Un plancher inédit depuis mars 2025 ! Les startups africaines n’ont mobilisé que 102 millions de dollars en juillet 2026, selon les chiffres de la plateforme spécialisée The Big Deal, bien en deçà des 258 millions de dollars mensuels enregistrés en moyenne sur l’année écoulée.
Au total, 44 jeunes pousses ont tout de même annoncé des opérations d’au moins 100 000 dollars, un volume proche de la normale : le problème n’est donc pas le nombre de deals, mais leur taille.
Sur les 102 millions levés, seulement 25 proviennent de fonds propres, un niveau inédit depuis avril 2019 ! La dette, elle, capte 75 millions, soit près des trois quarts du total, portée par les grosses opérations qui ont été réalisées.
Un ralentissement qui dure depuis janvier
Sur les sept premiers mois de 2026, le continent a mobilisé 1,46 milliard de dollars, en repli de 27 % sur un an. Le nombre de startups financées recule à 241, contre 302 en 2025, et les investisseurs actifs tombent à 256, contre 328.
Ce basculement vers la dette traduit une prudence accrue des investisseurs en capital, plus regardants sur la rentabilité que sur la croissance pure. Pour les startups africaines, l’enjeu devient donc de démontrer des modèles économiques solides avant de lever, la dette servant de relais en attendant un retour de l’appétit pour le capital-risque.
Sabina Henneberg, chercheuse au Washington Institute, spécialiste de la Tunisie, vient de publier un ouvrage intitulé ‘‘Why Economic Reform Failed in Tunisia’’ (Pourquoi la réforme économique a échoué en Tunisie), une sorte de bilan de l’action des quatre principaux bailleurs de fonds dans un pays en transition depuis la «révolution» du 14 janvier 2026.
Dans cette étude approfondie, Sabina Henneberg retrace les efforts déployés par la Banque mondiale, le Fonds monétaire international, les États-Unis et l’Union européenne pour soutenir les réformes économiques en Tunisie au cours de la décennie ayant suivi la révolution.
Au cours de la décennie ayant suivi les soulèvements du Printemps arabe de 2011, la Tunisie s’est imposée comme le pays de la région offrant les meilleures perspectives de transition démocratique, fort de réalisations telles qu’une nouvelle Constitution, des élections libres et équitables, ainsi que la mise en place de commissions traitant de la corruption, de la liberté des médias et des droits des femmes. En réponse, les acteurs internationaux ont apporté un soutien politique marqué à ce pays d’Afrique du Nord, assorti d’importantes promesses d’aide financière.
Toutefois, tout en reconnaissant que la réussite politique de la Tunisie devait s’appuyer sur des réformes économiques, ces acteurs ne sont pas parvenus à s’adapter à des évolutions préoccupantes, notamment la résistance au changement du syndicat national, l’Union générale tunisienne du travail (UGTT), aux effets déstabilisateurs du terrorisme et aux ingérences d’acteurs extérieurs, analyse la chercheuse.
Si la porte peut sembler fermée aujourd’hui, alors que le président Kaïs Saïed consolide son pouvoir depuis la proclamation de l’état d’exception, le 25 juillet 2021, l’étude explique comment de futures initiatives pourraient rencontrer un succès accru en s’inscrivant dans une perspective à plus long terme, en conditionnant l’aide à la mise en œuvre de réformes et en privilégiant un dialogue soutenu avec le public tunisien.
La «Global Sumud Flotilla» (GSF) a exprimé «sa profonde indignation et sa vive inquiétude» après que le Tunisien Wael Nawar, membre de son comité de pilotage, a entamé une grève de la faim pour dénoncer sa détention préventive en Tunisie, ainsi que celle de trois autres membres de l’organisation.
«La Global Sumud Flotilla exprime sa profonde indignation et sa vive inquiétude suite à l’annonce que Wael Nawar, membre du comité de pilotage, a officiellement entamé la ‘‘grève de la faim Sumud’’ le dimanche 16 août», a déclaré la plateforme dans un communiqué publié jeudi 20 août 2026. Elle a lié cette initiative aux protestations du militant contre son arrestation sur le territoire tunisien, ainsi que contre celles de ses collègues organisateurs Ghassen Henchiri, Ghassen Bougdiri et Nabil Channoufi.
