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Meurtre de Crépol : le parquet conteste la circonstance de racisme

Le mobile raciste ne peut pas être retenu, selon les réquisitions du parquet de Valence. Les juges d’instruction devront trancher après le décès de Thomas Perotto. En bref Le parquet de Valence conteste la circonstance aggravante de racisme dans l’affaire…

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La Cour pénale internationale sous le feu de nouvelles sanctions américaines

Suite à de nouvelles sanctions à son encontre annoncées par les États-Unis, la CPI a réaffirmé sa détermination à travailler « de façon impartiale et en toute indépendance ». En bref Les États-Unis ont annoncé le 18 août de nouvelles…

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René De Maximy | Rencontre autour d’une mémoire partagée

Je n’avais pas prévu de rencontrer René De Maximy. Mais le hasard, parfois, emprunte les chemins du destin. Ce jour-là, à la librairie Île aux Mots, je pensais simplement découvrir un livre consacré à l’Algérie. Je ne savais pas encore que cette rencontre me conduirait jusqu’à l’Ehpad Résidence Rivoli, à Marseille, auprès d’un homme dont la mémoire, malgré les années et la maladie, porte encore les traces d’une histoire commune entre la France et l’Algérie.

Djamal Guettala, à Marseille.

Tout commence par un détail. Une femme tient un livre entre ses mains. Mon regard s’arrête sur la couverture : ‘‘Le cœur à contre-guerre. Grande Kabylie, mars 1960-mars 1962’’ (Éditions La Fontaine de Siloé, 1er décembre 2011). Un livre sur l’Algérie. Un livre consacré à une période dont les blessures et les interrogations demeurent, plus de soixante ans après. Je lui demande : «Qui a écrit ce livre ?» Sa réponse me surprend : «C’est mon mari.»

Cette femme s’appelle Marie-Christine de Maximy. À cet instant, l’ouvrage change de dimension. Il n’est plus seulement un témoignage sur une période de l’histoire. Il devient le lien vers un homme, un parcours et une mémoire.

Je veux en savoir davantage. Est-il encore vivant ? Est-il possible de le rencontrer ?

— Oui, il est vivant… mais il est à l’Ehpad Résidence Rivoli, à Marseille. Il a Alzheimer. Cette phrase aurait pu mettre fin à ma démarche. Elle produit l’effet inverse.

Derrière chaque livre, il y a une voix. Lorsque le temps commence à effacer les souvenirs, il devient peut-être encore plus urgent d’aller à la rencontre de celui qui les a confiés à l’écriture.

Je lui demande : «Le jour où vous irez le voir, puis-je vous accompagner ?» Elle accepte, en ajoutant avec prudence : «Je ne sais pas s’il pourra parler avec vous.»

Je décide pourtant d’y aller. Avec son livre entre les mains.

Un livre, une mémoire, une histoire

Publié en 2011 aux éditions La Fontaine de Siloé, ‘‘Le cœur à contre-guerre’’ est un témoignage singulier sur les dernières années de la guerre d’Algérie.

Dès les premières lignes, René De Maximy donne le ton : «J’ai 25 ans, en 1960, lorsque j’aborde en terre algérienne.»

Son récit n’est ni celui d’un militaire racontant une campagne, ni celui d’un acteur politique défendant une position. Il témoigne comme un jeune citoyen français appelé sous les drapeaux et envoyé en Algérie au moment où le conflit entre la France et le FLN entre dans une phase décisive.

Son regard est celui d’un homme qui découvre une réalité plus complexe que les discours officiels. Derrière les mots de «maintien de l’ordre», il perçoit une véritable guerre, avec ses violences, ses blessures et ses contradictions.

À son arrivée en 1960, le jeune appelé connaît déjà, par les journaux et les récits, la violence des années précédentes. Il sait également que le plan Challe et l’opération Jumelles, menée en Grande Kabylie, ont profondément affaibli les maquis du FLN.

L’Algérie semble alors, en apparence, sous le contrôle de l’armée française. Les combattants indépendantistes sont repoussés vers les frontières tunisienne et marocaine. Mais cette impression de pacification reste fragile. Dans les montagnes, les tensions demeurent.

C’est cette réalité que René De Maximy raconte avec sobriété. Son témoignage n’est pas une simple chronique militaire. Il constitue avant tout une réflexion sur la conscience individuelle face à la guerre. L’auteur évoque les violences commises de part et d’autre et affirme une exigence essentielle : le respect de la dignité humaine.

Le titre résume cette position intérieure : ‘‘Le cœur à contre-guerre’’. Comme si l’homme en lui résistait à la mécanique de la violence.

Djamal Guettala en visite à René De Maximy.

