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Football | Comment les compositions changent la lecture d’un match

En football, une composition d’équipe ne se limite pas à onze noms. Elle révèle une hiérarchie, des rôles et des choix de rythme. Ces éléments modifient la manière dont un match peut se dérouler. (Photo : Tableau de tactique de football avec des pions de joueurs, à côté d’un terrain de stade.).

Les cotes affichées sur 1xBet mobile Sénégal constituent une photographie du marché à un moment donné. Elles peuvent évoluer après une annonce officielle.

Les rôles comptent plus que les réputations

L’absence d’un joueur reconnu attire souvent les commentaires. Son rôle concret compte pourtant davantage que son nom. Un milieu défensif, par exemple, influence à la fois la récupération et la protection de la défense.

Un ailier remplacé par un profil plus axial peut réduire les situations de débordement. À l’inverse, un latéral offensif peut donner davantage de largeur. Le dessin tactique annoncé permet de repérer ces changements avant le coup d’envoi.

La continuité entre les joueurs reste également importante. Deux défenseurs centraux habitués à évoluer ensemble communiquent différemment d’une paire recomposée. Cela ne garantit aucun résultat, mais décrit une source possible d’incertitude.

Le gardien mérite une lecture séparée. Son jeu au pied peut faciliter une relance courte ou imposer des dégagements plus directs. Cette différence agit sur le pressing adverse et sur le nombre de ballons disputés au milieu.

Les informations disponibles avant le coup d’envoi

La feuille de match fournit plusieurs indices vérifiables. Elle indique les titulaires, le banc et les positions de départ annoncées. Les changements de dernière minute restent possibles, mais ils sont moins fréquents après la publication officielle.

Trois points permettent d’organiser cette lecture :

  1. Le poste du joueur absent indique la zone la plus susceptible de changer.
  2. Le remplaçant annoncé montre si l’équipe conserve ou adapte son système.
  3. Le banc précise les options disponibles pour modifier le rythme après la pause.

Les règles internationales donnent un cadre à cette dernière donnée. L’IFAB prévoit que les compétitions autorisant cinq remplacements limitent généralement chaque équipe à trois fenêtres de changements. Les remplacements effectués à la mi-temps ne comptent pas dans ces fenêtres.

Cette règle donne une valeur tactique au banc, sans prédire son utilisation. Un entraîneur peut conserver ses changements pour la dernière demi-heure. Un autre peut modifier rapidement son milieu après une première période déséquilibrée.

Les cotes face aux annonces d’équipe

Après la publication des compositions, les marchés ajustent parfois leurs prix. Une cote plus basse traduit surtout une modification de l’opinion collective. Elle ne mesure pas, à elle seule, l’impact exact d’une absence ou d’un retour.

Les données visibles sur 1xBet Sénégal peuvent ainsi servir de repère chronologique. Comparer un prix d’ouverture avec celui affiché après les équipes permet d’identifier un mouvement. L’explication reste à chercher dans les informations sportives disponibles.

Un changement de gardien peut influencer un marché différemment d’un changement d’ailier. Tout dépend de la structure de l’équipe, du style adverse et de la profondeur du banc. Une même annonce peut donc avoir des effets opposés selon le contexte.

Les communiqués du club, l’horaire du match et les absences déjà connues complètent cette lecture. Une réaction forte à une information attendue n’a pas le même sens qu’une réaction à une blessure annoncée tardivement. La chronologie évite de confondre nouveauté et confirmation.

Un scénario qui reste ouvert

La composition donne une base de lecture, mais le ballon, le rythme et les décisions de jeu restent déterminants. Une équipe prudente sur le papier peut presser très haut. Une équipe offensive peut ralentir la rencontre après avoir marqué.

Les premières minutes apportent souvent des indications plus concrètes. La position des latéraux, la hauteur du bloc et la répartition des ballons arrêtés précisent les intentions. Ces observations complètent la feuille de match au lieu de la remplacer.

Le score final ne valide pas automatiquement une lecture initiale. Un carton, une blessure ou un rebond peuvent déplacer le scénario rapidement. Les compositions restent donc un élément d’analyse parmi d’autres, et non une certitude.

La météo, la fatigue et l’enchaînement des rencontres influencent aussi les choix de départ. Ces données doivent être replacées dans le contexte du tournoi. Elles expliquent parfois une rotation sans en faire une preuve de faiblesse.

Le calendrier et l’importance de la rencontre restent donc indispensables à toute interprétation.

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Hammamet accueille le championnat d’Afrique de golf 2026

La Fédération tunisienne de golf (FTG), créée en 1992, va accueillir pour la première fois de son histoire les plus grands golfeurs du continent africain au golf Citrus à Hammamet, pour le Championnat d’Afrique de golf, du 14 au 17 octobre 2026.

Ce sera un grand rendez-vous pour tous les joueurs amateurs de golf sur le sol africain soucieux de réaliser un bon chemin pouvant les mener au circuit pro.

L’édition tunisienne connaitra un nombre record de participants avec la présence de 19 pays (Algérie, Botswana, Cameroun, Egypte, Gabon, Ghana, Kenya, Libye, Ile Maurice, Maroc, Réunion, Afrique du Sud, Seychelles, Sierra Leone, Tanzanie, Ouganda, Zambie, Zimbabwe et Tunisie).

La Tunisie accueillera par la même occasion l’assemblée générale de la Confédération africaine de golf (CAG) qui se tiendra le vendredi 16 octobre a Hammamet et qui devra élire le nouveau bureau exécutif de l’instance africaine pour le mandat 2026-2030.

Outre les dirigeants du golf en Afrique, bon nombre d’invités parmi les responsables du golf mondial seront également présents.

Appelée à défendre les couleurs nationales à cet important rendez-vous, la sélection tunisienne poursuit sa préparation au Golf Citrus Hammamet. Rabeh Bedoui, Baha Boulakmine et Aziz Dardouri effectuent des séances quotidiennes sous la férule de l’entraineur national Hatem Nasr, alors que Mehdi Ben Youssef se prépare d’arrache pied aux Etats-Unis afin d’être fin prêt le jour J.