La GSF a rappelé que les quatre hommes «ont été arrêtés en mars 2026, peu après que les autorités tunisiennes ont bloqué le départ prévu de la Global Sumud Flotilla depuis le port de Sidi Bou Saïd». Elle a souligné qu’ils demeurent emprisonnés pour des infractions financières présumées que l’organisation qualifie de «fabriquées de toutes pièces et à motivation politique, constituant une tentative de criminaliser l’action humanitaire et la solidarité organisée avec la Palestine en Tunisie».
Selon la Flottille, «alors que trois co-organisateurs ont été libérés sous des conditions restrictives entravant leur liberté de mouvement, les ‘‘Quatre de Sumud’’ demeurent derrière les barreaux dans des conditions de surpeuplement et de dégradation, avec un accès limité à des soins médicaux vitaux», une situation qui suscite une inquiétude croissante quant à leur état.
Face à cette situation, l’organisation a souligné qu’elle «tient les autorités tunisiennes pour pleinement responsables de l’intégrité physique et de la vie de Wael Nawar et de ses compagnons détenus» et a exigé leur «libération immédiate et inconditionnelle (…), l’abandon de toutes les charges pesant sur eux ainsi que la levée de toutes les restrictions imposées aux organisateurs libérés».
Parallèlement, elle a demandé que, tant qu’ils restent privés de liberté, «les autorités garantissent immédiatement une prise en charge médicale complète et des conditions de détention respectueuses de leurs droits fondamentaux».
Dans son message, la GSF insiste sur le fait que «le harcèlement étatique n’effacera jamais l’impératif moral de mettre fin au génocide à Gaza ni ne dissuadera ceux qui sont solidaires du peuple palestinien», et conclut en réaffirmant qu’elle «soutient fermement Wael Nawar, sa famille et nos camarades emprisonnés, et exhorte la société civile mondiale à exiger leur libération immédiate».
Suite à de nouvelles sanctions à son encontre annoncées par les États-Unis, la CPI a réaffirmé sa détermination à travailler « de façon impartiale et en toute indépendance ».
En bref
Les États-Unis ont annoncé le 18 août de nouvelles…
Hamza El-Fil, professeur et chercheur au Centre de recherches et des technologies des eaux (Certe), a mis en garde contre la consommation excessive d’eau de robinet filtrée et dessalée à domicile par des osmoseurs domestiques auxquels recourent certaines familles.
M. El-Fil, dont les propos ont été rapporté par Diwan FM, a expliqué que ce processus de dessalement peut produire une eau dépourvue de sels minéraux ou n’en contenant qu’une très faible quantité, soulignant qu’une consommation prolongée de ce type d’eau pourrait nuire à la santé des citoyens à moyen ou à long terme.
L’eau potable doit contenir une teneur en sels minéraux d’au moins 0,2 gramme par litre, a-t-il expliqué, exhortant les citoyens à éviter de consommer de l’eau dessalée.
Les sels minéraux sont essentiels à la vie car ils assurent la structure des os, régulent l’hydratation, transmettent les influx nerveux et permettent la contraction musculaire.
Le chercheur a suggéré de mélanger trois quarts d’eau dessalée avec un quart d’eau du robinet filtrée afin d’obtenir une eau contenant des sels, tout en soulignant la nécessité de s’assurer de la salubrité de l’eau du robinet et de la qualité des filtres utilisés.
Cet appel intervient dans un contexte de recours croissant aux appareils de dessalement domestiques, en particulier chez les familles cherchant des solutions pour améliorer la qualité de l’eau de robinet en en réduisant les impuretés et la salinité. Et pour ne pas devoir recourir à l’eau en bouteille dont la consommation alourdit les dépenses du foyer.
L’osmoseur domestique est un appareil pour traiter l’eau du robinet lorsqu’elle est trop chargée en sels minéraux ou saumâtre. Il utilise la technique de l’osmose inverse pour filtrer très finement les minéraux, le calcaire et les impuretés afin de rendre l’eau agréable à boire.
Avec le nouveau Prix Mattei pour la coopération culturelle, Rome veut faire de la création, du patrimoine et de la formation de nouveaux instruments de rapprochement avec l’Afrique. Le Maroc figure déjà parmi les partenaires de cette stratégie qui entend…
Dans un rapport sur les récentes tentatives de passage vers Sebta et Melilla, l’Organisation Marocaine des Droits Humains (OMDH) pointe notamment le désengagement des États européens face à leurs obligations internationales en matière de gestion migratoire.
