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Moyen-Orient | Les trois scénarios pour la Tunisie, selon Aram Belhadj  

L’économiste Aram Belhadj a publié un post Facebook, dont nous publions ci-dessous la traduction, où il analyse l’évolution de la guerre au Moyen-Orient et ses conséquences possibles sur l’économie tunisienne qui traverse, depuis plusieurs années, une crise structurelle chronique : faible croissance, inflation, déficit budgétaire et endettement, intérieur et extérieur dépassant 80% .

Compte tenu de la situation actuelle au Moyen-Orient, trois scénarios détermineront l’évolution future des indicateurs économiques en Tunisie:

* Le scénario le plus probable est celui d’un conflit gelé (c’est-à-dire le maintien de la situation actuelle sans résolution définitive). Le prix du baril se situerait alors entre 95 et 110 dollars, entraînant un déficit budgétaire avoisinant les 20 milliards de dinars, un déficit commercial proche de 25 milliards de dinars et des réserves de change se situant au seuil de 90 jours d’importation à la fin de l’année.

* Une désescalade négociée réduisant les tensions dans le détroit d’Ormuz (et potentiellement celui de Bab-el-Mandeb). Dans ce cas de figure, le prix du baril redescendrait vers une fourchette de 75 à 85 dollars ; cela permettrait d’enrayer l’érosion des réserves de change et de ralentir l’aggravation des deux déficits, tout en favorisant un recul progressif de l’inflation vers 5 %.

* Le scénario le moins probable (mais le plus dangereux) est celui d’une escalade majeure, impliquant une frappe américano-israélienne d’envergure, le retrait de l’Iran du Traité sur la non-prolifération nucléaire (TNP) et la fermeture quasi totale des détroits d’Ormuz et de Bab el-Mandeb. Le prix du baril de Brent se situerait alors entre 130 et 150 dollars, entraînant un déficit budgétaire supérieur à 22 milliards de dinars, une inflation pouvant dépasser 8 % et des réserves risquant de tomber sous le seuil de couverture de 90 jours d’importations.

Quoi qu’il en soit, à ce stade, c’est le canal commercial — et non monétaire — qui prévaut ; cette situation résulte du gel des prix des carburants, qui transfère le choc vers la balance des paiements plutôt que de l’imputer directement au portefeuille du consommateur. Toutefois, la donne changerait inévitablement si le premier scénario, et surtout le troisième, venaient à se concrétiser.

Traduit de l’arabe.

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Vente d’avions de chasse F-35 à Riyad : le grand marchandage de Trump

C’est un contrat pharaonique qui intervient en plein conflit au Moyen-Orient. Le gouvernement américain vient d’approuver une vente de 24,3 milliards de dollars portant sur 48 avions de combat furtifs F-35 à l’Arabie saoudite. Que se cache derrière ce deal ?

Est-ce le prix à payer après le refus de Donald Trump d’accéder aux demandes pressantes de Mohammed ben Salmane ? Alors que le prince héritier saoudien souhaitait une intervention militaire américaine directe contre les rebelles houthis au Yémen en pleine  prise de la ville stratégique sur la mer Rouge, Mokha, et leur progression vers Dhubab et l’île de Perim, au cœur du détroit de Bab el-Mandeb, le président américain a jusqu’ici refusé d’ouvrir un nouveau front au Moyen-Orient. À l’approche des élections de mi-mandat, Trump semble plutôt vouloir éviter un nouvel enlisement militaire et contenir l’engagement direct des États-Unis dans la région.

Consolation

Dès lors, comment Donald Trump entend-il réparer auprès des dirigeants du royaume wahhabite ce que Riyad a vécu comme une véritable trahison de la part de son allié américain ?

Le  feu vert donné par Washington à la vente potentielle de 48 chasseurs furtifs F-35A Lightning II à l’Arabie saoudite ressemble, à tout le moins, à un spectaculaire geste de bonne volonté. Comme un promoteur immobilier qui cherche à compenser un client après lui avoir refusé ce qu’il réclamait, Trump semble appliquer à la géopolitique une logique de négociation bien rodée : pas de frappes américaines contre les Houthis, mais en contrepartie, l’accès aux F-35, fleurons de l’arsenal militaire américain.

