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EuroMed Droits appelle à la libération immédiate de Mohamed Yousfi

EuroMed Droits exprime sa profonde préoccupation à la suite de l’émission d’un mandat de dépôt à l’encontre du journaliste Mohamed Yousfi, rédacteur en chef du site d’information Al Katiba, et appelle à sa libération immédiate.

Mohamed Yousfi a été arrêté alors qu’il se rendait dans les locaux de la radio Express FM pour participer à une émission radiophonique, puis placé en garde à vue.

Le jour de son arrestation, Mohamed Yousfi avait subi une intervention chirurgicale urgente. Malgré les douleurs importantes dont il souffrait, il a été interrogé et le juge d’instruction a ensuite émis, le mercredi 8 septembre, un mandat de dépôt à son encontre.

EuroMed Droits exprime sa profonde inquiétude face à cette affaire, qui s’inscrit dans une tendance croissante de restrictions systématiques visant les voix indépendantes et critiques, notamment les journalistes, les syndicalistes, les responsables politiques, les défenseur·e·s des droits humains et les acteurs de la société civile.

Les avocats de la défense ont notamment affirmé que le dossier ne contenait aucun document, aucune preuve, ni même le moindre commencement de preuve justifiant l’émission d’un mandat de dépôt à son encontre.

L’affaire de Mohamed Yousfi s’inscrit dans un contexte plus large de ciblage des journalistes tunisiens indépendants. D’autres journalistes sont actuellement détenus ou font l’objet de poursuites judiciaires, notamment Mourad Zeghidi, Borhen Bsaïss et Zied El Héni.

EuroMed Droits condamne également le climat d’intimidation, de stigmatisation et de diffamation visant les journalistes et les voix critiques, et souligne que ces pratiques sont contraires à la liberté de la presse et au droit des citoyen·ne·s d’accéder à l’information.

EuroMed Droits appelle les autorités tunisiennes à :

  • Libérer immédiatement Mohamed Yousfi et poursuivre l’enquête à son encontre en état de liberté ;
  • Garantir le respect de la présomption d’innocence, des droits de la défense et du droit à un procès équitable ;
  • Mettre fin à l’utilisation abusive du droit pénal contre les journalistes en raison de l’exercice de leur profession et de leur droit à la liberté d’expression ;
  • Garantir un environnement sûr et indépendant permettant aux journalistes d’exercer leur profession sans menaces, intimidations ni poursuites arbitraires.

Communiqué

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Affaire Mrabet | Deux nouveaux suspects arrêtés, l’enquête se poursuit

Les agents de la Brigade centrale de lutte contre les stupéfiants de la Garde nationale de Laouina ont interpellé deux autres individus dans le cadre de l’affaire liée à l’avocat Ghazi Mrabet.

L’enquête pour trafic de drogue et de blanchiment d’argent se poursuit indique une source judiciaire citée par Mosaïque FM, ce mardi 9 septembre 2026, en précisant que les deux nouveaux suspects ont été placés en garde à vue sur ordre du Parquet près le Tribunal de première instance de Tunis.

Pour rappel, la justice a reconduit, hier, la garde à vue de l’avocat Ghazi Mrabet pour cinq jours supplémentaires, sachant que ce dernier a été arrêté au domicile de son client, un trafiquant de dtogue recherché et condamné par contumace à 40 ans de prison.

Y. N.

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CHU de Nabeul : « Easy Queue » doit entrer en service la semaine prochaine

Le système électronique de gestion des files d’attente « Easy Queue » installé au CHU Mohamed-Tahar-Maamouri de Nabeul devrait entrer en exploitation dès la semaine prochaine, alors que les travaux d’installation ont atteint 90%. Le dispositif vise à organiser le passage des patients aux bureaux d’accueil et aux consultations externes, dans un établissement qui reçoit quotidiennement entre 1500 et 1800 patients en consultation externe.

Un ticket pour organiser le parcours du patient

Concrètement, « Easy Queue » repose sur des bornes électroniques destinées à distribuer des tickets aux patients. Ces tickets doivent permettre de déterminer l’ordre de passage et d’orienter les patients vers le service ou la consultation concernés, afin de réduire les attroupements devant les guichets.

Selon le directeur général de l’établissement, Rachdi Ben Harath, le système est actuellement installé à hauteur de 90% et son exploitation est prévue « à partir de la semaine prochaine ». L’objectif affiché est de réduire l’encombrement, d’améliorer l’organisation des priorités et de fluidifier les démarches administratives.

Le dispositif intervient dans un contexte de forte fréquentation. Le bureau d’accueil unique de l’hôpital reçoit entre 1500 et 1800 patients par jour pour les consultations externes. À ce niveau de fréquentation, la gestion des files constitue un enjeu important, notamment aux heures de pointe.

Une numérisation déjà engagée

« Easy Queue » ne constitue toutefois pas la première étape de la digitalisation du parcours des patients au CHU de Nabeul. Depuis octobre 2025, l’établissement a mis en place des tableaux d’enregistrement électroniques destinés notamment aux patients disposant déjà d’un rendez-vous.

Cette solution a permis, selon la direction, d’enregistrer environ 30% des patients, avec une réduction relative des files devant le guichet unique. Le nouveau système doit donc compléter cette première expérience en prenant en charge la gestion physique de l’attente et l’orientation des patients.

L’établissement prévoit également la construction d’un bureau d’accueil supplémentaire, destiné à répartir les patients entre plusieurs points selon les consultations concernées. Ce nouvel espace doit notamment prendre en charge les patients orientés vers les services d’analyses médicales et d’imagerie.

Le véritable test commencera après le lancement

L’annonce de la mise en service constitue une étape importante, mais son efficacité devra surtout être mesurée sur le terrain. Le principal indicateur sera l’évolution du temps d’attente réel entre l’arrivée du patient, l’enregistrement et l’accès à la consultation.

Il faudra également préciser, après le démarrage, quelles consultations seront couvertes par « Easy Queue », selon quels horaires le système fonctionnera et comment seront accompagnées les personnes âgées ou celles peu familiarisées avec les dispositifs électroniques.