En bref
L’OMDH consacre…
Dans une «Lettre à Ayachi Hammami, prisonnier politique à Mornaguia», à l’occasion de l’appel à manifester à Tunis, ce jeudi 20 août 2026, à partir de 18 heures, ses «ami.e.s de Paris et d’ailleurs» appellent à sa libération ainsi qu’à celle de «toutes et tous les prisonnier·es politiques et d’opinion». Nous reproduisons ci-dessous des extraits de cette lettre ouverte.
Cher Ayachi,
Nous pensons à toi. Chaque jour, ta voix depuis Mornaguia nous rappelle ce que veut dire rester debout.
Tu n’as jamais été un homme de compromis avec l’injustice. Sous Ben Ali déjà, quand tant d’autres se taisaient ou se résignaient, tu travaillais à rassembler ce qui pouvait l’être — à faire converger une opposition démocratique éclatée autour d’une candidature unique, en 2004 avec Mohamed Ali Halouani, puis en 2009 avec Ahmed Brahim. Tu savais que ces candidatures n’avaient aucune chance dans des élections truquées d’avance, verrouillées par un pouvoir qui s’octroyait 90 % des voix. Mais tu le faisais quand même, parce que pour toi la démocratie n’était pas une tactique, c’était une conviction. Tu semais alors ce que d’autres récolteront plus tard.
Après la révolution, tu n’as pas rangé ce combat au tiroir des souvenirs. Tu as continué, avec la même exigence, à défendre l’État de droit, les libertés, la justice indépendante — convaincu, comme tu l’écris toi-même, que «la démocratie se corrige par la démocratie, non par un coup de force contre elle».
Aujourd’hui, c’est cette intégrité même qu’on te fait payer. Te voilà en prison pour tes idées, accusé dans une affaire montée de toutes pièces — et tu as fait de ta cellule, une fois de plus, un espace de résistance : ta grève de la faim, ta lettre ouverte, ta lucidité intacte malgré tout. Tu n’as rien perdu de ta clarté ni de ton courage.
(…)
Mais sache que ton amitié compte pour nous, et que notre fidélité ne faiblit pas. On n’oublie pas, on n’oublierait pas. Nous sommes nombreux à te porter dans nos pensées et à continuer, chacun à sa place, ce que tu as toujours défendu : la liberté, la dignité, le droit du peuple tunisien à choisir son destin.
Le 20 août, tes ami.e.s seront dans la rue à Tunis, à l’appel de Nafas, pour crier ton nom aux côtés de tous les autres — Chaïma, Néjib, Mourad, Jawhar, Issam, Ghazi, Abdelhamid, Ridha, Abir, Zied, Borhen, Chawki… et tant d’autres, connus ou anonymes, que ce pouvoir a choisi de faire taire plutôt que d’écouter.
Nous exigerons ce qui devrait aller de soi : la libération immédiate et sans condition de toutes les prisonnières et de tous les prisonniers politiques et d’opinion.
Tiens bon, Ayachi. On pense à toi, on parle de toi, on se bat pour toi.
Avec toute notre amitié et notre indéfectible solidarité.
Les coupures d’électricité qui se multiplient en Tunisie ne seraient pas seulement la conséquence des vagues de chaleur et de l’explosion de la consommation durant l’été. Elles traduiraient surtout une fragilité plus profonde du système énergétique national, marquée par l’absence de marges de sécurité suffisantes et un déficit d’investissement dans les capacités de production.
C’est le diagnostic dressé jeudi 20 août 2026 par l’ingénieur et expert en énergie Fouad Ali, lors d’une intervention sur Jawhara FM.
Selon lui, les épisodes de délestage et les interruptions périodiques de l’alimentation électrique constituent le symptôme d’une « crise structurelle continue » de la filière énergétique tunisienne.
Un système sans véritable marge de sécurité
Fouad Ali estime que le système tunisien de production d’électricité fonctionne durant l’été avec des marges de manœuvre particulièrement réduites. La Tunisie reste ainsi dépendante des importations d’énergie et de gaz en provenance d’Algérie pour répondre aux pics de demande.