En d’autres termes, plutôt que de risquer une nouvelle guerre au Yémen, le locataire de la Maison Blanche semble privilégier le commerce des armes. A savoir pas de soldats américains au sol ni de nouvelles frappes, mais des milliards de dollars de contrats et l’accès à une technologie militaire de pointe.

Bref, du « donnant-donnant » cher au cœur du milliardaire républicain rompu aux négociations à coups de milliards de dollars.

Ainsi, le département d’État a approuvé, jeudi 17 septembre 2026, une éventuelle vente à Riyad de 48 F-35A équipés de moteurs Pratt & Whitney ainsi que des éléments de soutien tels que la formation, les systèmes de communication et de navigation, les pièces de rechange et la logistique ; et ce pour un montant estimé à 24,3 milliards de dollars dans le cadre du dispositif Foreign Military Sales (FMS). Une opération colossale, qui renforcerait considérablement les capacités militaires saoudiennes tout en constituant une importante manne pour l’industrie américaine de défense.

Mais le contrat est encore loin d’être signé. Le dossier a été transmis au Congrès le 17 septembre, ouvrant une période d’examen de 30 jours durant laquelle les parlementaires peuvent s’opposer à la transaction.

« Ce contrat renforcerait la capacité de dissuasion saoudienne ainsi que l’interopérabilité avec les forces américaines et alliées, sans pour autant modifier l’équilibre militaire régional », a indiqué le département d’Etat pour justifier le projet de vente conformément à la politique américaine de longue date selon laquelle Israël doit disposer d’un avantage militaire sur ses adversaires régionaux potentiels.

Réticences

Rappelons à ce propos que la Royal Saudi Air Force (RSAF) manifeste son intérêt pour le F-35 depuis au moins une dizaine d’années. Mais jusqu’ici, la concrétisation d’une telle vente s’est heurtée à plusieurs obstacles, notamment la législation américaine qui impose notamment de préserver l’« avantage militaire qualitatif » (Qualitative Military Edge) d’Israël, alors seul opérateur du F-35 au Moyen-Orient, sur l’ensemble de ses voisins.

Le principe du Qualitative Military Edge signifie que les États-Unis s’engagent à faire en sorte qu’Israël conserve une supériorité militaire qualitative sur les menaces auxquelles il pourrait être confronté dans la région. Il ne s’agit pas nécessairement de garantir à Israël davantage d’armes en quantité, mais de préserver un avantage technologique et opérationnel.

C’est pourquoi, lorsqu’une administration américaine envisage de vendre des armes sophistiquées à un autre État du Moyen-Orient, elle doit notamment déterminer que cette vente « n’affectera pas négativement » le QME israélien. Le Congrès reçoit également une notification des ventes importantes et dispose d’une période d’examen.

C’est dire la sensibilité du dossier d’autant plus que  le F-35 concentre plusieurs technologies très avancées telles que furtivité, capteurs, fusion de données, guerre électronique et capacités de renseignement. Israël est le premier et, jusqu’à cette éventuelle vente à Riyad, le seul opérateur du F-35 au Moyen-Orient. Or, une livraison à l’Arabie saoudite soulève donc directement la question de savoir si Riyad pourrait disposer d’une capacité comparable à celle d’Israël.

À cette exigence stratégique s’ajoutait une autre préoccupation de Washington, à savoir le risque que certaines technologies sensibles de cet avion de combat de cinquième génération, développé par Lockheed Martin, puissent fuiter vers la Chine par l’intermédiaire de Riyad.

En effet, le New York Times rapporte il y a quelques jours que des analystes des services de renseignement américains avaient évoqué la possibilité que Pékin puisse acquérir la technologie du F-35 grâce à ses partenariats avec Riyad.

« L’administration Trump ne devrait pas donner suite à son projet de vente d’avions de chasse F-35 à l’Arabie saoudite alors que nos propres services de renseignement nous avertissent que cela pourrait mettre les joyaux de la technologie militaire américaine à la portée du Parti communiste chinois », a mis en garde un élu démocrate, Raja Krishnamoorthi, membre de la commission du renseignement à la Chambre des représentants.

Enjeu stratégique

Rappelons enfin que, jusqu’ici, Washington a réservé le F-35, fleuron de l’aviation de combat américaine, à un cercle restreint d’alliés jugés particulièrement proches, notamment plusieurs membres européens de l’OTAN et Israël. La Turquie, pourtant membre de l’Alliance atlantique, en a fait les frais. En 2019, les États-Unis l’ont exclue du programme F-35 après qu’Ankara a décidé d’acquérir le système de défense antiaérienne russe S-400. Une décision qui illustre à quel point Washington considère l’accès à cet avion de cinquième génération comme un enjeu stratégique et non comme une simple transaction commerciale.