Le comité d’organisation est, lui aussi, au four et au moulin ces derniers temps en vue d’assurer le meilleur séjour possible aux hôtes de la Tunisie ainsi que le succès à cet événement sportif continental.

Une conférence de presse se tiendra pour présenter l’événement est prévue le 14 octobre au Golf Citrus, juste avant le démarrage des compétitions.

I. B.

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Industrie | Eurostat Group s’implante en Tunisie

Eurostat Group, spécialiste de la protection ESD* pour l’électronique sensible, a inauguré son site tunisien, le lundi 14 septembre 2026, implantation qui renforce la présence industrielle du groupe Eurostat en Afrique du Nord et complète ses capacités de production en Europe.

Le site tunisien de 1500 m2 est consacré notamment au thermoformage, à l’usinage de moules et de pièces spécifiques pour l’assemblage de produits ESD* destinés à l’industrie électronique.

Eurostat Tunisie dispose de deux lignes de thermoformage, de deux centres d’usinage et d’un atelier d’assemblage de produits spécifiques dédiés à l’électronique sensible. Il s’appuie également sur une équipe locale dédiée à la production, au développement commercial et à différentes fonctions de support du groupe. L’extension tunisienne représente au total 28 collaborateurs et devrait continuer à augmenter dans les prochains mois.

À travers cette implantation, Eurostat souhaite rapprocher ses capacités industrielles de ses clients présents en Tunisie et répondre plus directement aux besoins du marché local de l’électronique sensible, avec une offre associant production locale et disponibilité de stock dédié au marché tunisien.

Mais aussi, grâce à l’écosystème électronique tunisien, Eurostat Tunisie devient pour le groupe Eurostat le site de compétence du groupe pour les produits assemblés. Il hébergera aussi des fonctions groupe pour aider les opérations en France, Italie, Allemagne et Europe centrale. Et enfin il aura la mission de développer les ventes du groupe Eurostat sur le marché MEA. A terme, 20% de la valeur du groupe sera générée par ce site.

La cérémonie s’est déroulée en présence de l’ambassadrice de France Anne Guéguen et du directeur des industries métallurgiques, mécaniques, électriques et des matériaux de construction au sein du ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, Slim Ferchichi.

Basée à Toulouse en France et active dans la fabrication, la conception et la distribution de produits de manutention, de stockage et de protection contre les nuisances électrostatiques en milieu électronique. Avec 50 ans d’expérience et de savoir-faire de pointe et plus de 10 millions d’euros d’investissements réalisés à ce jour, Eurostat dispose de 3 usines en France, en Pologne et en Tunisie, emploie 150 collaborateurs et réalise un chiffre d’affaires de 35 millions d’euros, dont 80 % réalisés à l’export.

* Acronyme anglais Electro Static Discharge – désignant les décharges électrostatiques.

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La Tunisie œuvre pour une refonte globale de la loi antidrogue

Renforcement des moyens d’enquête face aux réseaux internationaux de trafic de drogue ; 15 000 affaires liées à ce fléau enregistrées en 2025 (contre «seulement» 5000 en 2022) : la Tunisie envisage de réviser la loi n° 52 de 1992 relative aux stupéfiants afin d’adapter les moyens d’enquête à l’évolution des réseaux criminels et des trafics internationaux, de plus en plus liés aux nouvelles technologies et aux itinéraires transfrontaliers.

C’est ce qu’a indiqué à la télévision nationale Mohamed Ali Chaïbi, responsable du service antidrogue de la police judiciaire d’El Gorjani.

Selon lui, le ministère de l’Intérieur travaille à la révision de cette réglementation, qui n’avait été que partiellement modifiée en 2017.

Parmi les outils réclamés par les forces de sécurité figurent des techniques d’enquête spéciales — telles que l’interception des communications et les opérations d’infiltration — qui doivent faire l’objet d’un encadrement législatif explicite.

15 253 affaires en 2025, impliquant 27 338 suspects

Le dossier est déjà à l’étude auprès des institutions concernées. La Commission de la législation générale de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) examine actuellement la proposition de loi n° 11/2025 visant à modifier la loi n° 52, tandis que des représentants du ministère de l’Intérieur ont informé le Parlement qu’une commission interministérielle travaillait sur un projet plus vaste de refonte globale de la législation antidrogue.

Cette initiative législative est motivée par l’évolution rapide du phénomène. Selon les données du ministère de l’Intérieur présentées au Parlement, 15 253 procédures pour des infractions liées aux stupéfiants ont été enregistrées en Tunisie en 2025, impliquant 27 338 personnes. 89 % d’entre elles étaient âgées de 19 à 40 ans. Le Grand Tunis, la bande côtière et certaines zones du nord-ouest figurent parmi les régions les plus touchées par la consommation et le trafic.

La Tunisie, carrefour des routes maritimes, aériennes et terrestres

Les autorités soulignent tout particulièrement le caractère de plus en plus transnational de ce trafic. M. Chaïbi a qualifié la Tunisie de carrefour des routes maritimes, aériennes et terrestres et a désigné la frontière avec la Libye comme l’un des points d’entrée pour la cocaïne, l’ecstasy et les substances psychotropes. La propagation de la prégabaline, commercialisée sous des marques telles que Lyrica, suscite également des inquiétudes, cette substance ayant désormais alimenté un véritable marché intérieur.

Selon le responsable de la lutte contre la drogue, les quantités de cocaïne et de comprimés psychotropes saisies ont considérablement augmenté au cours des cinq dernières années. En septembre 2025, les autorités avaient annoncé la saisie, au port de Radès, d’environ 12 millions de comprimés à base de prégabaline dissimulés dans un conteneur en provenance d’Europe, l’une des plus importantes opérations de ce type jamais réalisées dans le pays.