Or, cette dépendance devient problématique lorsque l’Algérie connaît elle-même une forte hausse de sa consommation électrique. Les deux pays étant confrontés à des conditions climatiques similaires, notamment à de fortes températures et à des taux d’humidité élevés, la capacité d’assistance disponible du côté algérien peut se réduire au moment même où la demande tunisienne atteint ses niveaux les plus élevés.
Dans ces conditions, la Tunisie peut être contrainte de recourir au délestage, c’est-à-dire à des coupures temporaires et ciblées destinées à éviter une surcharge générale du réseau.
Pourquoi la fin août est particulièrement sensible
L’expert souligne également que la capacité effective de production du réseau électrique tend généralement à être plus faible à la fin du mois d’août qu’en juillet.
Plusieurs facteurs techniques et physiques expliqueraient cette situation. L’augmentation de l’humidité maritime peut notamment réduire l’efficacité du refroidissement de certaines unités de production. Parallèlement, les climatiseurs domestiques perdent eux aussi une partie de leur efficacité lorsque les conditions de chaleur et d’humidité deviennent extrêmes, poussant les ménages à augmenter davantage leur consommation.
À cela s’ajoute le retour estival de nombreux Tunisiens résidant à l’étranger, qui contribue à accroître la demande nationale en électricité. Le réseau subit également les effets de plusieurs semaines de fortes sollicitations durant les vagues de chaleur successives.
Cette combinaison de facteurs place ainsi le système électrique sous une pression maximale à une période où ses capacités disponibles peuvent, paradoxalement, être plus limitées.
Des températures attendues à plus de 40 degrés
Fouad Ali a par ailleurs mis en garde contre la possibilité d’une aggravation des perturbations au cours de la période à venir, avec des températures qui pourraient dépasser les 40 degrés et atteindre localement entre 45 et 47 degrés.
Pour l’expert, la réponse à cette situation ne peut pas se limiter à une gestion ponctuelle des crises ou à des mesures prises dans l’urgence à chaque nouvel épisode de canicule.
« Le problème fondamental est celui du manque d’investissement », a-t-il en substance souligné.
Selon ses estimations, les investissements de la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG) auraient enregistré une baisse de 87 % au cours des cinq dernières années. Un recul qui aurait privé le réseau du développement de nouvelles capacités de production et accentué l’écart entre l’évolution de la demande et les moyens disponibles pour y répondre.
L’urgence de nouveaux investissements
Face à cette situation, l’expert appelle les autorités à revoir leurs orientations et à accélérer les investissements dans le secteur énergétique.
Il plaide notamment pour la recherche de solutions concernant le dossier des autorisations et des procédures qui freinent le lancement de nouveaux projets, ainsi que pour l’accélération de la construction de nouvelles centrales de production conventionnelles.
Au-delà des épisodes de chaleur, la question des coupures d’électricité renvoie donc à un défi plus large : celui de la capacité de la Tunisie à sécuriser durablement son approvisionnement énergétique. Car si les températures extrêmes agissent comme un accélérateur de la crise, elles ne seraient, selon Fouad Ali, que le révélateur d’un déséquilibre installé depuis plusieurs années entre la croissance des besoins et le rythme des investissements dans les infrastructures énergétiques.
Israël est devenu une entité sulfureuse au sein de la communauté internationale et c’est pour cette raison que le gouvernement du Premier ministre génocidaire Benjamin Netanyahu s’est tourné vers l’extrême droite mondiale où il semble trouver de bons amis surtout parmi les nouveaux dirigeants latino-américains qui sont issus de cette tendance. (Photo : Le président argentin Javier Milei devant le Mur des Lamentations à Jérusalem, le 6 février 2026).
Imed Bahri
Jadis, continent de l’anti-impérialisme et de la libération des peuples, l’Amérique latine est devenue celui du trumpisme et du soutien au sionisme. Avec les nouveaux présidents en place, le continent de Simon Bolivar est devenu celui du soutien à l’idéologie criminelle de Theodor Herzl. Concernant l’Europe, le ministre israélien des Affaires étrangères a chargé les diplomates israéliens d’établir des contacts avec le Rassemblement national français, le parti d’extrême droite espagnol Vox et le parti d’extrême droite des Démocrates de Suède.
