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Tunisie : la canicule ravive la crainte des pénuries et des incendies

La Tunisie subit, en cette fin août, une deuxième vague de chaleur exceptionnelle. Jeudi 27 août, les maximales doivent atteindre 45 à 48 °C, avec des pointes locales à 49 °C. La veille, Kairouan et Béja ont frôlé les 50…

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TRIBUNE – Pour une STEG augmentée : gouvernance, gestion et planification à l’ère de l’intelligence artificielle

Je signe ce texte à titre personnel , non comme président de la Fédération Tunisienne du Textile et de l’Habillement, mais comme citoyen tunisien, chef d’entreprise qui dirige des équipes et des ressources depuis plus de vingt ans, et comme père qui souhaite que son pays garde un temps d’avance. Ce que je vis à la tête de Tunicotex, piloter la production, arbitrer les priorités, moderniser un outil industriel avec des ressources rares, m’a convaincu d’une chose : les mêmes leviers qui transforment une entreprise industrielle peuvent transformer un établissement public comme la STEG, à condition d’oser y intégrer la donnée, l’intelligence artificielle et le pilotage numérique au cœur même de la gouvernance, et non comme un vernis technologique ajouté après coup.

La crise que traverse la STEG aujourd’hui – délestage, endettement, dépendance au gaz importé – est réelle et grave. Mais elle est aussi une opportunité : celle de ne pas simplement rebâtir l’ancien modèle avec plus de moyens, mais d’en inventer un nouveau, plus intelligent, plus transparent et plus résilient.

La donnée avant la dépense

Dans mon entreprise, chaque investissement se décide avec de la donnée : rendement machine, coût par pièce, taux de rebut. Je n’imagine pas gérer des centaines de machines de production sans tableau de bord en temps réel. Or la STEG pilote un réseau autrement plus complexe , production, transport, distribution, des millions de clients , avec une visibilité en temps réel encore embryonnaire sur une large partie de ses actifs.

Ma conviction : on ne réforme durablement que ce que l’on mesure en continu. La priorité n°1 du numérique à la STEG n’est pas un gadget technologique, c’est la construction d’une colonne vertébrale de données fiables, partagées et exploitées par l’intelligence artificielle pour éclairer chaque décision , de la maintenance d’un transformateur à l’arbitrage tarifaire national.

Cette conviction se décline sur trois terrains. En gouvernance : un tableau de bord national unique associant État, STEG et grands consommateurs ; une politique d’open data énergétique pour restaurer la confiance ; une IA d’aide à la décision pour le conseil d’administration, capable de simuler l’impact d’une trajectoire tarifaire avant de la décider , un jumeau numérique de gouvernance. En gestion opérationnelle : la maintenance prédictive du réseau, un scoring intelligent pour trier les 6 milliards de dinars d’impayés, une gestion algorithmique des pointes de consommation pour ne plus subir la canicule comme en juillet 2026. En planification : un jumeau numérique du réseau électrique national, et une marketplace numérique de la flexibilité énergétique entre industriels autoproducteurs et réseau.

Une feuille de route à deux vitesses

En tant que manager habitué à prioriser des feuilles de route technologiques, je crois qu’il faut distinguer nettement ce qui produit un effet démonstratif rapide et ce qui redessine le modèle en profondeur , les deux doivent avancer de front.

À court terme (0-12 mois), quatre chantiers ne nécessitent ni réforme institutionnelle préalable ni investissement massif : le scoring IA du recouvrement, une plateforme de pilotage de la gouvernance, une IA de prévision des pics de demande, et un portail citoyen unifié pour la facturation et les alertes de coupures. Leur point commun : produire, dès la première année, un effet démonstratif fort sur la crédibilité de la réforme.

À plus long terme (2-10 ans), quatre transformations structurantes doivent être lancées dès maintenant, même si leurs effets ne seront pleinement visibles que plus tard : la généralisation de la maintenance prédictive, le jumeau numérique complet du réseau national, la marketplace de flexibilité énergétique, et la mutation de la STEG d’un opérateur qui vend des kilowattheures vers un orchestrateur intelligent de production, de stockage et de consommation distribués.

