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Une prison au bout du Sahara pour les barons de la drogue en Algérie

L’Algérie durcit sa réponse face au trafic de stupéfiants. Le Haut Conseil de sécurité, réuni mercredi 2 septembre sous la présidence du chef de l’État Abdelmadjid Tebboune, a décidé de transformer une caserne de l’Armée nationale populaire (ANP), située dans le désert de Tanezrouft, en prison de haute sécurité destinée aux « barons de la drogue et aux trafiquants ».

L’annonce intervient dans le cadre d’un renforcement du dispositif national de lutte contre le trafic de stupéfiants. Selon le communiqué de la présidence algérienne, le Haut Conseil de sécurité a également décidé de créer un organisme de sécurité spécialisé dans la lutte contre la drogue, sur le modèle de structures existant dans plusieurs pays, notamment aux États-Unis.

Une prison au cœur du « pays de la soif »

Le choix du Tanezrouft donne à cette annonce une dimension particulière. Cette vaste région désertique se trouve dans l’extrême sud-ouest de l’Algérie, à proximité de la frontière malienne. Elle est considérée comme l’une des zones les plus isolées et les plus inhospitalières du Sahara.

Surnommé notamment le « pays de la soif », le Tanezrouft est caractérisé par son immensité, son aridité et des températures pouvant dépasser les 50 °C durant l’été. Le caractère particulièrement isolé de cette région constitue l’un des éléments mis en avant dans les commentaires consacrés à la future prison.

La décision algérienne ne porte toutefois pas, à ce stade, sur la construction d’un nouvel établissement pénitentiaire. Il s’agit de convertir une caserne militaire existante en prison de haute sécurité. La présidence n’a pas précisé la capacité de l’établissement, sa date de mise en service ni les catégories exactes de détenus qui y seront transférés.

Un durcissement du dispositif antidrogue

La création d’une structure spécialisée dans la lutte contre les stupéfiants constitue l’autre volet majeur de la décision du Haut Conseil de sécurité. L’Algérie entend ainsi renforcer la coordination et les capacités de ses services face aux réseaux de trafic de drogue et de psychotropes.

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La référence au modèle américain renvoie notamment à la Drug Enforcement Administration (DEA), agence fédérale spécialisée dans la lutte contre le trafic de stupéfiants.

Cette double décision — création d’un organisme spécialisé et transformation d’une caserne en établissement pénitentiaire de haute sécurité — traduit la volonté des autorités algériennes d’adopter une réponse plus ciblée contre les réseaux considérés comme les plus importants.

Le « bagne du désert », une appellation à manier avec prudence

Plusieurs médias ont déjà présenté le futur établissement comme un « Alcatraz algérien » ou un « bagne » destiné aux narcotrafiquants. Ces expressions renvoient au caractère extrêmement isolé du site, mais elles ne correspondent pas à la terminologie officielle employée par les autorités algériennes.

Le communiqué du Haut Conseil de sécurité parle d’une « prison de haute sécurité » destinée aux barons de la drogue et aux trafiquants. Il convient donc de distinguer les faits annoncés officiellement des qualificatifs utilisés dans les commentaires médiatiques.

La mesure s’inscrit ainsi dans un mouvement plus large de durcissement de la politique sécuritaire algérienne face au trafic de stupéfiants, avec une volonté affichée de cibler à la fois les réseaux criminels et leurs principaux responsables.

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Affaire du complot 1 : Les condamnations deviennent définitives après le rejet des 46 pourvois

La Cour de cassation de Tunis a statué, ce jeudi 3 septembre 2026, sur les 46 pourvois introduits dans l’affaire dite du « complot contre la sûreté de l’État 1 ».

Selon une source judiciaire citée par l’Agence Tunis Afrique Presse (TAP), la juridiction a décidé de rejeter 44 pourvois sur le fond et deux pourvois sur la forme. Cette décision intervient après plusieurs années de procédure dans l’un des dossiers judiciaires les plus retentissants de ces dernières années en Tunisie.

La décision de la Cour de cassation intervient après le jugement rendu en appel le 28 novembre 2025 par la chambre criminelle spécialisée dans les affaires de terrorisme auprès de la Cour d’appel de Tunis. Cette dernière avait prononcé des peines allant de 5 à 45 ans de prison selon la situation judiciaire des accusés, avec également des décisions de non-lieu pour certains prévenus.

Une affaire ouverte en février 2023

L’affaire remonte à février 2023, avec le lancement d’une enquête ayant concerné plus de 40 personnes, parmi lesquelles des responsables politiques, des hommes d’affaires, des avocats, des militants et des personnalités médiatiques.

Les poursuites portent notamment sur des accusations de complot contre la sûreté intérieure et extérieure de l’État, de constitution d’une entente terroriste en lien avec des crimes terroristes et d’adhésion à celle-ci.