Dans le magazine américain The New Yorker, Ishaan Tharoor affirme que le déclin de l’influence internationale d’Israël l’a conduit à rechercher des alliés au sein de l’extrême droite mondiale. Il évoque l’investiture du nouveau président d’extrême droite colombien Abelardo de la Espriella qui a réuni un parterre de ses alliés idéologiques venus de toute la région. Étaient présents à la cérémonie, qui s’est tenue le vendredi 7 août 2026 à Cali, dans le sud-ouest du pays, les présidents argentin Javier Milei, équatorien Daniel Noboa et chilien José Antonio Kast. Leurs victoires électorales, conjuguées au succès de de la Espriella en juin et aux triomphes de la droite au Pérou et en Bolivie, semblent confirmer un changement plus profond dans la politique latino-américaine.
La délégation américaine était dirigée par Todd Blanche, ancien avocat personnel du président Donald Trump, qui attendait encore sa confirmation au poste de procureur général des États-Unis.
Âge d’or dans les relations entre la Colombie et Israël
Parmi les autres personnalités présentes figurait le ministre israélien des Affaires étrangères, Gideon Sa’ar, venu en Colombie dans le cadre d’une mission plus large visant à consolider le soutien à son pays. Ses espoirs n’ont pas été déçus, puisque, le lundi 10 août, de la Espriella s’est engagé à transférer l’ambassade de Colombie à Jérusalem et a reconnu la souveraineté israélienne sur le Golan.
Cette dernière décision, l’un des premiers actes du nouveau président colombien dès son entrée en fonction, a fait de la Colombie le seul pays au monde, outre les États-Unis, à considérer ce territoire annexé comme faisant partie d’Israël. Le nouveau gouvernement colombien prévoit également de retirer son soutien à la plainte pour génocide déposée par l’Afrique du Sud contre Israël devant la Cour internationale de Justice.
Cette politique pro-israélienne de Abelardo de la Espriella est aux antipodes de celle de son prédécesseur Gustavo Petro dit Aureliano qui avait rompu les relations diplomatiques avec Israël le 2 mai 2024 et qui avait accusé Netanyahu de perpétrer un génocide à Gaza. Les positions de Petro étaient plus affirmées que celles de plusieurs États du Moyen-Orient ce qui a fait de lui une personnalité très appréciée par les peuples des pays arabes.
Dans une déclaration du 10 août, Sa’ar a qualifié la reconnaissance de la souveraineté israélienne sur le Golan d’acte de soutien «historique» à Israël. Après avoir rencontré de la Espriella la veille de l’investiture, Saar a salué un «nouvel âge d’or dans les relations entre la Colombie et Israël».
Pour Sa’ar, il s’agissait d’un changement bienvenu pour Israël, qui menait une campagne diplomatique publique sur plusieurs fronts, notamment auprès des États-Unis. Ishaan Tharoor considère qu’une grande partie de la bienveillance et de la sympathie manifestées envers Israël après le 7 octobre 2023 s’est dissipée. Le mécontentement envers le gouvernement Netanyahu et le bilan dévastateur de sa guerre à Gaza ainsi que la poursuite des attaques de colons contre les Palestiniens en Cisjordanie ont également influencé les résultats de certaines primaires américaines.
Deux Américains sur trois ont une opinion négative du gouvernement Netanyahu
Plusieurs sondages réalisés au début de l’été ont révélé que près des deux tiers des Américains interrogés ont une opinion négative du gouvernement Netanyahu, tandis qu’un autre sondage a montré qu’une majorité d’Américains souhaitent réduire, voire supprimer, l’aide militaire à Israël. Certains candidats démocrates aux prochaines élections de mi-mandat ont ouvertement qualifié les actions d’Israël de génocide, reflétant une opinion désormais partagée par une part importante de l’électorat démocrate.
Les tensions ne se limitent pas aux Démocrates, même les Républicains sont divisés. Le mois dernier, le vice-président J.D. Vance a critiqué des personnalités de l’establishment israélien, les accusant de «manipuler et de tenter d’influencer l’opinion publique américaine en faveur de la poursuite de la guerre contre l’Iran».
