Le ministère de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche a annoncé qu’il ajustera la production dans le secteur avicole, en tenant compte des pertes enregistrées suite à la vague de chaleur record qu’a connue la Tunisie en juillet et août. Les professionnels du secteur signalent, quant à eux, un déficit de production qui n’a toutefois pas atteint, selon eux, le stade de la crise.
Saloua Dhaouadi, de la Direction générale de la production agricole du ministère, qui intervenait, jeudi 3 septembre 2026, a déclaré à la Radio nationale : «En coordination avec les acteurs du secteur, nous évaluerons avec précision l’ampleur des pertes afin d’envisager un ajustement de la production.»
Les coupures fréquentes d’électricité et d’eau survenues cet été ont perturbé les systèmes de ventilation et de refroidissement dans de nombreux élevages avicoles, provoquant l’asphyxie et la mortalité de cheptels de volailles, en particulier dans les petites et moyennes exploitations, ont indiqué les professionnels.
Mme Dhaouadi a ajouté, pour sa part, que «la production a été affectée par la mortalité, les retards de croissance et la baisse de productivité, notamment dans le secteur du poulet de chair», signalant également l’impact subi par «certains abattoirs».
L’adaptation aux changements climatiques et la préparation des exploitations face aux coupures d’électricité imprévues nécessitent d’investir dans les énergies renouvelables et d’en généraliser l’usage, a préconisé la responsable.
Interrogée sur l’éventuel soutien que le ministère de l’Agriculture prévoit d’apporter dans ce domaine, Mme Dhaouadi a précisé qu’il prendrait la forme d’une «ligne de financement», d’«avantages fiscaux» ou d’une «révision des facilités», ainsi que d’un «encadrement technique et sanitaire en coordination avec les vétérinaires».
Baisse de production mais pas encore la crise
L’aviculture est un secteur industriel par excellence et que les systèmes de ventilation et de refroidissement constituent des équipements vitaux pour les unités de production. La Chambre nationale des commerçants de volailles et de viandes blanches, relevant de l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (Utica), a fait état, mercredi dernier, d’une pénurie dans la production mensuelle de volaille, tout en estimant que la situation «n’atteint pas, pour l’heure, le stade de crise».
Les vagues de chaleur exceptionnelles qu’a connues la Tunisie récemment ont engendré des difficultés pour la production avicole, notamment en raison des coupures d’électricité et d’eau ; ces perturbations ont entraîné la mortalité de volailles et une baisse de la productivité. Il s’agit désormais de prendre des mesures urgentes et proactives pour limiter les pertes, garantir la continuité de la production et préserver l’équilibre du marché.
Il s’agit aussi d’élaborer et de mettre en œuvre des programmes à moyen et long terme pour assurer la pérennité du secteur et améliorer sa capacité à faire face aux phénomènes climatiques exceptionnels.
Le maintien d’un suivi rigoureux de la situation et la prise de mesures proactives sont, par ailleurs, nécessaires pour sécuriser la production et faire face aux éventuels imprévus. Pour cela, il convient de surmonter les difficultés liées à l’approvisionnement en vaccins et médicaments vétérinaires, de réviser certaines législations et procédures afin de faciliter l’importation des médicaments et produits biologiques requis et d’en garantir la disponibilité en temps opportun, renforçant ainsi la protection des élevages avicoles et du cheptel en général.
Dans ce même contexte, il convient de renforcer l’encadrement technique et sanitaire des éleveurs, afin de favoriser la prévention des maladies, l’amélioration des conditions d’élevage et une intervention précoce pour limiter les pertes, notamment face aux conditions climatiques difficiles.
Concernant la préparation des exploitations à faire face aux coupures d’électricité imprévues, les professionnels du secteur ont insisté sur la nécessité de soutenir et de généraliser l’investissement dans les énergies renouvelables et appelé à faciliter l’acquisition de groupes électrogènes afin de garantir le fonctionnement continu des équipements vitaux au sein des unités de production — notamment les systèmes de ventilation et de refroidissement — dans le but de protéger le cheptel et de limiter les risques de mortalité lors des périodes de fortes chaleurs.
Par ailleurs, une attention doit être portée sur les moyens de développer un système de gestion des volailles mortes fondé sur une approche environnementale durable, axée sur la valorisation écologique et la transformation de ces déchets en ressources à valeur ajoutée, et ce dans le respect des normes sanitaires et environnementales en vigueur. Cette démarche vise à réduire les risques pour la santé et l’environnement tout en améliorant les méthodes de gestion des résidus de production.
Suite à plusieurs décès survenus dans les établissements pénitentiaires en Tunisie durant les dernières vagues de chaleur, annoncés par les avocats et les familles des victimes, l’Organisation tunisienne contre la torture (OTCT) réclame des mesures «urgentes et adéquates» pour protéger les détenus des effets des vagues de chaleur et du changement climatique dans les prisons tunisiennes.
L’OTCT appelle, également, dans un communiqué publié le 2 septembre 2026, à des interventions immédiates pour remédier à la surpopulation carcérale, et demande notamment des travaux d’entretien des infrastructures pénitentiaires ; ainsi que la libération des personnes incarcérées pour des délits mineurs — y compris celles placées en détention provisoire —, ainsi que celle des personnes âgées et des détenus atteints de maladies chroniques.
L’OTCT réclame plus particulièrement la libération des personnes condamnées en vertu du décret 54 relatif aux infractions liées aux systèmes d’information et de communication et du Code des télécommunications, tout en prônant un recours accru aux peines alternatives, telles que les travaux d’intérêt général, les sanctions pécuniaires et le bracelet électronique.
Dans le même communiqué, l’organisation revendique également, pour les associations de défense des droits humains, un meilleur accès aux informations concernant la situation des détenus ainsi que la possibilité d’effectuer des visites indépendantes dans les établissements pénitentiaires.
Cet appel fait suite à une série de signalements émanant d’organisations, d’avocats et de familles concernant les conditions de détention durant les vagues de chaleur exceptionnelles qui ont frappé la Tunisie cet été.
Le président de la Ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH), Bassem Trifi, avait fait état ces derniers jours — en citant des sources judiciaires — de cinq décès survenus le 28 août dans les prisons du Grand Tunis.
À ce jour, les autorités n’ont publié aucun bilan global permettant de vérifier le nombre et, surtout, les causes des décès signalés.
L’administration pénitentiaire avait toutefois démenti, le 22 août, les informations faisant état d’une détérioration générale de l’état de santé des détenus ou de cas de défaut de soins médicaux, affirmant que le suivi sanitaire s’effectuait conformément aux procédures établies.
Le porte-parole Hatem Akrout avait indiqué que 20 773 consultations avaient été réalisées dans des hôpitaux publics pour des détenus au cours du premier semestre 2026.
La question de la chaleur dans les prisons avait déjà été soulevée ces dernières semaines par d’autres organisations de défense des droits humains, qui établissaient un lien entre les risques sanitaires et la surpopulation, l’état des infrastructures et la difficulté d’accès aux soins. Cependant, aucun lien de causalité entre les températures extrêmes et les décès signalés n’a encore été établi officiellement, les autorités préférant ne pas communiquer sur ce sujet.
Les familles concernées peuvent désormais déposer les demandes permettant aux enfants présentant un trouble du spectre de l’autisme (TSA), âgés de 3 à 6 ans, de bénéficier du programme national d’intégration dans les jardins d’enfants pour l’année 2026-2027. Le dispositif prévoit l’intervention de commissions régionales chargées d’examiner les dossiers déposés auprès des structures compétentes. Les demandes doivent notamment être accompagnées d’une préinscription dans un jardin d’enfants et d’un rapport médical détaillé.
Un dispositif désormais encadré par décret
L’ouverture des demandes intervient après la publication, en juillet 2026, de l’arrêté gouvernemental n°192, qui fixe les conditions et les procédures du programme national d’intégration des enfants présentant un TSA dans les jardins d’enfants.
Le texte concerne les enfants âgés de 3 à 6 ans inscrits dans des jardins d’enfants. Il prévoit également la création d’une commission régionale dans chaque gouvernorat pour examiner les demandes de prise en charge.
Le programme prévoit par ailleurs des aides mensuelles destinées aux jardins d’enfants participant au dispositif ainsi qu’aux spécialistes intervenant auprès des enfants. Le montant de ces aides doit toutefois être fixé ultérieurement par un texte conjoint.
Quelles démarches pour les familles ?
Les parents souhaitant bénéficier du programme doivent constituer un dossier auprès de la délégation régionale compétente.
Parmi les éléments demandés figurent notamment une préinscription de l’enfant dans un jardin d’enfants ainsi qu’un rapport médical détaillé permettant d’établir la situation de l’enfant et ses besoins.