Le dossier comporte également des accusations relatives à des actes visant à modifier la forme de l’État ou à pousser la population à s’entre-tuer avec des armes, ainsi qu’à l’instigation au désordre, au meurtre et au pillage sur le territoire tunisien en lien avec des crimes terroristes. Des accusations concernant l’atteinte à la sécurité alimentaire et à l’environnement avaient également été évoquées par des sources judiciaires.

L’affaire a rapidement pris une dimension politique majeure, plusieurs figures de l’opposition au président Kaïs Saïed figurant parmi les personnes poursuivies.

Des condamnations allant jusqu’à 45 ans en appel

Après les condamnations prononcées en première instance, la chambre criminelle spécialisée de la Cour d’appel de Tunis a rendu, le 28 novembre 2025, ses décisions en appel.

Pour les accusés détenus, les peines prononcées allaient de 10 à 45 ans de prison. Pour les prévenus comparaissant en liberté, elles allaient de 5 à 35 ans. Plusieurs accusés ont également bénéficié d’un non-lieu.

Lire aussi : Affaire de « complot contre la sûreté de l’État 1 » : La Cour de cassation examine le dossier

Parmi les personnalités condamnées figuraient notamment Ahmed Néjib Chebbi, Chayma Issa, Jaouhar Ben Mbarek, Ghazi Chaouachi, Ridha Belhaj, Issam Chebbi, Kamel Letaïef, Khayam Turki et Noureddine Bhiri. Certaines peines avaient été réduites en appel, tandis que d’autres avaient été alourdies.

Le cas de Kamel Letaïef illustre l’ampleur des peines prononcées dans ce dossier : sa condamnation avait été ramenée de 66 à 45 ans de prison en appel. Khayam Turki avait vu sa peine passer de 48 à 35 ans, tandis que Noureddine Bhiri avait vu la sienne réduite de 43 à 20 ans. Ahmed Néjib Chebbi avait, quant à lui, été condamné à 12 ans contre 18 ans en première instance.

Plusieurs accusés en fuite avaient par ailleurs été condamnés à 33 ans de prison avec exécution immédiate.

La dernière étape judiciaire

Avec le rejet des 46 pourvois, dont 44 sur le fond et deux sur la forme, la Cour de cassation vient de statuer sur les recours introduits contre les décisions rendues dans cette procédure.

Cette décision constitue une nouvelle étape majeure dans un dossier qui, depuis son ouverture en 2023, a suscité de nombreuses réactions en Tunisie et à l’étranger.

Le dossier a notamment fait l’objet de critiques de la part d’organisations de défense des droits humains concernant les conditions du procès et les garanties du procès équitable. Dans un document transmis aux Nations unies, des préoccupations ont notamment été exprimées concernant les procédures judiciaires et les droits de la défense dans cette affaire.

La décision rendue ce jeudi 3 septembre 2026 intervient ainsi plus de trois ans après le début des investigations et près de dix mois après le verdict de la Cour d’appel de Tunis.

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Après plusieurs mois de silence, Afek Tounes alerte sur « l’accumulation des crises »

Après plusieurs mois de silence politique, le parti Afek Tounes reprend la parole. Dans un communiqué publié ce jeudi 3 septembre 2026, sa direction exécutive dresse un constat particulièrement critique de la situation du pays, en mettant en avant les difficultés d’approvisionnement en eau et en électricité, les pénuries de certains produits de base, mais également les questions liées aux libertés publiques, à la justice et à la migration irrégulière.

Le retour du parti dans l’espace public intervient dans un contexte marqué, ces dernières semaines, par une succession de difficultés touchant directement la vie quotidienne des Tunisiens. Afek Tounes estime que ces problèmes ne peuvent plus être considérés comme de simples perturbations conjoncturelles.

Le parti considère notamment que les difficultés liées à l’eau, à l’électricité et à l’approvisionnement constituent le symptôme de « dysfonctionnements structurels » et critique les politiques publiques en matière d’anticipation, de planification et de continuité des services essentiels.

Eau et électricité : Afek Tounes redoute des crises plus graves

Dans son communiqué, Afek Tounes affirme que les perturbations actuelles pourraient annoncer des difficultés plus importantes au cours des prochaines années, notamment sous l’effet de la hausse de la consommation et du changement climatique.

Le parti appelle ainsi les autorités à engager dès maintenant les investissements nécessaires, à diversifier les sources de production, à renforcer les infrastructures et à agir sur la consommation.

Une position qui intervient alors que la Tunisie a connu cet été plusieurs épisodes de forte chaleur ayant accentué la pression sur les réseaux électriques et hydriques.

Au-delà de la gestion immédiate des crises, Afek Tounes remet en cause le modèle économique et administratif du pays. Le parti dénonce ce qu’il qualifie d’« économie de rente », le poids de la bureaucratie, de la fiscalité et des entreprises publiques, ainsi que ce qu’il considère comme une intervention excessive de l’État.

Il critique également les politiques qu’il juge improvisées et estime que le discours politique visant certains acteurs économiques aurait contribué à détériorer la confiance et le climat de l’investissement.