La coexistence entre les patients utilisant la préinscription électronique et ceux se présentant directement à l’hôpital constituera également un point à surveiller. Avec près de 30% des patients déjà concernés par l’enregistrement électronique, la coordination entre les deux dispositifs sera déterminante pour éviter de déplacer les files plutôt que de les réduire.

À ce stade, la mise en service reste annoncée pour la semaine prochaine : son impact sur les délais d’attente ne pourra donc être évalué qu’après les premières semaines de fonctionnement.

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La FAPaJ appelle à libérer le journaliste tunisien Mohamed El Yousfi  

La Fédération des journalistes d’Asie-Pacifique (FAPaJ) exhorte le président tunisien à prendre des mesures immédiates pour obtenir la libération du journaliste Mohamed El Yousfi, arrêté le 4 septembre 2026 devant les locaux d’Express FM alors qu’il s’apprêtait à participer à une émission sur la politique de l’eau en Tunisie.

La FAPaJ, qui regroupe des représentants d’organisations de journalistes de cinq sous-régions d’Asie-Pacifique — Pacifique, Asie de l’Ouest, Asie de l’Est, Asie du Sud et Asie centrale — exprime sa solidarité avec El Yousfi, le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) et l’ensemble des journalistes en Tunisie.

Rappelons qu’El Yousfi, a été conduit à la Troisième brigade centrale d’enquête sur les crimes financiers complexes de la Garde nationale, à El Aouina, et placé en garde à vue le samedi 5 septembre.

Selon les informations recueillies par le SNJT auprès de son équipe juridique, une enquête a été ouverte sur la base de publications Facebook.

El Yousfi a également été interrogé sur son travail journalistique et sur la ligne éditoriale d’Alqatiba, l’un des principaux médias indépendants de Tunisie dont il est le rédacteur en chef.

Son arrestation fait suite à une campagne de dénigrement et d’incitation à la haine menée à son encontre sur les réseaux sociaux par des groupes se réclamant du régime en place depuis 2021.

El Yousfi est le dernier journaliste en date à être emprisonné en Tunisie en raison de son travail ou de ses prises de position publiques. Il rejoint Mourad Zeghidi et Borhen Bsaïes, détenus depuis mai 2024 et condamnés à de lourdes peines de prison, ainsi que Zied El Heni, arrêté en avril 2026 et condamné à un an de prison pour avoir critiqué une décision de justice.

La FAPaJ appelle le président Saïed à agir avec détermination et à garantir la libération immédiate et inconditionnelle de Mohamed El Yousfi. Les autorités doivent cesser de recourir aux arrestations, aux détentions, à l’intimidation et aux poursuites judiciaires pour réduire les journalistes au silence et entraver le travail journalistique légitime, souligne l’organisation.

L’emprisonnement de journalistes pour leur travail ou l’expression d’opinions critiques menace le journalisme indépendant et porte atteinte au droit du public à l’information, ajoute-t-elle.

Le journalisme n’est pas un crime, et les journalistes ne doivent jamais faire l’objet d’emprisonnement ou de représailles pour le simple fait d’exercer leur métier, rappelle la FAPaJ, qui exprime sa solidarité avec Mohamed El Yousfi et tous les journalistes confrontés à la persécution en Tunisie.

Nous exhortons le président de la Tunisie à défendre la liberté de la presse, à protéger les journalistes et à garantir qu’ils puissent travailler librement, en toute indépendance et en toute sécurité, sans crainte d’arrestation ou de répression, souligne encore l’organisation.

I. B.

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Tunisie | Les enseignants du supérieur montent au créneau  

La Fédération générale de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique (FGESRS) relevant de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) exige l’ouverture immédiate de négociations sérieuses concernant les statuts particuliers des corps enseignants, ainsi qu’une augmentation de la prime de rentrée universitaire à hauteur d’un mois de salaire.

Dans un communiqué publié à l’occasion de l’ouverture de l’année universitaire 2026-2027, ce mercredi 9 septembre 2026, la Fédération a précisé que les négociations espérées devaient s’accompagner de la promulgation des statuts et de la mise en œuvre de leurs incidences financières. Elle a aussi insisté sur la nécessité de verser la prime avant le début des cours et a réaffirmé l’importance d’une approche participative dans le traitement des dossiers de mutation et de mise en position de non-activité.

Le syndicat a également souligné l’importance de finaliser les procédures de recrutement et les promotions en attente afin de renouveler les effectifs au sein des établissements universitaires et de réduire le nombre de docteurs sans emploi.

Dans ce même contexte, la FGESRS a appelé à la mise en place d’un mécanisme national participatif pour examiner les recours et résoudre les litiges liés aux concours.

La Fédération se penche sur des questions spécifiques concernant le corps enseignant, notamment l’amélioration des conditions salariales et la revalorisation des rémunérations.

Anticipant les conséquences négatives potentielles liées aux annonces concernant la rentrée universitaire 2026-2027, le syndicat a insisté sur la nécessité d’agir en amont de la rentrée et souligné l’importance d’une approche participative concernant les mutations et les affectations.

Le syndicat préconise également la finalisation des procédures de recrutement et de promotion afin de stabiliser les effectifs au sein des établissements universitaires et de résorber le chômage des docteurs. Dans ce contexte, il a demandé la mise en place d’un dispositif de concertation nationale pour examiner la situation et définir les mesures appropriées.

Cependant, et étant donné les liens distendus actuels entre le gouvernement et la centrale syndicale, il y a peu de chance que les revendications des enseignants évoquées ci-haut soient satisfaites. Il va donc falloir aux responsables syndicaux de penser dès à présent à l’étape suivante.    