Les familles sont invitées à vérifier auprès de leur délégation régionale la liste complète des pièces exigées et les modalités précises de dépôt, afin d’éviter qu’un dossier incomplet ne retarde son examen.
Une prise en charge qui associe jardins et spécialistes
Le programme ne repose pas uniquement sur l’accueil de l’enfant dans un jardin d’enfants. Le cadre réglementaire prévoit également l’intervention de spécialistes et un soutien financier aux structures participant au dispositif.
L’objectif est de permettre une intégration adaptée des enfants concernés dans les structures de petite enfance, tout en tenant compte de leurs besoins spécifiques.
Cette orientation s’inscrit dans une politique déjà engagée par les autorités. Le programme d’intégration des enfants présentant un TSA dans les structures de petite enfance avait commencé avant 2026 et avait déjà permis d’élargir progressivement le nombre de bénéficiaires.
Un autre dispositif concerne les enfants autistes âgés de 3 à 7 ans pris en charge par le complexe social et éducatif spécialisé relevant du ministère des Affaires sociales.
Pour l’année 2026-2027, les dossiers pour ce complexe sont acceptés jusqu’au 30 septembre 2026 et obéissent à des conditions et à des pièces spécifiques. Il s’agit donc d’un mécanisme distinct du programme d’intégration en jardins d’enfants prévu pour les 3-6 ans.
Le journaliste Mohamed Yousfi, rédacteur en chef du média d’investigation Alqatiba, arrêté et placé en garde-à-vue hier soir, vendredi 4 septembre 2026, a fait parvenir, par le biais de son avocate Hela Ben Salem, cette lettre à ses collègues journalistes et aux Tunisiens en général, pour les exhorter à défendre leur dignité et leurs droits. Nous traduisons cette lettre de l’arabe et la reproduisons ci-dessous…
Mohamed Yousfi *
Mon message aux journalistes indépendants de ce pays : N’ayez pas peur ; continuez à écrire, à vous exprimer, à porter la voix des citoyens, celle des personnes marginalisées et opprimées.
Défendez l’État de droit, les droits humains et la dignité du citoyen tunisien — une dignité que nous avons perdue dans ce pays.
Je m’adresse tout particulièrement à mes collègues d’Alqatiba : Poursuivez le chemin que nous avons tracé ; n’ayez crainte ; j’ai une immense confiance en vous. Les tentatives de harcèlement et d’acharnement dont je fais l’objet ne visent en réalité qu’à atteindre Alqatiba et à entraver la ligne éditoriale indépendante de cette entreprise.
Tous les Tunisiens connaissent la valeur de cette plateforme, ainsi que ses réalisations et sa contribution au droit d’accès à l’information et au journalisme d’investigation.
Aujourd’hui, les faits, enquêtes et données présentés par Alqatiba sont utilisés par la justice elle-même comme référence dans des affaires majeures d’évasion fiscale, de blanchiment d’argent et de corruption ; c’est l’un des derniers bastions de la liberté de pensée, d’expression et de la presse.
Ce n’est pas Mohamed Yousfi qui est sanctionné aujourd’hui, mais Alqatiba, pour son attachement à son indépendance et aux valeurs journalistiques léguées par la Révolution, au prix du sang des martyrs et des blessés. Il est donc impératif de poursuivre ce chemin, et j’ai une confiance totale en mes collègues d’Alqatiba.
Mon message aux Tunisiens : si je suis actuellement en garde à vue, c’est pour une raison très simple : j’exerce mon métier de journaliste de manière indépendante et professionnelle.
Je défends votre droit à une vie digne, à l’eau, à l’électricité, à la santé et à l’enseignement public, ainsi que votre droit de défendre votre dignité, de bénéficier d’une presse libre et d’accéder à l’information.
Les véritables criminels sont ces blogueurs corrompus qui tentent de salir la réputation des journalistes libres du pays ; mais le mensonge a les jambes courtes.
Aujourd’hui, j’ai été enlevé alors que j’exerçais mes fonctions de journaliste. On m’a appréhendé comme si j’avais été pris en flagrant délit ou que je tentais de fuir, alors qu’il aurait suffi de me convoquer : mon identité et mon adresse sont connues, et il n’y avait aucune raison de faire une telle démonstration de force.
Tenter de me discréditer en m’accusant de blanchiment d’argent relève de l’absurde et témoigne de la faillite de ce système.
Au moment de mon arrestation, je ne possédais rien : ni argent, ni biens immobiliers. Je vis de mon salaire et mon compte bancaire est même débiteur de quelques dinars.
Espérons que cette épreuve passera ; la vérité finira par éclater, tôt ou tard.
La Société nationale de transport interurbain (SNTRI) ouvre, à partir de ce samedi 5 septembre 2026, un concours externe pour le recrutement de 55 cadres, agents de maîtrise et agents d’exécution. La campagne concerne au total 7 postes de cadres, 7 postes de maîtrise et 41 postes d’exécution, avec des profils couvrant notamment l’informatique, la comptabilité, le droit, la maintenance et la conduite. Les candidats disposent jusqu’au 30 septembre 2026 pour déposer leur candidature en ligne.
55 postes répartis sur trois catégories
La répartition des recrutements constitue le principal élément de cette nouvelle campagne de la SNTRI.
L’entreprise publique prévoit 7 recrutements dans la catégorie des cadres, auxquels s’ajoutent 7 postes de maîtrise. La majorité des besoins concerne toutefois la catégorie de l’exécution, avec 41 postes à pourvoir.
Cette ventilation traduit des besoins couvrant plusieurs fonctions nécessaires au fonctionnement d’une entreprise de transport interurbain, aussi bien dans les services administratifs et techniques que dans l’exploitation.
Des profils techniques et administratifs recherchés
Parmi les profils concernés figurent notamment des compétences liées à l’informatique et à la cybersécurité, mais également à la comptabilité, à l’audit et au droit.
La campagne comprend aussi des besoins directement liés à l’activité de transport, notamment dans la maintenance des véhicules lourds et la conduite des autobus.
Les candidats doivent donc vérifier attentivement le profil, le niveau de formation et les conditions spécifiques correspondant à chaque poste avant de procéder à leur inscription.
Les candidatures jusqu’au 30 septembre
Les inscriptions sont ouvertes à partir du 5 septembre 2026 et se poursuivront jusqu’au 30 septembre.
La SNTRI met les informations relatives au recrutement à la disposition des candidats à travers sa rubrique consacrée aux offres d’emploi. Les démarches et les conditions détaillées doivent être consultées avant le dépôt du dossier.
La candidature peut également être suivie à travers le portail national des concours publics, qui centralise les concours de recrutement des organismes publics.
Pour les candidats intéressés, le respect de la date limite constitue donc le premier impératif : aucune candidature ne pourra être déposée au-delà de la période fixée par l’entreprise.
Cette campagne intervient dans un contexte où la SNTRI doit répondre à des besoins à la fois opérationnels et techniques. Les postes proposés ne se limitent pas à la conduite ou à la maintenance des autobus, mais concernent également des fonctions spécialisées indispensables à la gestion et à la modernisation de l’entreprise.
La présence de profils liés à l’informatique et à la cybersécurité illustre notamment l’élargissement des compétences recherchées au-delà des métiers traditionnels du transport.
La campagne africaine des clubs tunisiens a démarré vendredi avec une victoire de l’Espérance de Zarzis face à Diambars FC (3-1), en premier tour aller de la Coupe de la Confédération. Ce samedi, le Club Africain et le Club Sportif Sfaxien entreront à leur tour en lice, respectivement en Ligue des champions face au Djoliba AC à Radès et en Coupe de la Confédération contre Shooting Stars au Nigeria. La Tunisie compte cette saison quatre représentants dans les compétitions interclubs de la CAF, mais l’Espérance de Tunis, engagée en Ligue des champions, est directement qualifiée pour le deuxième tour préliminaire.
Zarzis prend une première option
L’ES Zarzis a parfaitement lancé le contingent tunisien en s’imposant 3-1 face à Diambars FC, vendredi au stade Taïeb Mhiri de Sfax.
Menés après l’ouverture du score d’El Hajji Diallo à la 14e minute, les Zarzissiens ont rapidement réagi. Khalil Kassab a égalisé à la 35e minute avant de donner l’avantage aux siens sur penalty à la 56e. L’expulsion de Mohamed Diané côté sénégalais à la 67e minute a ensuite facilité la tâche de l’équipe tunisienne, qui a définitivement fait la différence grâce à Samba Diouf à la 70e minute.
Avec cette victoire par deux buts d’écart, l’ES Zarzis aborde le match retour avec une marge intéressante. Il lui faudra toutefois confirmer cet avantage lors du déplacement au Sénégal la semaine prochaine.
Le Club Africain retrouve la Ligue des champions
Après son titre de champion de Tunisie, le Club Africain retrouve la Ligue des champions africaine avec une affiche face au Djoliba AC du Mali.