Un horizon 2035-2040

Je crois qu’il faut se donner une image claire de ce que peut devenir notre système énergétique dans dix à quinze ans, faute de quoi chaque réforme rapide reste un patch isolé plutôt qu’une étape vers un dessein commun. Voici comment j’imagine, à titre personnel, la Tunisie énergétique de 2035-2040 : une STEG devenue orchestrateur intelligent d’un système décentralisé où des milliers de toits produisent, stockent et échangent de l’énergie ; un mix majoritairement renouvelable, dépassant largement les 35 % visés pour 2030 ; une gouvernance entièrement pilotée par la donnée plutôt que par des arbitrages politiques sous pression ; un pôle régional d’expertise tunisienne en IA énergétique, exportable vers l’Afrique du Nord et subsaharienne ; et une souveraineté énergétique repensée comme souveraineté numérique.

Je ne prétends pas que le numérique résoudra, à lui seul, l’équation financière et énergétique de la STEG : la vérité des prix, la gouvernance institutionnelle et la diversification du mix restent les leviers de fond. Mais sans une colonne vertébrale numérique moderne, aucune de ces réformes ne pourra être pilotée, mesurée et ajustée avec l’agilité que la situation exige. La Tunisie a des talents en intelligence artificielle et en ingénierie de données. Faisons de la modernisation de notre outil énergétique national un terrain d’expression de ce talent, plutôt que de le voir s’exprimer ailleurs.

 

Chef d’entreprise, contribution à titre personnel

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STEG : De nouvelles coupures d’électricité ce jeudi, voici les zones concernées

La Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) annonce de nouvelles coupures tournantes d’électricité ce jeudi 27 août, dans plusieurs régions du pays. Elles pourraient intervenir entre 9h30 et 18h, de manière intermittente et selon l’état du réseau et l’équilibre entre la production et la consommation. Dans le Grand Tunis, une même période de coupure ne devrait pas dépasser deux heures, tandis que la liste des zones concernées reste susceptible d’évoluer.

Un nouveau recours aux coupures tournantes

La STEG explique que ces interruptions éventuelles visent à préserver la sécurité et la continuité du système électrique, en maintenant l’équilibre entre la production disponible et la consommation. Il s’agit donc de coupures susceptibles d’être déclenchées en fonction de la situation du réseau. Elles peuvent également être levées sans préavis.

Le dispositif intervient après plusieurs épisodes similaires enregistrés ces derniers jours. Mercredi 26 août, la STEG avait déjà annoncé des coupures tournantes entre 11h30 et 18h dans plusieurs régions, puis d’autres interruptions possibles entre 21h et minuit.

Le Grand Tunis largement concerné

Dans le Grand Tunis, les zones susceptibles d’être touchées sont notamment : Mornag, Borj Cédria, Radès, La Goulette, Ben Arous, Mégrine, Cité Ghazala, Mhamdia, Le Kram, El Medina El Jadida, Jardins d’El Menzah, Borj Touil, Sanhaja, Jadaida, Manouba, Aïn Zaghouan, Ennasr et La Soukra.

La STEG précise que les coupures seront intermittentes et qu’une période ne devrait pas dépasser deux heures dans cette région.

De nombreuses zones également dans les autres régions

Les avis publiés par la STEG couvrent une partie importante du territoire.

Dans le Cap Bon, sont notamment concernés Hammam Ghazez, Hammamet, Menzel Bouzelfa, Menzel Temime, Soliman, Takelsa, Béni Khalled, Béni Khiar, Somâa, Nabeul, Korba, Dar Chaâbane, Tazarka, Maâmoura et Kélibia.

À Zaghouan, la liste comprend notamment Zaghouan Nord, El Fahs, Bouachir, Zriba, Jebel Oust, Bir Mcherga et Ennadhour.