Le débat sur la réforme porte toutefois aussi sur le traitement réservé aux consommateurs. Des médecins spécialistes des addictions et des représentants des pharmaciens, auditionnés ces derniers mois par le Parlement, ont demandé une distinction plus nette entre le consommateur et le trafiquant ; ils préconisent une approche sanitaire, psychologique et sociale pour les personnes souffrant d’addiction, tout en concentrant la réponse répressive sur les organisations criminelles et le trafic, notamment en milieu scolaire. Cette question a pris une importance accrue à l’approche de la rentrée scolaire.

Le 11 septembre, le président Kaïs Saïed a accordé sa grâce à un groupe d’étudiants et d’élèves incarcérés pour consommation ou détention de stupéfiants — sans lien avec des activités de trafic — dans le but déclaré de leur permettre de reprendre leurs études.

Parallèlement, le ministère de la Famille a lancé un programme national de prévention ciblant en priorité les enfants, les adolescents et les familles.

I. B.

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Tunisie | Les crues des oueds perturbent le transport du phosphate  

Les fortes pluies qui se sont abattues le week-end dernier sur le bassin minier de Gafsa, dans le sud-ouest de la Tunisie, ont provoqué la crue de plusieurs oueds et causé d’importants dégâts au réseau ferroviaire dans la zone de Métlaoui et d’Oum Larayes. Ces intempéries ont contraint à interrompre le transport ferroviaire de phosphate et à suspendre la circulation des trains sur les tronçons concernés, dans l’attente du rétablissement des conditions de sécurité.

La zone montagneuse du Jebel Thelja a été particulièrement touchée ; elle est traversée par l’oued du même nom ainsi que par la ligne ferroviaire reliant les sites miniers du bassin de Gafsa.

La crue soudaine de l’oued Thelja a submergé certains segments de voie, causant des dommages notamment au niveau des gares de Thelja et de Kef Eddour, l’un des principaux pôles de lavage et de manutention du phosphate de la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG).

L’écoulement des eaux a compromis le fonctionnement de certaines parties de l’infrastructure ferroviaire, rendant nécessaire la suspension du trafic dans les secteurs endommagés en attendant des vérifications techniques.

Avant de pouvoir autoriser à nouveau le passage des convois, il faudra contrôler la stabilité de l’assiette de la voie, les rails et les installations, tout en procédant à des travaux de remise en état aux endroits érodés ou touchés par la crue.

Les intempéries ont également affecté le personnel des chemins de fer et de la compagnie des phosphates.

Samedi, la Protection civile de Métlaoui a porté secours à trois employés de la SNCFT et de la CPG, piégés dans une gare ferroviaire à la suite de la montée soudaine des eaux de l’oued Thelja. L’eau avait encerclé le bâtiment, empêchant les hommes de sortir en toute sécurité. On a par ailleurs signalé que d’autres cheminots s’étaient retrouvés bloqués sur les hauteurs du Jebel Thelja, surpris par la crue.

L’interruption concerne en premier lieu les convois utilisés pour le transport du phosphate depuis les sites d’extraction de la région. La voie ferrée constitue en effet l’un des axes essentiels de la filière minière tunisienne, reliant notamment les sites de Redeyef, Métlaoui, Oum Larayes et Kef Eddour aux installations de transformation et aux terminaux industriels du pays. Une prolongation de l’arrêt pourrait donc ralentir l’acheminement du minerai vers les usines du Groupe chimique tunisien (GCT), à Sfax et Gabès.

Les services techniques de la SNCFT et de la CPG sont en train d’évaluer l’ampleur des dégâts et d’œuvrer pour remettre en état les tronçons ferroviaires touchés par les eaux.

Aucune estimation officielle des coûts ni aucune date précise pour le rétablissement complet de la circulation sur les sections du Jebel Thelja affectées par la crue n’ont été communiquées.

I. B.

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Tunisie | Un été 2026 particulièrement chaud

Août 2026 a été le mois d’août le plus chaud jamais enregistré en Tunisie depuis le début des relevés en 1950, indique le bilan climatique préliminaire de l’Institut national de la météorologie (INM), ajoutant que la température moyenne nationale a atteint 32,3 degrés, soit une anomalie positive de 3,4 degrés par rapport à la moyenne climatique de référence (28,9 degrés).

Selon l’INM, cette donnée confirme une situation de «chaleur exceptionnelle» à l’échelle nationale et s’inscrit dans un été marqué par la persistance des vagues de chaleur. Le mois de juillet précédent s’était déjà classé au deuxième rang des mois de juillet les plus chauds enregistrés en Tunisie depuis 1950, avec une température moyenne de 31,7 degrés et, là aussi, un écart de 3,4 degrés par rapport à la normale.

Le graphique élaboré par l’institut météorologique, basé sur la période de référence climatique 1991-2020, montre également que les anomalies thermiques positives pour le mois d’août sont devenues plus fréquentes ces dernières années, la valeur de 2026 atteignant le niveau le plus élevé de toute la série analysée.

Ce record tunisien s’inscrit dans un contexte de températures exceptionnellement élevées à l’échelle internationale : selon le service européen Copernicus, le mois d’août 2026 a été le plus chaud jamais enregistré au niveau mondial, avec une température moyenne de 16,96 degrés.

Pour les mois à venir, l’INM prévoit des températures supérieures aux normales saisonnières sur l’ensemble de la Tunisie durant l’automne, entre septembre et novembre, accompagnées de précipitations susceptibles d’être légèrement supérieures aux moyennes de saison.

