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Pétrole, inflation, dette : la zone euro s’enflamme sur les marchés obligataires

Les marchés obligataires européens subissent une nouvelle vague de ventes, poussant les rendements à des niveaux inédits depuis plusieurs années. Inflation, hausse du pétrole et inquiétudes sur les finances publiques alimentent la tension…

Les rendements des obligations souveraines de la zone euro ont atteint mercredi 19 août des sommets pluriannuels, avant de se détendre légèrement après l’annonce par le Trésor américain d’un renforcement de son programme de rachats d’obligations à long terme.

Le rendement du Bund allemand à dix ans, référence du marché obligataire européen, a atteint 3,275 %, son plus haut niveau depuis quinze ans, avant de revenir autour de 3,258 %. Le rendement allemand à 30 ans a également atteint son niveau le plus élevé depuis 2011.

Les obligations françaises et italiennes à dix ans ont, elles aussi, franchi temporairement le seuil de 4,1 %, témoignant de la pression qui s’exerce désormais sur l’ensemble de la courbe européenne.

Inflation et dette sous surveillance

La remontée des rendements traduit d’abord les inquiétudes des investisseurs concernant l’inflation. La hausse des prix du pétrole, liée aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient et aux perturbations du trafic énergétique, nourrit les craintes d’un regain inflationniste. Le Brent a dépassé 92 dollars le baril. Mais les marchés s’inquiètent également de l’augmentation des besoins de financement des États européens et de la progression de leurs niveaux d’endettement. L’offre importante de nouvelles obligations contribue à accentuer la pression sur les prix des titres existants et donc à pousser leurs rendements à la hausse.

La demande s’est d’ailleurs révélée relativement faible lors d’une émission allemande de 3,8 milliards d’euros d’obligations à dix ans, autre signal de la prudence des investisseurs.

La BCE de nouveau sous pression

La remontée des rendements modifie également les anticipations concernant la politique monétaire européenne. Les marchés intègrent désormais environ 45 points de base de hausses supplémentaires des taux de la BCE cette année, contre 40 points précédemment. Cette évolution constitue un changement notable alors que les investisseurs anticipaient auparavant une stabilisation, voire un assouplissement progressif de la politique monétaire.

La combinaison d’une inflation persistante, d’un pétrole plus cher et de déficits publics élevés complique donc considérablement la tâche de la Banque centrale européenne…

Le mouvement reste cependant fragile. Les investisseurs continuent de surveiller l’évolution du pétrole, de l’inflation et des finances publiques. Après plusieurs années de taux exceptionnellement bas, les marchés obligataires européens semblent désormais entrer dans une période où le coût de la dette et le risque inflationniste redeviennent des facteurs centraux de la politique économique.

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L’inflation accélère à 2,9 % en juillet dans la Zone euro

La Direction générale de la Commission européenne chargée de produire des statistiques fiables et comparables à l’échelle de l’Union européenne, Eurostat, a confirmé, mercredi 19 août, une légère remontée de l’inflation dans la zone euro en juillet, à 2,9 %, contre 2,8 % en juin.

L’inflation annuelle dans la zone euro s’est établie à 2,9 % en juillet 2026, confirmant l’estimation préliminaire publiée précédemment par Eurostat. Elle était de 2,8 % en juin. L’inflation sous-jacente, qui exclut les composantes volatiles que sont l’énergie et l’alimentation, s’est maintenue à 2,5 % sur un an. Sachant qu’à l’échelle de l’Union européenne, elle atteint 3 %, contre 2,9 % en juin.

Dans la zone euro, les services constituent toujours la principale contribution à la hausse générale des prix, avec 1,55 point de pourcentage; suivis de l’énergie (0,94 point), les biens industriels hors énergie (0,23 point) et l’alimentation, l’alcool et le tabac également (0,23 point).

Les écarts restent considérables entre États membres. La Roumanie affiche le taux le plus élevé, à 8,2 %, devant la Lituanie à 5,4 % et Chypre et la Bulgarie à 4,4 %. À l’autre extrémité, la Suède affiche seulement 0,3 %, la République tchèque 1,3 %, tandis que le Danemark et la Hongrie enregistrent chacun 1,6 %…

Pour la BCE, ces chiffres confirment la complexité de l’environnement monétaire européen : l’inflation globale reste supérieure à l’objectif de 2 %, tandis que son évolution varie fortement selon les économies et les composantes de prix.

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États-Unis : la Fed se prépare à un nouveau tour de vis

Les « minutes » de la réunion de juillet, publiées mercredi 19 août, montrent un durcissement du ton au sein de la Réserve fédérale. Plusieurs responsables se disent prêts à relever les taux si l’inflation ne se rapproche pas durablement de l’objectif de 2 %.

L’inquiétude monte au sein de la Réserve fédérale américaine face à la persistance des tensions inflationnistes. Les « minutes » de la réunion des 28 et 29 juillet révèlent que plusieurs membres du Comité de politique monétaire se sont déclarés favorables à un relèvement des taux si l’inflation ne ralentit pas davantage. Lors de cette réunion, la Fed avait maintenu son principal taux directeur dans une fourchette comprise entre 3,50 % et 3,75 %…

Selon les « minutes », les tensions inflationnistes apparaissent désormais relativement larges. La situation énergétique et les perturbations provoquées par la guerre entre les États-Unis, Israël et l’Iran, notamment autour du détroit d’Ormuz, contribuent à maintenir la pression sur les prix. Les flux de pétrole et de gaz par cette voie stratégique restent très réduits.

Pour l’heure, les marchés n’anticipent toutefois pas de hausse immédiate. La Fed devrait maintenir ses taux lors de sa prochaine réunion, prévue les 15 et 16 septembre, notamment en raison d’une légère modération récente de l’inflation et du recul inattendu de l’emploi en juillet…

Le débat monétaire américain change ainsi progressivement de nature. Alors que l’année avait commencé sur fond d’anticipations de baisse des taux, la persistance de l’inflation contraint désormais la Fed à envisager à nouveau le scénario inverse.

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