Santé, décès et transparence

Le communiqué aborde également les conséquences de la vague de chaleur sur la santé publique. Afek Tounes demande aux autorités de publier les données officielles concernant les décès et les situations sanitaires graves qui auraient été associés aux températures élevées.

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Le parti évoque également les informations circulant au sujet de décès dans les établissements pénitentiaires et réclame la publication des données officielles ainsi que des enquêtes sur chaque cas.

Sur le terrain judiciaire, Afek Tounes demande parallèlement une réduction de la surpopulation carcérale, une utilisation plus importante des alternatives à la détention préventive et une meilleure protection du droit à la vie et à l’intégrité physique.

Migration irrégulière : le parti rejette une réponse uniquement sécuritaire

Le parti revient également sur la tragédie liée à la migration irrégulière à Ben Guerdane, présentant ses condoléances aux familles des victimes.

Afek Tounes estime que la réponse à la migration irrégulière ne devrait pas se limiter à une approche sécuritaire. Le parti plaide pour une politique s’attaquant aux causes économiques et sociales du phénomène, notamment le chômage et le manque de perspectives pour les jeunes.

Il propose notamment de s’inspirer d’expériences internationales ayant permis de transformer certaines régions frontalières en pôles de développement, d’investissement et de création d’emplois.

Libertés publiques et justice au cœur du communiqué

Le volet politique du communiqué est particulièrement marqué. Afek Tounes renouvelle son appel à la libération des personnes qu’il considère comme privées de liberté en raison de l’exercice pacifique de leurs droits d’expression ou de leur activité politique et civile.

Le parti réclame également davantage d’indépendance pour les magistrats et souhaite que leur carrière et les procédures disciplinaires soient placées sous le contrôle de structures judiciaires indépendantes.

Il appelle en outre à l’achèvement de la mise en place de la Cour constitutionnelle et à la restauration, selon ses termes, du rôle du Conseil supérieur de la magistrature en tant qu’instance indépendante chargée des questions professionnelles des juges.

Afek Tounes demande par ailleurs l’abandon du « discours des théories du complot », de la criminalisation de l’opposition et de ce qu’il qualifie de division de la société.

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Tunisie, hub médical africain : la vision de Slim Bouhlel

Slim Bouhlel dévoile sa vision d’une santé privée tunisienne innovante et ambitieuse, au service du rayonnement médical de la Tunisie en Afrique.

© Mosaique FM

Tunisie, hub médical africain : la vision de Slim Bouhlel
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Poulet et œufs : Pourquoi les prix ont-ils augmenté après un été difficile ?

La filière avicole tunisienne devrait connaître une amélioration progressive de sa situation à partir du mois d’octobre. C’est ce qu’a affirmé Fathi Gharib, vice-président du Groupement interprofessionnel des viandes blanches, qui se veut rassurant quant à l’évolution de la production de poulet et d’œufs.

Intervenant jeudi dans l’émission « Agromag », Fathi Gharib a écarté le scénario d’une crise durable de la production de poulet, estimant que le secteur devrait progressivement retrouver son rythme habituel dès le début du mois prochain.

Une production de poulet portée par la hausse de la demande

Selon le responsable professionnel, la production mensuelle de poulet se situait depuis plusieurs années autour de 12 500 tonnes. Elle a toutefois augmenté pour atteindre actuellement près de 15 000 tonnes par mois.

Cette progression s’explique notamment par l’évolution de la demande, dans un contexte marqué par la hausse des prix des viandes rouges et du poisson, qui a poussé davantage de consommateurs vers les viandes blanches.

La production d’œufs atteint, quant à elle, environ 163 millions d’unités par mois. Pour Fathi Gharib, ces niveaux de production ne justifient pas de craintes particulières concernant l’approvisionnement du marché, malgré les perturbations enregistrées récemment.

La canicule a lourdement affecté les élevages

La principale difficulté rencontrée par la filière ces derniers mois reste liée aux conditions climatiques exceptionnelles de l’été.

La forte hausse des températures, combinée aux coupures d’électricité et aux perturbations de l’approvisionnement en eau, a fortement affecté les élevages de volailles.

Fathi Gharib souligne que les élevages tunisiens disposent désormais de systèmes de ventilation électriques modernes répondant à des standards internationaux. Mais l’intensité de la vague de chaleur a néanmoins provoqué des pertes importantes.

Selon ses déclarations, le taux de mortalité aurait dépassé 25 % de la production nationale durant cette période.

Face à cette situation, certains éleveurs ont également été contraints d’utiliser des œufs destinés normalement à l’incubation afin de soutenir la production et de compenser temporairement les déficits enregistrés.

Une reprise attendue à partir d’octobre

Le responsable professionnel estime que la filière devrait progressivement retrouver son rythme normal dès octobre, à mesure que les conditions climatiques deviennent plus favorables.

