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Grève ou pas ? L’UGTT tranche : “Aucun mouvement n’est annoncé”

Grève ou pas grève, la vérité doit être dite : aucune grève n’a été annoncée. Ghassen Ksibi, chargé de l’information auprès de l’UGTT, l’a confirmé dans une publication sur les réseaux sociaux.

Il indique avoir été en contact avec Slim Sahimi, secrétaire général de l’Union générale du pétrole et des produits chimiques, ainsi qu’avec Salouane Samiri, secrétaire général adjoint et responsable du département des relations internationales et arabes au sein de l’union.

Selon eux, les rumeurs faisant état d’une grève dans le transport des hydrocarbures prévue demain sont infondées. Des contacts et des négociations sont en cours au sujet d’une prime convenue depuis 2018, ainsi que sur la régularisation de la couverture sociale et d’autres dossiers. Il n’existe, à ce stade, aucune intention de déclencher un mouvement de grève demain.

L’UGTT  a convenu avec les représentants syndicaux de tenir une réunion mercredi prochain afin d’évaluer le sérieux de la partie administrative à faire valoir leurs droits. Si aucun progrès n’est constaté, les syndicats émettront un préavis de grève, conformément à la législation et aux procédures en vigueur. Ce préavis ouvrira la voie à des négociations en vue de trouver des solutions. La grève ne sera envisagée qu’en cas d’échec des pourparlers.

« En conséquence, il convient de ne pas relayer d’informations inexactes ni de céder à la rumeur, source de confusion et d’incertitude, sauf s’il existe des tentatives avérées pour inciter à la grève, ce qui, à mon avis, n’est pas le cas actuellement. », rappelle-t-il. 

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Pollution plastique | Un fléau qui s’aggrave en Tunisie

Le problème des déchets plastiques s’aggrave chaque jour en Tunisie, où l’on enregistre une consommation annuelle d’environ 4,2 milliards de sacs en plastique— soit près de 400 sacs par habitant et par an —, un niveau élevé comparé aux moyennes européennes selon plusieurs études.

La Tunisie génère annuellement quelque 188 000 tonnes de déchets plastiques sur un total de plus de 2,5 millions de tonnes de déchets ménagers, alors que l’on estime à environ 60 % la proportion de déchets plastiques ne faisant pas l’objet d’un traitement adéquat.

Afin d’identifier les causes de la prolifération du plastique sous toutes ses formes — sur les routes, dans les rues, les terres agricoles, en mer, sur les plages et dans d’autres espaces à travers le territoire national —, le président de la Chambre nationale des collecteurs de déchets plastiques, relevant de l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (Utica), Hamza Chaouch, a appelé touts les parties prenantes à agir en commun pour réduite la pollution plastique sur l’ensemble du territoire national — devenue préoccupante aux plans environnemental, sanitaire et économique.

Cela nécessite une volonté collective, a-t-il déclaré à Mosaïque, lundi 24 août 2026, en citant la chambre syndicale, le ministère des Finances (qui supervise le Fonds de lutte contre la pollution), le ministère de l’Environnement, les collectivités locales, la société civile ainsi que les citoyens et citoyennes.

Nécessité d’adopter le tri sélectif dès la source

Comment limiter le rejet de plastique dans la nature ? C’est la question qui doit être posée aujourd’hui, a indiqué Hamza Chaouch, estimant que des solutions sont aisément envisageables si toutes les parties prenantes se réunissaient autour d’une même table pour examiner ce dossier.

Il est nécessaire de modifier les méthodes de travail en adoptant le tri sélectif dès la source — qu’il s’agisse des administrations, des foyers ou des écoles — tout en sensibilisant la nouvelle génération et les citoyens aux procédures de collecte et de tri, ainsi qu’à la répartition des déchets dans des conteneurs spécifiques selon leur nature, a souligné le dirigeant syndical, en soulignant la disposition des industriels membres de la Chambre et des acteurs légaux du secteur à proposer des solutions efficaces, estimant qu’il est urgent de placer ce dossier au cœur des discussions afin de trouver une solution radicale et durable à ce fléau.

Sur un autre plan, Hamza Chaouch a rappelé que le secteur des déchets plastiques compte plus de 25 000 collecteurs et recycleurs opérant dans un marché informel, en l’absence de statistiques officielles sur les quantités de plastique collectées à travers le pays.

Un autre problème majeur réside dans la présence d’environ 80 % d’acteurs informels — apparus après la Révolution de 2011 — qui exercent dans ce domaine sans s’acquitter de leurs obligations fiscales.