Le match aller du premier tour préliminaire aura lieu ce samedi à 19h au stade Hamadi Agrebi de Radès. Le retour est prévu à Bamako. Pour les Clubistes, l’objectif sera de profiter de cette première manche à domicile pour prendre une avance avant un déplacement qui s’annonce particulièrement exigeant.
Le retour sur la scène continentale constitue un rendez-vous important pour le champion de Tunisie, qui devra rapidement retrouver les exigences du haut niveau africain.
Le CSS en déplacement au Nigeria
Le CS Sfaxien débutera, lui aussi, sa campagne africaine ce samedi, mais avec un déplacement à négocier au Nigeria.
Le club sfaxien affrontera Shooting Stars au stade Mko Abiola d’Abeokuta à partir de 16h. Cette rencontre constitue le premier acte du premier tour de la Coupe de la Confédération, avant le match retour au stade Taïeb Mhiri de Sfax.
Le CSS possède une solide expérience dans cette compétition, avec trois sacres remportés en 2007, 2008 et 2013. Cette expérience sera mise à l’épreuve face à une formation nigériane qui évoluera devant son public.
Le programme tunisien
Ligue des champions – premier tour aller
Samedi 5 septembre, 19h : Club Africain – Djoliba AC, stade Hamadi Agrebi de Radès
Coupe de la Confédération – premier tour aller
Vendredi 4 septembre : ES Zarzis – Diambars FC : 3-1
La 3e journée de Ligue 1 démarre ce week-end avec cinq rencontres au programme, réparties entre samedi 5 et dimanche 6 septembre. Le CA Bizertin et le Club Africain sont en tête après deux journées, tandis que plusieurs équipes chercheront à décrocher leur première victoire de la saison. Trois autres rencontres de cette journée ont été reportées aux 16 et 17 septembre en raison de la participation de clubs tunisiens aux compétitions africaines.
Le CAB veut préserver son sans-faute
Deux matches sont programmés samedi à partir de 16h30. Au stade du 15-Octobre de Bizerte, le CA Bizertin reçoit l’Olympique de Béja.
Le CAB a remporté ses deux premières rencontres et partage la tête du classement avec le Club Africain, avec six points. Après ses succès face à l’AS Marsa et au CS Hammam-Lif, le club nordiste tentera de poursuivre son sans-faute.
L’Olympique de Béja connaît en revanche un début de championnat difficile. Battus lors de leurs deux premières sorties, les Béjaois sont toujours à la recherche de leur premier point.
À Sfax, le PS Sakiet Eddaier accueille le CS Hammam-Lif. Le promu compte déjà quatre points après deux journées, grâce à une victoire contre la JS Omrane et un nul face à l’AS Marsa. Une nouvelle victoire permettrait au club de Sakiet Eddaier de confirmer son excellent départ parmi l’élite et de rester au contact des équipes de tête.
Le CS Hammam-Lif, qui compte un match en moins, s’est incliné lors de son unique sortie face au CA Bizertin. Il tentera de lancer sa saison à l’occasion de ce déplacement.
L’Espérance attend l’AS Marsa
Dimanche, trois rencontres sont au programme.
À Radès, l’Espérance Sportive de Tunis reçoit l’AS Marsa. Après deux journées, les deux formations affichent des situations différentes : l’Espérance cherchera à faire oublier son faux-pas face à la JSO, tandis que l’AS Marsa, promue cette saison, tentera de décrocher sa première victoire.
À Sousse, l’Étoile Sportive du Sahel sera opposée à la Jeunesse Sportive d’El Omrane. Les deux équipes chercheront à améliorer leur position. L’enjeu sera notamment de prendre de précieux points avant la suite de la compétition.
La cinquième rencontre du week-end opposera l’ES Métlaoui à l’ES Hammam-Sousse à Métlaoui.
Dans un communiqué publié ce samedi 5 septembre 2026, la Fédération internationale des journalistes (FIJ) s’est jointe au Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT), pour exiger la libération immédiate du journaliste Mohamed Yousfi, arrêté la veille devant les locaux d’Express FM, à Tunis, alors qu’il s’apprêtait à participer à une émission consacrée à la politique de l’eau en Tunisie.
Le journaliste, rappelons-le, a été conduit à la troisième brigade centrale d’enquête sur les crimes financiers complexes de la Garde nationale, située à El Aouina, à Tunis et placé en garde.
Selon les informations recueillies par le SNJT auprès de son équipe juridique, Mohamed Yousfi a été interrogé sur des publications diffusées sur Facebook, mais aussi sur son travail journalistique et la ligne éditoriale d’Alqatiba, l’un des médias indépendants de référence en Tunisie. Son arrestation intervient après une campagne de dénigrement et d’incitation menée contre lui sur les réseaux sociaux.
«Mohamed Yousfi vient allonger la liste des journalistes emprisonnés en Tunisie en raison de leur travail ou de leurs prises de position. Il rejoint notamment Mourad Zeghidi et Borhen Bsaïes, détenus depuis mai 2024 et condamnés à de lourdes peines de prison, ainsi que Zied El Heni, arrêté en avril 2026 et condamné à un an de prison après avoir critiqué une décision judiciaire», souligne la FIJ.
Zied Dabbar, président du SNJT et vice-président de la FIJ, a déclaré : «L’arrestation de Mohamed Yousfi est directement liée à son travail journalistique indépendant et à ses prises de position critiques. Lorsqu’un journaliste peut être arrêté sur le chemin d’un studio de radio, c’est à toute la profession qu’un message d’intimidation est adressé. Les journalistes tunisiens ne renonceront pourtant ni à enquêter, ni à interroger les responsables publics, ni à exercer leur indispensable mission d’information.»
Anthony Bellanger, secrétaire général de la FIJ, a déclaré : «Je connais personnellement Mohamed Yousfi. Je connais son engagement, son courage et son attachement à un journalisme libre, rigoureux et de qualité. Son travail au sein d’Alqatiba et ses interventions critiques dérangent manifestement le pouvoir. Son arrestation s’inscrit directement dans la politique répressive tunisienne, qui vise, poursuit et emprisonne les journalistes. La Tunisie s’enfonce chaque jour davantage dans la criminalisation du journalisme indépendant. Nous exigeons la libération immédiate de Mohamed et de tous les journalistes détenus.»
La Tunisie accueillera du 6 au 18 septembre 2026 l’exercice naval multilatéral « Phoenix Express 26 », organisé en coopération avec le Commandement des États-Unis pour l’Afrique (AFRICOM). Quelque 400 militaires et observateurs de 13 pays participeront à cette nouvelle séquence, avec la présence annoncée de cinq bâtiments militaires. L’exercice doit renforcer la coopération régionale et les capacités opérationnelles conjointes dans le domaine de la sécurité maritime.
13 pays mobilisés autour de la Tunisie
Outre la Tunisie, pays hôte, les participants viennent d’Algérie, de Libye, du Maroc, d’Égypte, de Turquie, de Malte, d’Italie, de France, d’Espagne, de Belgique, de Géorgie et des États-Unis.
Cette configuration réunit ainsi des forces navales du Maghreb, de la Méditerranée, d’Europe et des États-Unis. Cinq bâtiments militaires doivent également être accueillis en Tunisie pour prendre part aux différentes activités prévues dans le cadre de l’exercice.
La sécurité maritime au cœur des manœuvres
Selon le ministère de la Défense nationale, Phoenix Express 26 vise à renforcer la coopération régionale et à développer les capacités opérationnelles communes en matière de sécurité maritime.
Les équipages navals seront notamment entraînés à exploiter et intégrer les systèmes, équipements et moyens technologiques modernes dans les opérations maritimes. Une partie du programme porte également sur la lutte contre les activités illicites en mer et les différentes formes de criminalité organisée, notamment la contrebande et la traite des êtres humains.
Drones, renseignement et inspection des navires
Le programme comprend également des cours théoriques et des ateliers pratiques consacrés à plusieurs domaines liés aux opérations maritimes.
Les participants seront notamment formés à l’utilisation de véhicules de surface sans équipage, à la visite et à l’inspection des navires ainsi qu’au renseignement maritime. Le dispositif prévoit également des formations portant sur la lutte contre les armes biologiques et chimiques, le soutien sanitaire et les premiers secours, ainsi que sur les règles juridiques encadrant les activités maritimes.
Une nouvelle séquence après l’exercice de janvier
Cette annonce intervient quelques mois après la tenue en Tunisie, du 20 au 23 janvier 2026, de la 20e édition de Phoenix Express. Cette précédente édition avait réuni huit pays et avait notamment porté sur la connaissance du domaine maritime et les opérations de visite, d’arraisonnement, de fouille et de saisie. Webdo avait consacré un article à cette première séquence de 2026.