I. B.  

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Quand la BCT prêtait déjà à l’État, et changeait la dette tunisienne de camp

Dette publique, financement monétaire, souveraineté : en 2024, l’emprunt intérieur de l’État tunisien a bondi de 75 pour cent, l’extérieur s’est effondré de 57. Au cœur de ce basculement, la Banque centrale a prêté 6,7 milliards de dinars directement au Trésor. Le rapport de la Cour des comptes le chiffre, sans le commenter. Le rapport […]

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Textile tunisien: 5 PME se préparent aux nouvelles exigences européennes

Le textile tunisien se prépare à de nouvelles exigences environnementales, notamment sur son principal marché extérieur. Le Centre technique du textile (Cettex), en partenariat avec la Fédération tunisienne du textile et de l’habillement (FTTH), lance en Tunisie la 2e phase du programme InTex, porté par le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) et financé par l’Union européenne.

Prévue de juin 2026 à avril 2028, cette nouvelle phase doit accompagner les entreprises dans l’évolution de leurs pratiques de production et dans leur passage vers un modèle plus circulaire. Le programme prévoit notamment un plan d’action pour la transition verte du textile-habillement, des formations destinées aux industriels et un accompagnement individuel de cinq PME.

Le choix de ces axes répond aussi à une évolution du marché européen. L’Union européenne a importé 2,5 milliards d’euros de textiles depuis la Tunisie en 2025, soit 19% de ses importations de biens tunisiens. Plus largement, l’UE a représenté 73% des exportations tunisiennes l’an dernier.

Pour les entreprises qui travaillent avec des donneurs d’ordre européens, la question environnementale prend donc une dimension commerciale. Il ne s’agit plus seulement de réduire la consommation d’eau, d’énergie ou de produits chimiques, mais aussi d’être capable de mesurer les impacts liés à la fabrication d’un produit et d’en fournir les données. C’est précisément l’un des objectifs d’InTex II. Les industriels seront notamment formés à l’analyse du cycle de vie (ACV) et à la méthode européenne Product Environmental Footprint (PEF), qui permet d’évaluer les impacts environnementaux d’un produit sur l’ensemble de son cycle de vie. Le programme doit également renforcer les connaissances des entreprises sur les nouvelles règles européennes en matière d’écoconception. Le PNUE indique que cette approche doit aider les PME à identifier les principaux impacts de leurs produits et à mettre en place des mesures concrètes pour les réduire.

Pour les 5 PME accompagnées individuellement en Tunisie, le travail portera notamment sur l’énergie, l’eau, les produits chimiques et la durabilité des produits. L’objectif est ainsi de passer d’une démarche générale de sensibilisation à des mesures directement applicables dans les entreprises.

Cette préparation intervient alors que le textile et l’habillement figurent parmi les secteurs prioritaires du règlement européen sur l’écoconception des produits durables, ou ESPR. La Commission européenne travaille notamment à la mise en place d’un passeport numérique des produits textiles, qui doit améliorer la traçabilité et l’accès aux informations sur les produits. Les données pourraient notamment concerner la composition des fibres, l’origine, la réparation, la réutilisation, le recyclage et certaines informations liées à la durabilité. Pour le textile tunisien, cette évolution européenne est loin d’être théorique. Une partie importante de la production est destinée au marché européen, ce qui rend la capacité à documenter les procédés et les performances environnementales de plus en plus importante dans la relation avec les clients.

Rappelons que le programme InTex ne concerne pas uniquement la Tunisie. Lancé à l’origine en Afrique, avec des activités au Kenya, en Tunisie et en Afrique du Sud, il s’est ensuite étendu à l’Inde et à l’Indonésie.

En Tunisie, la première phase d’InTex, menée entre septembre 2020 et janvier 2025, avait permis à 32 PME d’appliquer la méthodologie d’éco-innovation du PNUE. Dix analyses du cycle de vie selon la méthode PEF avaient également été réalisées, tandis que 230 représentants d’entreprises avaient été formés à l’ACV et aux principes de circularité. La deuxième phase doit désormais aller plus loin dans l’accompagnement des entreprises et dans la mise en œuvre de solutions concrètes.

 

 

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Moi, président(e)… Fatma Bouvet de la Maisonneuve : « J’abolirais les frontières car l’histoire nous apprend que toute frontière est faite pour être franchie »

Psychiatre, écrivaine et présidente de l’Institut d’Études et d’Actions Citoyennes, Fatma Bouvet de la Maisonneuve porte un regard sans concession sur les fractures de la société française. Après avoir sillonné la France en 2025 pour présenter son dernier ouvrage, cette…

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Une panne informatique sème le chaos dans les aéroports britanniques

Après une journée de chaos dans les aéroports britanniques, le trafic aérien reste perturbé mercredi 9 septembre à la suite d’une importante panne technique ayant affecté le système de contrôle aérien du Royaume-Uni.

La défaillance, survenue mardi 8 septembre, a touché le système de traitement des données de National Air Traffic Services (NATS), l’organisme chargé du contrôle de la circulation aérienne britannique. Elle a provoqué des restrictions importantes dans plusieurs grands aéroports, notamment Heathrow, Gatwick, Manchester et Birmingham.

Selon les données de Flight Radar24, environ 1 300 vols ont été annulés mardi. Tandis que des centaines d’autres ont subi des retards. Pour ce mercredi, au moins 177 vols avaient déjà été supprimés; alors que les compagnies aériennes s’efforçaient de repositionner leurs appareils et leurs équipages.

NATS a indiqué avoir identifié le problème et mis en place une solution permettant au système de reprendre progressivement son fonctionnement.

Les autorités et les professionnels du secteur soulignent que l’incident ne correspond pas exactement aux précédentes perturbations majeures ayant frappé le contrôle aérien britannique. La panne de mardi est liée à un problème technique du système de traitement des données de vol de NATS. Alors que l’incident de 2023 avait notamment affecté le traitement automatique des plans de vol et provoqué une paralysie beaucoup plus large du trafic aérien.

Cette nouvelle défaillance ravive néanmoins les interrogations sur la robustesse des infrastructures britanniques de contrôle aérien. En 2024, l’autorité britannique de l’aviation civile avait déjà demandé à NATS de revoir ses dispositifs de secours après l’incident de 2023.

L’Autorité britannique de l’aviation civile a annoncé qu’elle examinerait les circonstances de la panne et déterminerait si des mesures supplémentaires étaient nécessaires.

