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IA: les ingénieurs face à la transformation du marché de l’emploi

Des métiers sont appelés à disparaître, tandis que d’autres sont amenés à émerger. C’est l’un des principaux sujets soulevés depuis l’intégration de l’intelligence artificielle (IA) dans nos vies. Aujourd’hui, une question se pose : qu’en est-il de cette évolution de manière générale et, plus particulièrement, en Tunisie ?

Rencontrée dans le cadre d’une formation organisée par le Centre africain de perfectionnement des journalistes et communicateurs (CAPJC), en partenariat avec la Fondation Friedrich Naumann, Selma Batti, universitaire à la Faculté des sciences de Bizerte, livre son analyse sur l’impact de l’IA.

Pour revenir à la situation actuelle, certains métiers étaient, depuis plusieurs années, présentés comme menacés de disparition, tandis que d’autres devaient apparaître. Quel est aujourd’hui l’état des lieux ? Cette évolution se poursuit-elle ? Et qu’en est-il de la Tunisie ?

En réponse à ces questions, Selma Batti souligne que l’intelligence artificielle est une innovation technologique qui occupe une place de plus en plus importante dans différents domaines. Comme toute innovation, elle entraîne des transformations et des changements. Parmi ses impacts figure la disparition de certains métiers, un phénomène que l’on commence déjà à observer.
Elle estime que le métier qui semble le plus exposé est celui de traducteur. Car, dans certaines situations, les logiciels d’intelligence artificielle permettent d’obtenir une traduction plus rapidement et parfois plus efficacement qu’en faisant appel à un traducteur classique.

Cela ne signifie pas pour autant que ce métier disparaîtra complètement. Il ne faut pas oublier que l’utilisation de l’intelligence artificielle a également un coût. Un certain équilibre devrait donc s’établir, même si le nombre de traducteurs pourrait être réduit.

De nouveaux profils d’ingénieurs

Cette analyse amène à s’interroger sur l’avenir des ingénieurs en Tunisie, notamment dans le secteur de l’industrie cosmétique. Avec le développement de l’intelligence artificielle, cette filière pourrait-elle évoluer ? Entre l’offre et la demande, quel facteur aura le plus d’importance ?

À ce sujet, Salma Batti explique que les ingénieurs présentent, de manière générale, des profils différents. Certains ingénieurs développeurs peuvent être remplacés par des automatismes. Cela ne relève pas forcément de l’intelligence artificielle, même si celle-ci y contribue également.

Certains types d’ingénieurs pourraient donc disparaître; tandis que de nouveaux métiers seraient créés. Il s’agirait notamment de professionnels chargés de la représentation des données et du formatage de l’information.
En effet, pour disposer d’une intelligence artificielle performante, il faut, en arrière-plan, des données bien présentées, correctement structurées et adaptées aux besoins des systèmes d’IA. De nouveaux métiers sont donc déjà apparus, notamment celui de data analyst. Ces professionnels travaillent essentiellement sur la conception des structures de données destinées à alimenter les systèmes d’intelligence artificielle.

« Nous ne pourrons pas utiliser, dans dix ans, les mêmes systèmes d’intelligence artificielle qu’aujourd’hui. Ils devront continuer à apprendre et à évoluer, ce qui nécessitera de nouvelles données », explique-t-elle.

Des ingénieurs devront ainsi concevoir les automatismes et les algorithmes permettant de créer des structures de données toujours plus performantes et pertinentes.

« Certains profils d’ingénieurs disparaîtront, tandis que d’autres apparaîtront. Je parle principalement des ingénieurs en informatique, compte tenu de ma formation, mais le même phénomène devrait concerner la plupart des secteurs », précise Selma Batti.

Les tâches répétitives seront progressivement remplacées par des automatismes, notamment grâce à l’intelligence artificielle. En revanche, les concepteurs capables d’imaginer et de développer de nouvelles solutions continueront à jouer un rôle essentiel dans tous les domaines.

Ainsi, une chose est sûre : l’IA  ne signe donc pas nécessairement la fin du métier d’ingénieur; mais elle en transforme profondément les contours. Pour la Tunisie, le défi consiste désormais à accompagner cette mutation par la formation, l’investissement et la mise en place d’infrastructures technologiques capables de retenir et de valoriser ses compétences.

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