La baisse de la production a par ailleurs coïncidé avec un recul de la demande, ce qui a contribué à limiter les tensions sur le marché. Mais cette situation n’a pas empêché les éleveurs d’enregistrer d’importantes pertes, notamment en raison de l’augmentation des coûts de production.

Selon Fathi Gharib, le coût de production du poulet atteint au minimum 4 400 millimes.

Lire ausssi : Poulet : Le prix plafond passe à 8,950 DT le kilo

Dans ce contexte, le prix du poulet prêt à cuire est passé de 8 500 à 8 950 millimes. Un niveau que le responsable professionnel juge « très acceptable » au regard des coûts supportés par les éleveurs.

Les professionnels réclament une révision des coûts

Pour sortir durablement des difficultés actuelles, Fathi Gharib appelle à l’organisation d’une réunion de travail entre les ministères de l’Agriculture et du Commerce.

L’objectif serait notamment de revoir la structure des coûts de production ainsi que les marges bénéficiaires, afin de garantir la continuité de l’activité des éleveurs tout en préservant le pouvoir d’achat des consommateurs.

Le vice-président du Groupement interprofessionnel des viandes blanches plaide également pour l’importation d’œufs à couver. Cette mesure pourrait, selon lui, contribuer à combler le déficit temporaire de production et à accélérer le rétablissement de l’équilibre de la filière.

Pourquoi le prix des œufs repart-il à la hausse ?

La récente remontée des prix des œufs, après une période d’abondance et de relative stabilité au mois de juillet, s’expliquerait principalement par les conséquences de la vague de chaleur sur la production.

Les températures élevées ont perturbé le rythme de production des poules pondeuses, contribuant ainsi aux tensions observées sur le marché.

Malgré ces difficultés, Fathi Gharib se veut rassurant : les volumes de production d’œufs restent, selon lui, suffisants et la filière avicole devrait progressivement retrouver son équilibre dans les prochaines semaines.

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Météo: Vents forts, ce soir

Le ciel sera dégagé à peu nuageux, ce jeudi soir, sur l’ensemble des régions du pays.

© Mosaique FM

Vents
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STB : un premier semestre en demi-teinte

Au terme du premier semestre 2026, la Société Tunisienne de Banque (STB Bank) affiche un bilan en hausse et un retour de la croissance des crédits. Toutefois, l’analyse de ses états financiers confirme une tendance marquée : l’exposition accrue de la banque publique aux titres d’État.

La STB Bank a publié ses états financiers arrêtés au 30 juin 2026, faisant état d’une progression de 3,5 % de son total bilan. Il s’établit désormais à 15 901 millions de dinars (MDT); contre 15 360 MDT à la fin de l’exercice précédent. Cette dynamique s’accompagne d’une reprise de l’octroi de financements à l’économie et d’une consolidation des dépôts de la clientèle.

L’un des faits marquants de ce premier semestre réside dans le rôle prépondérant joué par la STB dans le financement du budget national. L’encours des titres souverains (principalement les Bons du Trésor Assimilables – BTA) détenus par la banque a progressé de 8 %, pour atteindre 4 680 MDT à la fin juin 2026.

Si ce positionnement garantit des rendements stables et peu risqués, il illustre la dépendance continue du Trésor public vis-à-vis du secteur bancaire local pour couvrir le déficit budgétaire.

Sur le plan prudentiel, la direction de la banque se veut rassurante. La STB affiche des ratios de liquidité à court terme (LCR) et de transformation (LTD) jugés solides. Ils sont soutenus par la collecte de ressources. Ces indicateurs permettent à l’établissement de maintenir sa marge de manœuvre pour accompagner ses partenaires économiques tout en renforçant ses fonds propres.

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Diplômés chômeurs : Neuf mois après la loi, l’Union réclame toujours son application

L’Union des diplômés du supérieur au chômage a réitéré, mercredi, sa demande en faveur de l’application effective de la loi n°18 de 2025 sur le recrutement exceptionnel des diplômés de l’enseignement supérieur en chômage de longue durée. Près de neuf mois après la publication du texte, l’organisation affirme que la plateforme numérique prévue par la loi n’est toujours pas opérationnelle et réclame la publication des textes réglementaires nécessaires à son application.

Une loi adoptée, mais toujours en attente d’application

La loi n°2025-18 du 22 décembre 2025 prévoit des dispositions exceptionnelles pour le recrutement des diplômés de l’enseignement supérieur confrontés au chômage de longue durée dans la fonction publique et le secteur public.

Le texte prévoit notamment la mise en place d’une plateforme numérique placée sous la tutelle du ministère de l’Emploi et de la Formation professionnelle. Cette plateforme doit permettre l’inscription des candidats, l’identification des bénéficiaires et l’établissement des priorités de recrutement.

Mais, selon l’Union des diplômés du supérieur au chômage, cette plateforme n’est toujours pas entrée en service.

La plateforme toujours attendue

Lors d’une conférence de presse organisée à Tunis, la représentante de l’Union, Soukaina Chemkhi, a dénoncé l’absence d’avancée concrète dans la mise en œuvre du dispositif. Selon elle, les diplômés concernés ont multiplié les mouvements de protestation, les négociations et les conférences de presse depuis l’adoption de la loi.

