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Crédits et microfinancements sur l’honneur : la BCT impose une plateforme numérique dans chaque banque

À partir du 1er octobre 2026, chaque banque tunisienne devra disposer d’une plateforme numérique dédiée à la réception des demandes de crédits et de microfinancements sur l’honneur. C’est ce que prévoit une nouvelle circulaire publiée mardi 1er septembre par la Banque centrale de Tunisie (BCT), conformément au décret n° 2026-148 du 23 juillet 2026 relatif aux prêts d’honneur.

Cette plateforme sera l’unique canal de réception des demandes de prêts  d’honneur des clients, explique la banque des banques. « Chaque dossier y sera horodaté électroniquement de manière infalsifiable. Ce qui permettra d’établir l’ordre de traitement selon la règle du « premier arrivé, premier servi » et de calculer précisément les délais de traitement », précise-t-elle.

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L’objectif de la BCT est double : garantir l’égalité de traitement entre les clients et assurer une priorisation objective des demandes en fonction de leur date de dépôt, indépendamment de la banque concernée.

Cette mesure s’inscrit plus largement dans les efforts de la Banque centrale pour moderniser les services bancaires, simplifier les procédures et renforcer la transparence et la fiabilité dans le traitement des demandes des clients.

Autrement dit, toutes les banques tunisiennes sont obligées d’accorder des prêts d’honneur. Cela commence mal cette histoire.

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Ressources hydriques : La Tunisie face aux contraintes croissantes

La Tunisie fait face à une pression croissante sur ses ressources hydriques, la question de l’eau dépasse désormais le seul cadre environnemental pour s’imposer comme un enjeu économique et stratégique majeur.  Dans ce contexte, repenser notre rapport à l’eau apparaît comme une nécessité, mais également comme une opportunité de transformation. Mohamed Ikbal Souissi, expert en […]

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Tunisie. Eau en bouteille : vers un retour progressif à la normale ?

Alors que les rayons d’eau minérale restent clairsemés dans de nombreux commerces et grandes surfaces, les autorités tunisiennes annoncent en ce début septembre un dispositif exceptionnel pour rétablir l’approvisionnement, via une double action des secteurs public et privé.   La pénurie…

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L’APIA débloque 19,6 millions de dinars pour des projets à Bizerte, Manouba et Sfax

Lors de sa 8e session ordinaire de l’exercice 2026, la commission nationale d’octroi des avantages rattachée à l’Agence de promotion des investissements agricoles, (APIA) a validé un package financier de 19,6 millions de dinars. Réunis ce mardi 1er septembre 2026, les membres de la commission technique précitée ont accordé leur feu vert à une série […]

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Pénurie d’eau en Tunisie : et si chaque projet de construction devait prévoir un majel ou une fesqiya ?

Face à la raréfaction des ressources en eau et aux effets persistants de la sécheresse, la Tunisie doit renforcer son recours au dessalement de l’eau de mer au cours des prochaines années. C’est ce qu’a estimé, ce mardi 1er septembre 2026, Saad Seddik, ingénieur général en génie rural et hydraulique et ancien ministre de l’Agriculture. […]

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Le Nobel qui ne dort plus (à cause des robots, pas du café) !

Il fut un temps où Daron Acemoğlu, économiste turco-américain, prix Nobel d’économie, regardait les prophètes de l’apocalypse IA avec un petit sourire condescendant : « 5 % des emplois menacés, tout au plus – arrêtez de paniquer ». Pendant que l’OCDE agitait le chiffre de 25 % et le FMI carrément 40 %, lui restait le grand sage imperturbable du MIT.

Sauf que l’été 2026 est passé par là, et avec lui les agents IA, ces stagiaires numériques qui, contrairement aux vrais stagiaires, n’ont pas besoin qu’on leur explique deux fois où se trouve la photocopieuse. Résultat : notre économiste avouerait aujourd’hui perdre le sommeil en pensant aux conséquences énormes que tout cela va avoir, indique une tribune publiée sur la revue Nature, lundi 31 août.

Sa nouvelle estimation ? On grimpe à 8 ou 9 %. Presque le double, donc, mais toujours loin du chiffre du FMI. Ce qui permet à Acemoğlu de garder un pied dans le camp « raisonnable » tout en piquant une insomnie de temps en temps.

Sa vraie angoisse, ceci dit, n’est pas tant le nombre de postes qui vont sauter que la philosophie derrière la manœuvre : les entreprises préfèrent-elles remplacer leurs employés, ou les rendre plus costauds avec l’IA ? Dans cette tribune, il plaide pour une IA « pro-travailleurs » plutôt qu’une course effrénée vers l’intelligence artificielle générale, un peu comme demander à un bulldozer de faire du jardinage de précision plutôt que de tout raser.