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Révélations | Hassan II derrière la victoire d’Israël de 1967

Le rapprochement entre le Maroc et Israël franchit une nouvelle étape. Les deux pays, qui ont renoué leurs relations diplomatiques en 2020, prévoient d’ouvrir chacun une ambassade. Cette nouvelle étape a été annoncée mercredi 16 septembre 2026 à New York, sous l’égide des États-Unis. Les relations entre Rabat et Tel Aviv, dont beaucoup d’observateurs sous ces cieux se disent encore choquées, ne datent pourtant pas d’aujourd’hui. Elles remontent aux années… soixante du siècle dernier, en plein conflit entre l’Etat hébreu et l’Egypte. Les langues se délient et l’histoire remonte à la surface. (Photo : Hassan II recevant Nasser à Casablanca en 1965).

Habib Glenza

Les révélations d’anciens généraux israéliens sur les liens entre le Maroc et leur pays se succèdent depuis quelque temps. Cette fois, c’est au tour de Shlomo Gazit, ex-chef du renseignement militaire, de revenir sur l’appui de Hassan II au Mossad à l’occasion de la tenue d’un sommet de la Ligue arabe en septembre 1965 à Casablanca.

Après Meir Amir, le chef du Mossad (1963-1968), c’est un autre haut cadre du renseignement israélien qui évoque le soutien de Hassan II à ses services. Le général Shlomo Gazit avance, dans des déclarations au quotidien Yedioth Ahronoth, que l’appui du monarque a été déterminant pour l’armée israélienne pendant la guerre des Six Jours, du 5 au 10 juin 1967.

Dans son témoignage, l’ancien chef du renseignement militaire souligne que le royaume a permis aux Israéliens de suivre minute par minute le sommet de la Ligue arabe de 1965, tenu du 13 au 18 septembre à Casablanca, consacré exclusivement à l’examen des conditions de préparation des armées arabes dans la perspective d’une nouvelle confrontation avec Israël. La réunion était réservée aux chefs d’Etat, aux chefs des renseignements et aux généraux des armées.

A Casa, les chefs d’Etat arabes sur table d’écoute israélienne

Grâce à ces informations, Tel-Aviv avait pu se rendre compte de la faiblesse des armées de ses «voisins». «Cette rencontre a non seulement révélé que les rangs arabes étaient divisés – d’importantes disputes ont éclaté, par exemple, entre le président égyptien Gamal Abdel Nasser et le roi Hussein de Jordanie – mais aussi que les pays arabes étaient mal préparés à la guerre», raconte Shlomo Gazit.

Israël a préparé la guerre des Six Jours en s’appuyant sur la masse considérable de renseignements issus des enregistrements effectués par les Marocains à Casa, et les commandants de Tsahal étaient convaincus de pouvoir l’emporter.

«Ces enregistrements, qui constituaient une véritable prouesse en matière de renseignement, nous ont montré deux choses : d’une part, que les États arabes se dirigeaient vers un conflit auquel nous devions nous préparer ; d’autre part, que leurs discours sur l’unité arabe et la formation d’un front uni contre Israël ne reflétaient pas une réelle unanimité entre eux», a déclaré le général de division Gazit, alors chef du département de recherche du renseignement militaire.

Grâce à ces enregistrements, conjugués à d’autres sources, «nous savions à quel point ils étaient mal préparés à la guerre. Nous en avons conclu que le corps blindé égyptien se trouvait dans un état lamentable et n’était pas prêt au combat», a poursuivi Gazit.

Selon Gazit, les informations contenues dans ces enregistrements confirmaient «notre conviction, au sein du haut commandement de Tsahal, que nous allions remporter une guerre contre l’Égypte. Si les prédictions funestes et le sentiment d’une défaite imminente prévalaient chez la majorité des Israéliens ainsi que chez les responsables extérieurs à l’appareil de défense, nous, nous avions confiance en notre force.»