I. B.

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Les dessous de la rupture entre l’Algérie et les Émirats

L’Algérie a justifié la rupture de ses relations diplomatiques avec les Émirats arabes unis par «une accumulation d’actes provocateurs et hostiles» sans pour autant révéler «ces actes». Aucune explication. En réalité, cette rupture n’est pas un différend bilatéral, c’est l’influence régionale grandissante de l’Axe Rabat-Abou Dhabi-Tel Aviv qui agace Alger, un axe concurrent et aux intérêts divergents. Le modèle d’influence des Émirats gagne en puissance alors le modèle traditionnel de l’Algérie est confronté à une pression grandissante et ses outils ne sont plus efficaces et adaptées au contexte régional actuel. L’architecture régionale est en pleine mutation et l’influence n’est plus dictée automatiquement par la taille du territoire. La donne a changé et les outils ont évolué. (Photo : Abdelmadjid Tebboune discute avec Mohammed Ben Zayed , lors du sommet du G7 en Italie le 14 juin 2024).

Imed Bahri

L’analyste politique marocain Amine Ayoub a publié une analyse dans Ynet Global, version anglophone en ligne du journal israélien Yediot Aharonot, dans laquelle il revient sur le divorce houleux entre Alger et Abou Dhabi. Selon lui, lorsque l’Algérie a ordonné à l’ambassadeur des Émirats de quitter son territoire sous quarante-huit heures, le 10 septembre 2026, et a annoncé des restrictions visant les aéronefs militaires et civils immatriculés aux Émirats —tout en exemptant les vols commerciaux jusqu’à la fin de l’année—, cette rupture a immédiatement mis en lumière un réalignement régional plus profond. Les déclarations officielles algériennes ont fait état d’une accumulation d’actes «provocateurs et hostiles», sans toutefois désigner un incident déclencheur unique.

Deux modèles de puissance régionale distincts

Abou Dhabi a exprimé ses regrets et a dit espérer que cette rupture pourrait, à terme, être annulée. L’absence d’une cause bien déterminée est, en soi, un élément révélateur. Il ne s’agit pas tant d’un différend bilatéral que d’une confrontation ouverte entre deux modèles de puissance régionale distincts, s’étendant de l’Afrique du Nord au Sahel et au Moyen-Orient au sens large.

L’Algérie s’appuie sur un modèle étatique fondé sur l’étendue de son territoire, ses ressources énergétiques, sa capacité militaire et une diplomatie formelle.

Les Émirats, quant à eux, opèrent selon un modèle en réseau, déployant capitaux, logistique, infrastructures commerciales et partenariats de sécurité ciblés bien au-delà de leurs frontières. Dans des environnements politiques fragmentés, ce modèle en réseau permet de générer un levier d’influence plus rapidement et avec plus de souplesse que le poids géographique traditionnel.

Cette différence est devenue de plus en plus manifeste à mesure que l’Algérie et les Émirats ont poursuivi des intérêts divergents sur plusieurs théâtres régionaux au cours des dernières années.

Le Maroc, ligne de fracture

Le Maroc en offre l’illustration la plus frappante. Pendant des décennies, la rivalité entre Alger et Rabat a été centrée sur la question du Sahara occidental, l’Algérie apportant un soutien de longue date au Front Polisario. La nature de cette confrontation bilatérale a changé en novembre 2020, lorsque les Émirats ont ouvert un consulat à Laâyoune, dans la partie marocaine du territoire contesté, et exprimé leur soutien à l’intégrité territoriale du Maroc. Cette initiative s’inscrivait dans le contexte de la normalisation des relations entre le Maroc et Israël dans le cadre des Accords d’Abraham et de la reconnaissance, par les États-Unis, de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental.

Il n’en a pas résulté une alliance militaire formelle dirigée contre l’Algérie mais plutôt un réseau de plus en plus dense de partenariats qui se chevauchent. Parmi les exemples concrets, on peut citer les investissements émiratis dans les infrastructures et l’énergie au Maroc —notamment des projets majeurs dans les secteurs de l’eau et de l’électricité— ainsi que le développement, depuis 2020, d’une coopération industrielle et de défense entre Rabat et Tel Aviv.

La portée de ces initiatives dépasse le simple cadre économique. Selon Amine Ayoub, elles renforcent les capacités du Maroc, approfondissent ses partenariats extérieurs et confèrent à des acteurs tiers des intérêts croissants dans l’environnement stratégique entourant le Sahara occidental, autant de formes d’influence que l’Algérie ne peut aisément contrer par la diplomatie traditionnelle ou des pressions bilatérales.

Le Maroc ne fait plus face à l’Algérie en tant que voisin isolé. Cela s’inscrit dans un réseau en pleine expansion reliant Rabat, Abou Dabi, Tel Aviv et Washington. Pour Israël, cet aspect est crucial, car la relation avec le Maroc renforce sa présence stratégique et ses liens de défense vers l’ouest. La coopération avec Rabat étend l’influence d’Israël le long des façades atlantique et méditerranéenne de l’Afrique du Nord, selon des modalités inédites il y a dix ans.

La combinaison de la reconnaissance diplomatique, des investissements économiques et de la coopération sécuritaire a modifié l’équilibre des influences aux abords de la frontière occidentale de l’Algérie, sans pour autant nécessiter un pacte militaire formel.

Cette évolution a des conséquences concrètes sur la manière dont l’Algérie évalue ses options régionales et sur la façon dont les puissances extérieures interagissent avec le Maghreb.

Le Sahel, théâtre d’une rivalité plus profonde

Une évolution parallèle s’observe au sud de l’Algérie. Alger a longtemps considéré le Sahel comme un terrain privilégié pour la médiation diplomatique. L’Accord d’Alger de 2015 sur le Mali a marqué l’apogée de cette approche, fondée sur des négociations formelles entre États et des engagements institutionnels. Les coups d’État militaires survenus au Mali, au Burkina Faso et au Niger entre 2020 et 2023 ont bouleversé le paysage institutionnel sur lequel reposait la diplomatie algérienne.

Les nouveaux gouvernements militaires se sont montrés moins réceptifs aux médiations extérieures, perçues comme une entrave à leur souveraineté et plus ouverts à des partenariats alternatifs offrant des ressources sans les mêmes conditions politiques.

