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Trump veut étrangler l’Iran, Pékin refuse de lui tendre la corde !

La nouvelle stratégie américaine visant à asphyxier économiquement l’Iran pourrait se heurter à un obstacle majeur : la Chine. Principal partenaire commercial de Téhéran et premier débouché de son pétrole, Pékin n’entend pas se plier aux exigences de Washington.

C’est manifestement un aveu d’échec. Confronté à une impasse militaire et incapable de dégager une issue à une guerre dans laquelle il s’est enlisé jusqu’au cou, ni de transformer la démonstration de force militaire en victoire politique, Donald Trump change désormais de stratégie. Plutôt que de poursuivre une confrontation militaire sans perspective de victoire, le président américain fait le choix d’intensifier la pression sur Téhéran pour l’isoler et l’asphyxier économiquement. Jusqu’à provoquer l’effondrement du régime des mollahs de l’intérieur, tel un château de cartes.

Ainsi, après avoir brandi régulièrement la menace d’une intervention militaire massive, Donald Trump change de cap en s’appuyant désormais sur les sanctions et la pression économique pour faire plier Téhéran. Il se pourrait que le président américain ait précisément choisi cette nouvelle stratégie pour offrir un répit à l’action militaire, alors que les polémiques s’accumulent, notamment sur l’état des stocks de missiles américains ou encore sur la situation à bord du porte-avions « USS Abraham Lincoln » ? L’hypothèse n’est pas à écarter.

Toujours est-il que, toutes proportions gardées, ce nouveau virage rappelle curieusement le scénario actuellement à l’œuvre à Cuba. Là encore, Washington a privilégié l’étau économique, les sanctions et la pression maximale pour tenter d’étouffer un adversaire que la force n’a pas suffi depuis plus d’un demi-siècle à faire plier.

Coup de sang

Sitôt dit, sitôt fait. Les Etats-Unis et le milliardaire américain ont pressé jeudi 20 août leurs alliés et la Chine de rejoindre une vaste opération de pression économique contre l’Iran, censée faire « chuter le régime » de Téhéran sans reprise des opérations militaires. Tout en menaçant sans ambiguïté tout pays qui, de près ou de loin, apporterait son soutien à son ennemi juré « de subir les foudres de Washington ».

« J’annonce que TOUT pays qui permettra à ses institutions financières, à ses entreprises, à ses aéroports ou à ses entités gouvernementales d’offrir une quelconque forme de bouée de sauvetage à l’Iran fera lui-même face à de TERRIBLES répercussions économiques », a écrit le président américain sur son réseau Truth Social. Ajoutant sur un ton guerrier qu’il s’agit de « l’opération économique la plus écrasante jamais entreprise ».

« Contrebande de pétrole, swaps de devises, transferts de fonds, bureaux de change, registres de navires, sociétés écrans : tout cela doit cesser immédiatement », a aussi détaillé le locataire de la Maison-Blanche, qui explique sa décision par le fait que l’Iran a « échoué à saisir » l’opportunité de conclure un accord.

Surenchère

Reprenant le ton spartiate et sans détour de son patron, le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, enfonce le clou. Il brandit à son tour la menace d’un isolement économique de l’Iran « comme le monde n’en a jamais vu », auquel pourrait s’ajouter un blocus naval du détroit d’Ormuz. De quoi faire monter d’un cran la pression sur Téhéran et transformer l’arme économique en véritable instrument d’asphyxie stratégique.

« Tout pays qui maintiendrait un lien avec Téhéran précipiterait sa propre économie vers les oubliettes, que ce lien soit entretenu volontairement ou délibérément ignoré », a menacé sur X le secrétaire américain au Trésor.

« Nous sommes en quelque sorte dans une nouvelle phase où l’outil le plus efficace que nous ayons est la pression économique que nous pouvons leur imposer », a assuré de son côté le vice-président JD. Vance, invité d’un podcast conservateur. « Ce sera une danse délicate » parce que l’Iran « essaiera de faire pression économiquement sur nous », a-t-il toutefois averti.