Si le système de contrôle aérien fonctionne désormais normalement, les conséquences de la panne pourraient donc se prolonger plusieurs jours. Le déplacement des avions et des équipages, ainsi que l’accumulation des retards et des annulations, rendent en effet le retour à un programme normal particulièrement difficile…

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Atlasarts : huit artistes marocains en route pour Paris

Le nouveau programme de résidence porté par le Maroc, la Cité internationale des arts et l’Institut français du Maroc veut offrir à huit créateurs un temps de recherche, de création et de rencontres à Paris. Les candidatures sont ouvertes jusqu’au…

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Chiffre de la semaine : victoire historique de l’extrême droite allemande à 44% en Saxe-Anhalt

L’Alternative pour l’Allemagne (AfD) est devenue aux législatives de 2025 le premier parti d’opposition du pays. Dimanche dernier, cette formation antimigrants, russophile et pro-Trump a confirmé sa place sur l’échiquier politique du pays : elle a revendiqué une victoire historique…

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Tunisie-Europe | Tension diplomatique et risque économique

Banques, financement, technologie : pourquoi Tunis doit renforcer ses marges de manœuvre sans tourner le dos à l’Europe. Il faut prendre acte d’un changement de registre. Le 8 septembre 2026, à Genève, devant le Conseil des droits de l’homme des Nations unies, l’Union européenne (UE) a exprimé publiquement ses inquiétudes concernant la situation politique et civique en Tunisie, évoquant notamment une «érosion de l’État de droit» et un «rétrécissement de l’espace civique», tout en appelant au «rétablissement de l’État de droit».

Abdelwaheb Ben Moussa *

Cette déclaration intervient quelques jours après la confirmation, le 3 septembre, des condamnations dans l’affaire dite du «complot» et après une première réaction européenne portant notamment sur les garanties des procédures judiciaires.

Bruxelles a par ailleurs annoncé son intention de porter ces questions devant le prochain Conseil d’association UE-Tunisie. Il serait toutefois réducteur de considérer cette séquence comme une simple controverse diplomatique. Le véritable enjeu est désormais de savoir comment une tension politique peut se transmettre — ou non — aux mécanismes économiques qui relient la Tunisie à son principal espace commercial, financier et technologique.

Depuis le Mémorandum d’entente de juillet 2023, le partenariat UE-Tunisie s’est largement structuré autour d’intérêts communs : migration, sécurité, stabilité économique, énergie et coopération. La séquence actuelle introduit une dimension supplémentaire. L’UE réaffirme désormais publiquement que le partenariat comporte également une dimension normative. Cela ne signifie pas mécaniquement sanctions, rupture commerciale ou fermeture des financements. Mais cela peut modifier la perception du risque. Et dans une économie fortement interconnectée, la perception du risque peut elle-même produire des effets économiques.

Les principaux canaux : la banque et la technologie

Le risque le plus crédible n’est pas nécessairement celui d’une rupture brutale. Il peut être beaucoup plus diffus : davantage de contrôles, des procédures plus longues, une vigilance accrue sur la gouvernance, les flux transfrontaliers et l’environnement institutionnel.

Lorsque l’incertitude augmente, les acteurs financiers ont naturellement tendance à renforcer leurs dispositifs de protection. Pour une économie comme la Tunisie, cette friction peut devenir coûteuse.

Le financement du commerce extérieur, les garanties, les correspondances bancaires, les lignes de crédit, les investissements et les opérations en devises forment en effet une chaîne étroitement interdépendante. Quelques degrés supplémentaires de friction sur chacun de ces maillons peuvent finir par peser sur l’ensemble de l’économie. La question n’est donc pas seulement celle du volume des échanges avec l’Europe. Elle est aussi celle de l’infrastructure financière qui permet à ces échanges de fonctionner.

Le même raisonnement vaut pour l’écosystème numérique. La proximité avec l’Europe constitue l’un des principaux atouts de la Tunisie : ingénieurs, développeurs, centres de services, sous-traitance, nearshoring, co-développement et startups. Mais une proximité économique ne doit pas devenir une dépendance à faible valeur ajoutée.

Le véritable risque n’est pas nécessairement celui d’un départ massif des entreprises européennes. Il est plus progressif : voir les activités à forte valeur ajoutée, les sièges sociaux, les financements et la propriété intellectuelle se localiser ailleurs, tandis que la Tunisie conserve principalement les fonctions d’exécution.

Produire de la technologie en Tunisie n’est pas encore la même chose que posséder la valeur créée par cette technologie. La question stratégique est donc celle de la propriété intellectuelle, des brevets, des données, des plateformes, des financements et de la capacité à faire émerger des entreprises tunisiennes capables de conserver une part significative de la valeur créée.

Eviter le piège du repli et construire des amortisseurs

La réponse ne peut être ni la rupture avec l’Europe ni le repli économique. La Tunisie a tout intérêt à maintenir et approfondir son partenariat européen. Mais elle a également intérêt à diversifier ses marchés, ses sources de financement, ses partenariats technologiques et ses débouchés.

La souveraineté économique ne signifie pas ne dépendre de personne. Elle signifie disposer de suffisamment de marges de manœuvre pour pouvoir choisir ses dépendances. La diversification n’est donc pas un rejet de l’Europe. Elle est la condition d’un partenariat plus équilibré avec l’Europe.

La séquence actuelle devrait surtout accélérer plusieurs chantiers.