Ce désordre entrave le développement d’un marché organisé pour les collecteurs et les recycleurs de déchets en général, et de ceux en plastique en particulier, estime Hamza Chaouch, qui appelle à soutenir le secteur par l’octroi d’aides financières incitatives spécifiques de la part des municipalités et du ministère de l’Environnement, afin de faciliter le transport et la gestion organisée des déchets.

Encourager la création d’entreprises de collecte de plastique

Tout en soulignant l’importance de faire évoluer les mentalités concernant la collecte, le recyclage et la gestion des plastiques, afin de s’aligner sur les technologies modernes déployées à l’échelle mondiale pour le traitement de divers types de plastiques usagés, M. Chaouch a appelé l’État à intervenir pour encourager les jeunes entrepreneurs à investir et à créer des entreprises spécialisées dans la collecte des plastiques non recyclables.

Dans le même ordre d’idées, il a exhorté l’Assemblée des représentants du peuple à adopter une loi visant à moderniser le dispositif et à soutenir les activités de collecte et de recyclage afin de renforcer les capacités des entreprises, garantissant ainsi la fin de la pollution plastique qui perdure depuis des années.

Les taux de recyclage du plastique en Tunisie sont jugés limités ; en effet, les déchets plastiques représentent près de 84 % des déchets présents dans le milieu marin méditerranéen. Cette situation menace les écosystèmes côtiers et marins et affecte négativement des secteurs économiques vitaux tels que le tourisme et la pêche, engendrant un coût économique estimé à plus de 20 millions de dollars par an.

I. B.

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Poste Tunisienne | Un agent poursuivi pour détournement de fonds

Le ministère public près le Tribunal de première instance de Ben Arous a ordonné aux agents de la brigade de police judiciaire de Hammam-Lif de placer en garde à vue un employé de la Poste Tunisienne, soupçonné d’avoir détourné des fonds appartenant à des clients du bureau de poste où il travaille.

Cette décision, annoncée lundi 24 août 2026, fait suite à la diffusion, sur les réseaux sociaux, d’une vidéo montrant une femme âgée souhaitant retirer 800 dinars ; l’employé a toutefois enregistré un prélèvement de 832 dinars sur son compte tout en ne lui remettant que 800 dinars, un incident qui a suscité l’indignation et de nombreuses interrogations.

La dame, qui subissait ces prélèvements abusifs depuis de longues années et de la part du même agent, était accompagnée, ce jour-là, de son fils, qui a découvert le pot aux roses et exigé des explications de l’agent en question qui s’est confondu en justifications oiseuses. La ficelle était trop grosse et les malversations sont dûment documentées par l’historique des transactions sur le compte de la victime, comme l’a expliqué son fils dans la vidéo.

En réaction, la Poste tunisienne a affirmé, dans un communiqué publié dimanche 23 août 2026, qu’elle «ne tolérera aucun manquement avéré», précisant que les mesures nécessaires seront prises et la loi appliquée avec la plus grande rigueur à l’encontre de toute personne dont la responsabilité serait établie, conformément aux réglementations et lois en vigueur.

Ce n’est pas la première fois que l’entreprise publique se trouve au centre d’une polémique à cause des abus de certains de ses agents : un renforcement du système de contrôle interne est on ne peut plus nécessaire pour mettre fin aux malversations que se permettent certains agents.

I. B.

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Canicule en Tunisie | Appel à la vigilance contre les incendies

L’Office national de la protection civile a mis en garde contre une nouvelle hausse des températures sur tout le territoire tunisien. A partir de ce mardi 25 août 2026, les températures devraient osciller entre 40 et 45 degrés Celsius, ce qui va accroître le risque de déclenchement d’incendies.

Tout en appelant les citoyens à respecter les consignes de prévention pour limiter les dangers d’incendies, l’Office leur recommande notamment de ne pas laisser de bouteilles ou de récipients en verre dans les forêts ou les espaces ouverts, en raison du risque de concentration des rayons solaires qu’ils présentent, et à ne pas jeter de mégots de cigarettes ou de matières inflammables sur les routes ou dans les espaces naturels.

Dans une publication sur sa page Facebook hier, lundi 24 août, le porte-parole de l’Office national de la protection civile a également recommandé de s’abstenir de brûler des déchets, des résidus de récoltes ou des herbes sèches, et d’éviter d’allumer des feux dans les forêts ou à proximité de zones agricoles et d’herbes sèches.