À Bizerte, les zones citées comprennent notamment Ghar El Melh, Utique, Sejnane, Mateur, Metline, Menzel Jemil, Menzel Bourguiba, Ghazala, Tinja, Jarzouna et Menzel Abderrahmane.

Le Nord-Ouest, le Centre, Sfax, le Sud et le Sud-Ouest sont également concernés par les avis de la STEG.

Dans le Sud, les zones citées couvrent notamment Gabès, Djerba, Kébili, Tataouine, Zarzis-Ben Guerdane et Médenine. Dans le Sud-Ouest, la liste comprend notamment Souk Jedid, Majel Bel Abbès, Foussana, Nefta, Degueche, Hazoua, Ouled Haffouz, Mezzouna et plusieurs autres localités.

Une liste qui peut encore changer

La STEG insiste sur un point important : la liste des zones n’est pas définitive.

D’autres secteurs peuvent être concernés au cours de la journée en fonction de l’évolution de la situation du réseau et des impératifs liés à l’équilibre entre production et consommation.

Le rétablissement du courant peut également intervenir sans préavis. Les habitants et les professionnels des zones concernées sont donc invités à prendre leurs précautions pendant la plage comprise entre 9h30 et 18h.

Pour signaler une urgence ou obtenir des informations, la STEG met à disposition de ses clients le 71 239 222. Le numéro vert d’urgence indiqué sur son site officiel est le 801 00 444.

Des coupures qui interviennent après plusieurs jours de tension

La répétition de ces annonces intervient dans un contexte de forte tension sur le système électrique tunisien, après les pics de consommation enregistrés pendant les épisodes de chaleur.

La question des coupures d’électricité a d’ailleurs été abordée mercredi par le président de la République, Kaïs Saïed, lors d’une réunion consacrée notamment à la situation de la STEG et de la SONEDE.

La présidence affirme que les enquêtes menées sur plusieurs coupures récentes d’eau et d’électricité ont conclu, dans certains cas, à des « actes de sabotage délibérément planifiés », et non à de simples pannes ordinaires. Cette accusation concerne des incidents faisant l’objet d’enquêtes et ne constitue pas, à ce stade, une explication officielle des coupures tournantes annoncées par la STEG pour ce jeudi.

Pour les usagers, le message de la journée reste néanmoins très concret : des coupures sont possibles entre 9h30 et 18h dans de nombreuses zones du pays, sans que chaque secteur soit nécessairement privé d’électricité pendant toute cette plage horaire.

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Coupures d’eau et d’électricité : sabotage ou vétusté des équipements ?

Ils étaient cinq autour du président de la République, Kaïs Saïed, mercredi 26 août, pour évoquer « les coupures d’eau et d’électricité qui touchent plusieurs régions du pays depuis plusieurs semaines ». Ils, ce sont la cheffe du gouvernement, Sarra Zaâfrani Zenzri, le ministre chargé de l’Énergie Salah Zouari, le ministre de l’Agriculture et des Ressources hydrauliques, Ezzeddine Ben Cheikh, ainsi que les dirigeants généraux de la STEG et de la SONEDE.

À cette occasion, le chef de l’État a, une fois de plus, a estimé que ces coupures sont essentiellement dues à « un complot » et non d’une défaillance structurelle. En effet, un communiqué de la présidence indique que des « enquêtes » ont établi que ces coupures ne relèvent pas de « simples pannes » mais d’« actes de sabotage délibérément planifiés ». Aucun élément concret : ni auteur identifié, ni mode opératoire, ni preuve matérielle, n’a toutefois été rendu public pour étayer cette affirmation. Le schéma rhétorique est désormais familier : un problème concret et documenté (vétusté des réseaux, sous-investissement chronique dans la STEG et la SONEDE, stress hydrique) est requalifié en menace occulte orchestrée par des « ennemis de la patrie et leurs alliés », sans que ces derniers ne soient jamais nommés.

Ceci étant, et compte tenu des conséquences de ces manquements sur l’économie et les gens, le président de la République a affirmé que « le peuple tunisien n’a plus besoin de simples communiqués » mais « d’actes »…

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