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Tunisie : 1 101 protestations en juillet, un record depuis 2016

La contestation sociale a fortement accéléré en Tunisie en juillet 2026. L’Observatoire social tunisien a recensé 1 101 mouvements de protestation au cours du mois, le niveau le plus élevé de la série comparative publiée depuis juillet 2016. Derrière ce record, un phénomène domine : plus de 60 % des mobilisations sont liées aux problèmes d’eau et aux coupures d’électricité.

Selon les données de l’Observatoire social tunisien, relevant du Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES), 373 mouvements ont été provoqués par des problèmes liés à l’eau et 305 par les coupures d’électricité.

À eux seuls, ces deux motifs représentent 678 mobilisations, soit 61,6 % de l’ensemble des mouvements recensés en juillet.

Un bond de 27 % en un mois

Avec 1 101 mouvements, juillet enregistre une hausse d’environ 27 % par rapport aux 867 protestations recensées en juin. La progression est encore plus spectaculaire par rapport à mai, qui en avait compté 411 : en deux mois, leur nombre a ainsi été multiplié par plus de 2,5.

Le niveau atteint se distingue également dans la série historique publiée par l’Observatoire. Celle-ci remonte à juillet 2016, lorsque 632 mouvements avaient été recensés. Aucun des mois de juillet observés entre 2016 et 2025 n’avait atteint le niveau enregistré cette année.

À titre de comparaison, juillet 2025 n’avait comptabilisé que 357 mouvements. En un an, leur nombre a donc plus que triplé.

L’eau et l’électricité concentrent 61,6 % des mouvements

Le chiffre global masque surtout une évolution dans les motifs de mobilisation. Les difficultés touchant directement les services essentiels occupent une place prépondérante dans le bilan de juillet.

Les problèmes liés à l’eau arrivent en tête avec 373 mouvements, devant les coupures d’électricité avec 305. Ensemble, ils représentent près de deux protestations sur trois enregistrées au cours du mois.

Ces données prennent une résonance particulière cet été alors que plusieurs régions tunisiennes connaissent des perturbations touchant l’approvisionnement en eau ou en électricité. Ces derniers jours encore, des coupures périodiques de courant ont été annoncées dans plusieurs zones afin de préserver la sécurité et l’équilibre du réseau électrique.

Le rapport ne permet pas d’établir à lui seul les causes techniques de ces perturbations. Il met en revanche en évidence leur traduction sociale : en juillet, l’accès régulier à l’eau et à l’électricité s’est imposé comme l’un des principaux foyers de mobilisation recensés en Tunisie.

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Blé : Les tensions en mer Noire mettent les importations tunisiennes sous pression

La Tunisie vient de réaliser l’une de ses meilleures campagnes céréalières depuis plusieurs années. Pourtant, les attaques contre les ports et les navires en mer Noire rappellent une réalité : le pays reste dépendant du blé importé et donc exposé aux perturbations de l’un des principaux bassins céréaliers mondiaux.

La Tunisie avertit ses fournisseurs

Selon Reuters, les attaques russes et ukrainiennes contre des ports, des terminaux céréaliers et des navires provoquent des retards et des annulations de cargaisons en pleine saison d’exportation.

Les cours de référence du blé à Chicago ont ainsi progressé de plus de 17% depuis début juillet.

La Tunisie est directement citée parmi les pays concernés. Reuters rapporte que Tunis a averti ses fournisseurs qu’elle n’accepterait pas facilement l’invocation de la « force majeure » pour justifier le non-respect de leurs engagements.

Elle n’est pas un cas isolé. L’agence cite également l’Algérie parmi les grands importateurs dépendants du blé russe et ukrainien. L’Égypte apparaît encore plus exposée : plus de 82% de ses importations de blé provenaient de Russie et d’Ukraine au premier semestre 2026.

Au Maroc comme en Tunisie, de meilleures récoltes permettent toutefois d’amortir, pour l’instant, l’impact des perturbations.

Une bonne récolte, mais toujours besoin d’importer

En juin, la récolte tunisienne 2026 devait dépasser 22 millions de quintaux de céréales.

Cette embellie réduit la vulnérabilité du pays, mais ne signifie pas que la Tunisie peut se passer du marché international, notamment pour le blé.

Dans une prévision publiée en avril, le Département américain de l’Agriculture tablait pour la campagne 2026/2027 sur une production tunisienne de 1,2 million de tonnes de blé, pour une consommation estimée à environ 3 millions de tonnes. Les importations étaient ainsi encore évaluées à 1,85 million de tonnes.

Lire aussi: Céréales : Vers l’une des meilleures récoltes de ces dernières années

Le risque vient d’abord des prix

À ce stade, la situation ne laisse pas présager de pénurie en Tunisie. Le risque immédiat réside plutôt dans le renchérissement des achats si les perturbations se prolongent.

Le blé de la mer Noire reste particulièrement compétitif. Reuters situe les cargaisons de la région autour de 260 à 280 dollars la tonne, alors que certaines alternatives australiennes atteignent 315 à 320 dollars.

Plus les difficultés dureront, plus les importateurs devront rechercher d’autres origines et se concurrencer pour les cargaisons disponibles.

La bonne récolte 2026 offre donc à la Tunisie un amortisseur appréciable, mais pas un bouclier. Après plusieurs années où la principale inquiétude venait de la sécheresse et des récoltes nationales, la pression pourrait cette fois venir des routes maritimes qui acheminent le blé jusqu’aux pays importateurs.

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