L’exercice annoncé pour septembre constitue donc une nouvelle étape de Phoenix Express 2026, avec une participation élargie à 13 pays, 400 militaires et observateurs et cinq bâtiments militaires. Cette configuration donne à cette nouvelle manœuvre une dimension plus large en matière de coopération et d’entraînement à la sécurité maritime en Méditerranée.
Mohamed Ali, député de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP), a réagi sur les réseaux sociaux à l’interpellation du journaliste Mohamed Yousfi, rédacteur en chef du média Alqatiba, qui a eu lieu, dans la soirée du vendredi 4 septembre 2026, devant les locaux de la radio Express FM, où il devait intervenir à 18 heures, aux côtés de son confrère Walid Ben Rhouma, dans une émission consacrée à la crise de l’eau en Tunisie.
«Toute ma solidarité avec le journaliste indépendant Mohamed Yousfi, interpellé dans un contexte précédé d’une campagne d’incitation systématique sur les réseaux sociaux», a écrit le député, ajoutant que «la concomitance entre cette incitation et l’interpellation soulève des questions sérieuses qu’il n’est plus possible d’ignorer ; en effet, les campagnes de diffamation et de pression exercées sur les journalistes ne sauraient constituer un prélude ‘‘normal’’ ou une justification tacite à des arrestations et à des poursuites [judiciaires]»
«Mohamed Yousfi est un journaliste qui a choisi d’exercer son métier en toute indépendance et de poser les questions qu’il juge d’intérêt public. Être en désaccord avec ses écrits ou ses propos ne saurait constituer un délit ; de même, la critique et le débat public ne justifient pas que l’on fasse d’un journaliste une cible d’incitation à la haine, pour ensuite le placer en détention», a encore écrit le député.
«La solidarité avec Mohamed Yousfi ne se limite pas à la personne ; elle constitue une défense du droit du journaliste à travailler librement et du droit de la société à une presse affranchie de l’intimidation, de l’incitation à la haine et des arrestations. Nous refusons que l’incitation à la haine contre les journalistes devienne une banalité. Nous exigeons que toute la lumière soit faite sur les circonstances de l’interpellation de Mohamed Yousfi et que ses droits légaux soient garantis. Nous refusons également que les réseaux sociaux se transforment en un espace où l’on décide arbitrairement qui doit être poursuivi et qui doit être laissé tranquille», a souligné Mohamed Ali. E de conclure : «Liberté pour Mohamed Yousfi, et solidarité avec tout journaliste qui paie le prix de son attachement à sa liberté et à son indépendance».
Placé en garde-à-vue, Mohamed Yousfi serait visé par une information judiciaire du Pôle judiciaire économique et financier. Il serait soupçonné d’entente pour nuire aux personnes et aux biens, d’enrichissement illicite et de blanchiment d’argent liés à des flux financiers associatifs de son média d’investigation. Ses collègues affirment qu’il a été arrêté pour faire taire sa voix indépendante et libre et, à travers lui, intimider les journalistes soucieux de faire honnêtement leur travail d’information et d’analyse de la grave situation régnant dans le pays.
Le ministère de la Santé ouvre 544 postes de recrutement dans le secteur public, selon des décisions publiées au Journal officiel de la République tunisienne (JORT) du 4 septembre 2026. Le principal concours porte sur 434 médecins spécialistes, tandis que 52 postes sont réservés aux pharmaciens, 53 aux médecins-dentistes, deux aux médecins des hôpitaux et trois aux médecins principaux des hôpitaux. Pour les médecins spécialistes, le concours sur titres et travaux débutera le 16 novembre 2026, avec une clôture des candidatures fixée au 16 octobre.
434 médecins spécialistes à recruter
Les 434 postes destinés aux médecins spécialistes constituent le principal volet de cette opération de recrutement. 433 postes sont prévus pour le ministère de la Santé, dans différentes spécialités médicales.
Le 434e poste concerne un spécialiste en médecine préventive et médecine communautaire, qui sera affecté par voie de détachement auprès de l’Instance nationale d’évaluation et d’accréditation en santé.
Les candidats à ce concours sur titres et travaux devront donc prendre en compte l’échéance du 16 octobre 2026 pour le dépôt des candidatures. Le concours est prévu à partir du 16 novembre.
42 autres spécialistes par détachement
Un point mérite d’être distingué dans la lecture des chiffres publiés au JORT : 42 autres postes de médecins spécialistes sont prévus par détachement au profit des ministères des Finances, de l’Intérieur et de la Défense.
Le ministère des Finances bénéficiera de trois spécialistes, en médecine d’urgence, radiologie et imagerie médicale et pédiatrie. Le ministère de l’Intérieur compte 24 postes, notamment en biologie médicale, psychiatrie et médecine de famille.
Le ministère de la Défense bénéficiera, pour sa part, de 15 spécialistes dans plusieurs disciplines, dont l’anesthésie-réanimation, la chirurgie pédiatrique, l’urologie, l’imagerie médicale, la cardiologie, la pneumologie, la dermatologie et l’hématologie clinique.
Ces 42 postes sont distincts des 434 postes du concours principal. Ils ne doivent donc pas être ajoutés aux 544 postes correspondant aux différents concours annoncés pour le secteur de la santé publique.
52 pharmaciens et 53 médecins-dentistes
Le dispositif comprend également 52 postes de pharmaciens de la santé publique et 53 postes de médecins-dentistes de la santé publique. S’y ajoutent deux postes de médecins des hôpitaux et trois postes de médecins principaux des hôpitaux.
Le total de 544 postes se décompose ainsi : 434 médecins spécialistes, 52 pharmaciens, 53 médecins-dentistes, deux médecins des hôpitaux et trois médecins principaux des hôpitaux.
Pour les 434 médecins spécialistes, la date limite d’inscription est fixée au 16 octobre 2026, tandis que le concours sur titres et travaux débutera le 16 novembre.
Ces derniers mois, les Tunisiens ont manifesté pour dénoncer la dégradation des conditions socio-économiques et du niveau de vie dans le pays. Pourtant, officiellement, les indicateurs de croissance économique sont à la hausse. Que se passe-t-il donc ?
Sahar Mechmech *
Au cours des dernières semaines, des manifestations ont éclaté dans toute la Tunisie pour dénoncer des coupures massives d’électricité et d’eau imposées par le gouvernement en pleine vague de chaleur, alors que les infrastructures du pays peinaient à répondre à la demande énergétique. Ces coupures surviennent dans un climat social tendu, les Tunisiens manifestant déjà contre la hausse du coût de la vie. Ainsi, le 16 mai, des centaines de Tunisiens sont descendus dans la rue pour dénoncer la répression ainsi que la détérioration des conditions socio-économiques et du niveau de vie. Pourtant, fin avril encore, le président Kais Saied vantait le succès de la politique d’autosuffisance de la Tunisie, affirmant qu’elle avait permis de réduire l’inflation et de relancer la croissance. Il n’a pas tort. Officiellement, la croissance s’est quelque peu améliorée, l’inflation a effectivement baissé et la situation de l’emploi s’est légèrement redressée. Qu’est-ce qui alimente alors la colère de la population ?
Un examen plus approfondi des perspectives et des réalités économiques intérieures de la Tunisie révèle une certaine fragilité, de fortes tensions sociales et des divisions politiques internes, exacerbées — en grande partie — par le fait que les indicateurs économiques ne se reflètent pas dans le quotidien des Tunisiens. Cette situation est toutefois nuancée par le financement croissant des partenaires internationaux qui, tantôt allège les pressions, tantôt les aggrave.
Excès d’optimisme ou triomphalisme prématuré
En 2026, le gouvernement ne propose pas de rupture avec les politiques économiques en vigueur avant le 25 juillet 2021 [date de la proclamation de l’état d’exception par Kaïs Saïed, Ndlr], caractérisées par des restrictions des dépenses publiques et des réductions d’impôts pour les entreprises et les hauts revenus. Alors que des réformes fiscales radicales en 2025 avaient amélioré la répartition de la charge fiscale et accru la contribution des entreprises, la loi de finances 2026 échoue à s’attaquer aux problèmes structurels de l’économie tunisienne. La hausse des dépenses sociales ne suffit pas à compenser l’inflation, ce qui se traduit par une réduction implicite des services sociaux.
Par ailleurs, aucune réforme structurelle profonde ne vise les acteurs en situation de monopole ou de rente qui constituent la trame de l’économie tunisienne. Depuis l’indépendance de la Tunisie dans les années 1950, ce groupe d’acteurs économiques bénéficiant de soutiens politiques a érigé un arsenal de barrières réglementaires à l’entrée dans des secteurs clés et contrôle la majeure partie du financement privé au sein de l’économie. La loi perpétue également une pratique risquée, en vigueur depuis des années, consistant à emprunter auprès de la Banque centrale à un taux d’intérêt de 0 % sans générer une croissance proportionnelle à l’endettement, ce qui menace d’alimenter l’inflation.