Des acteurs extérieurs proposant des ressources flexibles ont investi l’espace ainsi libéré. ​​Les Émirats ont apporté capitaux, projets commerciaux et capacités logistiques dans des zones où l’Algérie misait davantage sur la proximité géographique et une médiation fondée sur la souveraineté.

Dans la Corne de l’Afrique, les investissements émiratis dans les infrastructures portuaires, aériennes et de sécurité —notamment leur présence de longue date à Berbera dans le Somaliland— ont créé des canaux d’influence opérant largement en dehors des cadres traditionnels de médiation diplomatique. Ces relations confèrent à Abou Dhabi un accès concret et un levier d’action, même là où les institutions politiques formelles sont faibles ou fragmentées.

Ce contraste est également visible en Libye. L’Algérie a généralement privilégié les institutions formelles et les processus soutenus par l’Onu visant la réconciliation nationale. À l’inverse, les Émirats ont entretenu des liens plus étroits avec les forces militaires de l’Est associées à Khalifa Haftar, privilégiant des objectifs sécuritaires ciblés au détriment de règlements politiques globaux. Cette divergence d’approche ne relève pas de la simple tactique, elle reflète deux conceptions distinctes de l’exercice de l’influence dans des contextes politiques fragmentés où l’autorité de l’État est contestée ou incomplète.

Le cas du Soudan accentue cette même divergence. Les Émirats ont fait face à de graves accusations de la part d’enquêteurs de l’Onu et de Human Rights Watch concernant des réseaux assurant la logistique et le soutien aux Forces de soutien rapide (FSR), Abou Dabi dément fermement avoir apporté un tel soutien. Au-delà du différend sur ces accusations précises, cet épisode illustre une tendance plus large.

Dans des environnements politiques fragmentés, les capitaux, la logistique et les réseaux informels peuvent générer un levier d’influence plus rapidement que la médiation diplomatique traditionnelle. Pour l’Algérie, cela représente un défi majeur, alors que les États africains fragiles deviennent le théâtre d’une concurrence accrue pour l’influence extérieure.

Israël, bénéficiaire discret

L’auteur estime que l’angle israélien constitue l’élément le plus déterminant de cette rupture, bien qu’il faille l’aborder avec précaution. Il considère qu’Israël n’est pas à l’origine de la rupture entre Alger et Abou Dabi mais cette que rupture renforce une configuration régionale dans laquelle le Maroc et les Émirats sont de plus en plus liés à Israël, tandis que l’Algérie demeure en marge de ce réseau.

Les Accords d’Abraham ne se limitaient pas à de simples accords commerciaux bilatéraux. Ils ont jeté les bases de partenariats croisés dans les domaines du renseignement, de la sécurité maritime, de la défense aérienne et des technologies de défense. L’intensification de la coopération entre Israël, le Maroc et les Émirats a tissé une toile de plus en plus dense de relations sécuritaires couvrant certaines parties de l’Afrique du Nord.

Ces relations englobent une coopération industrielle dans le domaine de la défense, le partage de renseignements sur les menaces communes et une coordination des positions diplomatiques sur des questions régionales clés. L’Algérie, qui applique une politique stricte de non-normalisation et place la question palestinienne au cœur de son identité régionale, reste en dehors de ce réseau.

Et Washington dans tout ça !

La politique américaine doit éviter de considérer l’Algérie et les partenaires des Accords d’Abraham comme des piliers interchangeables de sa stratégie en Afrique du Nord. L’Algérie demeure un fournisseur d’énergie important pour l’Europe et conserve un rôle dans certains dispositifs de lutte antiterroriste. Toutefois, sa posture stratégique est limitée par une doctrine d’autonomie et par des liens étroits en matière de défense avec des fournisseurs non occidentaux. Selon les données du Sipri*, la Russie a représenté 48% des importations d’armes majeures de l’Algérie entre 2020 et 2024, alors même que le volume global des importations d’armes algériennes a diminué en valeur absolue sur cette période, chutant d’environ 73% par rapport au quinquennat précédent.

Dans son analyse, Amine Ayoub estime que Washington aurait tout intérêt à accorder une importance accrue au réseau Maroc-Israël-Émirats en tant que cadre émergent pour la sécurité régionale, le commerce et la coopération technologique, tout en maintenant un engagement pragmatique avec l’Algérie lorsque les intérêts américains l’exigent.

Il convient également d’encourager les partenaires à la prudence sur les théâtres d’opérations africains fragiles afin que les rivalités n’exacerbent pas les conflits et ne profitent pas, en fin de compte, aux acteurs hostiles.

L’objectif ne doit pas être d’isoler l’Algérie de façon permanente. Il s’agit de reconnaître que l’architecture régionale est en pleine mutation et d’aligner la politique américaine sur les partenaires les plus disposés et les plus aptes à approfondir la coopération concrète en matière de sécurité et d’intérêts économiques communs.

Un ordre régional en mutation 

La rupture entre l’Algérie et les Émirats ne signifie pas l’effondrement de la diplomatie arabe. Elle confirme que l’influence régionale ne se transmet plus automatiquement par la taille du territoire ou une hiérarchie formelle. Le pouvoir se génère de plus en plus grâce à la mobilité des capitaux, aux infrastructures commerciales, aux réseaux logistiques et aux partenariats de sécurité adaptatifs qui transcendent les frontières traditionnelles.

L’Algérie conserve des atouts considérables : son territoire, ses ressources énergétiques, une armée puissante et des décennies d’expérience diplomatique. Ces atouts demeurent pertinents. Toutefois, ils se traduisent moins efficacement en ce levier d’influence transfrontalier propre aux puissances agissant en réseau.

La rupture entre Alger et Abou Dhabi n’a pas engendré le nouvel ordre régional, elle a mis en lumière l’ampleur de l’érosion de l’ancien.

