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Le leader mongol Enkhbayar remet le Trophée de Gengis Khan au tunisien Adnen Helali

Un hommage mongol au poète et activiste tunisien à la COP17 Oulan-Bator – Mongolie Dans un moment fort de la COP17, à la croisée de la culture, de l’environnement et de l’amitié entre les peuples, l’artiste, poète et activiste culturel tunisien Adnen Helali a reçu le Trophée culturel de Gengis Khan – Karakorum, en reconnaissance de son engagement et de sa participation active au sommet mondial sur la lutte contre la désertification.

Le leader mongol Enkhbayar Nambar a remis personnellement le Trophée à Adnen Helali lors d’une cérémonie organisée au pavillon de l’UNICEF à Oulan-Bator. Cette distinction constitue un hommage mongol à une figure tunisienne engagée dans la défense de la culture, du patrimoine et des territoires ruraux, ainsi qu’à son travail de rapprochement entre les peuples à travers l’art et la poésie.

Au cours du sommet, Helali a présenté son nouveau recueil de poésie, « Le vent préserve nos traces », ainsi qu’une intervention intitulée « Combattre d’abord la désertification culturelle ». Il comptait parmi les personnalités qui ont particulièrement retenu l’attention lors de cet événement mondial, auquel ont participé 197 pays. En signe d’amitié et en retour de cet hommage, Helali a offert au leader mongol une kachabia tunisienne, confectionnée par des artisans de Nabeul. Enkhbayar l’a immédiatement portée au cours de la cérémonie, donnant lieu à une scène spontanée et chaleureuse, devenue l’un des symboles de cette rencontre entre la Tunisie et la Mongolie. Le patrimoine tunisien était également présent à travers les « Soleils » en alfa de Kasserine et les parasols de Gabès, présentés dans le cadre du projet Green IYRP et témoignant du savoir-faire des artisans tunisiens et de la valorisation des matériaux naturels. 

Au cours de cette rencontre, Helali a également récité en langue mongole son poème « Le lac Ugii », consacré à l’un des emblèmes naturels de la Mongolie. Le texte a suscité un intérêt officiel et a été retenu par le ministère mongol de l’Environnement et du Changement climatique comme titre et message associés à la protection du lac Ugii. De Semmama à Karakorum, cet hommage mongol vient ainsi marquer un parcours culturel et humain singulier, construit autour d’une même conviction : combattre la désertification, c’est protéger la terre, mais aussi préserver la culture, la mémoire et l’être humain.

                          Kamel Bouaouina

Photos : 

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Fournitures scolaires disponibles, mais à quel prix ?

 A l’approche de la rentrée scolaire, une effervescence palpable s’installe dans les foyers. Comme chaque année, le mois de septembre marque le coup d’envoi des préparatifs pour l’achat des fournitures scolaires, un rituel incontournable mobilisant parents, élèves et commerçants, surtout que la date officielle de la rentrée scolaire vient d’être annoncée. En ces journées de fin d’été, les librairies, papeteries et grandes surfaces de la capitale voient affluer des familles venues se procurer cahiers, stylos, cartables et autres articles exigés par les établissements scolaires. Cette période, synonyme de dépenses conséquentes pour de nombreux ménages, pèse particulièrement sur ceux ayant plusieurs enfants à charge. 
Entre les fournitures scolaires, les transports, l’alimentation, les vêtements et autres dépenses, sans oublier le soutien scolaire et l’enseignement privé, la rentrée scolaire représente un fardeau financier considérable pour de nombreuses familles. Si ce coût varie fortement d’une famille à l’autre, il a pour point commun de peser de plus en plus sur le budget familial et la capacité des parents à subvenir à tous les besoins de leurs enfants. Dans ce contexte, Ridha Zahrouni, président de l’Association tunisienne des parents et des élèves, souligne que le coût de la rentrée scolaire augmente d’année en année, tant dans le public que dans le privé. Il estime que ce coût est désormais étroitement lié à la situation économique et sociale des familles. Il insiste sur le fait que le coût de la rentrée ne se limite pas au prix des livres, cahiers et fournitures scolaires, car les familles doivent également faire face à d’autres charges durant cette période, telles que les factures d’eau et d’électricité, le loyer, les transports, l’alimentation, l’habillement et autres dépenses. Les frais de scolarité s’inscrivent ainsi dans un système de dépenses plus vaste qui pèse sur le budget des ménages. Selon ses estimations, le coût des fournitures scolaires pour un élève peut varier de 150 dinars à 700 ou 800 dinars environ, et peut être nettement plus élevé pour les familles qui optent pour des cartables ou des fournitures scolaires de marque. Cet écart de prix met en évidence les différences de pouvoir d’achat entre les familles. Certaines se contentent du strict minimum, tandis que d’autres choisissent des produits importés ou plus chers, ce qui peut engendrer une différence de dépenses considérable, même pour deux élèves du même niveau scolaire.

