Lese-Ansicht

Tunisie-Italie | L’IA contre les incendies de forêt

Utiliser l’intelligence artificielle, les données géospatiales, l’imagerie satellitaire, les capteurs et les drones pour prévenir et gérer les incendies de forêt en Méditerranée : tel est l’objectif du projet Forfire-AI. Ce projet était au cœur de l’atelier international intitulé «Prévenir et gérer les incendies de forêt grâce aux coordonnées géospatiales et à l’intelligence artificielle», organisé mardi 8 septembre 2026 à Palerme, en Italie, dans le cadre du programme européen Interreg Next Italie-Tunisie (2021-2027).

Selon l’Université de Palerme, l’initiative vise à renforcer la coopération scientifique et opérationnelle entre les deux rives de la Méditerranée, dans un contexte marqué par une augmentation de la fréquence et de l’intensité des incendies de forêt ainsi que par une exposition croissante des zones forestières aux effets du changement climatique.

D’une durée de trois ans, le projet a débuté le 15 mai 2025 et s’achèvera le 15 mai 2028.

Forfire-AI, acronyme signifiant «Optimisation de la prévention et de la détection des incendies de forêt grâce aux technologies d’IA», dispose d’un budget global de 773 683 euros, dont 696 314,70 euros proviennent de l’Union européenne (UE) et 77 368,30 euros du cofinancement.

Le chef de file du projet est l’École nationale d’ingénieurs de Sousse (Eniso), tandis que le partenariat inclut l’Institut supérieur agronomique de Chott-Mariem, l’Université de Palerme, l’entreprise italienne Seeds et la société tunisienne Robocare.

Identifier les zones les plus exposées et intervenir rapidement

Le projet se concentre sur le développement d’un système d’alerte et d’une plateforme web capables d’intégrer diverses sources d’information — données météorologiques, capteurs, images satellites et données acquises par drone — afin d’identifier les zones les plus exposées au risque et de favoriser une intervention plus rapide.

La plateforme sera expérimentée sur un site pilote en Tunisie et un autre en Sicile, avec pour objectif d’aboutir à des procédures d’alerte reproductibles dans d’autres régions méditerranéennes.

Le volet technologique prévoit également l’utilisation de caméras capables de détecter la fumée et les points chauds à une distance estimée entre cinq et dix kilomètres, tout en les distinguant des phénomènes atmosphériques tels que le brouillard et la brume afin de réduire le nombre de fausses alertes. Une fois un foyer potentiel identifié, le système pourra déployer un drone pour acquérir des images en temps réel et les transmettre aux centres opérationnels, fournissant ainsi des informations utiles pour évaluer rapidement l’étendue de l’incendie et coordonner les opérations. Côté tunisien, les premiers tests sont prévus dans la forêt de Dar Chichou, dans la zone d’El Haouaria (gouvernorat de Nabeul, au nord-est du pays). Le système pourra ensuite être étendu à d’autres zones jugées particulièrement vulnérables, notamment Sejnane, dans le gouvernorat de Bizerte, l’une des zones forestières du nord de la Tunisie les plus exposées au risque d’incendie. En Italie, en revanche, l’expérimentation concernera une zone forestière sicilienne.

Les recherches portent également sur l’utilisation de l’intelligence artificielle pour l’analyse automatisée d’images. L’Université de Palerme a récemment lancé une procédure de sélection pour deux bourses de recherche dédiées précisément à la «mise en œuvre de techniques d’IA pour la détection précoce des incendies par analyse visuelle et modèles efficaces», dans le cadre du projet Forfire-Ai.

De la réponse à l’urgence à la prévention informée

L’activité scientifique concerne aussi la surveillance de l’état des forêts et du stress hydrique. Dans le cadre du projet, des techniques de télédétection fondées sur des images hyperspectrales et radar SAR (Synthetic Aperture Radar) — intégrées à des systèmes d’intelligence artificielle — sont à l’étude pour évaluer l’état des écosystèmes forestiers côtiers méditerranéens et identifier des indicateurs liés au risque d’incendie. L’atelier de Palerme constitue ainsi une étape opérationnelle du projet, visant à articuler recherche universitaire, innovation technologique et gestion concrète des situations d’urgence. Parmi les résultats attendus de Forfire-AI figurent une plateforme numérique, l’intégration de données météorologiques et de surveillance, l’expérimentation sur deux sites pilotes, l’élaboration de procédures d’alerte ainsi que des actions de sensibilisation destinées tant aux décideurs qu’à la population.

