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L’Allemagne peine à remplir ses stocks de gaz avant l’hiver

Les opérateurs gaziers allemands jugent presque impossible d’atteindre les objectifs de stockage avant l’hiver. Les réservoirs ne sont remplis qu’à environ 50 %, tandis que la hausse des prix du gaz et les tensions sur les approvisionnements compliquent encore leur remplissage.

Les entreprises allemandes gestionnaires des réseaux de gaz tirent la sonnette d’alarme, estimant qu’il est désormais « presque impossible » d’atteindre les objectifs de remplissage des stocks de gaz avant l’hiver…, rapporte Bloomberg News. Le temps joue désormais contre Berlin. À l’approche de la saison de chauffage, les opérateurs doivent accélérer les injections dans les installations de stockage, mais les conditions du marché rendent cette opération particulièrement difficile.

Le niveau actuel des réserves est préoccupant par rapport aux années précédentes. Fin juillet, les stocks allemands n’étaient déjà remplis qu’à environ 45,5 %, leur niveau le plus faible à cette période depuis le début des relevés en 2011. Pourtant, ses installations figurent parmi les plus importantes d’Europe.

La réglementation allemande prévoit normalement des objectifs élevés avant la saison froide : 85 % au 1er octobre et 95 % au 1er novembre. Or, les opérateurs estiment désormais que ces objectifs sont extrêmement difficiles à atteindre dans les délais.

Le prix du gaz freine les achats

La principale difficulté réside dans le coût du remplissage. La hausse des prix du gaz rend l’achat de volumes supplémentaires particulièrement onéreux pour les fournisseurs. Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient ont accentué cette pression. Les perturbations autour du détroit d’Ormuz affectent le marché mondial du gaz naturel liquéfié et contribuent à maintenir les prix européens à des niveaux élevés.

Ceci étant, la faiblesse des stocks ne signifie pas automatiquement que l’Allemagne connaîtra une pénurie. Le pays dispose de plusieurs sources d’approvisionnement, notamment les importations par gazoduc depuis la Norvège ainsi que les arrivées de GNL via les infrastructures européennes. Mais une saison hivernale particulièrement froide pourrait rapidement accroître la pression sur le système.

Les autorités allemandes appellent déjà les opérateurs à intensifier leurs efforts de stockage. Le gouvernement et l’Agence fédérale des réseaux surveillent étroitement l’évolution des réserves…

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Pétrole, inflation, dette : la zone euro s’enflamme sur les marchés obligataires

Les marchés obligataires européens subissent une nouvelle vague de ventes, poussant les rendements à des niveaux inédits depuis plusieurs années. Inflation, hausse du pétrole et inquiétudes sur les finances publiques alimentent la tension…

Les rendements des obligations souveraines de la zone euro ont atteint mercredi 19 août des sommets pluriannuels, avant de se détendre légèrement après l’annonce par le Trésor américain d’un renforcement de son programme de rachats d’obligations à long terme.

Le rendement du Bund allemand à dix ans, référence du marché obligataire européen, a atteint 3,275 %, son plus haut niveau depuis quinze ans, avant de revenir autour de 3,258 %. Le rendement allemand à 30 ans a également atteint son niveau le plus élevé depuis 2011.

Les obligations françaises et italiennes à dix ans ont, elles aussi, franchi temporairement le seuil de 4,1 %, témoignant de la pression qui s’exerce désormais sur l’ensemble de la courbe européenne.

Inflation et dette sous surveillance

La remontée des rendements traduit d’abord les inquiétudes des investisseurs concernant l’inflation. La hausse des prix du pétrole, liée aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient et aux perturbations du trafic énergétique, nourrit les craintes d’un regain inflationniste. Le Brent a dépassé 92 dollars le baril. Mais les marchés s’inquiètent également de l’augmentation des besoins de financement des États européens et de la progression de leurs niveaux d’endettement. L’offre importante de nouvelles obligations contribue à accentuer la pression sur les prix des titres existants et donc à pousser leurs rendements à la hausse.

La demande s’est d’ailleurs révélée relativement faible lors d’une émission allemande de 3,8 milliards d’euros d’obligations à dix ans, autre signal de la prudence des investisseurs.

La BCE de nouveau sous pression

La remontée des rendements modifie également les anticipations concernant la politique monétaire européenne. Les marchés intègrent désormais environ 45 points de base de hausses supplémentaires des taux de la BCE cette année, contre 40 points précédemment. Cette évolution constitue un changement notable alors que les investisseurs anticipaient auparavant une stabilisation, voire un assouplissement progressif de la politique monétaire.

La combinaison d’une inflation persistante, d’un pétrole plus cher et de déficits publics élevés complique donc considérablement la tâche de la Banque centrale européenne…

Le mouvement reste cependant fragile. Les investisseurs continuent de surveiller l’évolution du pétrole, de l’inflation et des finances publiques. Après plusieurs années de taux exceptionnellement bas, les marchés obligataires européens semblent désormais entrer dans une période où le coût de la dette et le risque inflationniste redeviennent des facteurs centraux de la politique économique.

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