L’Union réclame désormais une accélération de la publication des textes réglementaires ainsi que la mise en fonctionnement de la plateforme destinée à organiser les inscriptions et l’identification des bénéficiaires.

Quels sont les critères prévus

Le dispositif exceptionnel doit établir des priorités entre les candidats sur la base de plusieurs critères. La loi prévoit notamment la prise en compte de l’ancienneté de l’obtention du diplôme, de l’âge et de la situation sociale des candidats.

Une priorité particulière est accordée aux personnes âgées de plus de 40 ans ainsi qu’aux diplômés dont la période de chômage est particulièrement longue. Le recrutement doit par ailleurs être organisé progressivement, selon les modalités prévues par les textes d’application du dispositif.

Les diplômés dénoncent « l’atermoiement »

Pour Wajdi Houimeli, représentant de l’Union, les autorités doivent mettre fin à ce qu’il qualifie d’« atermoiement » dans l’application de la loi, rapporte l’agence TAP. L’organisation dénonce également une situation d’exclusion et de marginalisation touchant des milliers de diplômés de l’enseignement supérieur confrontés au chômage de longue durée.

Les représentants de l’Union soulignent notamment les difficultés sociales rencontrées par les personnes concernées, dont certaines attendent depuis plusieurs années une intégration professionnelle.

La question de l’application de la loi n°18 avait déjà donné lieu à plusieurs mouvements de protestation au cours des derniers mois, réclamant l’application effective du texte, la publication des textes réglementaires et le lancement de la plateforme numérique.

L’enjeu pour les diplômés concernés est désormais d’obtenir un calendrier précis concernant l’ouverture de la plateforme, l’identification des bénéficiaires et le lancement effectif des opérations de recrutement.

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Grand Tunis : La SONEDE annonce un retour progressif de l’eau

La situation devrait progressivement revenir à la normale dans les zones touchées par les perturbations de l’approvisionnement en eau potable dans le Grand Tunis. Selon le directeur régional de la SONEDE, la réparation de la panne est désormais achevée et les réservoirs ont atteint un taux de remplissage compris entre 30 et 50%. L’alimentation en eau a déjà repris dans la majorité des zones basses et devrait être progressivement rétablie dans les autres secteurs au cours des prochaines heures.

La réparation achevée

Après les importantes perturbations enregistrées depuis mercredi dans plusieurs zones du Grand Tunis, la SONEDE annonce une avancée dans le rétablissement de la distribution.

Le directeur régional de la société a indiqué aujourd’hui sur les ondes de la Radio nationale, que les travaux de réparation liés à la panne sont terminés. Les équipes poursuivent désormais les opérations nécessaires pour rétablir progressivement l’alimentation dans l’ensemble des zones concernées.

La perturbation avait notamment touché plusieurs secteurs du Grand Tunis, ainsi que des zones des gouvernorats de Zaghouan et de Nabeul, à la suite d’une panne technique affectant une conduite d’adduction desservant le sud du Grand Tunis.

Les zones basses déjà réalimentées

Le retour de l’eau a déjà commencé dans la majorité des zones situées à faible altitude, selon les précisions communiquées. Les réservoirs affichent actuellement des niveaux de remplissage compris entre 30 et 50%, ce qui permet une reprise progressive de la distribution.

La situation devrait continuer à s’améliorer au cours des prochaines heures à mesure que les réseaux retrouvent progressivement leur niveau de fonctionnement normal.

Les zones élevées pourraient attendre davantage

La SONEDE appelle toutefois à la prudence concernant l’heure exacte du retour complet de l’eau.

La remise sous pression du réseau s’effectue progressivement et certaines zones, notamment celles situées en altitude, peuvent nécessiter davantage de temps avant un rétablissement complet de l’alimentation.

Les habitants des secteurs encore concernés devront donc attendre la stabilisation progressive de la pression dans le réseau.

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Rentrée scolaire : Les fournitures coûtent jusqu’à 8% plus cher cette année

À quelques jours de la rentrée scolaire, le coût des fournitures scolaires a augmenté de 7 à 8% par rapport à 2025, selon le président de l’Organisation tunisienne pour informer le consommateur (OTIC), Lotfi Riahi. Le responsable estime toutefois qu’une harmonisation des listes de fournitures scolaires pourrait permettre aux familles de réduire leurs dépenses de 30 à 35%, une estimation qui reste une proposition de l’organisation et non une mesure officiellement adoptée.

Une hausse de 7 à 8% selon l’OTIC

La rentrée scolaire représente une dépense importante pour de nombreuses familles tunisiennes, entre les cahiers, les fournitures, les cartables et les autres équipements nécessaires aux élèves.

