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Le coûteux ratage du « raccourci nucléaire » par l’Iran

La rumeur que l’administration Trump discute l’option d’utiliser « l’arme nucléaire tactique » contre l’Iran circule depuis quelque temps dans les réseaux sociaux. Le 15 août, cette rumeur s’est amplifiée par ce tweet sur X publié par l’ancienne représentante de Géorgie au Congrès, Marjorie Taylor Greene : « L’administration Trump a évoqué la possibilité d’utiliser l’arme nucléaire contre l’Iran lors de réunions stratégiques de haut niveau. » Sans surprise, la Maison Blanche a démenti l’allégation, la qualifiant de « pure invention. »

Juste une semaine plus tard, le samedi 22 août, l’Agence Tasnim nous informe que deux parlementaires iraniens, Akhlaqi-Amiri et Ravanbakhsh ont soumis au Parlement une proposition de « retrait de l’Iran du traité de non-prolifération nucléaire (TNP) et de révision de la doctrine de Défense de la République islamique. » Les deux députés expliquent, d’après Tasnim : « Après l’attaque sauvage contre l’Iran, l’assassinat du Guide suprême et d’un grand nombre de commandants et de citoyens, une révision de la doctrine de Défense s’impose. »

Le même jour, le nouveau chef des Gardiens de la Révolution, Mohsen Redhaï, publie ce texte sur les réseaux sociaux : « L’attaque de Trump contre l’Iran a accru le désir de certains pays d’acquérir l’arme nucléaire. Un désir d’autant plus justifié qu’ils ont constaté l’inefficacité de l’adhésion à l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) et au TNP de prévenir les attaques américaines. » Il faut bien préciser ici que l’adhésion de l’Iran au Traité de non-prolifération nucléaire remonte à 1968, ratifiée en 1970, soit neuf ans avant l’établissement de la République islamique. En d’autres termes, si la proposition des deux députés est adoptée par le Parlement et Téhéran se retire du TNP, l’ultime trace juridique du régime du Chah s’effacera.

Il est certain que des millions d’Iraniens, y compris parmi les hauts responsables de l’Etat, doivent ressentir une grande amertume à l’idée que leur pays est resté 47 ans durant fidèle à l’engagement signé par le Chah auprès de l’AIEA. Si Khomeiny avait abrogé cet engagement avec tout l’arsenal juridique du régime du Chah, l’Iran, la région et le monde seraient aujourd’hui dans un bien meilleur état. Peut-être Khomeny ne l’a pas fait alors, parce que, il y a 47 ans, le monde était beaucoup plus sûr. La division Est-Ouest avec l’Otan d’un côté et le Pacte de Varsovie de l’autre ne permettait à aucune puissance, petite ou grande, de se comporter en force sanguinaire sans foi ni loi, comme le font aujourd’hui les Etats-Unis et Israël.

Mais, malgré les huit ans de guerre dévastatrice avec l’Irak (1980-1988) que Saddam Hussein, encouragé par les Américains et les Européens, avait déclenchée ; malgré les provocations, les agressions et les assassinats perpétrées par Israël et malgré les sanctions étouffantes imposées par les Etats durant des décennies, l’Iran est non seulement resté fidèle au TNP, mais subissait en silence tout le mal dont était capable de lui infliger l’alliance américano-sioniste. A Téhéran, cette passivité était appelée « patience stratégique ». Certes, il s’est avéré que durant les décennies de « patience stratégique », l’Iran se préparait à la guerre inévitable que l’alliance américano-sioniste déclenchera un jour ou l’autre et a fini par déclencher. Et la République islamique s’est bien préparée. Ses missiles et ses drones ont terrifié les ennemis qui ne s’attendaient certainement pas à une telle réaction, et enchanté les amis qui ne s’attendaient pas non plus à de telles performances militaires de la part d’un pays sous sanctions depuis un demi-siècle.

Mais en dépit de la résistance héroïque iranienne, en dépit de la défaite des agresseurs dans le sens où ils n’ont accompli aucun de leurs objectifs de départ, la guerre n’est pas finie pour autant. Trump et Netanyahu refusent de reconnaître leur défaite, et le monde se trouve en 2026 dans une situation « plus grave » que celle dans laquelle il se trouvait en 1939, à la veille du déclenchement de la Deuxième Guerre mondiale.

Deux puissances nucléaires dont l’une vise la domination de la planète entière et l’autre la domination du grand Moyen-Orient, ne reconnaitront jamais leur défaite face à un pays sous sanctions depuis des décennies, et dont le budget militaire est moins de 1% de celui des Etats-Unis. D’où la peur que, face à son impuissance de résoudre le conflit ni par les moyens militaires, ni diplomatiques, ni à travers les pressions économiques, Trump ne recoure, dans un accès de folie, à l’arme nucléaire.

La peur est exacerbée par un récent rapport de la CIA qui détaille les dangers stratégiques qui menacent les Etats-Unis en cas de défaite : « effondrement de la crédibilité de la dissuasion américaines, la crise énergétique mondiale, et le renforcement de l’axe multipolaire adverse. » Pour ne pas en arriver là, le rapport recommande implicitement « une victoire de quelque manière que ce soit. » De là à penser que l’usage de l’arme nucléaire n’est plus exclu, beaucoup d’analystes ont franchi le pas.