Deux ans après cette opération, qualifiée par le chef du Mossad de l’époque comme «l’une des gloires suprêmes du renseignement israélien», le Premier ministre Levi Eshkol (21 juin 1963-26 février 1969) donnait l’ordre à son aviation de bombarder les aéroports égyptiens et jordaniens. Une opération couronnée de succès pour la partie israélienne ; presque tous les avions de chasse de l’Egypte avaient été détruits. Ces raids rapides avaient également balisé le terrain aux corps de blindés, leur permettant d’occuper d’un seul coup la Bande de Gaza, le Sinaï, le Golan et Jérusalem-Est.

En contrepartie : la tête de Mehdi Ben Barka

L’appui du Maroc, dont fait état le général Shlomo Gazit, n’a pas été sans contrepartie. Un mois après le sommet de la Ligue arabe à Casablanca, des agents du Mossad étaient impliqués dans l’opération d’enlèvement et d’assassinat de Mehdi Ben Barka, le 29 octobre 1965 à Paris. Ils avaient suivi les déplacements de l’opposant de Hassan II, mission rendue possible grâce à la présence d’une antenne du Mossad sur le territoire français, depuis cinq années, avec la bénédiction de Charles de Gaulle.

C’est justement ce bureau qui avait permis de piéger Ben Barka avec le projet de film historique d’une part ; de faciliter aux agents des services secrets marocains l’entrée en France avec de faux passeports d’autre part. Dans cette opération, l’aide israélienne au Maroc avait été autorisée par le Premier ministre, Levi Eshkol et le chef du Mossad, Meir Amir.

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Les drones iraniens menacent les ambitions du Golfe en matière d’IA 

Au lendemain des premières frappes américaines et israéliennes contre l’Iran, la République islamique a riposté par des essaims de drones ciblant une nouvelle cible de grande valeur dans le Golfe en l’occurrence les centres de données américains. Plus de six mois après l’attaque, un centre de données d’Amazon Web Services à Abou Dhabi et un autre à Bahreïn restent en grande partie hors service. L’entreprise a informé ses clients qu’elle migre leurs données vers d’autres sites pendant la réparation des deux infrastructures.

Imed Bahri

Selon le Wall Street Journal, ces attaques et les dégâts persistants compliquent les efforts des États du Golfe, comme les Émirats arabes unis, pour se positionner comme des pôles mondiaux de traitement des données de premier plan dans des secteurs tels que l’intelligence artificielle (IA). Elles représentent également un nouveau risque important pour les entreprises américaines envisageant des investissements pouvant atteindre plusieurs dizaines de milliards de dollars.

Les Émirats ont consacré des années à fournir des efforts diplomatiques pour persuader les responsables américains de leur vendre les puces d’IA les plus récentes, réussissant finalement à obtenir de l’administration Trump le même niveau d’accès que celui dont bénéficient les pays européens.

Lors d’une visite à Abou Dhabi en mai 2025, le président Trump a assisté à la présentation par les dirigeants émiratis des plans d’un complexe de centres de données nécessitant 5 gigawatts de puissance, soit plus du double de la capacité du barrage Hoover*.

Des responsables émiratis et américains se sont félicités qu’OpenAI ait accepté d’être le premier locataire du complexe, avec l’objectif d’en acquérir à terme 20% de la capacité mais cet accord semble désormais au point mort.

Des cibles couteux et plus faciles à toucher

Selon des sources proches du dossier, OpenAI n’a pas encore signé de bail pour ce projet. Le groupe n’a pas répondu à la demande de commentaires formulée par le Wall Street Journal bien que News Corp., propriétaire du WSJ, a un partenariat de licence de contenu avec OpenAI.

Les centres de données dédiés à l’IA sont généralement beaucoup plus grands que les installations de cloud computing qui ont été touchées en temps de guerre, ce qui en fait des cibles plus faciles. Ils sont également beaucoup plus coûteux.

En raison du coût élevé des puces d’IA, on estime que chaque gigawatt de capacité nécessite au moins 50 milliards de dollars en serveurs et infrastructures.

Avant la guerre, l’immensité du territoire du Golfe, le soutien gouvernemental important et la facilité d’obtention des permis constituaient des atouts indéniables. Désormais, les risques physiques liés à l’implantation d’infrastructures valant des milliards de dollars à moins de 320 kilomètres de l’Iran, dans une région fréquemment en proie aux conflits, changent la donne.