Déclin de l’image d’Israël auprès de l’opinion internationale
L’ambassadeur d’Israël à Washington Yechiel Leiter a balayé d’un revers de main les allégations de tensions dans les relations américano-israéliennes lorsqu’il a été interrogé en juillet lors d’un événement organisé par le Council on Foreign Relations à Washington. Il a affirmé n’avoir constaté «pas la moindre hostilité envers Israël» après «des dizaines de rencontres avec M. Vance». Il a attribué le déclin de l’image d’Israël auprès de l’opinion publique internationale à une jeune génération trop influencée par les réseaux sociaux, réfutant l’idée qu’Israël soit seul dans cette situation. Il a souligné le renforcement des liens de défense avec l’Inde et l’étroite coopération avec les Émirats arabes unis et l’Azerbaïdjan, déclarant : «Nous avons beaucoup d’amis».
Cependant, le nombre de détracteurs d’Israël a indéniablement augmenté. Une enquête du Pew Research Center sur l’opinion publique concernant Israël dans 35 autres pays a révélé une attitude largement négative à l’égard du pays. Si divers gouvernements ont tenté d’imposer des sanctions à Israël, notamment par des mesures symboliques, des pays comme le Brésil et l’Afrique du Sud ont rappelé leurs ambassadeurs, et l’Espagne et la Norvège ont reconnu l’État palestinien exhortant leurs partenaires européens à renforcer les sanctions contre les entités de colonisation israéliennes et à reconsidérer les accords existants avec Israël.
D’autres, notamment la coalition du Sud global connue sous le nom de Groupe de La Haye, ont appelé à un embargo immédiat sur les armes et à l’application des décisions de la Cour pénale internationale. Ils ont également condamné, à chaque occasion, les violations du droit international commises par Israël ainsi que l’hypocrisie des États-Unis qui protègent Israël de toute responsabilité et lui fournissent une aide militaire.
Alors que Netanyahu et ses alliés rejettent les critiques comme une manifestation d’antisémitisme profondément enraciné et présentent des institutions telles que les Nations Unies comme irrémédiablement partiales, ils ont lancé des attaques virulentes sur les réseaux sociaux contre plusieurs dirigeants étrangers, y compris des centristes prétendument pro-israéliens comme le président français Emmanuel Macron, qui a irrité Netanyahu en tentant de relancer l’intérêt international pour la solution à deux États, actuellement au point mort, entre Israéliens et Palestiniens.
Traditionnellement, Israël a évité tout dialogue formel avec les partis d’extrême droite européens, dont beaucoup puisent leurs racines dans les mouvements néofascistes apparus après la Seconde Guerre mondiale. Cependant, l’année dernière, Sa’ar a chargé les diplomates israéliens d’établir des contacts avec le Rassemblement national français, le parti d’extrême droite espagnol Vox et le parti d’extrême droite des Démocrates de Suède, tous porteurs de positions fortement antimusulmanes.
Ainsi, la plus grande solidarité affichée par les dirigeants israéliens actuels avec les nationalistes européens plutôt qu’avec l’establishment politique du continent constitue un étrange paradoxe. Le mois dernier, des membres du Likoud de Netanyahu dont Sa’ar et le ministre de la Défense Israel Katz ont reçu le leader d’extrême droite néerlandais Geert Wilders. Ce dernier avait publié une photo de lui en train de manger des falafels à Jérusalem et visité une colonie illégale de Cisjordanie en compagnie d’un important responsable d’une colonie contre lequel le Parlement néerlandais avait adopté une résolution demandant des sanctions de l’Union européenne (UE). Sa’ar a décrit Wilders comme «un leader courageux et un véritable ami d’Israël».
Selon Tharoor, Israël est devenu une source de profonde polarisation politique en Amérique latine. La gauche continue d’invoquer le passé de la Guerre froide et le soutien apporté par Israël à plusieurs dictatures militaires alliées aux États-Unis, tandis que la droite perçoit la question palestinienne et les groupes armés comme le Hamas et le Hezbollah –liés aux attentats terroristes meurtriers en Argentine– de la même manière qu’elle perçoit les anarchistes d’extrême gauche qu’elle a longtemps cherché à réprimer.
Cette divergence engendre des politiques étrangères contradictoires. En décembre dernier, le nouveau gouvernement de droite bolivien a rétabli les relations diplomatiques avec Israël, rompues par les précédents gouvernements de gauche. Le président chilien José Antonio Kast, entré en fonction en mars et admirateur de l’ancien dictateur Augusto Pinochet, a nommé l’ambassadeur de son pays en Israël, remplaçant celui rappelé deux ans plus tôt par son prédécesseur de centre-gauche.