L’argument est simple. Si le monde s’est montré incapable de prévenir le génocide de Gaza et indifférent à sa banalisation, que peut-il faire pour empêcher un usage de l’arme nucléaire et la banalisation de l’holocauste qui s’ensuivrait ? C’est là où l’amertume ressentie par des millions d’Iraniens de ne pas avoir quitté plus tôt le TNP prend tout son sens. Car, en toute logique, au lieu d’avoir dépensé autant d’énergie, d’effort et de temps à construire des usines de fabrication de missiles et de drones sous les montagnes, il aurait été beaucoup plus simple de prendre, à l’exemple de la Corée du nord, « le raccourci nucléaire. »

En d’autres termes, à la lumière de la dangereuse impasse dans laquelle se trouve non seulement les belligérants, mais le monde dans son ensemble, il aurait été plus judicieux que l’Iran quitte à temps le TNP, construise une dizaine de bombes, faire exploser une dans le désert pour annoncer officiellement son entrée dans le club nucléaire et assurer ainsi sa paix et sa sécurité par le biais de la dissuasion.

L’Iran et le monde avec sont en train de payer le prix fort de ce ratage du « raccourci nucléaire » par la République islamique. La proposition des deux députés de soumettre au parlement iranien un vote sur le retrait du TNP vient peut-être un peu tard.

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Tunisie – La balance des paiements courants à -2,3 % du PIB fin juin 2026

Parmi les indicateurs clés pour l’économie tunisienne et qu’il faut suivre de près, nous trouvons la balance des paiements. C’est l’indicateur le plus important pour comprendre la politique monétaire et la marge de manœuvre réelle de l’exécutif. 

 

En analysant les chiffres de 2026, il convient de tenir en considération la conjoncture internationale – hostile – durant les six premiers mois de l’année. L’aggravation des incertitudes économiques est un fait, sous l’impact des tensions géopolitiques au Moyen-Orient.

 

Les importations ont gagné du terrain

La conséquence de ces instabilités est une forte fluctuation des cours des produits énergétiques et une hausse des prix des matières premières ainsi que leurs coûts de fret. Pour un pays importateur net d’énergie et dont l’intégration aux chaînes de valeur des secteurs technologiques demeure limitée comme la Tunisie, c’est bien une mauvaise nouvelle. La facture énergétique a bien été salée. Le déficit énergétique s’est élargi de 1 565 millions de dinars (MDT) pour atteindre 6 779 MDT fin juin 2026.

Au niveau des autres importations, nous notons que celles des produits alimentaires se sont inscrites en hausse de 27,1 % à 4 192 MDT, sous l’effet de l’accroissement des importations des produits non céréaliers (+36,0 %) à l’instar du sucre (730 MDT contre 128 MDT) et du maïs (599 MDT contre 410 MDT en 2025). Parallèlement, les approvisionnements des produits céréaliers ont augmenté de 8,7 % en valeur et 20,4 % en volume.

Quant aux biens d’équipement et de consommation, les importations ont accusé une décélération (8,4 % et 9,3 % respectivement contre 17,6 % et 11,6 % une année auparavant). L’augmentation des achats des biens de consommation a concerné principalement les voitures de tourisme (24,1 %) et les produits pharmaceutiques (8,7 %). Cela a significativement contribué à l’aggravation du déficit commercial de 26,9 % pour se situer à -12 569 MDT.

Quant à la balance des services, elle a enregistré une quasi-stagnation au cours du premier semestre de 2026, pour se situer à 10 265 MDT contre 10 274 MDT en 2025.

 

 

Consolidation de la balance des revenus

En même temps, la bonne tenue des principaux secteurs pourvoyeurs de devises, essentiellement la bonne performance du secteur oléicole et la résilience du secteur touristique et des envois de fonds des Tunisiens résidents à l’étranger, a permis à la balance des paiements de résister.

La balance des revenus primaire et secondaire a dégagé un excédent qui s’est nettement consolidé, pour atteindre 3 889 MDT au cours du premier semestre 2026 (2 982 MDT en 2025).

Cette évolution est principalement imputable à l’accroissement des revenus du travail de 9,8 % à 5 708 MDT et la baisse des dépenses au titre des revenus des investissements (-11,5 % à 2 760 MDT) sous l’effet conjugué du repli des paiements des intérêts de la dette extérieure à long terme (-18,3 %) et de la diminution des dépenses au titre des revenus des investissements directs et de portefeuille (-5,7 %).

Ainsi, le déficit de la balance courante s’est creusé, au cours du premier semestre de 2026, pour s’établir à -4 241 MDT, soit -2,3% du PIB contre, respectivement, -2 844 MDT et -1,6 % une année auparavant.

 

Creusement des besoins de financement

Le compte de capital a dégagé un excédent qui s’est replié au cours du premier semestre 2026, pour revenir à 394 MDT, contre 588 MDT une année auparavant. 

Par ailleurs, le compte financier a dégagé un besoin de financement de -3 847 MDT, contre -2 256 MDT en 2025. Cela est principalement attribuable à la détérioration de la balance des investissements de portefeuille et des autres investissements. Cette dernière a dégagé un solde débiteur de -2 187 MDT (contre un solde créditeur de +3 612 MDT en 2025).

De son côté, le solde débiteur de la balance des investissements direct a accusé un léger repli pour s’établir à -1 551 MDT (contre -1 598 MDT en 2025).

Quant au déficit de la balance générale des paiements, il s’est nettement contracté pour revenir à -109 MDT (contre -4 270 MDT une année auparavant).

Suite à ces évolutions, les avoirs nets en devises se sont repliés à 24 754 MDT, soit l’équivalent de 98 jours d’importation, au terme du premier semestre de 2026 (contre 25 115 MDT et 106 jours, respectivement, à la fin de 2025).

Dans ces conditions, il est logique que la Banque centrale garde son taux directeur stable. L’objectif est de préserver le dinar. Il ne faut pas s’attendre à une révision à la baisse dans les mois à venir, surtout que l’environnement est très favorable à une résistance de l’inflation.

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