L’avantage dont bénéficie Israël ne réside donc ni dans une nouvelle alliance spectaculaire ni dans un gain militaire immédiat. Il tient à l’expansion constante d’un réseau stratégique dans une région où la position de l’Algérie est de plus en plus contestée. Dans la nouvelle configuration qui se dessine en Afrique du Nord et en Méditerranée orientale, le Maroc et les Émirats arabes unis renforcent leurs liens avec Tel Aviv, tandis que l’Algérie s’éloigne davantage de cette dynamique émergente. C’est pourquoi, selon Amine Ayoub, Israël s’impose comme le vainqueur discret.

* L’indice ou les bases de données du SIPRI (Stockholm International Peace Research Institute) mesurent les dépenses militaires mondiales, le volume des transferts d’armes et la production d’armements à travers des rapports de référence.

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Omar Oueslati à ses collègues | «Les gens n’oublient pas l’injustice qu’ils ont subie»

Dans un message à ses collègues, posté lundi 14 septembre 2026 sur les réseaux sociaux, à l’occasion de la nouvelle année judiciaire, que nus traduisons ci-dessous, le magistrat Omar Oueslati, ancien membre de Haute autorité indépendante pour la communication audiovisuelle (Haica), leur a lancé : «Rappelez-vous que derrière chaque dossier se trouve un être humain… et que chaque jugement aura un impact susceptible de perdurer toute une vie…»

«Mon message à votre intention : une nouvelle année judiciaire s’ouvre, apportant avec elle une multitude de dossiers, des droits en attente et des destins suspendus à la décision de juges qui ne connaissent d’autre boussole que l’équité. N’oubliez jamais que derrière chaque dossier se trouve un être humain, et que chaque jugement laisse une trace susceptible de perdurer toute une vie. Les gens peuvent oublier le nom du juge, mais ils n’oublient ni la justice qui leur a rendu leurs droits, ni l’injustice qu’ils ont subie.

«La magistrature est un engagement sacré qui ne souffre aucun compromis, une indépendance qui ne plie devant rien, et une intégrité qui ne se mesure pas aux mots, mais aux actes lorsque les pressions s’intensifient. Faisons en sorte que nos décisions soient justes, que nos consciences soient plus fortes que toute influence et que nos jugements témoignent en notre faveur, et non contre nous. Le marteau peut se taire lorsque le juge quitte son siège, mais l’écho d’un jugement équitable ne s’éteint jamais, et son impact demeure. Une nouvelle année judiciaire commence… Portons cette responsabilité comme il se doit : dans la justice, l’intégrité et la dignité. Car la justice est une sécurité à laquelle nous aspirons tous ; c’est une responsabilité qui n’incombe pas à un seul individu, mais à nous tous.»

I. B.

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Les gouvernances archaïques face à l’IA partagée

Le débat mondial sur le ralentissement de la course à l’intelligence artificielle (IA) est quasi systématiquement présenté sous l’angle des failles sécuritaires, de la cybersécurité ou des risques d’alignement. L’actualité récente — entre restrictions d’accès aux modèles de frontière, souveraineté sur les données et contrôles à l’exportation des briques algorithmiques — semble donner raison aux prudents. Pourtant, cette lecture purement technologique occulte l’essentiel : la rupture provoquée par l’IA n’est pas d’ordre technique, elle est éminemment politique et systémique. (Illustration de l’article gérée par IA).

Abdelwaheb Ben Moussa *

Les structures d’autorité traditionnelles — qu’elles soient technocratiques, bureaucratiques ou patriarcales — ont historiquement fondé leur hégémonie sur trois piliers : la rétention d’information, le monopole de l’expertise et l’opacité des arbitrages. Dans ces systèmes verticaux, le statut social, le réseau de cooptation et le poids de la hiérarchie ont longtemps prévalu sur la rigueur de la preuve et l’efficacité opérationnelle.

Contrairement aux idées reçues, l’IA ne constitue ni une entité autonome étrangère à notre espèce, ni une boîte noire magique dispensée d’expertise humaine. Elle est le réceptacle et le condensateur de la mémoire, de la logique et de la connaissance accumulées par l’humanité depuis des siècles. Certes, l’outil nécessite un cadre d’ingénierie rigoureux pour éviter les biais et les hallucinations, mais en rendant ce patrimoine intellectuel collectif immédiatement accessible à tout individu, l’IA opère une redistribution radicale de la puissance cognitive.

L’IA vient désintégrer ce modèle de domination.

Dès lors que la donnée devient vérifiable et le savoir partagé, l’asymétrie d’information s’effondre. Un citoyen, un cadre bancaire ou un chercheur armé d’une capacité d’analyse globale et impartiale peut instantanément challenger un dogme administratif, pointer l’incohérence d’un choix d’investissement ou exposer les failles d’une décision publique. L’argument d’autorité cède irréversiblement la place à l’exigence d’objectivité.

La véritable menace perçue par les gouvernances vieillissantes ne réside donc pas dans les risques de cybersécurité — que l’ingénierie sait parfaitement cloisonner par des architectures souveraines —, mais dans cette démocratisation sans précédent de la raison analytique. Une population disposant d’un accès direct à une intelligence partagée devient infiniment plus difficile à maintenir dans la dépendance, la bureaucratie ou la soumission statutaire.

Il ne s’agit pas de prôner un utopisme technologique naïf ou de nier la nécessité d’un cadre réglementaire strict. Il s’agit de refuser que le prétexte sécuritaire serve de bouclier au statu quo. Plutôt que d’agiter le spectre de la menace technologique pour préserver des rentes de position dépassées, nos institutions doivent opérer leur propre mutation : passer d’une gouvernance fondée sur la rétention et le statut à une gouvernance fondée sur la transparence, la logique de la preuve et l’ingénierie d’exécution.

* Ingénieur informatique, cadre de banque publique.

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ISO 9001:2026 | Vers un système de management intelligent et durable  

De 1987 à 2026, le parcours de l’ISO 9001 est l’histoire du passage de la qualité comme conformité vers un système de management véritablement intelligent, agile, résilient et orienté vers la création durable de valeur et de richesse, tant économiques que sociales.