Selon Lotfi Riahi, les prix des fournitures scolaires ont enregistré cette année une hausse comprise entre 7 et 8% par rapport à la rentrée précédente, a-t-il indiqué, ce jeudi 3 septembre sur les ondes de la Radio nationale.

Cette estimation intervient alors que les familles commencent leurs achats pour la rentrée 2026-2027 et cherchent à limiter une facture qui peut varier fortement selon le niveau scolaire et les listes demandées.

Le chiffre avancé par l’OTIC doit toutefois être présenté comme une évaluation de l’organisation de défense des consommateurs, et non comme un indice officiel de l’évolution des prix de l’ensemble des fournitures scolaires.

L’OTIC revient sur l’idée d’une liste unifiée

Pour réduire les dépenses, l’organisation défend depuis plusieurs années l’idée d’une harmonisation des listes de fournitures scolaires à l’échelle nationale.

L’objectif est d’éviter les écarts entre établissements et les demandes de produits supplémentaires qui peuvent alourdir inutilement le budget des parents.

En juillet dernier, Lotfi Riahi avait déjà appelé à l’adoption d’une liste unifiée et à une meilleure rationalisation des achats, notamment pour éviter les fournitures non prévues par les listes officielles.

Une économie potentielle estimée entre 30 et 35%

Selon Lotfi Riahi, une généralisation de cette harmonisation pourrait permettre aux familles de réduire le coût de leurs achats de 30 à 35%.

Cette estimation repose notamment sur une limitation des fournitures considérées comme non indispensables et sur une meilleure standardisation des besoins selon les niveaux scolaires. Mais il ne s’agit pas, à ce stade, d’une économie garantie pour les familles.

Aucune décision officielle n’a encore instauré un mécanisme national permettant d’assurer automatiquement une baisse de 30 à 35% de la facture de la rentrée. L’OTIC présente cette réduction comme un potentiel lié à l’adoption d’une liste plus rationnelle et harmonisée.

Acheter utile plutôt qu’acheter davantage

La question des listes scolaires dépasse celle de la simple évolution des prix. Pour les familles, le montant final dépend également du nombre de produits demandés, de leur qualité, de leur origine et du lieu d’achat.

L’OTIC recommande ainsi de privilégier les achats réellement nécessaires et d’attendre, lorsque cela est possible, les listes officielles afin d’éviter l’acquisition de fournitures qui pourraient finalement ne pas être demandées.

L’organisation avait également insisté sur l’importance de privilégier les produits tunisiens, dans une démarche visant à soutenir la production locale tout en limitant certaines dépenses liées aux produits importés.

Une facture qui reste sous pression

Même limitée à 7 ou 8%, une hausse des prix peut peser sensiblement sur le budget des ménages lorsqu’elle s’ajoute à l’ensemble des dépenses de rentrée.

Car au-delà des fournitures scolaires, les familles doivent également prévoir l’achat de vêtements, de tabliers, de cartables et, selon les situations, d’autres équipements.

Le principal enjeu des prochains jours sera donc de concilier les besoins réels des élèves avec la nécessité de maîtriser les dépenses.

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Renforcement des relations russo-turques dans un contexte énergétique

La Turquie prévoit d’étendre sa coopération nucléaire avec la Russie et de construire davantage de centrales électriques. Un développement qui inquiète l’Occident.

Alors que la construction de l’immense centrale nucléaire d’Akkuyu, dans le sud-est de la Turquie, un projet en coopération avec la société d’État russe Rosatom, s’achève dans quelques mois; Ankara prévoit d’intensifier son partenariat avec la Russie dans ce domaine. C’est ce qu’a déclaré mercredi 2 septembre le président Recep Tayyip Erdogan lors du sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), qui se tient à Bichkek, au Kirghizistan.

« La centrale nucléaire dAkkuyu revêt une importance capitale dans les relations turco-russes. Nous sommes désormais dans la phase finale ». C’est ce qu’a affirmé M. Erdogan, assis aux côtés du président russe Vladimir Poutine, après une rencontre privée en marge du sommet. Le président turc a souligné l’importance capitale que revêtira la production de 10 % de l’électricité de son pays grâce aux quatre réacteurs d’Akkuyu…

Cependant, le renforcement des liens turco-russes devrait inquiéter les États occidentaux, qui voient la Russie persister dans sa politique à l’encontre de l’Ukraine et coopérer étroitement avec la Turquie. Laquelle déclare en même temps assumer ses responsabilités et poursuivre ses efforts pour résoudre les conflits dans la région environnante par le dialogue. Ce qui indique indirectement qu’elle maintiendra une position de négociation dans le conflit russo-ukrainien.

A cet égard, notons qu’il y a deux jours, le ministre turc des Affaires étrangères, Hakan Fidan, a déclaré que la Turquie avait déjà préparé un plan pour le passage sécurisé des céréales à travers la mer Noire.