Moralité : même les Nobel changent d’avis. Et visiblement, l’IA a le chic pour transformer les optimistes en “oiseaux de nuit“*. Dit autrement, seules les personnes ayant l’intelligence au talon ne changent pas d’avis!

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Un “oiseau de nuit“ désigne une personne qui est très active, sort ou aime vivre tard pendant la nuit, par opposition au “lève-tôt“.

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Le dinar tient face à l’euro, cède du terrain au dollar, les changes s’emballent

Au premier semestre 2026, le dinar tunisien a affiché une relative stabilité face à l’euro. C’est ce qu’annonce la dernière « note de conjoncture économique » de la Banque centrale de Tunisie (BCT). 

Même si le dinar tunisien a perdu 2 % de sa valeur face au dollar américain par rapport à fin 2025, la monnaie nationale s’est toutefois renforcée de 5,9 % face au dollar et de 12,4 % face au yen japonais. Et ce, tout en enregistrant un léger recul de 1,1 % face à l’euro, en moyenne semestrielle (S1 2026 vs S1 2025). 

Parallèlement, le marché des changes au comptant a connu une forte hausse d’activité, avec une progression de 23,7 % en volume. Cette dynamique a été portée par le marché interbancaire, dont les transactions sont passées de plus de 7,113 milliards de dinars à plus de 9 milliards, ainsi que par les opérations avec la BCT, qui ont augmenté de 4,1 à 4,9 milliards de dinars.

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Délice Holding : le bénéfice net bondit à 71,6 MDT au premier semestre 2026

Délice Holding SA a publié ses états financiers intermédiaires arrêtés au 30 juin 2026. Le résultat net de la période s’établit à 71,6 millions de dinars (MDT); contre 44,8 MDT au 30 juin 2025. Soit une progression de près de 60 %.

Le total du bilan atteint 718,9 MDT au 30 juin 2026, contre 662,8 MDT au 31 décembre 2025. Les capitaux propres avant affectation s’élèvent à 642,6 MDT, contre 631,3 MDT à la fin de l’exercice précédent. Le capital social demeure fixé à 549,1 MDT, répartis en 109,8 millions d’actions d’une valeur nominale de cinq (5) dinars chacune.

Les revenus de la holding proviennent essentiellement des dividendes perçus auprès des filiales du groupe. Ces dividendes s’élèvent à 70,9 MDT au 30 juin 2026, contre 44,2 MDT un an plus tôt. Cette hausse s’explique notamment par la distribution de 32,6 MDT par la Société des Boissons du Cap-Bon (SBC), qui n’avait versé aucun dividende au premier semestre 2025, ainsi que par la progression des dividendes de la Société Tunisienne des Industries Agricoles et Laitières (STIAL), passés de 21,5 à 28,9 MDT. En revanche, les dividendes perçus de la Centrale Laitière du Cap-Bon (CLC) ont reculé, passant de 20,1 à 7,5 MDT.

Les management fees facturés aux sociétés du groupe, correspondant aux prestations de gestion et d’études, s’établissent à 1,9 million de dinars, contre 1,7 million de dinars au 30 juin 2025. Le total des produits d’exploitation atteint 72,8 MDT, contre 45,9 MDT un an auparavant, pour un total des charges d’exploitation de 1,8 million de dinars. Le résultat d’exploitation s’établit ainsi à 71 MDT.

Après prise en compte des produits financiers de 869 000 dinars, de l’impôt sur les bénéfices de 216 000 dinars et de la contribution sociale de solidarité de 32 000 dinars, le résultat net de la période s’établit à 71 647 751 dinars, soit un résultat par action de 0,652 dinar, contre 0,816 dinar au 30 juin 2025. Le portefeuille d’immobilisations financières de Délice Holding, correspondant aux participations dans les filiales du groupe, s’élève à 586 MDT au 30 juin 2026. Il comprend notamment des participations dans CLC (99,81%), STIAL (43,01%), SBC (98,73%), Delta Plastic (99,99%) et la Compagnie Fromagère (33,68%). Les placements financiers, constitués de pensions livrées à court terme, totalisent 52,3 MDT au 30 juin 2026, contre 32,2 MDT au 31 décembre 2025. L’assemblée générale ordinaire du 11 juin 2026 a approuvé l’affectation du résultat de l’exercice 2025, avec une distribution de dividendes de 60,4 MDT.

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100 millions d’euros de l’Allemagne pour l’économie tunisienne

À l’occasion du 70ᵉ anniversaire de l’établissement de leurs relations diplomatiques, la Tunisie et l’Allemagne ont décidé de consolider leur partenariat stratégique. Ainsi, en visite officielle à Tunis le 31 août 2026, le chef de la diplomatie allemande, Johann Wadephul, a signé des accords et des contrats de financement d’un montant total dépassant les 100 millions d’euros. Et une enveloppe supplémentaire de 40 millions d’euros serait également à l’étude.