Taoufik Halila & Mohamed Férid Herelli *

Depuis sa première publication en 1987, ISO 9001 s’est imposée comme la référence internationale du management de la qualité. Plus qu’une simple norme de conformité, elle a progressivement accompagné la transformation des entreprises, des administrations et des organisations en faisant évoluer leur manière de maîtriser leurs processus, de prévenir les risques, d’améliorer leurs performances et, surtout, de répondre aux attentes de leurs clients.

L’histoire d’ISO 9001 est précisément celle de cette transformation. De l’assurance qualité fondée sur des procédures et des contrôles en 1987, la norme s’est progressivement orientée vers une approche par les processus en 2000, puis vers le management stratégique, le leadership et la gestion des risques en 2015.

La prochaine évolution, ISO 9001:2026 (qui devrait être publiée en principe le 16 septembre 2026) s’inscrit dans cette continuité tout en ouvrant une nouvelle étape : celle d’un système de management de la qualité plus global, plus numérique, plus agile et davantage tourné vers l’avenir.

1987 : les fondations de l’assurance qualité

La première édition d’ISO 9001 paraît en 1987. Inspirée notamment de la norme britannique BS 5750, elle répond à une préoccupation majeure de l’époque : garantir la conformité des produits et maîtriser les activités à travers des procédures formalisées.

La logique est essentiellement celle de l’assurance qualité. L’organisation doit démontrer qu’elle maîtrise ses activités au moyen d’un ensemble d’exigences structurées, avec une forte place accordée à la documentation et aux contrôles.

Cette première version, organisée autour de 20 éléments d’un système qualité, est particulièrement adaptée aux environnements industriels et de production.

Elle pose toutefois une première pierre essentielle : la qualité ne doit plus seulement être contrôlée à la fin du processus ; elle doit être organisée et maîtrisée en amont.

1994 : renforcer la maîtrise et la prévention

La révision de 1994 consolide cette logique. La documentation des procédures occupe une place centrale et la conformité des produits repose largement sur l’inspection, les essais et la maîtrise des non-conformités. Les actions correctives et préventives prennent également une importance croissante. Mais cette approche demeure largement fondée sur la conformité et sur une vision relativement cloisonnée de la qualité. Les fonctions, les processus et les responsabilités peuvent encore être gérés de manière séparée. La qualité est alors principalement perçue comme un système à démontrer et à contrôler, conception qui allait progressivement évoluer.

2000 : le tournant majeur de l’approche processus

La version 2000 constitue une véritable rupture dans l’histoire d’ISO 9001. Les normes ISO 9001, ISO 9002 et ISO 9003 sont regroupées en une seule norme, mais surtout, l’organisation est désormais considérée comme un ensemble de processus interdépendants.

Cette évolution change profondément la philosophie de la norme. L’objectif n’est plus seulement de démontrer la conformité à travers des procédures. Il s’agit de comprendre comment les activités s’enchaînent, comment elles interagissent et comment leur maîtrise contribue à la performance globale de l’organisation.

La satisfaction du client devient un objectif central. L’amélioration continue s’affirme comme un principe fondamental, tandis que la direction est davantage responsabilisée dans la définition des orientations et dans l’efficacité du système de management.

Les huit principes du management de la qualité consacrent notamment l’orientation client, le leadership, l’implication du personnel, l’approche processus, l’amélioration continue et la prise de décision fondée sur des faits.

La qualité commence alors à sortir du seul domaine du contrôle pour devenir une véritable démarche de management.

2008 : consolider plutôt que révolutionner

La version 2008 ne bouleverse pas le modèle établi en 2000. Elle cherche principalement à clarifier les exigences, améliorer leur interprétation et faciliter leur mise en œuvre.

Cette stabilité n’est cependant pas synonyme d’immobilisme. La norme renforce notamment la compréhension des processus externalisés et améliore sa compatibilité avec d’autres systèmes de management, notamment ISO 14001.

Cette étape permet ainsi de consolider l’approche processus et de préparer le terrain pour une évolution beaucoup plus profonde.

2015 : la qualité devient stratégique

Avec ISO 9001:2015, le système de management de la qualité franchit une nouvelle étape. La qualité ne peut plus être considérée comme une fonction isolée. Elle doit être intégrée à la stratégie, au contexte et aux objectifs de l’organisation.

La norme introduit notamment une approche fondée sur les risques et accorde une importance accrue au contexte de l’organisation, au leadership et à l’engagement de la direction.

La structure de haut niveau facilite également l’intégration d’ISO 9001 avec d’autres référentiels de management.

La notion d’«informations documentées» remplace l’ancienne distinction entre documents et enregistrements, donnant davantage de souplesse aux organisations dans la manière de gérer leurs informations.

Avec cette évolution, le message est clair : la qualité n’est plus uniquement l’affaire du responsable qualité ; elle devient une responsabilité managériale et stratégique.

L’organisation doit comprendre son environnement, anticiper les risques et opportunités, aligner ses processus sur ses orientations stratégiques et démontrer sa capacité à créer durablement de la valeur pour ses parties intéressées, en particulier ses clients.

2026 : le numérique et l’IA au cœur du système qualité

La prochaine évolution d’ISO 9001 marque une étape particulièrement importante. Après avoir successivement privilégié la conformité, les procédures, les processus, puis les risques et la stratégie, la version 2026 s’inscrit dans un environnement où la transformation numérique et l’intelligence artificielle (IA) modifient profondément les modèles organisationnels et les modes de décision.

L’enjeu n’est donc plus simplement de disposer d’un système qualité conforme. Il s’agit de construire un système de management capable d’apprendre, de s’adapter, d’anticiper et de progresser en permanence.

Cette nouvelle génération d’ISO 9001 doit ainsi être envisagée dans une perspective beaucoup plus globale.