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Sucre : Une étude stratégique pour sécuriser un marché de 360.000 tonnes par an

La Tunisie lance une nouvelle réflexion sur sa filière sucrière avec le démarrage, le 1er septembre, d’une étude stratégique globale destinée à proposer des solutions pour restructurer le secteur, sécuriser l’approvisionnement et renforcer le stock stratégique. Réalisée par l’Institut tunisien de la compétitivité et des études quantitatives (ITCEQ), avec l’Office du commerce de la Tunisie (OCT) et les ministères du Commerce et de l’Industrie, cette étude intervient dans une filière où les besoins nationaux atteignent environ 360.000 tonnes de sucre blanc par an.

L’enjeu dépasse donc la seule constitution de réserves : il s’agit de revoir l’ensemble de la chaîne, de la production locale et du raffinage aux importations, au stockage et à la distribution, dans un marché fortement dépendant de l’extérieur.

360.000 tonnes à fournir chaque année

Le principal chiffre permet de mesurer immédiatement l’enjeu : les besoins tunisiens en sucre blanc sont estimés à environ 1000 tonnes par jour, soit 360.000 tonnes par an. Selon les données de l’ONAGRI, 54% de cette consommation est destinée directement aux ménages, tandis que 46% est absorbée par la transformation industrielle.

Autrement dit, près de 195.000 tonnes correspondent à la consommation directe des familles et environ 165.000 tonnes sont utilisées par les industries agroalimentaires et autres activités de transformation.

Cette structure est importante pour comprendre pourquoi une perturbation de l’approvisionnement peut rapidement se répercuter sur deux fronts : la disponibilité du sucre dans les circuits de distribution et les coûts des industries qui l’utilisent comme matière première.

Une production locale encore limitée

Face à ces besoins, la production tunisienne reste insuffisante pour assurer l’autosuffisance.

La relance de la culture de la betterave sucrière constitue l’un des principaux leviers envisagés ces dernières années. Pour la campagne 2025-2026, un programme portant sur environ 3000 hectares devait permettre de produire près de 30.000 tonnes de sucre, soit à peine plus de 8% des besoins annuels estimés à 360.000 tonnes.

La comparaison donne la mesure du chemin à parcourir : même avec 30.000 tonnes de sucre produites localement, il resterait plus de 330.000 tonnes à couvrir par d’autres sources pour satisfaire les besoins annuels.

La production agricole de betterave et la production de sucre blanc ne doivent toutefois pas être confondues : la première correspond au volume de betteraves récoltées, tandis que la seconde est le sucre obtenu après transformation industrielle.

Béja, une pièce centrale du dispositif

L’autre levier est industriel. La Société tunisienne du sucre (STS) de Béja constitue l’une des infrastructures stratégiques du pays pour le raffinage.

Après plusieurs mois d’arrêt, la raffinerie a bénéficié d’un programme d’investissement d’environ 16 millions de dinars, destiné à remettre à niveau les équipements et à permettre la reprise de l’activité. Le programme de restructuration doit également intégrer les questions environnementales et la pérennité de l’installation.

En avril 2024, la STS fonctionnait à un rythme de 500 tonnes de sucre par jour, soit environ la moitié des besoins quotidiens du marché tunisien. Une modernisation devait permettre de porter ce rythme à plus de 700 tonnes par jour.

Le problème n’est donc pas uniquement celui de la quantité de sucre disponible dans le pays : il concerne également la capacité à transformer, stocker et distribuer régulièrement le produit.

Pourquoi les importations restent déterminantes

Avec une consommation annuelle de l’ordre de 360.000 tonnes et une production locale encore limitée, les importations continuent de jouer un rôle central dans l’équilibre du marché.

Le modèle tunisien repose notamment sur l’importation de sucre brut destiné au raffinage, mais également sur l’importation de sucre déjà raffiné. Les données de l’ONAGRI faisaient ainsi état, pour 2018, de 254.000 tonnes de sucre brut de canne importées par l’OCT pour les raffineries et de 165.000 tonnes de sucre blanc raffiné destiné aux industriels et aux ménages. Ces chiffres sont anciens et ne constituent pas un bilan des importations de 2026, mais ils illustrent la structure historiquement très dépendante du marché tunisien.

C’est précisément cette vulnérabilité que l’étude doit désormais examiner, alors que le coût des matières premières et les cours internationaux peuvent peser directement sur la facture d’approvisionnement.

Le stock stratégique au cœur de la réflexion

L’un des objectifs annoncés est de renforcer la sécurité du stock stratégique. Il s’agit d’un enjeu particulièrement sensible pour un produit de consommation courante dont le marché doit être alimenté de manière continue.

Mais constituer un stock ne règle pas, à lui seul, les problèmes structurels. Encore faut-il déterminer quelle quantité conserver, à quel moment acheter, où stocker le sucre, comment organiser le raffinage et comment assurer une distribution régulière.

L’étude pourrait ainsi déboucher sur une meilleure programmation des achats et du raffinage, ainsi que sur une articulation plus étroite entre production locale, importation, stockage et distribution.