Selon des sources officielles, ces fonds sont destinés à soutenir les priorités du plan de développement tunisien 2026-2030. Ils cibleront principalement la transition énergétique et environnementale, la gestion des ressources en eau, la transformation numérique, ainsi que le renforcement des PME et l’emploi.

Deuxième investisseur étranger et premier marché d’exportation de la Tunisie, l’Allemagne s’appuie déjà sur un tissu industriel solide de plus de 320 entreprises implantées dans le pays, essentiellement dans l’automobile, l’électronique et le textile.

Cette nouvelle étape confirme la volonté de Tunis et Berlin de dépasser la coopération traditionnelle pour s’orienter vers des investissements innovants à forte valeur ajoutée, à même de moderniser l’économie tunisienne et d’accroître sa compétitivité dans le bassin méditerranéen.

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Dollar, euro, yen : comment le dinar tunisien a évolué depuis le début de 2026

Le dinar tunisien a conservé sa stabilité face à l’euro à fin juin 2026, tout en enregistrant une dépréciation de 2 % face au dollar américain, par rapport à son niveau à fin 2025, selon les données de la Banque centrale de Tunisie (BCT) relatives à l’évolution du taux de change du dinar et à […]

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Carburants : la Tunisie dispose d’un stock couvrant 30 jours de consommation

Les perturbations récemment enregistrées dans l’approvisionnement de plusieurs stations-service en Tunisie étaient liées à un arrêt du transport des carburants depuis les dépôts de Radès et non à une pénurie de produits pétroliers, a affirmé mardi 1er septembre 2026 Khaled Bettine, président-directeur général de la Société Nationale de Distribution des Pétroles (SNDP). Intervenant sur Express […]

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Canicule et mortalité animale : la filière volaille sous tension

Ibrahim Nefzaoui, le président de la Chambre nationale des commerçants de volailles et de viandes blanches relevant de l’UTICA, alerte sur la pénurie de volailles et d’œufs en Tunisie liée à la chaleur et à la mortalité animale. Il assure toutefois que l’approvisionnement est normal et écarte toute crise.

Ibrahim Nefzaoui indique, dans une déclaration accordée aux médias, que la production mensuelle de viandes de volaille a chuté de 16 000 à environ 13 600 tonnes. Tandis que celle des œufs est tombée à 11 000 tonnes.

Il a imputé cette baisse aux effets de la vague de chaleur et à la mortalité d’un nombre important de poulets. Il a toutefois tenu à rassurer : les opérations d’approvisionnement se déroulent normalement. Et la demande étant elle-même en repli, l’équilibre du marché reste préservé.

M. Nefzaoui a prévu un retour à la stabilité des quantités dès le mois d’octobre prochain. Le responsable de la centrale patronale a fermement démenti l’existence d’une crise dans le secteur et appelé à ne pas dramatiser la situation. Il a également annoncé que les trois maillons de la filière que sont les producteurs, les détaillants et les grossistes, en coordination avec le ministère du Commerce et du Développement des exportations, travaillent à corriger ce déséquilibre. Et ce, pour garantir un approvisionnement régulier et éviter toute tension.

Enfin, il a vivement critiqué les abattoirs clandestins, dont il a fait un facteur aggravant du désordre productif, en lien avec la réduction du nombre d’abattoirs agréés. Il a précisé que la marge bénéficiaire des abattoirs légaux a été relevée; même si elle n’atteint pas encore le niveau escompté.

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ATL : le bénéfice net grimpe à 13,6 MDT au premier semestre 2026

L’Arab Tunisian Lease (ATL) a publié ses états financiers intermédiaires arrêtés au 30 juin 2026. Le résultat net de la période s’établit à 13,6 millions de dinars (MDT), en hausse de 20 % par rapport aux 11,3 MDT enregistrés au 30 juin 2025.

Le total du bilan atteint 829,6 MDT au 30 juin 2026, contre 733,5 MDT au 31 décembre 2025. Les capitaux propres avant affectation s’élèvent à 157,5 MDT, contre 156,9 MDT à la fin de l’exercice précédent. Le capital social demeure fixé à 32,5 MDT, répartis en 32,5 millions d’actions d’une valeur nominale d’un dinar chacune.

Les créances issues d’opérations de leasing, principal poste de l’actif, s’établissent à 720 MDT nets de provisions, contre 669,6 MDT au 31 décembre 2025. Les mises en force ont progressé de 22 % par rapport à la même période de 2025. L’encours financier moyen est passé de 632,9 MDT à 698,4 MDT, soit une hausse de 10 %.

Le ratio des actifs non performants s’établit à 6,72 % au 30 juin 2026, contre 6,99 % au 31 décembre 2025 et 7,93 % au 30 juin 2025. Le taux de couverture de ces actifs par les provisions et agios réservés atteint 89,32 %, contre 88,83 % à fin décembre 2025.