Milei «fier d’être le président le plus sioniste au monde»
Le président argentin Javier Milei s’est rendu en Israël à trois reprises depuis son entrée en fonction en 2023 et, plus tôt cette année, il a reçu à Jérusalem la Médaille présidentielle d’honneur, la plus haute distinction civile du pays. En mars, lors d’un discours prononcé à l’université Yeshiva de New York, Milei a déclaré être «fier d’être le président le plus sioniste au monde». Un mois plus tard, lui et Netanyahu ont annoncé le lancement des «Accords d’Isaac», un cadre d’accords aux contours flous visant à renforcer les liens entre Israël et l’Amérique latine, inspiré des Accords d’Abraham conclus sous l’égide de Trump entre Israël et quelques États arabes.
Ces deux dernières années, plusieurs personnalités politiques latino-américaines de droite se sont rendues au Mur des Lamentations à Jérusalem, notamment Javier Milei mais aussi Flavio Bolsonaro, fils de l’ancien président brésilien emprisonné Jair Bolsonaro.
Le sénateur Flavio Bolsonaro est candidat à la présidentielle d’octobre. S’il bat le président sortant de gauche Luiz Inácio Ferreira da Silva dit Lula qui a provoqué la colère des autorités israéliennes en comparant la guerre à Gaza à l’Holocauste, il s’est engagé à suivre l’exemple de certains de ses voisins et à transférer l’ambassade du Brésil à Jérusalem.
L’auteur estime que plusieurs facteurs sous-tendent ces agendas, notamment la montée du christianisme évangélique en Amérique latine, qui a renforcé l’engagement de la droite envers Israël. Jair et Flavio Bolsonaro sont de confession évangélique quant à Javier Milei, il ne l’est pas, il est officiellement catholique mais exprime une fascination marquée pour le judaïsme et déclarant «spirituellement juif». Il a été très critique du défunt Pape François, argentin, et de son pontificat. Les positions humanistes du Pape François ont souvent agacé les dirigeants populistes et nationalistes.
Un autre élément rapproche Israël et les nouveaux dirigeants populistes de l’Amérique latine. Oliver Stuenkel, chercheur principal brésilien-allemand au Carnegie Endowment for International Peace, souligne que le rejet par Israël des Nations Unies, de la Cour pénale internationale et d’autres composantes de l’ordre international s’inscrit dans la politique de la nouvelle droite latino-américaine. Il a déclaré : «Le soutien à Israël est un élément important d’une critique plus large du multilatéralisme. Et puis, bien sûr, il y a Donald Trump!»
«Si vous êtes président d’un pays d’Amérique latine et que vous souhaitez que les États-Unis vous soutiennent dans la lutte contre le crime organisé, le développement de la coopération en matière de sécurité et l’accès aux renseignements et aux armes américaines, ou si vous souhaitez avoir davantage de poids pour faire annuler certains des droits de douane imposés par les États-Unis aux pays d’Amérique latine alors adopter une rhétorique pro-israélienne pourrait être un moyen relativement peu coûteux d’être perçu comme un allié par l’administration Trump», a expliqué Stuenkel.
Netanyahu lui-même doit affronter des élections en octobre. Les responsables de l’opposition soutiennent que le renversement de son gouvernement est indispensable pour restaurer l’image d’Israël et qu’une politique étrangère post-Netanyahu ne s’impliquera pas dans les querelles partisanes d’autres pays. «Les relations extérieures d’Israël n’ont jamais été à un niveau aussi bas», a déclaré le mois dernier l’ancien Premier ministre Yaïr Lapid lors d’un sommet sur la sécurité en Israël. Il a toutefois exprimé l’espoir que «le monde comprenne que le problème d’Israël ne vient pas du pays lui-même mais de son gouvernement».
Alon Pinkas, ancien diplomate israélien et conseiller en politique étrangère de Shimon Peres et de l’ancien Premier ministre Ehud Barak, se montre plus sceptique. «Depuis plus de quinze ans, Netanyahu a détruit l’image de marque et la valeur intrinsèque d’Israël. Sa politique, sa démagogie et sa servilité envers tous les autocrates ont non seulement dévalorisé Israël mais constituent une mutation toxique du sionisme. Les dommages et la dégradation qu’ils ont infligés à l’image d’Israël pourraient être irréparables», a-t-il déclaré.