, la réduction des disparités régionales, la compétitivité, les infrastructures, la transition énergétique, les services publics, la gouvernance et la préservation des ressources naturelles.

4,2 % de croissance annuelle visée

Sur le plan économique, le gouvernement table sur une croissance annuelle moyenne d’environ 4,2 % à l’horizon 2030. L’investissement devrait être le principal moteur de cette trajectoire, avec une progression prévue de 9,8 %, contre 3 % pour la consommation. Plusieurs secteurs sont appelés à contribuer à cette dynamique, notamment les industries mécaniques et électriques, les industries extractives, la construction ainsi que les hôtels et restaurants.

Le Plan prévoit également de réduire progressivement le déficit budgétaire pour le ramener autour de 3 % du PIB et de maintenir la dette publique sous 80 % du PIB. Les objectifs dépassent toutefois le seul cadre économique. La Tunisie vise notamment un taux de pauvreté inférieur à 15 %, une intégration dans la catégorie «très élevé» de l’indice de développement humain et une hausse des transferts sociaux. Le nombre de bénéficiaires du programme Amen devrait passer de 377 000 en 2025 à 653 000 en 2030.

La transition énergétique et la gestion des ressources figurent également parmi les priorités. Le Plan prévoit de porter les énergies renouvelables à 35 % du mix électrique et de réduire de 30 % la consommation d’énergie primaire grâce aux gains d’efficacité. La modernisation des réseaux d’eau et d’assainissement est également prévue.

Pour financer les quelque 21 100 projets, l’État devrait assurer 61 % de l’enveloppe, contre 30 % pour les entreprises publiques. Les partenariats public-privé représenteraient les 9 % restants, notamment dans les déchets, l’assainissement, les énergies renouvelables et le transport. Les infrastructures et les équipements publics concentreront une part importante des investissements, aux côtés de l’énergie, de l’agriculture et des ressources en eau.

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Chèques : la réforme accélère le changement des habitudes de paiement en Tunisie

La réforme des chèques a profondément modifié la circulation de la monnaie en Tunisie. Depuis l’entrée en vigueur de la loi n°2024-41 du 2 août 2024, l’utilisation des chèques a fortement reculé, tandis que les espèces et, plus récemment, les solutions de paiement mobile ont gagné du terrain.

Selon le Bulletin de conjoncture économique de la Banque mondiale, la monnaie au sens large (M3) a progressé d’environ 10 % en 2025, soit un rythme supérieur à celui de l’inflation, à 5,5 %, et de la croissance réelle du PIB, à 2,5 %. Mais c’est surtout la composition de cette masse monétaire qui a changé. La monnaie fiduciaire en circulation a fortement augmenté depuis février 2025, période qui coïncide avec l’entrée en vigueur de la réforme des chèques.

La nouvelle loi avait notamment pour objectif de limiter le mauvais usage du chèque, largement utilisé comme moyen de paiement différé. Elle a renforcé les conditions d’accès au chéquier, prévu une évaluation préalable de la solvabilité et fixé des plafonds pour les chèques individuels. Le recul de l’utilisation du chèque a été rapide. Au premier trimestre 2025, le volume des chèques traités a diminué de 62 % par rapport à la même période de 2024, tandis que leur valeur totale a reculé de 48,3 %. Sur l’ensemble de 2025, les données de la Banque centrale de Tunisie font état d’une baisse encore plus marquée, avec un recul de 67,5 % du nombre de chèques traités et de 58,8 % de leur valeur.

Dans le même temps, la part des espèces dans M3 a atteint 18,8 % en mai 2026, contre 16,6 % en janvier 2025 et 13,5 % en décembre 2010. La Banque mondiale y voit un niveau inédit sur plus de deux décennies. Le remplacement du chèque ne s’est toutefois pas fait uniquement au profit du cash. Au début de 2026, les paiements mobiles via le système TunPay ont progressé de 67,1 % sur un an. Les espèces et les portefeuilles numériques semblent ainsi absorber une partie des transactions auparavant effectuées par chèque.

Cette évolution traduit un changement dans les habitudes de paiement, mais aussi dans la lecture des indicateurs monétaires. Selon la Banque mondiale, la hausse de la part des espèces dans M3 doit être interprétée avec prudence : elle peut refléter la transition du système de paiement plutôt qu’une augmentation équivalente du pouvoir d’achat ou de l’activité économique formelle.

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