Les liquidités et équivalents de liquidités s’élèvent à 60,3 MDT au 30 juin 2026, contre 10,6 MDT au 31 décembre 2025. Les placements à long terme totalisent 31,5 MDT, contre 28,5 MDT à la fin de l’exercice précédent.

Concernant les résultats, le total des produits de leasing s’établit à 52,4 MDT au premier semestre 2026, contre 48,5 MDT un an plus tôt, porté par la hausse des intérêts et revenus assimilés qui passent de 46,8 à 51,1 MDT. Les charges financières nettes s’élèvent à 21,6 MDT. Le produit net de leasing progresse de 10 %, passant de 30,6 à 33,8 MDT.

Les charges de personnel s’établissent à 7 MDT, contre 6,4 MDT au 30 juin 2025. Les dotations nettes aux provisions et le résultat des créances radiées ressortent à 2 MDT, contre 2,7 MDT un an auparavant.

Après un résultat des activités ordinaires avant impôt de 23 MDT, un impôt sur les bénéfices de 7,8 MDT et des éléments extraordinaires de 1,6 million de dinars liés aux contributions conjoncturelles exceptionnelles instituées par la loi de finances 2026, le résultat net de la période s’établit à 13.555.275 dinars. Soit un résultat par action de 0,417 dinar, contre 0,346 dinar un an plus tôt. Au passif, les emprunts et dettes rattachées s’élèvent à 542,2 MDT au 30 juin 2026, contre 459,1 MDT au 31 décembre 2025, incluant notamment un nouvel emprunt de 50 MDT auprès de la Banque Européenne d’Investissement.

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Phosphate | Trois jours de grève à la CPG

Les agents et les cadres de la Compagnie des Phosphates de Gafsa (CPG) ont entamé, ce mardi 1er septembre 2026, une grève de trois jours, a indiqué Rim Helal, secrétaire générale de la Fédération générale des mines relevant de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), citée par Diwan FM.

La grève concerne tous les services administratifs de la CPG, a-t-elle ajouté, en précisant qu’à 8 heures du matin, le taux de participation s’élevait à environ 95 %.

Il convient de rappeler que l’UGTT avait décidé d’observer une grève totale les 1er, 2 et 3 septembre 2026 sur tous les sites de travail de la CPG, à Gafsa, justifiant cette décision par l’absence de réponse aux revendications des agents et des cadres, notamment en termes d’augmentation salariale.

La CPG se porte mal depuis 2011 et sa production peine depuis à atteindre 4 millions de tonnes par an, contre 8 millions de tonnes en 2010. En revanche, ses dépenses ont explosé du fait des innombrables recrutements effectués au cours des quinze dernières années pour acheter la paix sociale dans le bassin minier, sans vraiment y arriver. La preuve : la grève de trois jours actuelle.  

I. B.

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Tribune de Ferid Belhaj : « Recentrer l’ONU sur la paix grâce à l’article 99 »

À l’heure où les Nations unies s’apprêtent à élire leur nouveau Secrétaire général, une tribune de l’ancien vice-président de la Banque mondiale pour la Région Moyen-Orient et Afrique du Nord Ferid Belhaj met l’accent sur l’importance d’opérer un recentrage stratégique : confier le développement aux acteurs les mieux outillés et faire de la paix, via l’article 99 de la Charte, la priorité absolue de l’institution.

L’idée est claire : recentrer l’action du Secrétaire général sur son rôle premier de prévention et de résolution des conflits, en s’appuyant sur la prérogative exceptionnelle de l’article 99, qui lui permet d’attirer l’attention du Conseil de sécurité sur toute menace à la paix et à la sécurité internationales. 

Dans cette note de politique publique, Ferid Belhaj soutient que l’Organisation des Nations unies s’est progressivement éloignée de sa mission centrale en accumulant un nombre croissant de responsabilités. Développement durable, changement climatique, santé, migrations, gouvernance numérique, financement, égalité entre les sexes et systèmes alimentaires : autant de domaines désormais associés à l’action du Secrétaire général. Ces enjeux sont essentiels, mais l’élargissement continu de l’agenda onusien aurait créé une forme d’ « inflation des missions » , caractérisée par la multiplication des priorités, des mécanismes de coordination, des sommets et des déclarations, sans que l’organisation dispose des moyens nécessaires pour obtenir des résultats concrets.

Lire aussi : Ferid Belhaj : “La souveraineté du XXIe siècle se mesure à la capacité d’un pays à organiser ses interdépendances”

Ferid Belhaj estime que le prochain Secrétaire général devrait donc renoncer à devenir le responsable de toutes les grandes questions mondiales. Il devrait plutôt recentrer son action sur les domaines dans lesquels l’ONU possède une véritable légitimité et des compétences difficilement remplaçables : la diplomatie préventive, la médiation, la sécurité collective et la préservation de la paix internationale.