La logique du projet consiste à déplacer le centre de gravité de la gestion des incendies : passer d’une simple réponse à l’urgence vers une prévention fondée sur les données. Il s’agit de combiner des informations provenant de sources diverses pour identifier en amont les conditions à risque, localiser plus rapidement les foyers potentiels et fournir aux opérateurs une représentation actualisée du territoire.

À cet égard, Forfire-AI s’inscrit dans une évolution plus large des politiques européennes de gestion des risques, lesquelles accordent une place croissante à la télédétection, aux données satellitaires et à l’intelligence artificielle pour la cartographie et la prévision des incendies.

Selon un document du Parlement européen, l’utilisation coordonnée de données satellitaires, d’informations géospatiales et de la surveillance au sol est considérée comme un outil stratégique pour renforcer les capacités de prévention et d’intervention dans les zones méditerranéennes.

I. B. (avec Agenzia Nova).

L’article Tunisie-Italie | L’IA contre les incendies de forêt est apparu en premier sur Kapitalis.

  •  

Incendies : Plus de 15.000 hectares brûlés cet été, en hausse de 500%

Les incendies de forêt ont pris une ampleur exceptionnelle en Tunisie durant l’été 2026, avec plus de 15.000 hectares brûlés, soit une hausse de plus de 500% par rapport à 2025. La Protection civile a recensé une augmentation de près de 50% du nombre de feux et effectué plus de 14.000 interventions pour lutter contre les incendies entre le 1er juin et le 6 septembre. Les épisodes de forte chaleur ont notamment mobilisé les secours à un niveau inédit en juillet.

Une hausse spectaculaire des superficies brûlées

L’été 2026 a été marqué par une forte aggravation des incendies de forêt. Lors d’une conférence de presse, mardi, à l’Ecole nationale de la protection civile, le président de la direction régionale des opérations et du suivi à l’Office national de la protection civile, le Lieutenant colonel Khalil Mechri, a indiqué que les superficies brûlées ont dépassé 15.000 hectares, contre moins de 2500 hectares durant l’été 2025.

La progression dépasse ainsi 500% sur un an, alors que le nombre d’incendies a augmenté de près de 50%. L’écart entre l’évolution du nombre de feux et celle des superficies touchées traduit surtout la violence et l’étendue de plusieurs incendies majeurs enregistrés durant cette saison.

Plus de 14.000 interventions pour les incendies

Entre le 1er juin et le 6 septembre 2026, les unités de la Protection civile ont réalisé 66.484 interventions, soit 17% de plus que durant la même période de l’année précédente.

Plus de 14.000 interventions ont concerné la lutte contre les incendies. Le mois de juillet a concentré une partie importante de cette activité, avec plus de 23.000 interventions, dont 5532 opérations d’extinction d’incendies.

Les 21, 22 et 23 juillet, les unités ont même dépassé le seuil de 1000 interventions quotidiennes, avec environ 300 interventions consacrées chaque jour à l’extinction des incendies.

Djebel Bargou et Jebel Takrouna particulièrement touchés

Parmi les principaux incendies enregistrés cet été, celui de Djebel Bargou, dans le gouvernorat de Siliana, a ravagé environ 2000 hectares.

Le bilan est encore plus important à Jebel Takrouna, à Sakiet Sidi Youssef dans le gouvernorat du Kef, où près de 9000 hectares ont été ravagés par les flammes.

La situation dans les zones frontalières a également nécessité une coordination avec les autorités algériennes, des incendies ayant été enregistrés des deux côtés de la frontière.

Un dispositif renforcé face aux épisodes extrêmes

Pour faire face à la multiplication des départs de feu, la Protection civile a renforcé ses moyens humains et matériels. Les effectifs ont notamment été doublés selon un système de travail adapté, tandis que la réserve centrale a été renforcée par dix camions de pompiers transférés depuis des gouvernorats du Sud et du Centre moins touchés par les incendies.

Un système de volontariat a également été activé au sein des unités régionales afin de renforcer les équipes mobilisées, notamment dans le gouvernorat du Kef.

La Protection civile souligne par ailleurs la coordination avec les services forestiers, les forces de sécurité et de la Garde nationale, les municipalités ainsi que l’armée de l’air.

Lire aussi :

L’article Incendies : Plus de 15.000 hectares brûlés cet été, en hausse de 500% est apparu en premier sur webdo.

  •  
❌