Dénicher les bons plans
Cette rentrée est le moment pour les parents de dénicher les bons plans pour limiter au maximum ces coûts. La dépense moyenne consacrée à un élève inscrit en première année primaire (fournitures, cahiers, livres et cartables) s’élève à 220 dinars alors qu’un élève de 2e année coûte 250 dinars. Un élève de 3e année revient à 275 dinars, de 4e année à 280 dinars, de 5e année à 290 dinars, de 6e année à 295 dinars. La scolarité d’un élève est plus coûteuse dans les collèges avec une dépense de 282 dinars pour l’élève inscrit en 7e année (282 dinars) en 8e année (285 dinars) et en 9e année (285 dinars). Pour les parents dont les enfants fréquentent le secteur privé, la situation est encore plus complexe. Les coûts peuvent s’envoler, atteignant des milliers de dinars par enfant, incluant souvent des frais annexes comme le transport et la restauration. La rentrée scolaire, ce sont aussi les chemises, les pantalons, les chaussures… Lors d’une tournée faite dans différents commerces de la capitale, et pointant les yeux sur le rayon du textile et des chaussures, l’image d’une maman accompagnée de sa fille se plaignant de la cherté des prix saute aux yeux. Les tabliers scolaires dont les prix ont été dernièrement affichés tournent autour de 50 à 150 dinars et plus, auxquels il faudrait ajouter chemises, pantalons, sous-vêtements et le reste. C’est ce qui est considéré comme un placement incontournable auquel viendront s’ajouter les enveloppes à réserver pour les cahiers, fournitures scolaires et les livres. 
Loin d’être une simple formalité, cette échéance représente un véritable défi logistique et financier, mobilisant parents et enfants dans une course contre la montre pour s’assurer que tout soit prêt pour le grand jour. Cette année encore, la question du coût de la rentrée est au cœur des préoccupations, exacerbée par un contexte économique qui pèse sur les budgets des ménages.

Kamel BOUAOUINA

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Réunion des non-alignés à Belgrade : attachement aux mêmes principes d’indépendance et de non-ingérence

Par Kamel ZAIEM

Le mouvement des non-alignés fêtera son soixante-cinquième anniversaire et la Tunisie sera bien là, à Belgrade, pour fêter l’événement et surtout pour confirmer son attachement aux principes d’indépendance que le mouvement a toujours défendus. Le Président de la République, Kaïs Saïed, qui a chargé le secrétaire d’État auprès du ministre des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’Étranger, Mohamed Ben Ayed, de participer à cet événement confirme la politique de l’Etat tunisien qui a toujours appelé à l’indépendance et à la non-ingérence…

L’événement aura lieu à Belgrade, les 31 août et 1er septembre 2026, et comporte une réunion de haut niveau célébrant le 65e anniversaire de la tenue de la première conférence du Mouvement des non-alignés.

Cette réunion constituera, selon un communiqué publié dimanche par le ministère, une occasion de réaffirmer l’attachement de la Tunisie aux principes du non-alignement et de la Conférence de Bandung, ainsi que l’importance de la poursuite de l’action du Mouvement des non-alignés et de l’engagement commun de ses États membres en faveur des principes énoncés dans la Charte des Nations unies et du rôle essentiel du multilatéralisme face aux défis auxquels le monde est confronté.

En marge de cette réunion, le secrétaire d’État aura des entretiens avec ses homologues de Serbie et de plusieurs autres pays, consacrés aux questions régionales et internationales d’intérêt commun.

Tout d’abord, il faut rappeler les bases de ce choix pertinent que la Tunisie a adopté depuis près de sept décennies. En effet, les principes fondamentaux de la politique étrangère tunisienne, qui perdurent depuis avant l’indépendance, reposent sur la non-ingérence dans les affaires intérieures des autres États, en particulier des pays arabes frères, et sur le maintien de relations solides avec tous les pôles mondiaux, surtout durant la guerre froide. Malgré une proximité relative avec le bloc occidental à cette époque, la Tunisie a toujours refusé de s’aligner, privilégiant une position active au sein du Mouvement des non-alignés.

Un exemple marquant est la position tunisienne lors du refus des États-Unis de reconnaître la Chine populaire dans les années 1970 : la Tunisie a soutenu l’admission de la Chine populaire à l’ONU. La visite en 1964 du Premier ministre chinois Zhou Enlai en Tunisie témoigne aussi de l’indépendance de la diplomatie tunisienne et de son attachement à la souveraineté nationale.

Bourguiba y était pour quelque chose

Pour l’Histoire, il est bon de rappeler, également, que dans les années 50, la Tunisie, avec d’autres pays tels que l’Inde, la Bulgarie et l’Egypte ont exprimé leur désir de n’appartenir à aucun des deux blocs, capitaliste ou socialiste. Ils ont simplement voulu ne pas s’aligner et se protéger de l’influence des Etats-Unis et de l’URSS, d’où est né le Mouvement des non-alignés, grâce à la proposition faite par Jamal Abdel Nasser, Josip Broz Tito, Soekarno et Jawaharlal Nehru. Ce Mouvement serait-il né s’il n’y avait pas eu ces leaders ? Nul ne pourrait l’affirmer. Mais le fait est qu’à un moment de l’histoire de l’Humanité, il y a eu des leaders, libres et fiers, comme le Président tunisien Habib Bourguiba, qui n’ont pas voulu s’aligner sur les politiques d’un des deux pôles des super puissants, mais plutôt affirmer la pleine souveraineté de leurs pays nouvellement indépendants, pour certains.