Malgré l’absence de réformes structurelles, le budget de l’État pour 2026 prévoit une croissance de 3,3 % sur l’année, un chiffre supérieur aux 2,1 % anticipés par le Fonds monétaire international (FMI), ce qui représente un écart significatif. Une croissance plus faible signifie moins de ressources pour l’État afin de répondre à des besoins sociaux croissants en pleine crise du coût de la vie.
Le budget table également sur un prix du pétrole avoisinant les 60 dollars le baril, une hypothèse mise à mal par la flambée des coûts de l’énergie consécutive à la guerre en Iran. Le prix a dépassé les 100 dollars le baril à plusieurs reprises cette année et s’établissait autour de 90 dollars le baril au 29 juillet.
La Tunisie reste un pays importateur d’énergie pratiquant des subventions énergétiques ; la hausse imprévue du prix du pétrole alourdira sa facture d’importation, entamant ainsi ses précieuses réserves de devises (dollars et euros) nécessaires au règlement des importations essentielles auprès de ses partenaires commerciaux. Cette hausse des prix pétroliers augmentera également les dépenses de l’État consacrées aux subventions énergétiques afin de maintenir la stabilité des prix des hydrocarbures sur le marché intérieur. La hausse des prix, supérieure aux prévisions, entraînera un creusement des déficits budgétaires, un besoin accru d’emprunt et, potentiellement, une pression croissante pour réduire les dépenses afin de remédier aux déséquilibres budgétaires.
L’inflation mondiale découlant de la guerre impliquant l’Iran menace également d’éroder les envois de fonds des Tunisiens résidant à l’étranger ; ces transferts constituent une source essentielle de devises pour les importations et représentaient 30 % des réserves en 2024. Le conflit suscite de vives inquiétudes quant à l’inflation en Europe — où vit la majeure partie de la diaspora tunisienne — ce qui pourrait entraîner une baisse de ces transferts de fonds.
Le secteur du tourisme, autre source majeure de devises, est lui aussi exposé à des risques. Malgré les assurances du gouvernement affirmant que le tourisme tunisien n’était pas affecté par le conflit régional, les premiers indicateurs font état d’un ralentissement et d’une baisse des réservations.
Les tensions sur les devises compromettent la capacité de la Tunisie à importer des produits de première nécessité — notamment des denrées alimentaires, des médicaments et de l’énergie — et pourraient provoquer des pénuries comparables à celles observées en 2023.
Les signes de telles restrictions sont déjà manifestes. En mars, la Banque centrale de Tunisie a émis de nouvelles directives visant à limiter les importations afin de préserver ses réserves limitées de dollars et d’euros. Ces directives stipulent que les importations de produits «non essentiels» — tels que les vêtements, le dentifrice et le papier toilette — doivent être réglées au comptant et non à crédit. Cette décision a été critiquée par des organisations influentes comme la Conect, qui représente les employeurs et les entreprises ; celle-ci a qualifié ces directives d’obstacle potentiel à la croissance.
De son côté, Alert, une organisation luttant contre les monopoles en Tunisie, a averti que ces mesures risquaient d’ancrer davantage les pratiques monopolistiques dans le secteur de l’import-export, les grandes entreprises disposant plus facilement de liquidités que les petites.
Ces restrictions à l’importation menacent d’aggraver les pénuries actuelles de médicaments, de denrées alimentaires et d’autres produits de première nécessité.
Fissures naissantes entre la présidence et le parlement
Parallèlement à la montée des pressions économiques, le gouvernement de Saïed fait face à des tensions politiques croissantes. L’Assemblée, qui était étroitement alignée sur Saïed à la suite des élections législatives de 2022, est de plus en plus en désaccord avec le gouvernement sur les questions économiques. En avril 2025, elle a refusé d’approuver un emprunt, invoquant le manque de clarté quant à ses retombées. Lors de l’examen de la loi de finances pour 2026, l’Assemblée a rejeté certaines propositions du ministère des Finances et en a adopté d’autres tout en émettant de vives réserves. Le ministre des Finances a même quitté une séance parlementaire après une vive altercation avec certains députés.
Lors des débats sur des contrats de concession controversés dans le domaine de l’énergie solaire, plusieurs députés ont dénoncé ces textes, les qualifiant tour à tour de dangereux, coloniaux, humiliants et contraires à la souveraineté énergétique. En réaction à cette levée de boucliers et avant le vote sur ces concessions, le président Saïed a limogé le ministre de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie ainsi que le directeur général de l’Électricité et des Énergies renouvelables, bien que tous les contrats aient finalement été adoptés.
Plus récemment, à la suite de coupures massives d’électricité et d’eau survenues en juillet, le Parlement a tenu une séance le 27 juillet pour débattre de la situation ; les députés y ont critiqué la conjoncture ainsi que l’absence de réaction officielle du gouvernement. Ils ont également reproché au gouvernement son absence lors de cette séance, bien qu’un député ait précisé que l’Assemblée n’avait adressé aucune invitation ou convocation officielle au gouvernement pour y participer.
Ces tensions ne doivent pas être interprétées comme une rupture franche avec Kaïs Saïed. L’Assemblée continue de donner la priorité à bon nombre de ses réformes clés — celles qu’il qualifie de «révolution législative» et qui ont profondément restructuré l’arsenal juridique tunisien — et de les adopter. Il convient plutôt de voir dans ces tensions une tentative de l’Assemblée de se démarquer quelque peu de Saïed, dont le bilan économique est jugé insuffisant, alors même que la Tunisie se dirige vers les élections législatives de 2027.
Ces tensions dépassent le cadre politique pour s’étendre à l’espace civique dans son ensemble.
Les boucs émissaires, anciens comme nouveaux
Face à la montée des tensions économiques et politiques, le gouvernement tente de reproduire la stratégie qu’il a appliquée avec succès en 2023 : désigner des boucs émissaires.
Saïed continue d’évoquer de mystérieux saboteurs sans jamais les nommer. Il persiste à sacrifier des membres de son gouvernement pour apaiser la colère populaire, comme en témoigne le limogeage d’un ministre mentionné plus haut. Ses partisans — qu’ils siègent à L’Assemblée, soient présents sur le terrain ou actifs sur les réseaux sociaux — continuent de présenter les migrants subsahariens en situation irrégulière comme un fardeau pour les ressources économiques et une menace pour la sécurité nationale. Le conflit qui l’oppose depuis des années à la principale centrale syndicale du pays, l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), s’est intensifié au cours de l’année écoulée. Parallèlement, la répression à l’encontre de la société civile — dont les acteurs sont perçus par Saïed comme des agents de l’ingérence étrangère — s’est accentuée ces derniers mois : les autorités suspendent des organisations, engagent des poursuites pour obtenir leur dissolution définitive et emprisonnent militants, journalistes, magistrats et même des députés dissidents.
La vague d’enquêtes pénales la plus récente vise des fonctionnaires chargés du dossier de l’électricité. Cette initiative, couplée aux déclarations du président qualifiant ces coupures d’«événements inhabituels» et affirmant que «l’État ne restera pas les bras croisés face à quiconque cherche à harceler les citoyens et à attiser les tensions», semble viser à présenter ces perturbations majeures comme le fruit d’un complot contre le pays.
Cette interprétation contredit les déclarations du syndicat de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (Steg), qui attribue les coupures à une hausse de la demande dépassant les capacités de production lors de la récente vague de chaleur. Le défi de répondre à la demande en électricité est aggravé par le manque d’investissements dans la production, la dernière grande centrale électrique ayant été inaugurée en 2019.
Pour expliquer ce déficit d’investissement, certains experts pointent du doigt l’insuffisance des ressources allouées par l’État, le non-paiement intégral par le gouvernement et les entreprises publiques de leurs dettes envers la Steg pour leur consommation d’électricité, ainsi que le défaut de paiement par le gouvernement des subventions universelles à l’électricité accordées aux citoyens.
Tout comme en 2023, cette répression vise à détourner l’attention des problèmes économiques chroniques et à vider l’espace politique et civique de toute opposition, laissant Saïed comme seul arbitre des décisions en Tunisie et unique interlocuteur pour les partenaires internationaux du pays.
La diplomatie tunisienne en quête d’alliances internationales
En contraste avec les divisions internes, la Tunisie intensifie sa coopération et ses emprunts financiers auprès de plusieurs partenaires internationaux.
À l’échelle régionale, la Tunisie poursuit son rapprochement avec l’Algérie, ayant signé fin 2025 plus de vingt accords de coopération dans des domaines variés, dont un accord controversé de coopération militaire. Récemment, lors d’une interview, le président algérien a tenu des propos fermes liant la sécurité des deux pays et réaffirmant l’engagement de l’Algérie à défendre la Tunisie contre le terrorisme.