– renforcer la résilience bancaire : les banques tunisiennes doivent disposer de systèmes de conformité, de gouvernance, de gestion des risques et de traçabilité capables de répondre aux exigences internationales les plus élevées. L’objectif est de rendre le risque tunisien mesurable, documenté et maîtrisable, plutôt que de laisser les perceptions extérieures le définir seules ;

– protéger davantage la valeur technologique créée en Tunisie ; former des ingénieurs pour répondre à la demande extérieure ne suffit plus. Il faut créer les conditions permettant à ces compétences de construire en Tunisie des entreprises, des produits, des brevets et des plateformes dont la valeur économique reste, pour une part significative, sur le territoire national ;

– diversifier activement les partenariats : Europe, Afrique, Royaume-Uni, Moyen-Orient et Asie ne doivent pas être considérés comme des alternatives exclusives, mais comme les composantes d’une stratégie de diversification. Un pays qui dispose de plusieurs débouchés négocie différemment d’un pays qui n’en possède qu’un ;

– enfin, reconnecter souveraineté énergétique et souveraineté économique : une Tunisie fortement dépendante de ses importations énergétiques reste exposée aux besoins de devises, aux financements extérieurs et aux chocs internationaux. Chaque progrès en matière d’efficacité énergétique, d’énergies renouvelables, de production nationale et de valorisation des ressources réduit donc une vulnérabilité extérieure.

La souveraineté énergétique n’est pas un slogan. Elle constitue une composante de la souveraineté financière, qui conditionne à son tour la marge de manœuvre stratégique du pays.

Ne pas attendre que le risque devienne une facture

La Tunisie ne peut pas contrôler le registre dans lequel ses partenaires européens choisissent désormais de s’exprimer. Elle peut en revanche contrôler son propre niveau de vulnérabilité, renforcer ses banques, sécuriser ses infrastructures numériques ; retenir davantage de propriété intellectuelle ; diversifier ses marchés ; et réduire sa dépendance énergétique ; et améliorer la qualité et la prévisibilité de son environnement économique et institutionnel.

Surtout, elle peut cesser de concevoir la souveraineté uniquement comme une posture défensive. La souveraineté moderne est une architecture d’exécution. Elle consiste à disposer de suffisamment de ressources, de compétences, de technologies, de financements et de partenaires pour que la pression extérieure — quelle qu’en soit l’origine — ne puisse pas se transformer facilement en vulnérabilité intérieure.

L’Europe a changé de registre. À la Tunisie de changer d’échelle. Non pas en rompant avec l’Europe, elle n’en ni l’intérêt ni les moyens, mais en faisant en sorte que le partenariat avec l’Europe soit un choix stratégique — et non une nécessité subie.

* Ingénieur informatique, cadre de banque publique.  

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Industrie cosmétique : l’urgence d’une réforme pour sauver le Made in Tunisia

Le Made in Tunisia cosmétique a toutes les cartes en main pour devenir une marque de confiance, synonyme d’innovation et de qualité. Encore faut-il que l’État accompagne cette ambition par des réformes structurelles urgentes.

Les derniers chiffres de décembre 2025 fournis par la CONECT montrent que le secteur cosmétique représente aujourd’hui un chiffre d’affaires de près de 1,6 milliard de dinars et génère environ 10 000 emplois directs. Derrière ces chiffres se cache une industrie freinée par un environnement fiscal, réglementaire et logistique de plus en plus contraignant.

Joints par nos soins, des industriels du cosmétique disent faire face à une pression fiscale lourde, à savoir un droit de consommation de 25 % appliqué sur plusieurs catégories de produits (parfums, soins de la peau, maquillage), qu’ils soient importés ou fabriqués localement. Il en va de même des droits de douane élevés sur les matières premières et les emballages importés; alors que la plupart des intrants ne sont pas disponibles localement. Et un monopole d’importation de matière première stratégique, qui limite le choix qualitatif, alourdit les procédures et renchérit les coûts.

Le virage du naturel : une ambition, mais un parcours du combattant

Au-delà de ce diagnostic, la tendance mondiale est claire : l’Europe et les États-Unis s’orientent massivement vers le naturel et le bio. En Tunisie, la volonté est là, mais les obstacles sont nombreux. Sollicitée par la rédaction de leconoministemaghrebin.com, Alya Belkhodja, présidente du groupement professionnel des industriels des produits cosmétiques (CONECT) et gérante de Moline, revient sur la difficulté d’accès à des matières premières naturelles certifiées, la plupart des fournisseurs étant à l’étranger.

Elle rappelle que le processus de certification long (pouvant aller jusqu’à 10 mois) et coûteux, nécessite des audits et un suivi rigoureux. Elle souligne l’absence d’un cadre juridique définissant et encadrant les notions de « naturel » et de « bio », contrairement à d’autres marchés. Ce qui fait que cette situation rend l’export vers l’Europe particulièrement difficile. Alors même que les exigences en matière de certification naturelle y sont devenues la norme.

Le poids d’une fiscalité « punitive »

Le premier coupable de cette hémorragie porte un nom : le droit de consommation. Instauré en 2018, cette taxe de 25 % frappe les codes tarifaires 3303 et 3304, c’est-à-dire les parfums, les soins de la peau, le maquillage et les écrans solaires. « Une crème hydratante ou un écran solaire ne sont pas des produits de luxe » insiste Alya Belkhodja. Ce sont des biens de première nécessité, surtout sous notre climat.

Dans un monde où le  » clean beauty » et le « naturel certifié » sont devenus des standards, la Tunisie accuse un retard structurel. « La tendance mondiale est claire : l’Europe et les États-Unis s’orientent à 100 % vers le naturel » constate Alya Belkhodja. « Tandis que chez nous, obtenir une certification comme Ecocert, c’est un parcours du combattant » ajoute-t-elle.

Les raisons ? Un accès difficile à des matières premières naturelles certifiée. Car il faut rappeler que le  processus de certification long (jusqu’à 10 mois) et coûteux, nécessitant des audits rigoureux. Et surtout, l’absence d’un cadre juridique  définissant et encadrant les notions de « naturel » et de « bio ».