Cette proposition repose sur un retour à l’architecture multilatérale conçue après la Seconde Guerre mondiale. Les accords de Dumbarton Oaks, de Bretton Woods et de San Francisco avaient établi un système décentralisé, dans lequel chaque institution devrait disposer d’un mandat, d’instruments et d’une expertise spécifiques. Le Fonds monétaire international devait assurer la coopération monétaire et répondre aux crises de balance des paiements. La Banque mondiale devait financer la reconstruction puis le développement. Les agences spécialisées, telles que l’Organisation internationale du travail, la FAO, l’UNESCO ou l’Organisation mondiale de la santé, devaient exercer leurs propres responsabilités techniques et conserver leurs structures de gouvernance.

Dans ce dispositif, le Secrétariat de l’ONU n’était pas conçu comme le gouvernement administratif de la planète. Le poste de Secrétaire général devait être avant tout politique, à la croisée de la diplomatie, du jugement et de la légitimité internationale. La Charte des Nations unies accorde d’ailleurs une place prioritaire à la paix et à la sécurité. Le Conseil de sécurité en assume la responsabilité principale, tandis que l’article 99 donne au Secrétaire général le pouvoir d’attirer l’attention du Conseil sur toute situation susceptible de menacer la paix internationale.

Ferid Belhaj souligne que cette logique de spécialisation fonctionnelle a progressivement été affaiblie. La décolonisation, les revendications du dialogue Nord-Sud, les crises humanitaires et l’optimisme multilatéral qui a suivi la fin de la guerre froide ont conduit l’ONU à élargir son rôle. Le Secrétaire général est devenu la figure publique d’un agenda mondial de plus en plus vaste. Les réformes du système de développement des Nations unies, notamment celle de 2018, ont renforcé la coordination depuis le centre, avec des coordonnateurs résidents davantage rattachés au Secrétaire général et une planification plus intégrée des équipes présentes dans les différents pays.

Cette réforme visait à remédier à la fragmentation du système. Le Groupe des Nations unies pour le développement durable rassemble aujourd’hui 37 agences, fonds et programmes opérant à travers 130 équipes de pays dans plus de 160 pays et territoires. Cependant, cette centralisation aurait également renforcé une tendance consistant à répondre au chevauchement des mandats par la création de nouveaux mécanismes de coordination, plutôt que par une définition plus précise des responsabilités

Ferid Belhaj distingue ainsi la “dérive des missions” de l’ “inflation des missions”. La première désigne l’extension progressive d’une organisation au-delà de son mandat initial. La seconde est plus profonde : les objectifs se multiplient plus vite que les pouvoirs et les instruments nécessaires pour les atteindre. L’organisation devient alors politiquement responsable de résultats qu’elle ne peut pas réellement produire. L’écart entre les promesses et les capacités risque ainsi d’affaiblir sa crédibilité.

Les Objectifs du millénaire pour le développement et les Objectifs de développement durable illustrent cette évolution. Les huit Objectifs du millénaire avaient permis de concentrer et de rendre lisible l’agenda du développement. Leur mise en œuvre reposait toutefois sur une division claire des tâches : les gouvernements adoptaient les réformes, les banques de développement finançaient les investissements, les agences spécialisées apportaient leur expertise et les donateurs bilatéraux fournissaient des subventions.

Avec les Objectifs de développement durable, l’ambition s’est considérablement élargie : 17 objectifs, 169 cibles et plus de 200 indicateurs couvrent presque tous les aspects des politiques économiques, sociales et environnementales. Cette démarche a constitué une réussite politique, mais elle a aussi rendu la priorisation plus difficile. Aucun acteur ne possède l’autorité ou les ressources nécessaires pour diriger la mise en œuvre d’un programme aussi vaste. La coordination est donc devenue une activité administrative lourde, mobilisant des plans intégrés, des mécanismes interagences, des examens nationaux et des procédures de suivi.

Pour l’auteur, le principal problème est que le Secrétariat acquiert des responsabilités sans disposer du contrôle correspondant. Le développement dépend en réalité des décisions des États, des investissements des entreprises, du financement des infrastructures, de la stabilité macroéconomique et du fonctionnement des services publics. L’ONU peut mobiliser, réunir les acteurs et donner une légitimité politique, mais elle ne doit pas confondre cette capacité d’influence avec les instruments opérationnels qui produisent effectivement les résultats.

Le coût de cette inflation des missions est d’autant plus important que la ressource la plus rare du Secrétaire général n’est pas seulement l’argent, mais aussi l’attention. Chaque nouvelle priorité réduit le temps et le capital politique disponibles pour les crises qui exigent une intervention diplomatique urgente.