Les relations avec la Libye semblent également s’être intensifiées, marquées par une rencontre de haut niveau entre le Premier ministre tunisien et le président du Parlement libyen, la signature d’un nouveau protocole d’accord sur la coopération en matière de marché du travail, ainsi que l’annonce de projets concernant une nouvelle liaison maritime et la gestion partagée d’une nappe phréatique commune.
Ces initiatives témoignent de la volonté de la Tunisie de s’affirmer comme un partenaire actif en Afrique du Nord, s’assurant ainsi un accès privilégié aux ressources énergétiques de ses deux voisins riches en hydrocarbures.
La Tunisie a par ailleurs renforcé ses liens avec ses partenaires de l’autre rive de la Méditerranée ainsi qu’avec les institutions financières internationales. Cela s’est traduit par l’octroi de nouveaux prêts — notamment de la part de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd), de la Banque européenne d’investissement (BEI), de la Banque mondiale (BM) et de la Banque africaine de développement (BAD)— par le renforcement des accords euro-tunisiens et par la mise à jour de la coopération migratoire avec l’Italie.
Une grande partie de ces financements vise à stabiliser le pays et à réduire la migration irrégulière, la Tunisie étant à la fois un pays d’origine et un pays de transit.
Toutefois, les retombées des récentes concessions dans le secteur de l’énergie solaire démontrent clairement que, sans adhésion de l’opinion publique, les financements internationaux risquent de susciter une levée de boucliers et de ne pas apporter de réponse aux tensions sociales et politiques.
Dans le domaine des énergies renouvelables, et bien que celles-ci soient indispensables à la sécurité énergétique du pays, la population a le sentiment que le gouvernement et le parlement offrent des contrats avantageux à des investisseurs étrangers et mettent en place un câble sous-marin pour exporter de l’électricité vers l’Italie, alors même que les entreprises tunisiennes peinent à opérer dans un contexte difficile et que le pays subit des coupures de courant à répétition.
Sortir de la crise pour aller vers la prospérité
Malgré l’intensification du soutien financier international, le statu quo politique et social en Tunisie demeure extrêmement fragile.
Le soutien extérieur ne suffira pas, à lui seul, à stabiliser l’économie tunisienne ou à apaiser la colère sociale.
Sur le plan intérieur, il est nécessaire de faire preuve de plus de sérieux pour identifier et démanteler les structures qui entravent la concurrence et perpétuent les monopoles, notamment les coûts élevés des prêts à l’investissement ainsi que les barrières administratives complexes et changeantes qui freinent la création et la gestion d’entreprises. Ces mesures permettraient aux petites et moyennes entreprises — véritables moteurs d’une croissance économique durable — de mieux accéder aux opportunités commerciales et aux financements.
Le gouvernement doit également rétablir sa crédibilité auprès de la population en investissant judicieusement dans les infrastructures et les dépenses sociales afin de répondre aux besoins des citoyens. Enfin, il doit mettre un terme à toutes les pratiques répressives contre-productives qui n’ont fait qu’attiser la colère et le sentiment de dépossession au sein de la population.
De leur côté, les alliés internationaux de la Tunisie doivent réorienter le financement pour s’attaquer aux causes profondes de la migration irrégulière : les problèmes structurels du pays et l’insuffisance des dépenses sociales. Les initiatives de coopération économique, y compris dans le secteur de l’énergie, doivent susciter l’adhésion du public en faisant preuve d’une plus grande transparence concernant la propriété des projets, les tarifs, les créations d’emplois prévues, les recettes publiques et l’impact environnemental. En l’absence de transparence et de redevabilité, les risques de rejet et de tensions continueront de s’accumuler.
Le soutien extérieur ne suffira pas, à lui seul, à stabiliser l’économie tunisienne ou à apaiser la colère sociale. Seules des réformes structurelles profondes, un nouveau contrat social et un retour à un contexte démocratique et ouvert permettront d’apaiser la colère sociale actuelle et de bâtir une économie stable, durable et inclusive, capable de répondre aux besoins fondamentaux de la population.
Traduit de l’anglais.
* Responsable du programme «Économies inclusives» au sein de Tahrir institute for Middle East Policy. (Timep).
Le cinéma tunisien sera représenté par deux films au 70e BFI London Film Festival, prévu du 7 au 18 octobre 2026 à Londres. À voix basse (In a Whisper) de Leyla Bouzid et The Bird’s Placebo de Rami Jarboui figurent dans la sélection officielle, hors compétition, de cette édition anniversaire qui réunit 251 œuvres provenant de 88 pays.
Leyla Bouzid à nouveau à l’international
Présenté dans la section « Love », À voix basse sera projeté en présence de sa réalisatrice. D’une durée de 113 minutes, ce troisième long-métrage de fiction de Leyla Bouzid est une coproduction entre la France et la Tunisie, portée par Unité et Cinétéléfilms.
Le film suit Lilia, incarnée par Eya Bouteraa, qui revient de Paris en Tunisie à la suite du décès de son oncle. Dans la maison familiale, où se côtoient plusieurs générations de femmes, son retour fait ressurgir des tensions, des souvenirs et des secrets longtemps tus. Hiam Abbass et Marion Barbeau complètent notamment la distribution. Le BFI décrit le film comme le récit du retour d’une jeune femme queer dans sa famille intergénérationnelle.
Cette sélection londonienne constitue une nouvelle étape dans le parcours international du film, après sa présentation en compétition officielle à la 76e Berlinale, en février 2026. In a Whisper avait alors effectué sa première mondiale à Berlin.
Rami Jarboui rejoint la sélection
La deuxième présence tunisienne vient du cinéma d’animation. Rami Jarboui participera au festival avec The Bird’s Placebo, un court-métrage de 20 minutes sélectionné dans la section « Life/Drawing ».
Mêlant rotoscopie et animation 3D, le film raconte l’histoire de Yahya, un jeune homme en situation de handicap vivant dans un quartier populaire défavorisé de la capitale et nourrissant le rêve de traverser la Méditerranée.
Après sa présentation aux Journées cinématographiques de Carthage en 2025, puis sa première mondiale au Festival de Sundance en janvier 2026, le film poursuit ainsi sa trajectoire internationale avec une sélection au BFI. Le programme londonien confirme sa présence dans la section consacrée à l’animation.
Une édition anniversaire sous le signe de la diversité
Pour sa 70e édition, le BFI London Film Festival propose une programmation particulièrement internationale, avec des œuvres venues de 88 pays. Le programme comprend notamment 33 premières mondiales, tandis que 109 œuvres sont réalisées par des cinéastes femmes, soit 43 % de la sélection.
La présence de deux réalisateurs tunisiens s’inscrit également dans une représentation plus large du cinéma de la région MENA au festival. La programmation 2026 comprend plusieurs œuvres venues d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient, avec des films tunisiens présents à la fois dans les formats longs et courts.
À cette double présence s’ajoute All About The Money, documentaire de la réalisatrice irlandaise Sinéad O’Shea, coproduction internationale dont une partie du récit se déroule entre les États-Unis, l’Irlande et la Tunisie.
Le ministère de l’Enseignement supérieur ouvre, du 5 au 10 septembre 2026, les candidatures pour 45 places dans les universités publiques jordaniennes au profit d’étudiants tunisiens résidant en Jordanie ou dans les pays du Golfe. L’offre comprend 30 places en licence avec bourse et 15 places en troisième cycle sans bourse, avec une priorité accordée aux candidats résidant en Jordanie.
Qui peut candidater ?
Cette campagne s’adresse aux étudiants tunisiens résidant en Jordanie ou dans les pays du Golfe. Une priorité est accordée aux Tunisiens établis en Jordanie. Les candidats doivent répondre aux conditions fixées dans le cadre de l’accord de coopération universitaire entre la Tunisie et la Jordanie.
Le dispositif concerne deux niveaux d’études : les formations de premier cycle et les études de troisième cycle.
30 places avec bourse
Sur les 45 places proposées, 30 concernent des études de bachelor et sont assorties d’une bourse. Les 15 autres places sont destinées au troisième cycle, mais ne bénéficient pas d’une bourse.
Cette distinction est importante pour les candidats, notamment concernant les conditions financières liées à leur séjour et à leurs études en Jordanie.
Les personnes intéressées doivent déposer leur candidature dans la période allant du 5 au 10 septembre 2026.
Le ministère de l’Enseignement supérieur met à disposition les informations et le formulaire nécessaires à travers ses canaux officiels. Les candidats sont invités à vérifier attentivement les conditions d’éligibilité et les documents demandés avant de transmettre leur dossier.
Compte tenu de la durée limitée de la campagne, les candidats concernés disposent de quelques jours seulement pour effectuer les démarches.
Une admission qui relève des autorités jordaniennes
Le dépôt d’une candidature ne vaut pas admission définitive.