«Les États du Golfe ont proposé au gouvernement américain et aux entreprises technologiques américaines un important apport de capitaux, une énergie bon marché et des conditions de construction avantageuses. Cependant, la guerre contre l’Iran a bouleversé nombre de ces calculs», a déclaré Aaron Bartnick, ancien conseiller technologique de la Maison-Blanche sous l’administration Biden.

Le ministère des Affaires étrangères des Émirats et le bureau de presse du gouvernement d’Abou Dhabi n’ont pas répondu aux demandes de commentaires du WSJ.

Amazon Web Services a indiqué travailler au rétablissement de ses services à Bahreïn et aux Émirats et avoir proposé des allégements de facturation aux clients qui en dépendaient.

Plus de 2 800 drones et missiles lancés contre les Émirats

Les Émirats ont subi de plein fouet les attaques iraniennes durant la guerre, avec plus de 2 800 drones et missiles lancés contre eux, soit bien plus que l’Iran n’en a tiré sur Israël. Pour répondre aux inquiétudes suscitées par les frappes, les autorités émiraties ont évoqué la possibilité de construire des centres de données souterrains, ce qui augmenterait encore les coûts déjà exorbitants, ainsi que le déploiement de systèmes de défense par drones à proximité des centres informatiques, selon des sources proches du dossier.

Les Émirats, qui appliquent généralement des politiques strictes en matière de souveraineté des données pour les entreprises locales, ont autorisé certaines d’entre elles à transférer leurs données à l’étranger pendant qu’Amazon s’efforce de rétablir ses services dans ses installations situées dans le pays, selon des acteurs du secteur.

Les frappes iraniennes contre les installations d’Amazon ont provoqué des incendies et endommagé les infrastructures, contraignant les autorités à couper l’électricité.

L’eau utilisée pour éteindre les incendies a également causé des dégâts supplémentaires.

Les applications bancaires, les services aux entreprises et les plateformes fintech de toute la région ont été perturbés, tandis qu’Amazon s’est mobilisé pour aider ses clients à sauvegarder leurs données et à les transférer aux États-Unis, en Europe ou ailleurs. La durée de la panne laisse supposer que les dégâts ont été considérables.

À l’heure actuelle, plus de 130 services informatiques restent affectés sur le site d’Abu Dhabi et 140 sur celui de Bahreïn. Seuls cinq services ont été rétablis sur chaque site.

Néanmoins, certaines entreprises technologiques continuent de développer des projets de centres de données dans le Golfe. Elles parient sur une fin prochaine du conflit et sont également attirées par l’afflux important de capitaux en provenance du Golfe.

Renforcer les infrastructures existantes dans le Golfe avec de meilleures défenses pourrait s’avérer plus économique et plus rapide que de repartir de zéro dans des régions moins attractives.

Les calculs évoluent à mesure que les enjeux augmentent

Amazon et Microsoft ont toutes deux annoncé le mois dernier leur intention de maintenir l’ouverture de centres de données en Arabie saoudite d’ici la fin de l’année.

Microsoft a également conclu un accord pour la construction d’un centre de données de 200 mégawatts à Abu Dhabi d’ici fin 2025, et les travaux sont déjà en cours.

Les fournisseurs de services cloud privilégient généralement l’implantation de leurs centres de données à proximité des pôles d’activité économique.

Doug Madory, responsable de l’analyse internet chez Infoblox, une entreprise spécialisée en cybersécurité, a déclaré : «Le Moyen-Orient connaît une activité économique intense et les fournisseurs de services cloud souhaitent tirer profit de cette croissance». Il a ajouté : «Toutefois, ces calculs évoluent à mesure que les enjeux augmentent. Je compare les centres de données à des navires dans le détroit d’Ormuz: si vous en heurtez deux, vous effrayez les autres et les faites fuir».

Au printemps dernier, les Gardiens de la révolution iraniens ont menacé des entreprises technologiques américaines, les accusant de contribuer aux attaques contre l’Iran et citant nommément Microsoft, Oracle, Alphabet et Nvidia.

«Construire des infrastructures vitales qui doivent rester opérationnelles à 100% dans l’une des régions les plus instables du monde représente un risque réel», a déclaré Aaron Bartnick qui est actuellement chercheur à l’Université Columbia.

* Le barrage Hoover (Hoover Dam) est un barrage poids-voûte monumental situé sur le fleuve Colorado aux États-Unis, à la frontière entre le Nevada et l’Arizona.

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