Génération Alpha : quand le fossé culturel rencontre le marché du travail

Au-delà des aspects fiscaux et réglementaires, le secteur fait face à un défi humain, révélateur d’une mutation sociétale plus large. « Recruter des jeunes diplômés, c’est devenu un casse-tête » confie une gérante d’usine. « Ils sont brillants, curieux, mais ils ne tiennent pas deux mois. Dès qu’on leur parle de responsabilité, de rigueur, de processus, ils se sentent étouffés. »

Le phénomène, baptisé « génération Alpha », dépasse largement les frontières du cosmétique. « C’est un gap générationnel, » Alya Belkhodja. « Ces jeunes ont grandi avec les réseaux sociaux, l’instantanéité, le zapping. Ils ne conçoivent pas de rester huit heures dans un bureau ou un laboratoire. Ils veulent du sens, de la flexibilité, mais sans engagement. »

Conséquence : les entreprises peinent à trouver des profils expérimentés, dont le coût salarial est élevé. « Un ingénieur qui touche 3 000 dinars nets me coûte au minimum 4 500 dinars par mois, charges comprises, transporte et téléphone non inclus » détaille une industrielle. « Et encore, ce n’est pas suffisant pour le retenir » constate-t-elle.

Deux visions de la marque : marketing viral vs construction durable

Dans l’écosystème cosmétique, deux philosophies s’affrontent. D’un côté, les marques « influenceuses », qui misent tout sur le marketing digital, les campagnes virales et les collaborations avec des stars des réseaux sociaux. De l’autre, les marques  » bâtisseuses », qui privilégient la recherche, la qualité des formules, la confiance et la fidélité des clients sur le long terme.

Pour Alya Belkhodja, on ne cherche pas le gain rapide. On construit une industrie, une réputation, une relation de confiance avec les clients.

Appel aux décideurs : trois réformes urgentes

Face à cette situation, les industriels ont un message clair adressé aux décideurs économiques et législatifs :

  • Supprimer le droit de consommation de 25 % sur les produits de soins de la peau, requalifiés en biens de première nécessité.
  • Alléger la fiscalité sur les matières premières importées, en alignant les droits de douane sur les standards internationaux (0–5 %).
  • Mettre en place un cadre réglementaire spécifique au secteur cosmétique, incluant une définition légale des cosmétiques naturels et bio, et une ouverture à la concurrence pour l’importation de l’alcool.

Nous avons les compétences, les équipements et les laboratoires nécessaires pour produire des produits de qualité dans un circuit formel » martèle Alya Belkhodja. « Le Made in Tunisia a toutes les cartes en main pour devenir une marque de confiance, synonyme d’innovation et d’excellence. Mais il faut que l’État nous donne les moyens de jouer à armes égales. »

Pendant que les industriels  multiplient les appels à la réforme, « le consommateur tunisien est pris en otage, conclut Alya Belkhodja. Il mérite des produits sûrs, de qualité, à des prix accessibles. Mais tant que le cadre fiscal et réglementaire restera aussi lourd, le circuit parallèle continuera de gagner du terrain » conclut-elle.

Reste une question : le Made in Tunisia cosmétique résistera-t-il encore longtemps à cette triple pression fiscale, réglementaire et générationnelle ? Les industriels ont les compétences, les équipements et la volonté.

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Route migratoire atlantique : 1 046 personnes migrantes sauvées en une semaine

Moins médiatisée que les parcours migratoires méditerranéens, la route migratoire atlantique d’Afrique de l’Ouest reste très empruntée et particulièrement dangereuse.   Fin août, en une semaine, 1 046 personnes migrantes qui tentaient de rallier les îles Canaries ont été secourues.…

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Algérie: Le ministère de l’Agriculture entame l’indemnisation des agriculteurs

Le ministère de l’Agriculture, du Développement rural et de la Pêche a entamé, mardi, l’indemnisation des agriculteurs et des éleveurs ayant subi des pertes dans différentes activités agricoles suite aux récents incendies, indique un communiqué du ministère. L’opération intervient en application des instructions du président de la République, M. Abdelmadjid Tebboune, visant à accélérer l’indemnisation […]

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Changement climatique : il est temps d’envisager la proclamation d’un «état d’urgence», selon l’expert Hamdi Hached

Les effets du changement climatique ne relèvent désormais plus d’un scénario exceptionnel, ils s’imposent progressivement comme une réalité concrète de notre quotidien. Partout dans le monde, les signes du dérèglement climatique se multiplient, avec une hausse des températures, une fréquence accrue des épisodes de chaleur extrême et des phénomènes météorologiques de plus en plus intenses.

La Tunisie n’échappe pas à cette réalité climatique. L’été 2026, marqué par des températures exceptionnellement élevées, des épisodes de chaleur intense et une demande énergétique record, en a apporté la preuve.

Une interrogation s’impose désormais, si les effets du changement climatique sont déjà perceptibles aujourd’hui, que nous réservent les prochains mois et, surtout, les prochaines années ?

Face à ces interrogations, Hamdi Hached, ingénieur en environnement, a estimé dans une interviewaccordée au journal «Le Temps», que l’inquiétude suscitée par l’ampleur des bouleversements climatiques actuels est parfaitement légitime.

«Même en tant qu’expert, je dois reconnaître que je suis quelque peu préoccupé par les évolutions auxquelles nous sommes confrontés et, surtout, par leurs impacts. Ce qui m’inquiète davantage, c’est l’absence, jusqu’à présent, d’actions suffisamment concrètes et visibles pour faire face à cette situation», a-t-il relevé.

Un été 2027 potentiellement plus chaud et plus intense

S’agissant des perspectives pour les prochains mois et les prochaines années, l’ingénieur estime que l’été 2027 pourrait être difficile, voire «historique», avec un risque de températures encore plus élevées que celles enregistrées durant l’été 2026. Les vagues de chaleur pourraient également être plus longues et plus intenses que celles observées cette année.

«Mais le véritable enjeu ne réside pas uniquement dans l’évolution des températures. Il concerne surtout leurs conséquences et l’ampleur des impacts qu’elles pourraient avoir sur la population, les ressources naturelles, les infrastructures et les différents secteurs», a-t-il souligné.

À court terme, les effets des épisodes de chaleur enregistrés durant l’été pourraient également se faire sentir au cours des prochains mois.

L’expert met notamment en garde contre les mois de novembre, décembre et janvier, qui pourraient connaître des épisodes climatiques particulièrement marqués. Ceux-ci pourraient prendre différentes formes, allant de précipitations très importantes à des périodes de chaleur inhabituelle durant l’hiver.