Il a insisté sur la nécessité de surveiller les enfants et de les empêcher de jouer avec le feu ou des pétards, tout en appelant à coopérer avec les agents de la protection civile et les autorités locales et à respecter leurs consignes afin de préserver les vies et les biens.

Il a également appelé à signaler immédiatement toute apparition de fumée ou tout incendie en contactant la protection civile au numéro 198, rapporte Mosaïque FM.

Rappelons que la Protection civile avait annoncé, dans un communiqué publié hier, lundi, que ses unités ont effectué, 596 interventions au cours des dernières vingt-quatre heures, dont 124 opérations d’extinction d’incendies.

Par ailleurs, la canicule qui s’est installée dans le pays semble appelée à perdurer toute la semaine. Selon l’Institut national de la météorologie, la hausse des températures va se poursuivre et une augmentation marquée est attendue dans la plupart des régions les mardi 25 et mercredi 26 août, où les températures devraient dépasser les normales saisonnières de 7 à 11 degrés ; les maximales oscillant entre 42 et 48 degrés, accompagnées du vent de sirocco.

I. B.

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L’élève Amine Sayhi meurt des suites d’une insolation | Il travaillait dans les champs

C’est l’histoire d’un adolescent de 14 ans, Amine Sayhi, originaire de la région de Zelfan et élève de huitième année au collège de Thala (Kasserine), qui a trouvé la mort des suites d’une insolation… La pauvreté de sa famille l’a contraint à travailler dans les champs par ce temps caniculaire où la chaleur dépassait 40 degrés Celsus, rapporte Anba Tounes.  

«Comme tout enfant de son âge, il nourrissait des rêves : des livres, un cartable, l’école et un avenir qu’il espérait bâtir de ses propres mains. Mais la pauvreté et le besoin ne lui ont pas permis de vivre l’enfance qu’il méritait», a écrit Me Nadia Chaouachi, qui a rapporté son drame sur sa page Facebook, hier, lundi 24 août 2026.

«Durant les vacances, Amine est parti travailler dans des exploitations agricoles… non pas pour s’acheter un jouet, ni pour mener une vie d’aisance, et encore moins parce qu’il avait choisi ce travail. Il est parti travailler pour gagner un peu d’argent, de quoi acheter ses fournitures scolaires et poursuivre ses études», écrit encore Mme Chaouachi. Elle ajoute : «Un enfant à la fleur de l’âge : au lieu d’être à l’abri de l’école, il s’est retrouvé exposé à un soleil impitoyable… Ses mains, qui auraient dû tenir un stylo, se sont mises au travail pour en payer le prix. Mais le destin s’est montré plus cruel encore… Amine nous a quittés après avoir été victime d’une insolation, emportant avec lui un petit rêve : celui de poursuivre ses études».

«À peine 14 ans… Quel est son tort ? Qu’a-t-il fait pour être privé de son enfance ? Son histoire doit nous bouleverser, éveiller nos consciences et nous amener à nous interroger : combien d’autres Amine travaillent encore sous un soleil de plomb ? Combien d’enfants sacrifient leur enfance parce que leur famille n’a pas les moyens ?», conclut la juriste, en pensant à tous ces enfants qui travaillent pour subvenir aux besoins de leurs familles, et que les autorités feignent de ne pas voir.

I. B.

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Ben Guerdane – 12 morts et 2 disparus | Comment est-on arrivé là ?

Comment en est-on arrivé à ce que des jeunes de Ben Guerdane voient davantage d’espoir dans une embarcation précaire et la Méditerranée que dans leur propre pays ? C’est la question que pose le Comité pour le respect des libertés et des droits de l’Homme en Tunisie (CRLDHT) dans le communiqué suivant, publié le 24 août 2026, où  il exprime sa profonde douleur et sa solidarité avec les familles et les populations de Ben Guerdane et de Zarzis frappées par le naufrage d’une embarcation transportant quinze jeunes Tunisiens qui tentaient de rejoindre l’Italie.

Selon le dernier bilan communiqué par la Direction générale de la Garde nationale, douze corps ont été repêchés, deux personnes restent portées disparues et une seule personne a survécu. Quatorze des quinze personnes à bord étaient originaires de Ben Guerdane et une de Zarzis. L’embarcation avait quitté les côtes le 19 août et a sombré à environ 14 milles marins au large de Zarzis.