Ferid Belhaj propose donc plusieurs orientations. La première consiste à replacer la paix et la sécurité au centre de l’action du Secrétaire général, en utilisant davantage l’article 99 et en développant une doctrine d’engagement politique précoce. La deuxième serait d’appliquer un « test de subsidiarité  à chaque nouvelle initiative » : une autre institution dispose-t-elle déjà du mandat et des instruments nécessaires ? L’intervention du Secrétariat apporterait-elle une véritable valeur ajoutée politique ? Que pourrait-il cesser de faire pour préserver ses capacités ?

La Banque mondiale et les banques régionales devraient diriger les dossiers nécessitant des financements et des investissements. Le FMI devrait rester l’acteur principal en matière de stabilité macroéconomique, de dette et de coopération monétaire. Les agences spécialisées devraient exercer leur leadership technique. Tandis que les gouvernements devraient rester responsables de la mise en œuvre nationale. Le Secrétariat pourrait continuer à réunir ces acteurs lorsqu’un obstacle politique l’exige, mais il devrait cesser de vouloir devenir leur centre opérationnel.

Enfin, l’ancien vice-président de la Banque mondiale préconise la suppression régulière des mandats devenus inutiles, la limitation des obligations de rapport et l’instauration de dates d’expiration pour les groupes d’experts et les envoyés spéciaux. La retenue ne serait pas un recul, mais une forme de puissance institutionnelle. Le prochain Secrétaire général devrait être jugé moins sur le nombre d’initiatives lancées que sur les crises désamorcées, les canaux de dialogue préservés et les guerres évitées.

La thèse finale est claire : une ONU qui entreprend moins de tâches, mais qui se montre indispensable dans les domaines qu’elle seule peut véritablement assumer, pourrait contribuer à rendre le multilatéralisme à nouveau crédible.

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Mohamed Chedli El Fahem nommé Deputy CEO de BYD Tunisie

Mohamed Chedli El Fahem vient d’être nommé Deputy CEO Group de BYD Tunisie, une nouvelle étape clé dans le déploiement de la marque chinoise de véhicules électriques sur le marché en Tunisie. 

Fort de plus de 15 ans d’expérience dans le management, la finance, les opérations et le développement stratégique, il a construit l’essentiel de son parcours dans le secteur automobile en Tunisie. Il a notamment évolué au sein de Ben Jemaa Motors, distributeur historique de plusieurs marques, ainsi que chez Toyota Tunisie et Citroën, où il a acquis une solide connaissance des réseaux de distribution, de la gestion commerciale et des enjeux de transformation du secteur.

Son profil associe expertise opérationnelle et vision stratégique, avec une orientation marquée vers la performance, la montée en gamme des organisations et l’accompagnement des transitions industrielles. Avant de rejoindre BYD, il a également occupé des fonctions de direction chez Alaseel for Food Industries, élargissant ainsi son expérience au-delà de l’automobile vers d’autres secteurs à forte intensité logistique et opérationnelle.

Lire aussi : BYD lance son roadshow national : vivez l’expérience de la mobilité électrique

Sa nomination intervient à un moment où BYD consolide sa présence en Tunisie, après avoir franchi le cap des 1 000 véhicules électriques vendus et multiplié les initiatives de proximité, comme le BYD Roadshow organisé à Tunis City en mai 2026 pour sensibiliser le public à la mobilité électrique 

En tant que Deputy CEO Group, Mohamed Chedli El Fahem sera chargé de soutenir la stratégie de croissance de BYD Tunisie, d’accompagner le développement du réseau, d’optimiser les opérations et de renforcer le positionnement de la marque dans un marché en pleine mutation, marqué par l’émergence progressive de l’électrique et les nouvelles attentes en matière de mobilité durable.

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UGTT : la révolte des régions face au bureau national

Que se passe-t-il actuellement au sein des sections régionales de l’UGTT ? Réunies séparément samedi 29 août 2026, les instances régionales de Siliana et de Mahdia n’excluent plus une grève générale, et au passage réclament une amnistie générale ainsi qu’une réforme de la justice.

La grève générale figure désormais parmi les options envisagées par plusieurs structures régionales de l’UGTT. Réunie samedi 29 août 2026 sous la présidence du secrétaire général adjoint chargé des affaires juridiques, Fakher Eddine Aouiti, l’instance administrative régionale de l’Union régionale du travail de Siliana a qualifié la situation économique, sociale et politique du pays de « sans précédent ». Le même jour, l’instance administrative régionale de l’UGTT à Mahdia a adopté une position similaire, se déclarant prête à défendre les revendications des travailleurs et de la population « par tous les moyens légaux et légitimes, y compris la grève générale ».

Un diagnostic sévère de la situation du pays

À Siliana, les responsables syndicaux ont sévèrement critiqué la gestion du pays. Ils dénoncent la « concentration de la décision, l’absence de dialogue ainsi que des atteintes aux libertés, au droit syndical et à l’activité de la société civile ». L’instance pointe également une dégradation continue de la situation économique et sociale : endettement, inflation, chômage et pauvreté s’ajoutent, selon elle, aux difficultés rencontrées par les petites et moyennes entreprises. Les services publics ne sont pas épargnés, la santé, l’éducation et le transport figurant parmi les secteurs jugés en déclin.