Selon lui, il ne s’agirait pas nécessairement de vagues de chaleur au sens strict du terme, mais plutôt de températures exceptionnellement élevées par rapport aux normales saisonnières. Autrement dit, même durant les mois d’hiver, la Tunisie pourrait connaître des épisodes de chaleur inhabituels, avec des températures supérieures à celles généralement enregistrées à cette période de l’année.

Au-delà de ce constat, Hamdi Hached appelle à renforcer la réponse institutionnelle face à l’urgence climatique. Il estime ainsi qu’il est désormais temps d’envisager la proclamation d’un «état d’urgence climatique» en Tunisie. «40 pays à travers le monde ont déjà proclamé un état d’urgence climatique», a-t-il indiqué.

Une telle décision, d’après lui, permettrait notamment de faciliter et d’accélérer les procédures administratives nécessaires au développement et à l’adaptation des infrastructures, afin de mieux répondre aux nouvelles contraintes imposées par le changement climatique.

«Les changements observés ne relèvent pas d’un phénomène temporaire»

«Malheureusement, les changements observés aujourd’hui ne relèvent pas d’un phénomène temporaire. Cette évolution s’inscrit dans une tendance qui a commencé à se manifester plus nettement dès 2021-2022, avec ce que l’on peut qualifier d’accélération climatique», a expliqué Hamdi Hached.

Il a indiqué que la période de la Covid-19 a pu, dans une certaine mesure, retarder certains effets du dérèglement climatique. «Depuis 2021, nous observons une augmentation progressive de l’intensité des phénomènes extrêmes», a-t-il ajouté.

Il ne s’agit donc plus d’événements isolés ou exceptionnels, mais d’une évolution qui semble s’inscrire dans la durée et à laquelle les sociétés devront désormais apprendre à s’adapter.

«Cette situation n’est pas irréversible et peut être mieux anticipée et gérée, à condition de s’y préparer dès aujourd’hui. Cela passe notamment par le renforcement de la sensibilisation, mais aussi par une meilleure compréhension des phénomènes et des risques auxquels nous sommes exposés», a-t-il ajouté.

«La réponse doit avant tout être scientifique»

Face à cette nouvelle réalité, Hamdi Hached plaide pour une approche fondée sur les données scientifiques. Selon lui, il est essentiel d’observer les évolutions à l’échelle mondiale, de s’appuyer sur des données fiables et d’exploiter les informations disponibles afin d’identifier des solutions concrètes et de les mettre en œuvre.

L’objectif est ainsi de s’appuyer sur les connaissances scientifiques disponibles pour orienter les décisions et adapter progressivement les politiques publiques, les infrastructures et les comportements à une réalité climatique en pleine évolution.

«Moi, comme d’autres experts, nous sommes au service de l’État et, surtout, de la société», insiste-t-il. L’enjeu est désormais de mettre l’expertise scientifique au service de l’action publique, mais aussi d’accompagner la société dans la compréhension des changements en cours et dans la recherche de solutions concrètes.

Adapter les infrastructures, changer les comportements

Face à l’ampleur des défis à venir, la question n’est plus seulement de constater les effets du changement climatique, mais de déterminer concrètement ce qui peut être fait pour en limiter l’impact.

Pour Hamdi Hached, l’adaptation doit être pensée comme une responsabilité collective, impliquant à la fois les pouvoirs publics et les citoyens, chacun devant agir à son niveau.

Du côté des autorités, plusieurs leviers peuvent être mobilisés. Il s’agit notamment de renforcer et de développer les infrastructures, en particulier dans les secteurs de l’énergie, de l’électricité et de l’eau, mais également dans celui de l’assainissement. L’extension des espaces verts, ainsi que l’entretien et la préservation des forêts doivent également occuper une place centrale dans cette stratégie d’adaptation.

Dans cette même logique, les campagnes de reboisement et de plantation d’arbres ne devraient plus être considérées comme de simples initiatives ponctuelles. Elles doivent, selon le spécialiste, s’inscrire dans une politique durable et devenir progressivement une véritable culture collective.

Mais l’adaptation ne peut reposer uniquement sur les décisions publiques. Elle suppose également une évolution des comportements et des habitudes quotidiennes, notamment en matière de consommation énergétique. Il devient ainsi essentiel d’ancrer une véritable culture de l’économie d’énergie.

À l’échelle individuelle, les citoyens disposent eux aussi de plusieurs leviers d’action. L’ingénieur évoque notamment une utilisation plus rationnelle de l’énergie et de l’eau.

Selon Hamdi Hached, cette adaptation concerne également la manière dont nous concevons et aménageons nos bâtiments. Le recours, autant que possible, à des experts et à des solutions adaptées aux nouvelles conditions climatiques devient de plus en plus nécessaire. «Parmi les pistes évoquées figure notamment l’ombrage des bâtiments, qui peut contribuer à réduire sensiblement la chaleur à l’intérieur des habitations», a-t-il souligné.

Nouha MAINSI

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Kaïs Saïed reçoit le nouveau secrétaire général de la Ligue des États arabes

Le président de la République, Kaïs Saïed, a reçu mardi, au palais de Carthage, le nouveau secrétaire général de la Ligue des États arabes, Nabil Fahmy, auquel il a adressé ses félicitations à l’occasion de sa prise de fonctions.

Selon un communiqué, le président Saïed a souhaité plein succès au nouveau responsable de la Ligue arabe dans l’accomplissement de ses missions, dans un contexte marqué par une période particulièrement délicate dans la région arabe et par une situation internationale « sans précédent », caractérisée par de profondes mutations et des changements rapides.

Le chef de l’État a notamment évoqué les principales étapes de l’histoire de la Ligue arabe depuis sa création, le 22 mars 1945, ainsi que les efforts engagés pour réviser son traité fondateur et réformer les institutions de l’action arabe commune.

Il a également rappelé le transfert du siège de la Ligue du Caire à Tunis en 1979, avant son retour dans la capitale égyptienne en 1990.