Le CRLDHT présente ses condoléances aux familles des victimes et partage l’angoisse de celles qui attendent encore de connaître le sort de leurs enfants. Il demande que les recherches se poursuivent sans interruption jusqu’à ce que les deux derniers disparus soient retrouvés.

Mais cette tragédie ne peut être réduite à un nouveau fait divers de la migration dite irrégulière.

La question n’est pas seulement de savoir comment ces jeunes sont morts. Elle est aussi de comprendre pourquoi des jeunes, âgés pour plusieurs d’entre eux de 18 à 25 ans, ont estimé qu’il ne leur restait d’autre horizon que de prendre la mer au risque de leur vie.

Ben Guerdane : sécurité sans développement

Pour comprendre ce qui se passe aujourd’hui à Ben Guerdane, il faut revenir sur les profondes transformations qu’a connues cette région frontalière au cours de la dernière décennie.

La lutte contre le terrorisme et la sécurisation de la frontière tuniso-libyenne étaient des nécessités incontestables, particulièrement après les événements de mars 2016 : les affrontements d’El Aouija du 2 mars, puis surtout l’attaque de grande ampleur menée par Daech contre Ben Guerdane, le 7 mars 2016.

La population de Ben Guerdane avait alors joué, aux côtés des forces militaires et sécuritaires, un rôle déterminant dans la résistance aux assaillants.

Mais les réponses apportées aux problèmes de la région sont restées principalement sécuritaires, sans véritable politique économique et sociale à la hauteur de ses besoins.

La construction et le renforcement du dispositif militaire frontalier, l’intensification des contrôles et les restrictions apportées aux échanges ont directement affecté l’économie transfrontalière, y compris le commerce informel qui constitue depuis longtemps une source essentielle de revenus pour de nombreuses familles.

Restreindre cette économie sans construire simultanément des alternatives crédibles revenait à exposer une partie croissante de la population au chômage, à la précarité et à l’absence de perspectives.

À cela s’ajoutent les difficultés persistantes liées au passage frontalier de Ras Jedir, véritable artère économique et sociale de Ben Guerdane. Fermetures, réouvertures, restrictions, difficultés de passage et décisions changeantes ont fragilisé encore davantage les activités dont dépendent de nombreuses familles.

Contrôler les départs ne peut remplacer l’obligation de sauver

Cette tragédie interpelle également les politiques migratoires mises en œuvre par la Tunisie, notamment dans le cadre de sa coopération avec l’Union européenne.

Depuis plusieurs années, des moyens importants sont consacrés au contrôle des côtes, à la surveillance des zones de départ et à l’interception des embarcations. Les dispositifs sont d’abord conçus pour empêcher les départs.

Le CRLDHT rappelle pourtant que la protection de la vie humaine et le sauvetage en mer doivent constituer une priorité absolue.

Comment expliquer que des moyens importants soient mobilisés pour surveiller les côtes, empêcher les départs et intercepter les embarcations, alors qu’un bateau transportant quinze personnes peut disparaître et qu’un survivant peut rester près de deux jours en mer avant d’être découvert par un navire commercial ?

Le drame de Ben Guerdane ravive inévitablement le souvenir du naufrage de Zarzis de septembre 2022. Quatre ans plus tard, les familles restent mobilisées pour connaître toute la vérité sur la disparition de l’embarcation, les conditions des recherches et la gestion des dépouilles.

Une nouvelle tragédie survient aujourd’hui dans la même région maritime et pose à nouveau la question des enseignements réellement tirés de Zarzis et de l’efficacité des dispositifs de recherche et de sauvetage.

Mais cette responsabilité ne s’arrête pas aux frontières tunisiennes. Les politiques migratoires européennes portent également une part de responsabilité dans les drames et les disparitions en Méditerranée. La lutte contre les départs ne peut continuer à primer sur la protection des vies, tandis que des milliers de personnes meurent ou disparaissent en mer et que leurs familles restent parfois des années sans savoir ce qu’elles sont devenues.

Silence politique et réponse policière

À ce jour, aucune prise de parole publique significative du gouvernement ou de la Présidence de la République sur cette tragédie, ses causes et la situation de Ben Guerdane n’est à relever.

La Garde nationale communique sur les opérations de recherche et indique qu’elles font l’objet d’un suivi au plus haut niveau. Mais cela ne remplace pas une parole politique adressée aux familles et à la population.