À Mahdia, les syndicalistes ont insisté sur d’autres aspects de la crise, évoquant la hausse des prix, la dégradation du pouvoir d’achat, les pénuries de produits essentiels et des coupures répétées d’eau et d’électricité.

Des revendications précises adressées aux autorités

Face à cette situation, l’instance de Siliana appelle les autorités à renoncer à « l’unilatéralisme » et à lancer une initiative destinée à apaiser les tensions et à prévenir une possible explosion sociale.

Parmi ses revendications figure une amnistie générale en faveur des personnes détenues en raison de leurs opinions, publications ou activités syndicales, politiques et civiles; à l’exception des personnes impliquées dans des crimes établis. L’instance demande aussi une réforme garantissant l’indépendance de la justice, ainsi que l’ouverture d’un dialogue général et inclusif consacré au diagnostic de la crise et à la recherche de solutions. Sur le plan syndical, elle exige l’abandon de décisions qu’elle juge « injustes et illégales » concernant la négociation collective et le droit syndical, ainsi que le respect des accords déjà conclus avec les travailleurs.

À Mahdia, les syndicalistes ont pour leur part appelé les autorités à s’attaquer aux causes des mouvements de protestation sociale, plutôt qu’à privilégier des réponses sécuritaires et judiciaires.

Une position partagée par d’autres régions, prise indépendamment du bureau exécutif national

L’instance de Siliana affirme être disposée à participer à « toutes les formes de lutte pacifiques et légitimes » que pourraient décider les structures syndicales, y compris la grève générale. Des positions comparables à celles exprimées à Mahdia ont également été défendues par plusieurs autres structures régionales de l’UGTT, notamment celle de Tozeur.

Ces prises de position ont été adoptées indépendamment du bureau exécutif national de l’UGTT. Elles interviennent quelques jours après un communiqué virulent de l’Union régionale du travail de Sfax, qui s’en était pris frontalement au pouvoir. Cette succession de déclarations régionales interroge sur la relation entre les structures régionales et le bureau national de la centrale syndicale.

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G20 : les droits de douane et l’Iran dominent les débats

Les ministres des Finances et les gouverneurs des banques centrales du G20 se réunissent les 31 août et 1er septembre 2026 à Asheville, en Caroline du Nord, pour discuter de croissance mondiale, de dette et de déséquilibres commerciaux. Mais les droits de douane américains et la volonté de Washington d’accentuer la pression économique sur l’Iran s’imposent au cœur des débats.

Les grands argentiers du G20 se retrouvent aux États-Unis dans un contexte particulièrement tendu. La réunion d’Asheville intervient alors que Washington poursuit sa politique tarifaire à l’égard de plusieurs partenaires commerciaux et cherche parallèlement à convaincre ses alliés de participer à son offensive économique contre l’Iran.

Le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, doit piloter les discussions avec ses homologues des principales économies mondiales, aux côtés du président de la Réserve fédérale, Kevin Warsh. La présidence américaine du G20 souhaite officiellement consacrer les travaux à la croissance, à la déréglementation et à la réduction des déséquilibres commerciaux.

La question commerciale risque toutefois de monopoliser une partie des échanges. Les États-Unis ont imposé de nouveaux droits de douane à de nombreux partenaires; tandis que les négociations avec le Canada se sont récemment tendues.

Washington présente ces mesures comme un moyen de corriger les déséquilibres commerciaux et de lutter contre des politiques jugées déloyales, notamment les surcapacités industrielles. Plusieurs pays du G20 souhaitent cependant discuter des conséquences de cette politique sur le commerce mondial et sur leurs propres économies. L’Europe entend notamment soulever la question de l’augmentation des exportations chinoises, qui exerce une pression croissante sur certaines de ses industries.

Washington veut élargir la pression sur l’Iran

L’autre grand dossier de la réunion est l’Iran. Washington cherche à obtenir le soutien des membres du G20 à sa stratégie visant à isoler économiquement Téhéran. Scott Bessent a indiqué avant la réunion que les États-Unis entendaient poursuivre et renforcer les sanctions contre les acteurs financiers et commerciaux qui continuent à traiter avec l’Iran. Il a notamment annoncé la préparation de nouvelles sanctions visant une banque. La question est particulièrement sensible pour les pays qui continuent d’importer du pétrole iranien. Washington menace en effet d’appliquer des sanctions secondaires aux institutions et entreprises étrangères qui faciliteraient les transactions avec Téhéran.

La stratégie américaine ne fait toutefois pas l’unanimité. Plusieurs membres du G20 doivent composer avec leurs propres intérêts énergétiques et commerciaux. L’Union européenne s’est dite disposée à examiner les propositions américaines, tout en insistant sur la nécessité de maintenir les efforts diplomatiques. La France a notamment indiqué qu’elle étudierait les moyens de renforcer les sanctions contre l’Iran.