Il a estimé qu’un nouvel ordre humain était en train d’émerger et que les défis communs auxquels le monde est confronté imposaient davantage d’action collective et solidaire, ainsi qu’un renforcement de l’action arabe commune et une modernisation de ses mécanismes.

Le président Saïed a insisté sur la nécessité de préserver les intérêts et les droits arabes, notamment le droit du peuple palestinien à établir un État indépendant, pleinement souverain sur l’ensemble du territoire palestinien, avec Al-Qods comme capitale.

Il a également appelé à renforcer la coopération arabe dans les domaines économique, sécuritaire et scientifique, selon de nouvelles approches, et à s’engager pleinement dans la révolution des communications afin de permettre au monde arabe de faire entendre sa voix et de participer à la prise de décision internationale.

Le président Saïed a par ailleurs plaidé pour que les pays arabes prennent l’initiative afin de faire face aux tentatives de division et de fragmentation et de contrer, selon ses termes, les projets visant à imposer de nouveaux arrangements de type « Sykes-Picot » dans la région.

Il a enfin souligné la nécessité de redonner à l’État national sa place et son rôle afin de permettre au citoyen de vivre dans la dignité et de renforcer la confiance des jeunes en eux-mêmes et en leur avenir.

 

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En Palestine, le foot reprend sa course entre les décombres

Dix minutes et quatorze secondes. C’est le temps qu’il a fallu, vendredi 4 septembre, avant que l’arbitre n’interrompe le jeu pour une minute de silence, un chiffre qui n’a rien d’un hasard. Il fait écho aux 1 014 sportifs palestiniens…

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Maroc: Plus de 3 000 observateurs suivent les élections législatives

La commission spéciale chargée d’accréditer les observatrices et observateurs des élections a agréé 3 006 personnes appelées à accompagner les différentes étapes des élections législatives prévues le 23 septembre 2026. Elles représentent le Conseil national des droits de l’Homme (CNDH), des associations marocaines ainsi que des instances et organisations internationales. Cette décision a été prise […]

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Energie Solaire : Plus de 150.000 installations et 420 MW raccordés au réseau basse tension

La production solaire photovoltaïque poursuit son expansion en Tunisie, avec plus de 150.000 systèmes installés chez les particuliers et une puissance raccordée au réseau basse tension supérieure à 420 MW en 2025. Selon le directeur de l’énergie solaire à l’Agence nationale pour la maîtrise de l’énergie (ANME), les réalisations dans le solaire ont progressé de plus de 60% en un an. Plus de 130 MW de la puissance raccordée concernent par ailleurs les secteurs de l’hôtellerie, de l’industrie et de l’agriculture.

L’autoproduction change d’échelle

Le chiffre de 150.000 systèmes photovoltaïques installés chez les particuliers donne une mesure de l’ampleur prise par l’autoproduction résidentielle. L’ANME recense également plus d’un million de mètres carrés de chauffe-eau solaires installés en Tunisie.

Mais l’indicateur le plus significatif pour mesurer le poids réel du photovoltaïque dans le système électrique reste la puissance raccordée. Celle-ci a dépassé 420 MW sur le réseau basse tension en 2025, selon l’ANME. Ce chiffre traduit le passage progressif du solaire d’une solution individuelle destinée à réduire la facture à une composante de plus en plus visible du système électrique.

La progression des réalisations photovoltaïques a dépassé 60% en 2025 par rapport à 2024, confirmant l’accélération du marché.

Plus de 130 MW dans l’économie productive

L’essor ne concerne pas uniquement les ménages. Plus de 130 MW de capacité photovoltaïque raccordée sont installés dans l’hôtellerie, l’industrie et l’agriculture. Ces secteurs ont un intérêt particulier pour l’autoproduction, puisque leurs consommations électriques peuvent être importantes et que le solaire permet de réduire directement leur recours à l’électricité conventionnelle.

L’exemple d’un hôtel à Djerba illustre concrètement cette logique. L’établissement produit grâce à son installation solaire entre 40% et 50% de ses besoins électriques et réalise une économie estimée à près de 300.000 dinars par an. Le projet, lancé à partir de 2018 puis progressivement renforcé, montre que le photovoltaïque peut être envisagé comme un investissement avec un retour économique mesurable, au-delà de son intérêt environnemental.

Le Fonds de transition énergétique accompagne les projets

L’essor de l’autoproduction repose aussi sur les mécanismes de soutien publics. L’ANME accompagne les entreprises souhaitant investir dans les énergies renouvelables à travers des études techniques, une assistance et les mécanismes financiers du Fonds de transition énergétique (FTE).

Le FTE intervient notamment dans les projets de production d’électricité renouvelable destinés à l’autoconsommation. L’ANME a également digitalisé les procédures d’accès aux aides afin de permettre le dépôt et le suivi des demandes en ligne. Le dispositif couvre notamment PROSOL ELEC et PROSOL ELEC Économique, ainsi que différents projets d’efficacité énergétique et d’énergies renouvelables.

Pour les entreprises, l’ANME indique que la procédure simplifiée du FTE s’adresse notamment aux secteurs industriel, commercial, agricole et tertiaire.

Un enjeu face au déficit énergétique

Cette accélération intervient dans un contexte particulièrement tendu. Selon le responsable de l’ANME cité par l’agence TAP, le déficit énergétique de la Tunisie dépasse 59% de la consommation nationale. L’agence considère dès lors le développement des renouvelables comme une nécessité pour réduire la dépendance aux énergies conventionnelles.

La Tunisie vise une part des énergies renouvelables de 35% à l’horizon 2030, puis 50% en 2035, selon les objectifs rappelés par l’ANME.

Avec plus de 420 MW déjà raccordés en basse tension et une progression annuelle supérieure à 60%, le photovoltaïque constitue ainsi l’un des segments les plus dynamiques de cette transition. Le principal enjeu sera désormais de transformer cette multiplication des installations en une contribution durable à la réduction du déficit énergétique, tout en renforçant les capacités du réseau à intégrer cette production décentralisée.

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