La sélection et la décision finale d’admission dans les universités publiques jordaniennes relèvent des autorités compétentes jordaniennes, conformément aux procédures applicables.
Les candidats doivent donc distinguer la candidature au titre de l’offre tunisienne de la décision finale d’affectation et d’admission dans l’établissement jordanien.
Un total de 309 demandes relatives à l’installation de projets de production d’électricité à partir de l’énergie solaire photovoltaïque a été accepté, dans le cadre du sixième round du régime des autorisations, a fait savoir, vendredi, le ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie.
L’annonce du ministère intervient suite à l’achèvement du processus d’évaluation des demandes relatives à l’installation de projets de production d’électricité à partir de l’énergie solaire photovoltaïque parvenues au ministère jusqu’au 30 juin 2026.
Les projets approuvés représentent une puissance globale de 455 mégawatts (MW). Il s’agit de 187 projets de 1 MW, 119 projets de 2 MW et de 3 projets de 10 MW.
Le ministère a indiqué que l’intégralité des résultats est accessible directement sur son site.
Le régime des autorisations régit la réalisation de projets de moyenne taille d’une puissance inférieure aux seuils fixés par l’article 14 du décret n°2016-1123 à savoir 10MW pour le solaire, 30MW pour l’éolien, 15MW pour la biomasse et 5MW pour les autres sources d’ER.
Institué pour encourager la production indépendante d’électricité verte, ce régime permet aux investisseurs privés et industriels de construire des centrales photovoltaïques (de 1 à 10 MW) et de vendre l’intégralité de la production à la STEG.
Selon plusieurs responsables américains au fait du dossier, les États-Unis auraient perdu au moins 25% de leur flotte de drones MQ-9 Reaper, des engins qui coûtent entre 30 et 50 millions de dollars. Une perte colossale qui s’élève à plus de 1,3 milliard de dollars pour ce seul système d’armes.
Habib Glenza
Le drone Reaper est principalement utilisé pour la surveillance ainsi que les frappes ciblées. Selon l’armée américaine, son coût varie entre 30 et 50 millions de dollars selon le type de capteur et d’armements embarqués.
Ces engins ont été largement utilisés dans le détroit d’Ormuz. Néanmoins, ces appareils volent lentement et souvent à basse altitude. Ces contraintes en font des cibles relativement faciles pour l’armée iranienne et ses alliés régionaux au Yémen et en Irak.
Un responsable américain, sous couvert d’anonymat, a indiqué que tous les drones Reaper disparus n’avaient pas été abattus. Un certain nombre se sont écrasés après une rupture de liaison de communication entre leurs opérateurs et ces derniers.
De nombreuses armes comme le Reaper ont été mises à mal par la guerre en Iran et par des années de soutien militaire américain à l’Ukraine dans son conflit avec la Russie.
Un stock considérablement épuisé
Durant le premier mois de la campagne contre l’Iran, les forces américaines ont tiré plus de 850 missiles de croisière Tomahawk et plus de 1.000 missiles Patriot et Thaad (Terminal High Altitude Area Defense), réduisant considérablement les stocks d’une capacité de frappe à longue portée essentielle et des systèmes de défense aérienne les plus demandés par l’armée, comme l’a rapporté le Washington Post.
Alors que les tensions avec Téhéran restent vives, ces pénuries ont limité les options militaires du président Donald Trump. Certains commandants américains ont été contraints de modifier leurs tactiques défensives et de conserver des missiles en réserve.
Le Pentagone a de son côté démenti les informations selon lesquelles ses stocks d’armes seraient épuisés. L’administration du président américain a demandé au Congrès des dizaines de milliards de dollars de financement pour compenser les coûts engendrés par la guerre en Iran et reconstituer les stocks.
Avant le début du conflit, l’armée comptait 185 drones Reaper selon les données budgétaires publiques et les différentes armées. Ces appareils opèrent principalement dans la zone Asie-Pacifique.
En mai, le lieutenant-général David Tabor, un officier supérieur de l’armée de l’air au Pentagone, s’est dit préoccupé, indiquant que le nombre de drones restant était tombé à environ 135.
Mes déambulations en ville m’ont amené jusqu’au passage Bénévent, une longue allée qui relie la rue Amilcar et la rue Charles de Gaulle. Autant le dire sans tarder : ce passage fut longtemps un aimant pour les enfants de ma génération qui venaient y lécher les vitrines de Baby, le plus magnifique magasin de jouets de Tunis. L’enseigne est toujours là avec ses quatre lettres qui se détachent et invitent à découvrir les vitrines de toutes les tentations.
Baby est aux gamins ce qu’Au Bonheur des dames est aux midinettes. On y trouvait soldats de plomb et voitures en miniature, jeux de chevaux et figurines des Sept familles, panoplie de Zorro et étoiles de shérif, boules puantes et fluide glacial. Dire que je divague aujourd’hui encore à l’orée de ce repaire où je me souviens avoir joué à Robin des bois, au chevalier Bayard,aux Trois mousquetaires et aux pirates de l’île au trésor !
Nous avons tous une histoire avec les jouets : ils disent un peu de ce que nous sommes et racontent les serpents qui nous hantent. Les vitrines rutilantes de l’enfance sont inoubliables, surtout lorsqu’un train électrique y repasse sans cesse sur des rails articulés, roulant vers des gares imaginaires. Je me demande encore si le jour où j’ai détruit la locomotive et les wagons du train qui avait accompagné mes tendres années, marquait un passage, un moment de bascule, une nouvelle porte qui s’ouvrait au sortir de l’enfance.
Paradoxalement, la manière de tunnel qui mène jusqu’à Baby est bouché. Le passage n’en est plus un depuis qu’il s’est transformé en impasse. Devrais-je y voir un quelconque symbole ou extrapoler en utilisant ce prétexte ? Peu importe au fond car les petits pas qui ont emprunté le passage amputé puis fait demi-tour, me semblent suffisants pour l’anamnése d’un piéton cueillant des souvenirs dans une ville décharnée.
Car il reste peu de vestiges de ces banlieues de l’enfance. Les immenses vitrines du magasin Narraci ont changé de visage, les libraires Bonici et Jeanne d’Arc ont disparu, la chocolaterie Castagna a comme fondu, le liftier nain du Magasin général n’est plus là, l’escalator du Monoprix est immobile, le parfumeur ne s’appelle plus Kolsi et la Pâtisserie viennoise n’est plus qu’une fragrance du passé. Qu’ajouter sinon que d’Amilcar à Charles de Gaulle, on ne passe plus !
BYD va pouvoir livrer plus de 9 200 voitures en une seule fois grâce à son nouveau bateau. Le 27 avril dernier, ce géant des mers a pris la direction du Brésil pour son inauguration. Un marché porteur pour le constructeur de voitures électriques qui n’a toujours pas d’usine sur place.
Habib Glenza
Le plus grand navire-cargo au monde peut transporter 9 200 voitures, et il appartient à BYD. Le 27 avril, la marque chinoise l’a lancé depuis sa ville natale à Shenzhen, en lui conférant le même nom. En décembre 2024, un autre cargo débarquait, du nom de Changzhou, en plus de l’Explorer No.1, inauguré en janvier 2024. Ces deux immenses bateaux n’égalent pourtant pas le nouveau Shenzhen : plutôt que 7 000 exemplaires de voitures, il peut en transporter 9 200. Deux autres navires sont encore prévus, pour aider la marque chinoise à exporter ses voitures de partout, sans compter sur une entreprise externe.
En termes de dimensions, le nouveau navire mesure 220 mètres de long pour 37,7 mètres de large. En hauteur, il possède 12 niveaux, plus que la plupart des parkings
La surface totale pour y placer les nouveaux exemplaires de BYD atteint 20 terrains de foot. Pour livrer ses voitures à temps, il pourra compter sur de puissants moteurs qui l’entraîneront jusqu’à 34,3 km/h accompagné de deux types de carburants : du gaz naturel liquéfié, en plus du carburant marin conventionnel.
La croissance de BYD et ses projets d’usines européennes
BYD a choisi le Brésil pour le premier voyage. Et ce n’est pas étonnant. La marque a de grandes ambitions sur place, et un projet d’usine, la plus grande après celle de Chine a été suspendu à cause de révélations sur les conditions de travail proches de l’esclavage de l’entreprise en charge de la construction du site. Ce site devait être la première usine de BYD en dehors de l’Asie.
Parmi ses 4 millions de véhicules électrifiés vendus en 2024 dans le monde, la marque en a écoulé 170 000 au Brésil, en hausse de 85 % sur un an. Le nouveau navire viendra prêter main forte en permettant de faire un pont entre la Chine et le pays émergent, avec 9 200 livraisons à chaque traversée.