Mais la présence de la Chine et de la Russie autour de la table complique la recherche d’une position commune. Pékin reste notamment un important acheteur du pétrole iranien, tandis que Moscou demeure opposé à la stratégie de sanctions occidentales.

Dette et croissance au programme

Au-delà des tensions géopolitiques, les États-Unis veulent replacer la croissance mondiale au centre du G20. Washington souhaite promouvoir la déréglementation, l’augmentation de la production énergétique et l’investissement privé afin de stimuler l’activité et de réduire les déséquilibres économiques. La restructuration de la dette souveraine doit également figurer parmi les principaux sujets de discussion.

La question de la dette américaine constitue cependant un point de fragilité pour Washington. La dette fédérale des États-Unis a dépassé 40 000 milliards de dollars. Tandis que la hausse des rendements obligataires alimente les inquiétudes sur la stabilité des marchés financiers.

Un G20 sous pression

La réunion d’Asheville intervient ainsi dans un environnement où les priorités des membres du G20 divergent fortement. Washington souhaite parler de croissance, de déséquilibres commerciaux et d’Iran. Alors que plusieurs partenaires veulent avant tout obtenir davantage de visibilité sur la politique tarifaire américaine. Le conflit avec l’Iran complique encore la situation en maintenant les prix de l’énergie à des niveaux élevés et en perturbant les flux maritimes dans le détroit d’Ormuz. Ces tensions constituent une menace directe pour la croissance mondiale et les perspectives d’inflation.

La réunion des 31 août et 1er septembre apparaît ainsi comme un test diplomatique pour Washington. Les États-Unis cherchent à utiliser leur présidence du G20 pour rallier les grandes économies à leur stratégie commerciale et à leur campagne de pression contre l’Iran, mais les divergences sur les droits de douane, les sanctions et la politique énergétique risquent de limiter la portée d’un éventuel consensus.

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Les menaces de Trump contre l’Iran font grimper les cours du pétrole

Les cours du pétrole ont progressé après les nouvelles menaces de Donald Trump contre l’Iran, faisant craindre une aggravation des perturbations du trafic énergétique dans le détroit d’Ormuz. Le Brent a dépassé ce mardi 1er septembre 91 dollars le baril après avoir gagné plus de 2 % la veille…

Les marchés pétroliers retrouvent une forte nervosité. La reprise des hostilités entre les États-Unis et l’Iran a immédiatement ravivé les inquiétudes concernant la sécurité des approvisionnements mondiaux et la circulation des navires dans le détroit d’Ormuz, l’une des principales voies d’acheminement du pétrole et du gaz du Golfe.

Après les frappes américaines contre des lanceurs de roquettes iraniens sur l’île de Larak, près du détroit, l’Iran a riposté par des tirs de missiles contre des positions américaines en Jordanie. Donald Trump a ensuite menacé Téhéran de nouvelles frappes, faisant craindre une escalade militaire.

Le Brent a progressé de 0,6 % à 91,05 dollars le baril. Tandis que le West Texas Intermediate (WTI) gagnait environ 1 % à 86,59 dollars. Cette hausse intervient après le bond enregistré lundi, lorsque le Brent avait gagné plus de 2 % pour atteindre 90,49 dollars…

Les dernières frappes américaines ont encore renforcé les craintes d’une dégradation de la situation. Washington affirme avoir visé des lanceurs iraniens qui se préparaient à utiliser des roquettes et des mines marines contre le trafic maritime. Pour les opérateurs pétroliers, le risque ne réside donc pas uniquement dans une interruption physique des exportations iraniennes. Une dégradation durable de la sécurité maritime pourrait également limiter les flux en provenance d’autres producteurs du Golfe…

La réaction des cours reste néanmoins mesurée au regard de l’importance stratégique du détroit, cherchant à déterminer si les dernières frappes constituent un épisode ponctuel ou le début d’une nouvelle phase de confrontation. L’évolution du trafic maritime sera déterminante. Une reprise durable des passages de pétroliers pourrait limiter la hausse des cours. À l’inverse, une nouvelle réduction des flux renforcerait rapidement la prime de risque.

Une nouvelle menace pour l’inflation mondiale

La remontée du pétrole intervient enfin dans un contexte où les marchés s’inquiètent déjà des perspectives d’inflation. Une hausse durable de l’énergie renchérirait les coûts de transport et de production et compliquerait la tâche des banques centrales.

Le retour des affrontements entre Washington et Téhéran replace ainsi le pétrole au cœur du risque économique mondial. Tant que la sécurité du détroit d’Ormuz restera incertaine et que Donald Trump maintiendra la menace de nouvelles frappes, les marchés devraient conserver une forte prime géopolitique sur le brut.

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