Sur la même lancée, Kaïs Saïed a insisté dès son accession au pouvoir sur l’attachement historique au principe de non-alignement. Il a toujours rappelé le fait que la politique étrangère de la Tunisie repose sur la souveraineté nationale et le refus de toute alliance extérieure ou ingérence. Lors de différentes interventions et commémorations internationales, la diplomatie tunisienne a souvent rappelé son ancrage dans les principes de la Conférence de Bandung de 1955.

Kaïs Saïed inscrit sa vision diplomatique dans la continuité des choix souverainistes de l’histoire du pays. D’ailleurs, la Constitution tunisienne de juillet 2022 formalise dans son préambule ce refus des axes contraires à l’intérêt souverain et la volonté de diversifier les partenariats internationaux de manière équilibrée.

La portée d’un discours de référence

Pour mieux comprendre la vision de la Tunisie vis-à-vis de ce Mouvement, il suffit de parcourir le discours de Kaïs Saïed en marge de la réunion ministérielle du Mouvement des non-alignés, qui s’est tenue en 2025 dans la capitale ougandaise. C’est le ministre des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’étranger, Mohamed Ali Nafti, qui a été chargé de lire ce discours qui résume, de manière claire et pertinente, la vision de la Tunisie.

Dans son allocution en cette occasion, le chef de la diplomatie tunisienne a insisté sur l’impérieuse nécessité de forger une vision commune pour consolider la solidarité entre les pays membres. Il a réaffirmé l’ancrage de la Tunisie dans les principes fondateurs du Mouvement, soixante-dix ans après les conférences historiques de Bandung (1955) et de Belgrade (1961).

Mohamed Ali Nafti a exposé la feuille de route portée par le Chef de l’Etat pour faire face aux défis politiques, économiques et de développement. Cette vision s’articule autour de plusieurs piliers : le renforcement de la coopération Sud-Sud, l’instauration de relations plus équitables dans le cadre de la coopération Nord-Sud, et une révision en profondeur du système financier international, selon une approche qualifiée de «nouvelle, juste et globale».

Le ministre s’est fait l’écho de l’appel lancé par le Président Kaïs Saïed lors du «Sommet de Paris pour un Nouveau Pacte Financier» en juin 2023. Cet appel insistait sur la bonne gouvernance, la lutte contre la corruption, le respect des engagements financiers des pays développés, ainsi que la restitution des fonds spoliés. La mise en œuvre du Programme d’Addis-Abeba pour le financement du développement a également été présentée comme une priorité.

Défendre les mêmes causes

Sur la question migratoire, Mohamed Ali Nafti a prôné une approche collective et globale, centrée sur le traitement des causes profondes des flux migratoires irréguliers. Il a réitéré l’engagement total de la Tunisie à respecter le droit international humanitaire, à protéger les droits des migrants et à garantir leur retour volontaire et sécurisé dans leur pays d’origine. Le ministre a également souligné le rôle essentiel de la culture comme ciment des relations humaines et sociales entre les nations.

Le ministre a également réitéré la position «ferme et constante» de la Tunisie et de son Président aux côtés du peuple palestinien dans sa lutte pour l’autodétermination et l’établissement d’un État indépendant et souverain sur l’ensemble du territoire palestinien, avec Al Qods Al Charif pour capitale. Il s’est félicité, au nom de la Tunisie et de son Président, des efforts ayant conduit à un cessez-le-feu à Gaza, après deux années de ce qu’il a qualifié de «crimes de génocide systématiques» ayant provoqué une «catastrophe humanitaire sans précédent». Tout en exprimant l’espoir que cette trêve sera durable, il a souligné qu’elle ne saurait exonérer la communauté internationale de sa responsabilité de poursuivre les auteurs de ces crimes et de rejeter toute tentative de déplacement forcé du peuple palestinien ou de liquidation de sa cause.

En clôture de son intervention, Mohamed Ali Nafti a réaffirmé l’attachement indéfectible de la Tunisie – en tant que pays arabe, musulman, africain et méditerranéen – aux idéaux du Mouvement des non-alignés. Il a plaidé pour une modernisation des méthodes et mécanismes de travail de l’organisation, afin qu’elle puisse relever les défis actuels et renforcer son poids dans le paysage multilatéral.

C’est dire que la présence du numéro deux du ministère tunisien des Affaires étrangères, de la Migration et des Tunisiens à l’Étranger, à cet événement porte une haute importance et vient confirmer la même vision qui fait de la Tunisie un pays indépendant qui condamne toute ingérence étrangère et qui milite toujours pour ne jamais s’aligner du côté d’aucun bloc.

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