Ce silence contraste avec la réponse apportée aux manifestations qui ont éclaté à Ben Guerdane. Pendant deux nuits, des habitants et des jeunes sont descendus dans la rue. Leur mobilisation exprimait d’abord l’angoisse devant la disparition des leurs, puis plus largement le chômage, les difficultés de Ras Jedir, les projets de développement bloqués et l’absence de perspectives.

Face à cette colère, les forces de sécurité sont intervenues, ont chargé des manifestants et fait usage de gaz lacrymogène.

Le contraste est saisissant : silence politique face au drame et à ses causes, intervention policière lorsque la colère s’exprime dans la rue.

Établir les responsabilités

L’enquête judiciaire ouverte est indispensable, mais elle ne peut se limiter aux organisateurs de la traversée et aux éventuels passeurs. Elle doit aussi établir les circonstances du naufrage, la chronologie des alertes et des recherches, les moyens de surveillance et de sauvetage mobilisés et les éventuelles responsabilités, y compris institutionnelles. Un bilan des mesures prises depuis le naufrage de Zarzis de 2022 doit également être rendu public. Les familles ont droit à la vérité.

Le CRLDHT appelle parallèlement à une révision profonde des politiques concernant les régions frontalières, particulièrement Ben Guerdane et Ras Jedir, ainsi que des politiques migratoires tunisiennes et européennes, afin que le sauvetage et la protection des vies disposent des moyens nécessaires.  

Les douze victimes ne sont pas seulement des «migrants irréguliers». Ce sont des jeunes Tunisiens qui cherchaient une possibilité de vivre autrement. Quand le commerce frontalier se réduit sans alternative, que le chômage et les restrictions s’accumulent et que tout horizon se ferme, la mer finit par apparaître comme une issue, au risque de devenir un tombeau.

Une question demeure : comment en est-on arrivé à ce que des jeunes de Ben Guerdane voient davantage d’espoir dans une embarcation précaire et la Méditerranée que dans leur propre pays ?

Communiqué.

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Italie : avec 626 Tunisiens arrivés par mer, la Tunisie au 8e rang des nationalités

Selon les dernières données du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), arrêtées au 30 juin 2026, 626 personnes parties de Tunisie ont été enregistrées parmi les arrivées maritimes sur les côtes italiennes depuis le début de l’année.

Ces arrivées représentent 4,4 % du total recensé au cours du premier semestre 2026. La Tunisie figure ainsi parmi les principaux pays de départ, derrière le Bangladesh, la Somalie, le Soudan, le Pakistan, l’Algérie, l’Égypte et l’Érythrée. Elle devance notamment le Mali, le Nigeria et la Côte d’Ivoire.

Le Bangladesh arrive largement en tête avec 4 249 arrivées, soit 29,5 % du total. Il est suivi par la Somalie avec 1 644 personnes (11,4 %), le Soudan avec 1 369 (9,5 %) et le Pakistan avec 1 185 (8,2 %). L’Algérie occupe la cinquième position avec 1 106 arrivées, devant l’Égypte, avec 920 personnes.

Des arrivées en baisse à l’échelle italienne

Ces chiffres s’inscrivent toutefois dans un contexte général de recul des arrivées maritimes en Italie. Après le pic enregistré en 2023, avec 157 651 personnes arrivées par la mer, le nombre d’arrivées a fortement diminué pour atteindre 66 617 en 2024, puis 66 316 en 2025, selon les données du HCR.

Cette baisse s’accompagne également d’une diminution du nombre de morts et de disparus en mer. Celui-ci est passé de 1 908 en 2023 à 1 126 en 2025, selon les séries annuelles publiées par le HCR.

Malgré ce recul, la route de la Méditerranée centrale reste l’un des principaux axes migratoires vers l’Europe. La Tunisie conserve, dans ce dispositif, une position particulière, à la fois comme pays de départ pour ses propres ressortissants et comme territoire de transit pour des migrants originaires d’autres pays africains.

La Tunisie au cœur de la route de la Méditerranée centrale

La présence de ressortissants tunisiens parmi les arrivées en Italie s’ajoute ainsi à celle de migrants originaires d’Afrique subsaharienne ayant transité par le territoire tunisien avant de tenter la traversée. Le Soudan, le Mali, la Côte d’Ivoire et la Guinée figurent notamment parmi les nationalités recensées dans les arrivées maritimes en Italie.