Le niet chinois

Reste également à savoir quelle attitude adopteront les alliés des États-Unis, qui ont jusqu’ici choisi de rester à l’écart des opérations militaires, une prudence qui leur vaut désormais la rancœur tenace du président américain.

Mais c’est surtout de l’attitude de Pékin que dépendra le succès ou l’échec de cette nouvelle offensive économique américaine.

En effet, Donald Trump se dit convaincu de bénéficier d’une relation privilégiée avec le président chinois Xi Jinping, qu’il doit recevoir le 24 septembre aux États-Unis.

Reste que cette proximité affichée sera mise à rude épreuve dès lors qu’il s’agira de l’Iran. Car plus d’un quart des échanges commerciaux de la République islamique ont été réalisés avec la Chine en 2024, faisant de Pékin un partenaire économique incontournable de Téhéran. La Chine est également l’un des principaux débouchés du pétrole iranien, que Téhéran continue d’exporter malgré les sanctions américaines, notamment grâce au recours à une vaste flotte dite « fantôme ». Dès lors, sans la coopération ou à tout le moins la neutralité de Pékin, l’ambition américaine d’asphyxier économiquement l’Iran risque de se heurter à un obstacle de taille.

Et c’est sans surprise que la Chine a réagi, vendredi 21 août, à la pression des États-Unis menaçant les pays « partenaires » de l’Iran d’une guerre économique.

Ainsi, Pékin dit « s’opposer aux sanctions unilatérales illégales qui n’ont aucun fondement en droit international et qui n’ont pas l’autorisation du Conseil de sécurité des Nations unies ». « Les sanctions et les pressions ne permettront pas de résoudre le problème », a affirmé un porte-parole des Affaires étrangères chinoises, Lin Jian en appelant « toutes les parties concernées à prendre des mesures responsables et à régler le problème par la voie politique et diplomatique ».

Pour résumer, Pékin ne semble pas disposé à se plier automatiquement à l’injonction de Washington. La Chine s’oppose au principe des sanctions extraterritoriales américaines et entend préserver ses intérêts énergétiques avec l’Iran. Dans le même temps, elle cherche à éviter une confrontation frontale avec Washington.

Difficile à concilier, quitte à jouer le grand écart.

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Rénovation du Stade d’El Menzah : le coût d’une opportunité manquée!

Le projet de réhabilitation et de modernisation du stade olympique d’El Menzah s’apprête à prendre un tournant radical. Ce qui devait être un chantier emblématique de rénovation lourde confié à l’ingénierie et aux entreprises nationales se transforme désormais en un grand projet de reconstruction intégrale sous pavillon chinois. Révélations et analyse d’un dossier complexe aux multiples enjeux financiers, techniques et industriels.

 

Genèse : un appel d’offres initial et un blocage technique

Initialement, le marché de réhabilitation avait été attribué au groupement tunisien AMA Group (dirigé par l’ingénieur Anis Ben Mahmoud), dont l’offre financière de 95 millions de dinars (MDT) s’était imposée face à des concurrents nationaux de premier plan (tels que SBA Bouzguenda, positionné à 105 MDT), selon une source bien informée.

En effet, AMA Group, entreprise d’ingénierie active à l’international (notamment via des filiales au Burundi et au Bénin) et forte de réalisations d’envergure comme le siège de banques centrales et d’ambassades à l’étranger, avait pour « mission de remettre à niveau le mythique stade tunisois ».

Cependant, le chantier s’est rapidement heurté à des difficultés structurelles majeures. Les premières phases de démolition et de diagnostic sur le béton armé existant auraient mis en évidence de graves divergences par rapport au cahier des charges initial : la section et l’état des ferraillages ne permettaient pas une simple consolidation, mais imposaient une démolition et un remplacement complet des pylônes de structure, nous explique notre source.

A noter qu’en ingénierie de la construction, cette réévaluation fondamentale constitue un « changement de périmètre ». Elle implique théoriquement une révision complète de l’offre technique, une réévaluation financière et la signature d’avenants au contrat initial. Mais face à l’absence d’accord avec le ministère de l’Équipement sur cette réévaluation financière, les travaux auraient été suspendus et le différend porté devant les juridictions compétentes.

