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Tunisie : ANAVA et InnovaTech pour décentraliser le financement des startups et PME innovantes

Après une première tournée en 2025 dans quatre villes ; Bizerte, Kairouan, Sfax et Gabès, le projet « Startups et PME Innovantes » enchaîne avec quatre nouvelles étapes prévues d’ici fin octobre. Porté par la Banque mondiale et piloté par la Caisse des Dépôts et Consignations en partenariat avec Smart Capital, le programme cherche à combler le déficit de financement dont souffrent les jeunes entreprises innovantes en dehors des grands centres, en irriguant progressivement l’ensemble du territoire.

Le Roadshow 2026 démarre au Kef le 28 septembre, avant de passer par Monastir le 6 octobre, puis Gafsa et Zarzis respectivement les 22 et 23 octobre. Par rapport à la première édition, l’accent est mis cette fois sur les particularités économiques de chaque bassin régional plutôt que sur une présentation uniforme des dispositifs.

Des outils de financement mis en avant sur le terrain

À chaque étape, les organisateurs détailleront deux leviers : d’un côté, ANAVA, un fonds qui s’adresse à plusieurs Child Funds pour muscler le capital-investissement dans les startups ; de l’autre, InnovaTech, orienté vers les PME innovantes. Au-delà de la présentation technique, l’initiative cherche à créer des contacts directs entre porteurs de projets, investisseurs, banques régionales, SICAR, universités, technopoles et organisations professionnelles locales.

Ce format itinérant répond à une réelle problématique : la majorité des mécanismes de financement de l’innovation restent concentrés sur le Grand Tunis et les grands pôles économiques, alors que les régions ciblées disposent de compétences universitaires et de filières économiques spécifiques encore sous-exploitées.

Pour les investisseurs en capital-risque et les SICAR régionales, ce type de rendez-vous constitue un canal d’identification de deal-flow en dehors des circuits habituels et un test de la capacité de dispositifs comme ANAVA ou InnovaTech à irriguer réellement l’investissement hors des zones côtières.

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Banque mondiale: la croissance moyenne de la Tunisie en 2027-2028 serait de 2,1%

Dans une note sur la Tunisie, intitulé “Le défi de l’eau en Tunisie: de la pénurie à la résilience”, la Banque mondiale a donné ses prévisions pour la croissance de l’économie sur la période 2026-2028.

Pour 2026, la croissance devrait être de l’ordre de 2,3 %, portée par une reprise de l’agriculture et des industries mécaniques et électriques. Initialement attendue à 2,5 %, le conflit au Moyen Orient a pesé sur les perspectives de cette année. Les espoirs provenaient de la production agricole, en particulier l’huile d’olive et les céréales, de l’activité manufacturière accrue, notamment mécanique et électrique. Néanmoins, l’incertitude mondiale risque de freiner la demande extérieure, en particulier en provenance de l’UE, principal marché d’exportation de la Tunisie.

À moyen terme (2027-2028), la croissance économique devrait ralentir pour atteindre une moyenne de 2,1 %. Les principales inquiétudes demeurent la persistance d’un environnement de financement tendu et des obstacles à l’entrée sur le marché. À court terme, la hausse de l’incertitude commerciale, le financement extérieur restreint et l’augmentation continue de la dépendance énergétique pourraient poser des défis à la croissance et à la stabilité macroéconomique. Les perspectives à moyen terme pourraient s’améliorer sensiblement si la Tunisie entreprenait des réformes visant à renforcer les finances publiques, à moderniser les entreprises publiques et à promouvoir une plus grande concurrence.

Le déficit des comptes courants devrait s’établir à 4,1 % du PIB en 2026, à cause d’un déficit commercial plus large, partiellement compensé par la croissance modérée des recettes touristiques. À moyen terme, le déficit devrait légèrement diminuer pour s’établir à 3,1 % du PIB d’ici 2028.

Les investissements directs étrangers devant rester stables et les entrées de portefeuille minimes, les pressions sur le financement extérieur devraient rester élevées. Compte tenu des options de financement extérieur limitées, les autorités pourraient recourir à des emprunts en devises auprès de la Banque centrale.

Des pressions sur les dépenses devraient affecter les finances publiques en 2026. Le déficit budgétaire devrait atteindre 6,0 % du PIB en 2026, contre 5,3 % en 2025, les subventions énergétiques devant augmenter en raison du conflit au Moyen-Orient. À moyen terme, le déficit serait de 4,7 % du PIB d’ici 2028, sous l’effet des efforts visant à contenir la masse salariale et de la baisse des subventions.

La dette publique devrait diminuer légèrement pour atteindre 81,9 % du PIB en 2028, contre 84,2 % pour cette année. En termes nominaux, les besoins bruts de financement devraient atteindre 27,3 milliards de dinars en 2026 et 26,2 milliards en 2027, en raison de la hausse du remboursement de la dette. Le financement du déficit restera difficile, compte tenu de la stratégie visant à limiter l’endettement extérieur. L’accentuation du recours au financement intérieur comporte des risques importants, notamment l’éviction potentielle du crédit au secteur privé, des pressions inflationnistes et des vulnérabilités dans le système bancaire, même si les risques extérieurs sont réduits.

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Inclusion financière dans le Sud tunisien : le Sahara bancaire

Le réseau bancaire tunisien ne couvre qu’une infime fraction du territoire dans le Sud du pays où moins d’une femme sur cinq dispose d’un compte formel. C’est ce que révèle une étude sur l’inclusion financière des femmes et des jeunes, publiée le 22 septembre. Portée par le PNUD, cette étude a mobilisé l’Observatoire de l’Inclusion Financière et le ministère de l’Économie et de la Planification.

Au total, sept gouvernorats sont concernés : Kairouan, Gabès, Médenine, Tataouine, Gafsa, Tozeur et Kébili. Les chercheurs y ont croisé une multitude de données à l’instar de la présence des institutions financières, des coûts d’accès, du niveau de littératie financière et surtout du degré de confiance des habitants envers ces institutions. D’après les résultats de cette étude, le poids de l’informel dans ces territoires ne s’explique pas uniquement par l’absence d’infrastructures : il renvoie à des habitudes ancrées et à certains modèles économiques que les politiques publiques peinent encore à intégrer dans leurs modèles.

Vers un plan d’action ciblé

Les conclusions de cette étude doivent nourrir le programme national d’éducation financière 2023-2027, avec des pistes concrètes sur les produits à concevoir et les campagnes de sensibilisation à déployer auprès des femmes et des jeunes de ces régions.

Ce diagnostic dessine un espace à occuper pour la microfinance et les solutions de paiement digital : là où la défiance envers les circuits bancaires classiques reste forte, ce sont les modèles fondés sur la proximité ; agents locaux, produits simplifiés, relais communautaires qui ont le plus de chances de convertir l’informel en usage formel, plutôt qu’une simple extension du maillage bancaire traditionnel.

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