Les organisations produisent aujourd’hui une quantité considérable de données. Les processus sont digitalisés, les documents sont dématérialisés, les audits peuvent être réalisés à distance et les décisions s’appuient de plus en plus sur des indicateurs disponibles en temps réel. Le système de management de la qualité doit donc évoluer avec cet environnement.

La qualité de demain sera de moins en moins fondée uniquement sur la vérification a posteriori et davantage sur la surveillance, l’analyse et l’anticipation en temps réel.

La digitalisation offre ainsi la possibilité de mieux détecter les dérives, de mesurer la performance des processus, de sécuriser les informations et d’améliorer la réactivité des organisations.

C’est dans cette perspective que s’inscrit la norme ISO/IEC 27001, élaborée conjointement par l’Organisation internationale de normalisation (ISO) et la Commission électrotechnique internationale (IEC). Ainsi et dans sa version ISO/IEC 27001:2022, elle vise à répondre à une question devenue essentielle : comment protéger les informations de l’organisation contre les pertes, les erreurs, les accès non autorisés et les cybermenaces ?

L’IA : un nouveau levier pour la qualité

L’arrivée massive de l’IA constitue probablement l’un des changements les plus significatifs auxquels les systèmes de management doivent désormais s’adapter.

L’IA peut contribuer à analyser les données qualité, détecter des tendances, identifier des anomalies, anticiper certains risques, faciliter l’analyse des causes et soutenir la prise de décision.

La qualité ne consiste donc plus seulement à contrôler un processus humain ou industriel. Elle doit également permettre de maîtriser les nouveaux processus numériques et les décisions assistées par l’intelligence artificielle.

C’est l’un des enjeux majeurs de la nouvelle génération des systèmes de management basés sur l’IA. C’est pour cela qu’en 2023, une édition consacrée à cette nouvelle technologie, l’ISO/IEC 42001, a été publiée. Cette norme concerne le système de management de l’IA, non pas d’un point de vue purement technique, mais plutôt en définissant les exigences permettant à une organisation de mettre en place un système destiné à gouverner l’utilisation de l’IA, en identifiant les risques et les opportunités, tout en assurant la transparence et la traçabilité, et en tenant compte des questions d’éthique, de sécurité et de protection des données.

Ainsi, grâce à ce progrès technologique, il ne suffit plus d’améliorer périodiquement les processus. Les organisations doivent désormais être capables d’observer, de mesurer, de comprendre, d’apprendre, de décider, de corriger et d’innover en permanence.

Une qualité plus agile, plus résiliente et plus responsable

L’ISO 9001:2026, l’ISO/IEC 27001 et l’ISO/IEC 42001 s’inscrivent actuellement dans un environnement marqué par l’incertitude : crises sanitaires, tensions géopolitiques, ruptures d’approvisionnement, changement climatique, transformations réglementaires et mutations technologiques.

Dans ce contexte, la performance d’une organisation ne peut plus être évaluée uniquement à travers sa capacité à fonctionner dans des conditions normales. Elle doit plutôt démontrer sa capacité à résister aux perturbations, à s’adapter rapidement et à maintenir la continuité de ses activités, en s’appuyant sur ces normes, dont l’objectif fondamental est de permettre à l’organisation de fournir régulièrement des produits et des services conformes aux exigences applicables et d’accroître la satisfaction de ses clients.

Ces innovations et ces architectures montrent que la philosophie de l’ISO ne se limite donc plus à «obtenir une certification». Elle propose progressivement une véritable démarche de pilotage de la qualité, fondée sur plusieurs principes : définir un langage commun, structurer le système de management, mesurer la performance, écouter le client, auditer, apprendre, corriger et améliorer en continu.

Près de quarante ans après sa première publication, l’ISO 9001  a démontré une capacité exceptionnelle à accompagner les mutations du monde économique. De la maîtrise des procédures en 1987 à l’approche processus de 2000, puis à l’intégration des risques, du leadership et de la stratégie en 2015, chaque génération de la norme a élargi le champ de la qualité jusqu’à la publication prochaine de l’ISO 9001/2026 qui intervient à un moment où les organisations connaissent une transformation sans précédent : digitalisation des processus, intelligence artificielle, automatisation, décisions fondées sur les données, nouvelles exigences environnementales, volatilité des marchés et évolution rapide des attentes des clients et citoyens.

L’ISO indique elle-même que la dernière révision de l’ISO 9001 vise à maintenir la pertinence de la norme face aux besoins actuels des entreprises et aux attentes des parties prenantes.

Ainsi, au regard des données présentées, il est clair et évident que l’ISO 9001:2026, associée à l’ISO/IEC 27001 et à l’ISO/IEC 42001, pourrait contribuer, ensemble, à favoriser un passage rationnel d’un système de management de la qualité centré sur la maîtrise des processus à un système de management véritablement intelligent, agile, résilient et orienté vers la création durable de valeur et de richesse, tant économiques que sociales.

* Ingénieurs-conseillers du Doyen de l’Ordre des ingénieurs tunisiens (OIT).

Bibliographie

ISO — Organisation internationale de normalisation, ISO 9000:2026 — Management de la qualité — Principes essentiels et vocabulaire, ISO, 2026.

ISO — Organisation internationale de normalisation, ISO 9001:2015 — Systèmes de management de la qualité — Exigences, ISO, 2015, avec amendement 1:2024 relatif aux changements concernant les actions en lien avec le climat.

ISO — Organisation internationale de normalisation, ISO 9004:2018 — Management de la qualité — Qualité d’un organisme — Lignes directrices pour obtenir des performances durables.

ISO — Organisation internationale de normalisation, ISO 9000 family — Quality management, présentation officielle de la famille des normes ISO 9000.

ISO/TC 176/SC 2, ISO 9001 Revision Update, informations officielles relatives au processus de révision et à l’édition 2026.

ISO, Selection and use of the ISO 9000 family of standards, document de référence présentant la complémentarité entre ISO 9000, ISO 9001, ISO 9004, ISO 10000 et ISO 19011.

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