Lire aussi : Drame en mer à Zarzis : un seul survivant sur une embarcation de 15 migrants

La route reliant les côtes tunisiennes et libyennes à l’Italie, notamment à Lampedusa et en Sicile, demeure ainsi un axe stratégique des migrations en Méditerranée centrale. Malgré le recul global des flux, les départs depuis la Tunisie continuent d’alimenter les arrivées sur les côtes italiennes.

Le HCR poursuit le suivi de ces mouvements à travers son portail de données opérationnelles, avec des mises à jour régulières sur les arrivées maritimes en Europe ainsi que sur les personnes mortes ou portées disparues en mer.

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Le zgougou, star du Mouled… et cauchemar du budget familial

Chaque année, les familles tunisiennes célèbrent le Mouled selon leurs moyens et leurs priorités. Si cette fête, qui commémore la naissance du Prophète Mohamed, demeure profondément ancrée dans les traditions, son organisation a évolué sous l’effet de la hausse des prix et de la dégradation du pouvoir d’achat. Entre consommation, dépenses et attachement aux coutumes, les Tunisiens continuent-ils à célébrer le Mouled comme autrefois ? Reportage.

Une tradition familiale toujours vivante

Pour une bonne partie des citoyens, la célébration du Mouled dépend avant tout des moyens financiers de chaque famille. Saoussen K., graphiste, résume : « Tout dépend des priorités et de mon budget. J’achète en fonction de ce que je peux me permettre. Je respecte la tradition, car elle nous permet aussi de préserver les liens familiaux. Cette année, j’ai pris 500 grammes de pâte de zgougou à 29 dinars, et environ 40 dinars de fruits secs : poudre d’amandes, noisettes, pistaches… Cela dit, j’ai pris l’habitude de cette flambée des prix. On vit avec. On achète une petite quantité, mais on garde la tradition. »

Même constat pour Latifa, qui tient à perpétuer cette coutume malgré la hausse des prix : « Je célèbre le Mouled comme d’habitude, en famille. C’est une occasion de partager un moment de convivialité et de rappeler nos traditions liées à la naissance du Prophète. Les prix sont certes élevés et j’ai l’impression qu’ils augmentent d’une année à l’autre, mais le zgougou et l’assida restent incontournables. »

 

Lire aussi: Zgougou, de produit traditionnel à un luxe inaccessible

 

Pour Nihel.D le Mouled représente également une occasion de préserver le patrimoine familial et culturel : « C’est un moment convivial qui permet de faire vivre nos coutumes afin qu’elles ne disparaissent pas. Dans certaines familles, on organise même des concours de la meilleure assida. Mais le plus important reste ce retour aux sources et ces échanges entre les membres de la famille ». 

Des recettes qui évoluent

La tradition ne disparaît pas, mais les recettes et les habitudes changent. Chaque famille célèbre le Mouled à sa façon. Certains préparent l’assida au zgougou, tandis que d’autres restent fidèles à l’ancienne recette, l’assida blanche. Aujourd’hui, les recettes se sont diversifiées : on ajoute des noisettes, des pistaches et d’autres fruits secs, voir même assida aux cacahuètes. Cela dit, qui dit Mouled dit aussi assida traditionnelle. On garde les traditions et on ne change pas nos habitudes. Cette journée est aussi une occasion de revoir la famille et les amis. 

Le prix du zgougou suscite la colère

Pour certaines familles, cependant, les dépenses liées au Mouled sont devenues difficiles à supporter, mais l’assida blanche reste une alternative. Car pour de nombreuses familles, l’assida blanche apparaît ainsi comme une alternative économique au zgougou. Préparée à base de semoule ou de farine, elle permet de respecter la tradition tout en limitant les dépenses.

Les témoignages recueillis montrent que les Tunisiens ne renoncent pas nécessairement au Mouled, mais qu’ils adaptent sa célébration à leurs moyens. Pour certains, le boycott du zgougou ne figure pas dans leur vocabulaire. Pour d’autres, l’assida blanche permet de préserver la tradition sans alourdir le budget familial.

 

Lire également : ODC : appel au boycott du « Zgougou »

 

Selon un communiqué de l’Organisation de défense du consommateur, le prix du zgougou pique toujours dans plusieurs gouvernorats, en lien avec la cherté de la vie.

Au-delà des dépenses, le Mouled reste avant tout une fête familiale. Il offre aux proches l’occasion de se retrouver, de partager un plat traditionnel et de transmettre un héritage culturel aux nouvelles générations. Dans plusieurs familles, des concours de la meilleure assida sont même organisés, rappelant que la convivialité demeure au cœur de cette célébration.

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