 

Lire aussi : Arrêt des travaux du Stade d’El Menzah: Kamel Déguiche dément

 

Choix du pivot chinois : une multiplication du budget par cinq

Pour débloquer la situation, la Tunisie s’est alors tournée vers un accord de coopération bilatérale avec la Chine. La stratégie change radicalement : abandon du projet de simple rénovation au profit d’une démolition totale et d’une reconstruction à neuf, tout en préservant l’architecture patrimoniale d’origine.

 

Une séance de travail s'est tenue, mercredi 14 mai, au siège du ministère de la jeunesse et des sports (MJS), consacrée aux préparatifs de la visite d'une délégation chinoise en Tunisie à la fin du mois en cours.
Photo : Page du ministère de la Jeunesse et des Sports

 

Quant au montage financier et technique, il s’établirait désormais sur des bases financières sans commune mesure avec le projet initial :

  • Budget global : estimé à 180 millions de dollars US (soit environ 480 millions de dinars), représentant un coût cinq fois supérieur à l’enveloppe initiale de 95 MDT.
  • Structure du financement :
    • 30 % sous forme de don non remboursable de la République populaire de Chine ;
    • 20 % financés sur le budget de l’État tunisien ;
    • 50 % sous forme de prêt concessionnel chinois.

Un nouveau cahier des charges technique et l’étude globale du projet ont été confiés au bureau d’études tunisien SCET Tunisie.

 

Lire également : La rénovation du Stade d’El Menzah confiée à des architectes chinois 

 

Calendrier et modalités de réalisation

Le modèle retenu est celui du « clé en main » (EPC), conditionné par les règles de financement des bailleurs chinois :

  • Appel d’offres restreint : la compétition serait actuellement ouverte en Chine entre quatre grandes entreprises de BTP présélectionnées, informe notre source. La date limite de remise des offres est fixée au 2 septembre 2026.
  • Délais : Avec une durée prévisionnelle de chantier fixée à 40 mois et un démarrage effectif envisagé d’ici 2027, la livraison du nouveau complexe ne devrait pas intervenir avant 2030.
  • Partenariat local : Si le maître d’œuvre principal sera un major chinois du BTP, plusieurs lots secondaires de second œuvre et de prestation logistique devraient être sous-traités à des entreprises tunisiennes.

Bilan et enseignements économiques : quel impact pour la Tunisie ?

Dans cette optique, sur le plan des infrastructures, la Tunisie se dotera à terme d’une enceinte sportive moderne, aux normes internationales, bénéficiant de l’expertise de construction et des capacités de financement chinoises. Toutefois, sur le plan strictement économique et industriel, le dossier “El Menzah“ soulève trois interrogations stratégiques :

Rigueur des études préalables : l’épisode met en lumière l’importance cruciale des études d’opportunité et des diagnostics de structure préalables dans la commande publique. Les lacunes des diagnostics initiaux ont conduit à un blocage juridique et à un glissement calendaire de plusieurs années.

Transfert de valeur et champion national : confier la réalisation globale à un géant étranger dans le cadre d’un prêt lié prive temporairement le tissu du BTP national d’un projet structurant d’envergure. Pour les majors tunisiennes du BTP, capables d’exporter leur savoir-faire en Afrique subsaharienne, ce chantier aurait pu constituer une vitrine technologique majeure pour la création de valeur et d’emplois locaux. Hélas, il n’en sera rien.

Poids sur les finances publiques : bien que bénéficiant d’un don à hauteur de 30 %, le projet mobilisera 20 % de fonds propres nationaux et générera une dette souveraine à hauteur de 50 % du montant total, dans un contexte budgétaire où chaque dinar d’investissement public doit être maximisé.

À retenir

  • Montant initial : 95 MDT (entreprise tunisienne)
  • Nouveau montant : 180 millions $ (~480 MDT) sous financement bilatéral chinois
  • Changement de concept : démolition totale et reconstruction à neuf
  • Horizon de livraison : 2030 (40 mois de travaux à partir de 2027)
  • Enjeu central : renforcement de l’expertise de la maîtrise d’ouvrage publique face aux grands projets d’infrastructure.

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