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Qatar : forte chute de la production de gaz en six mois

La production de gaz naturel du Qatar a chuté de 47,5 % au premier semestre 2026, à 55,02 milliards de m³ contre 104,82 milliards un an plus tôt. A cause des attaques contre les installations de GNL et les perturbations du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz.

La production qatarie de gaz naturel a enregistré un recul spectaculaire au cours des six premiers mois de 2026. Selon les données de l’initiative conjointe sur les données pétrolières (JODI), citées par l’Unité de recherche énergétique « Energy » le 21 août, elle est tombée à 55,02 milliards de mètres cubes, contre 104,82 milliards au premier semestre 2025, soit une baisse de 49,8 milliards de m³.

Cette chute constitue l’une des conséquences les plus importantes de la guerre avec l’Iran sur le secteur gazier du Qatar, dont l’économie dépend fortement des exportations de gaz naturel liquéfié (GNL).

La contraction s’est accentuée au printemps. Au deuxième trimestre, la production qatarie s’est limitée à 16,33 milliards de m³, contre 52,34 milliards durant la même période de 2025, soit un recul de 69 %.

La dégradation a commencé en mars, avec une production ramenée à 5,37 milliards de m³, puis à 5,19 milliards en avril et 5,03 milliards en mai. Une légère amélioration est intervenue en juin, avec 6,12 milliards de m³, mais ce niveau demeurait inférieur de 66 % à celui de juin 2025…

Une amélioration relative a toutefois été enregistrée en juillet, avec des exportations remontées à 1,52 million de tonnes, contre 1,23 million en juin. Ce niveau reste néanmoins inférieur de 78 % à celui de juillet 2025, où les exportations avaient atteint 6,82 millions de tonnes.

La consommation intérieure recule également

La baisse de l’activité gazière ne concerne pas uniquement les exportations. La consommation intérieure de gaz du Qatar a diminué de 31 % au premier semestre, à 13,97 milliards de m³, contre 20,36 milliards un an auparavant. Au deuxième trimestre, la consommation a chuté de 53 %, à 5,17 milliards de m³ contre 10,96 milliards au deuxième trimestre 2025.

Ce recul de la production intervient alors que le Qatar figure parmi les principaux fournisseurs mondiaux de GNL. La perturbation de ses exportations a donc des conséquences bien au-delà du Golfe.

L’Agence internationale de l’énergie (AIE) estime que les chargements de GNL en provenance du Qatar et des Émirats arabes unis ont diminué de 35 milliards de m³ entre mars et juin. La hausse de la production en Amérique du Nord, en Afrique et dans d’autres régions a cependant permis de compenser une grande partie de ce déficit.

Pour l’ensemble de 2026, l’AIE prévoit que l’offre de GNL du Qatar et des Émirats pourrait être inférieure d’environ 45 %, soit 54 milliards de m³, à celle de 2025…

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Crise d’Ormuz : Comment l’Algérie récupère une partie du marché énergétique perdu au Moyen-Orient

La crise du détroit d’Ormuz bouleverse les approvisionnements en GPL de l’Inde et offre à l’Algérie une nouvelle fenêtre sur un marché qu’elle avait perdu. Selon trois sources commerciales citées par Reuters, Indian Oil Corporation a finalisé un accord avec Sonatrach pour importer du GPL algérien en 2027. Le contrat pourrait porter sur 45.000 à 55.000 tonnes par mois, soit potentiellement jusqu’à 660.000 tonnes sur l’année.

L’Inde revient vers Sonatrach

Ce retour n’est pas anodin. L’Inde avait abandonné quelques années auparavant son contrat à terme avec Sonatrach au profit des fournisseurs du Moyen-Orient. Mais la dégradation de la situation autour du détroit d’Ormuz a changé la donne.

New Delhi a recommencé à importer du GPL algérien dès juin 2026 et devrait en recevoir environ 110.000 tonnes en août, selon les sources commerciales citées par Reuters. Le futur accord marquerait donc le retour d’un approvisionnement régulier plutôt qu’une simple opération ponctuelle.

Ormuz oblige New Delhi à diversifier

Le mécanisme est essentiellement géopolitique. Les perturbations autour du détroit d’Ormuz ont affecté les flux de GPL en provenance du Moyen-Orient, au point de contraindre l’Inde à rationner certains approvisionnements.

Face à ce risque, New Delhi accélère la diversification de ses fournisseurs. L’Algérie bénéficie directement de ce mouvement, tout comme les États-Unis, également appelés à renforcer leur présence sur le marché indien.

L’enjeu dépasse donc largement le contrat entre Indian Oil et Sonatrach : une crise au Moyen-Orient est en train de modifier les routes d’approvisionnement d’un des principaux marchés énergétiques asiatiques.

Le prix renforce l’avantage algérien

L’Algérie dispose par ailleurs d’un argument supplémentaire : ses prix.

Selon une source commerciale citée par Reuters, le GPL algérien est actuellement moins cher que les références contractuelles de Saudi Aramco. Pour août, les prix annoncés sont de 540 dollars la tonne pour le propane et 570 dollars pour le butane, contre respectivement 620 et 640 dollars pour les références saoudiennes.

Pour un acheteur confronté à des difficultés d’approvisionnement et cherchant à sécuriser des volumes importants, cet écart renforce naturellement l’attractivité de l’offre algérienne.

Il ne faut toutefois pas parler d’un remplacement du Moyen-Orient par l’Algérie. L’Inde cherche avant tout à réduire sa dépendance à une seule zone géographique.

Les États-Unis devraient eux aussi prendre une place croissante dans ses importations de GPL, avec une part pouvant atteindre jusqu’à 25 % en 2027, selon Reuters.

Pour Sonatrach, le véritable enjeu est donc de transformer une opportunité née d’une crise en présence durable sur le marché indien.

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