Ces pistes ne constituent toutefois pas encore des décisions arrêtées. Les travaux lancés par l’ITCEQ doivent justement permettre de déterminer les solutions opérationnelles et leur faisabilité.

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Un nouveau cadre de dialogue national pour sortir la Tunisie de la crise   

Trois des quatre composantes du Quartet du dialogue national, prix Nobel de la Paix 2015 * — la Ligue tunisienne des droits de l’homme (LTDH), l’Ordre national des avocats tunisiens (Onat) et l’Union générale Tunisienne du Travail (UGTT) —reprennent la parole ensemble, dans un cadre de coordination commun face à la crise politique, économique et sociale que traverse le pays. Et publient, ce jeudi 3 septembre 2026 le communiqué conjoint suivant sous le titre «La Tunisie d’abord, et le peuple au-dessus de toute considération».

La Tunisie traverse aujourd’hui une crise politique, économique et sociale profonde, résultat de choix et de politiques qui ont prouvé leur incapacité à résoudre les crises accumulées, et qui ont même contribué à aggraver la souffrance des Tunisiens, à affaiblir leur pouvoir d’achat, et à élargir les cercles de la pauvreté, du chômage et de la précarité — au point que le citoyen a perdu confiance dans les institutions de l’État et dans leur capacité à répondre à ses revendications légitimes.

Le pays connaît également un recul grave dans le domaine des droits et des libertés, un resserrement continu de l’action politique, syndicale et civile, ainsi qu’une instrumentalisation croissante de la justice dans les conflits politiques, portant atteinte à son indépendance, aux garanties d’un procès équitable et aux droits de la défense — ce qui frappe l’une des garanties les plus importantes de protection du citoyen et menace les fondements de l’État de droit et des institutions.

Les prisons et les centres de rétention connaissent des conditions qui ne répondent pas aux exigences de la dignité humaine ni aux normes internationales.

Dans le même contexte, le pays connaît un recul de la liberté des médias, une répression des voix libres, et une mainmise croissante sur les institutions médiatiques.

Les crises de l’eau et de l’électricité, la pénurie de médicaments et de produits de base, ainsi que la hausse des prix, ne sont plus de simples difficultés conjoncturelles ; elles touchent désormais directement les conditions de vie quotidienne et la dignité des Tunisiens, aggravent leurs souffrances et approfondissent leur sentiment d’impasse.

Le drame de la noyade de jeunes de Ben Guerdane, et les tragédies similaires qui l’ont précédé, confirment que la migration irrégulière n’est pas seulement un dossier sécuritaire, mais bien la conséquence directe du désespoir, de l’impasse et de la perte d’espoir en l’avenir — ce qui fait porter au pouvoir une responsabilité politique et sociale pleine et entière dans le traitement de ses causes profondes, et non la simple gestion de ses conséquences.

Inutile de rejeter la responsabilité sur autrui, car le pouvoir en place porte l’entière responsabilité politique de ses choix, de ses décisions et de leurs conséquences, après des années de gestion des affaires publiques en dehors de toute logique de dialogue et de participation, dans un contexte d’absence de transparence, d’opacité sur les données, et de restriction du droit à exprimer une voix divergente.

La Tunisie ne peut être gouvernée selon une logique de déni, de silence ou de voix unique, tout comme les crises ne peuvent être affrontées en excluant la société et ses forces vives.

On ne peut sortir de la situation actuelle que par une révision globale des choix économiques, sociaux et politiques dont l’échec est avéré, et par l’ouverture d’un véritable processus de dialogue sociétal, menant à des solutions capables de sauver le pays, de préserver son unité, de protéger les droits et les libertés, et de redonner confiance et espoir aux Tunisiens.

Nous, organisations signataires, annonçons le lancement d’un cadre de coordination commun pour la Tunisie et les Tunisiens, animés par notre conviction profonde de la nécessité de la vigilance, de la protection des acquis du peuple, de l’attachement à l’État de droit et des institutions, de la préservation de l’indépendance de la société civile, et de la défense des droits et des libertés.

Ce cadre restera en permanence ouvert à toutes les forces vives et démocratiques, et à tous les acteurs nationaux qui croient en la Tunisie et en son avenir, afin d’œuvrer ensemble à l’ouverture d’un nouvel horizon national, qui redonne sa place au dialogue et à la participation, préserve l’avenir des générations futures, et garantit à la Tunisie son unité, sa place et sa dignité.

Signataires :

Président de la Ligue tunisienne pour la défense des droits de l’homme — Bassem Trifi ;  

Bâtonnier de l’Ordre national des avocats de Tunisie — Boubaker Ben Thabet ;

Secrétaire général de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT) — Slaheddine Selmi.

* Au célèbre Quartet, il manque l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’Artisanat (patronat). On ne sait pas si l’organisation patronale a été sollicitée et qu’elle a refusé de se joindre à l’initiative. Son absence, en tout cas, pose des questions. Il faut dire que sa direction actuelle est totalement illégale puisque l’organisation n’a pas tenu son congrès depuis plusieurs années.  

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