Sur les trois premiers mois de l’année 2025, les ventes de BYD au Brésil ont augmenté de 29,8 %, et s’établissent sur tous les marchés étrangers confondus au nombre de 206 000 unités. Comparé au premier trimestre l’année dernière, le nombre a déjà doublé. En Europe, le constructeur s’attend à ce que ses ventes doublent. Les autres marchés porteurs seront le Japon, le Mexique et la Corée du Sud.
En Europe, les négociations ont repris concernant les frais de douane avec les constructeurs chinois. Bruxelles ne cherche pas à être plus souple, mais à profiter de la guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis. En attendant qu’une solution alternative puisse être trouvée face aux frais d’importation, BYD compte sur de nombreuses usines européennes en construction. Parmi elles, la plus importante se trouve en Hongrie, et doit ouvrir cette année. Au mois de mars, Bruxelles a ouvert une enquête concernant cette usine, pour déterminer si le constructeur avait bénéficié de subventions illégales à ses travaux, créant un avantage déloyal sur le marché européen.
En parallèle, une usine va ouvrir en Turquie, et un troisième site est dans les cartons. «L’emplacement et le calendrier sont encore en cours de discussion», avait déclaré la présidente de BYD Stella Li au début du mois de mars.
Réuni le 3 septembre 2026, le conseil de surveillance de Volkswagen a approuvé à l’unanimité le «Plan d’avenir 2030», qui porte à 100 000 le nombre total de suppressions de postes prévues d’ici la fin de la décennie, soit environ 15 % des effectifs mondiaux du groupe. Ce chiffre additionne 50 000 nouveaux départs à l’échelle mondiale aux 50 000 déjà actés en Allemagne depuis 2024, principalement chez la marque Volkswagen.
Après près de deux ans de tensions ouvertes, ponctuées de manifestations à Wolfsburg et Zwickau et d’une pétition syndicale signée par plus de 200 000 personnes, la direction et les représentants des salariés ont trouvé un compromis qui évite, au moins temporairement, l’affrontement frontal redouté depuis l’été. Le vote ne règle pas tout : le sort de quatre usines allemandes majeures, Emden, Zwickau, Hanovre et l’usine Audi de Neckarsulm, reste en suspens, reporté à des échéances allant de 2031 à 2034.
Un compromis négocié pied à pied
Le vote de vendredi a été précédé, la veille, d’une réunion de la commission de présidence du conseil, avant la séance plénière de l’organe de contrôle du groupe à Wolfsburg. En son sein, salariés et actionnaires pèsent à parts égales, et les représentants du personnel disposent, via le système allemand de cogestion, d’un poids déterminant sur les questions touchant aux sites industriels, une architecture qui a longtemps limité la capacité de la direction à imposer une restructuration rapide.
Au-delà du volume d’emplois supprimés, le «Plan d’avenir 2030» redessine en profondeur le modèle industriel du groupe. Volkswagen prévoit de réduire de moitié sa gamme de modèles d’ici 2035 et de diminuer de 75 % la complexité de son offre, en resserrant les plateformes techniques et les architectures logicielles pour éliminer les doublons. L’objectif financier affiché est une marge opérationnelle de 9 % en 2030, contre à peine 3,8 % au premier semestre 2026, soutenue par 135 milliards d’euros d’investissements programmés entre 2027 et 2031 dans les usines, la recherche et les nouvelles technologies. Le groupe reconnaît par ailleurs une surcapacité de plus de 500 000 véhicules par an en Europe, conséquence directe de la pression concurrentielle chinoise et du recul de la demande sur le Vieux Continent.
La gouvernance elle-même doit être «simplifiée», sans que les modalités précises aient été détaillées. Le projet le plus sensible sur ce terrain, le détachement de la marque Volkswagen en société distincte, continue de se heurter à l’opposition du comité d’entreprise et du Land de Basse-Saxe, qui y voient une menace pour les droits de codécision garantis par la loi spécifique à la gouvernance du groupe adoptée en 1960.
Quatre usines dans l’incertitude
Deux fermetures sont déjà actées : celle de Dresde, et l’arrêt de la production automobile à Osnabrück, prévu pour 2027. Le sort de quatre autres sites reste en revanche ouvert. Selon des informations de la WirtschaftsWoche reprises par Reuters début septembre, le directoire a proposé au conseil de surveillance l’arrêt d’ici 2034 de :
• Emden, qui produit aujourd’hui les ID.4 et ID.7, avec une fermeture envisagée en 2031 ;
• Zwickau, qui assemble les ID.3, ID.4, ID.5, l’Audi Q4 e-tron et la Cupra Born, et emploie environ 9 200 salariés ; sa fermeture est également envisagée en 2031, le site tournant déjà en deux équipes au lieu de trois, faute de débouchés suffisants ;
• Hanovre, dédiée à l’assemblage d’utilitaires, avec une échéance 2032 ;
• Neckarsulm, l’usine Audi qui produit les A5, A6, A8 et e-tron GT, visée pour 2034.
Ces quatre sites représenteraient à eux seuls environ 40 000 emplois. Le directeur général du groupe, Oliver Blume, a reconnu ne pas voir aujourd’hui d’utilisation compétitive suffisante de ces installations pour la décennie 2030, tout en précisant qu’aucune fermeture n’a été formellement décidée à ce stade.
Le vote du 3 septembre a validé le cap financier et le volume global de suppressions de postes, mais a repoussé l’arbitrage site par site : le point le plus explosif du dossier reste à trancher.
Le vote unanime obtenu à Wolfsburg donne à Volkswagen des objectifs financiers et stratégiques clairs et rendus publics, et aux syndicats des garanties sur l’absence de fermetures immédiates et le maintien de la codécision. Le destin des quatre usines encore menacées reste ouvert, reporté à un rendez-vous ultérieur.
La circulaire gouvernementale n°05 du 2 septembre 2026 impose de nouvelles obligations de cybersécurité aux administrations et entreprises publiques. Elle prévoit notamment l’authentification multifacteur (MFA), l’hébergement auprès d’opérateurs agréés, l’utilisation du protocole HTTPS, un audit annuel de sécurité et le signalement immédiat des incidents. Elle interdit également la transmission de documents administratifs via les applications de messagerie ou les réseaux sociaux et réserve les échanges officiels aux courriels institutionnels en « .tn ».
Le MFA devient obligatoire
L’une des principales mesures concerne l’authentification multifacteur, qui doit renforcer la protection des accès aux systèmes et services numériques publics.
Concrètement, l’identifiant et le mot de passe ne doivent plus constituer l’unique barrière d’accès. Les administrations devront donc disposer des outils permettant aux agents d’utiliser un second facteur d’authentification.
Cette obligation implique un effort technique, mais aussi organisationnel, notamment pour les structures qui ne disposent pas encore d’une infrastructure adaptée.
Fin du partage de documents par les messageries
La circulaire entend également mettre fin à une pratique devenue courante : l’échange de documents administratifs via les applications mobiles de messagerie et les réseaux sociaux.
Les documents officiels devront désormais transiter par les canaux institutionnels prévus à cet effet, notamment les adresses électroniques nationales en « .tn ».
La mesure concerne directement les habitudes de travail des agents publics, en particulier lorsqu’ils échangent rapidement des fichiers ou des documents depuis leur téléphone. Sa mise en œuvre nécessitera donc des consignes claires et des moyens permettant de disposer d’alternatives sécurisées.
Hébergement et protection contre les attaques
Les services numériques concernés devront être hébergés auprès d’opérateurs agréés et utiliser le protocole HTTPS afin de sécuriser les communications.
La circulaire prévoit également une protection contre les attaques par déni de service distribué (DDoS), qui peuvent rendre une plateforme publique indisponible en la saturant de requêtes malveillantes.
L’objectif est donc de protéger à la fois les données, les accès et la continuité des services publics numériques.
Un audit chaque année
Autre obligation : les organismes concernés devront réaliser un audit annuel de sécurité informatique.
Cette disposition doit permettre d’identifier régulièrement les vulnérabilités et de corriger les failles avant qu’elles ne soient exploitées. Elle pourrait toutefois représenter une charge supplémentaire pour les administrations qui ne disposent pas de compétences spécialisées en interne et devront recourir à des prestataires.
Le point décisif : l’application
Le texte fixe désormais un cadre plus strict, mais son efficacité dépendra de sa traduction sur le terrain.
Plusieurs questions restent à préciser : quel calendrier pour la mise en conformité ? Quels budgets seront consacrés au déploiement du MFA, aux audits et à la protection des infrastructures ? Quels organismes contrôleront l’application des nouvelles règles ? Et quelles mesures seront prises en cas de non-respect ?
Pour les agents publics comme pour les prestataires informatiques, la circulaire marque en tout cas un changement important : la cybersécurité devient une obligation de fonctionnement des services publics numériques, avec des règles précises concernant les accès, les échanges de documents, l’hébergement, la surveillance et la gestion des incidents.