Quand le livre réveille la mémoire

Le jour de la rencontre, Marie-Christine de Maximy m’accompagne jusqu’à la chambre de son mari, à la Résidence Rivoli.

Je ne sais pas comment René De Maximy va réagir. Alzheimer est là, avec ses silences et ses absences. Mais certains objets ont parfois le pouvoir de faire ressurgir une part de soi que l’on croyait perdue.

Je me présente. Puis je lui montre son livre. Son regard change. Il reconnaît l’ouvrage. Et soudain, la parole revient. Il évoque la Kabylie, ses paysages, ses villages, les femmes kabyles, les embuscades, mais aussi les scènes de la vie quotidienne. La guerre n’est pas le seul sujet. Il parle également d’une terre et de rencontres.

La conversation avance naturellement, d’un souvenir précis à une anecdote plus légère. Derrière chaque phrase, une mémoire cherche à rester vivante.

Marie-Christine est étonnée. Elle qui craignait qu’il ne puisse plus échanger découvre un homme encore capable de raconter et de transmettre.

Ce jour-là, le livre devient un déclencheur. Un lien entre le passé et le présent.

L’homme derrière l’auteur

René De Maximy est né en 1935 à Craponne-sur-Arzon, en Haute-Loire. Géographe, il a été directeur de recherches émérite à l’Institut de recherche pour le développement (IRD).

Son parcours scientifique, consacré aux territoires et aux sociétés humaines, éclaire aussi son regard sur l’Algérie : une attention portée aux réalités humaines derrière les événements historiques.

René De Maximy est également écrivain. Son premier roman, ‘‘La Ferme des Neuf Chemins’’, révèle déjà un homme attentif au monde qui l’entoure, désireux d’observer et de comprendre.

Sa famille appartient elle aussi à plusieurs univers. Il est le frère de Jean De Maximy, artiste-peintre, et l’oncle d’Antoine de Maximy, connu notamment pour l’émission ‘‘J’irai dormir chez vous’’.

Recherche, art, écriture et voyage semblent ainsi se rejoindre autour d’une même volonté : aller vers l’autre.

Une rencontre qui dépasse le livre

Depuis cette première visite, je suis retourné plusieurs fois à la Résidence Rivoli. Ce qui devait être une rencontre autour d’un ouvrage est devenu un rendez-vous humain. Lors de ma deuxième visite, c’est lui qui m’interroge : «Comment va l’Algérie ?» Puis : «Comment êtes-vous venu ici ?» «Pourquoi habitez-vous Marseille ?»

Ses questions montrent que, malgré la maladie, sa curiosité pour l’autre demeure intacte.

Lors d’une visite plus récente, je le trouve plus triste. Son visage porte la fatigue. Mais dès que nous commençons à parler, quelque chose change. La conversation semble l’apaiser. Puis il me confie cette phrase : «Au moins, il y a quelqu’un qui sait que j’existe encore.»

Quelques mots qui disent beaucoup de la solitude et de ce besoin universel d’être reconnu.

À chaque fin de visite, il répète : «Merci, merci, merci d’être passé me voir.»

Alors je continuerai à venir aussi longtemps que cela sera possible. Avec du temps, des conversations, des souvenirs partagés. Et parfois quelques madeleines ou des gâteaux au chocolat.

Une mémoire qui défie l’oubli

À travers le parcours de René De Maximy, une autre manière de regarder une période majeure de notre histoire commune apparaît. Plus de soixante ans après, la guerre d’Algérie demeure une mémoire sensible, traversée de blessures et d’interrogations qui continuent d’habiter les deux rives de la Méditerranée.

L’intérêt de son témoignage tient aussi à cette volonté de replacer l’humain au centre. Derrière les grandes dates, les opérations militaires et les affrontements politiques, il y a toujours des destins individuels : des jeunes hommes appelés sous les drapeaux, des populations confrontées à la violence, des femmes et des hommes pris dans une période qui les dépasse.

Son livre ne simplifie rien. Il propose le regard d’un témoin qui a choisi de raconter son expérience avec lucidité et exigence morale.

René De Maximy ne se présente pas en héros. Il est simplement un homme qui a vécu un moment particulier de l’Histoire et qui a voulu transmettre ce qu’il avait vu et ressenti.

La mémoire ne prend véritablement sens que lorsqu’elle est transmise, lorsqu’elle circule entre les générations et permet de regarder le passé sans enfermer les peuples dans ses blessures.

Cette rencontre m’amène aujourd’hui à lancer un appel aux autorités culturelles de Marseille ainsi qu’à M. le maire. René De Maximy mérite un geste de reconnaissance. Pas nécessairement une grande cérémonie. Une simple visite suffirait. Quelques instants d’échange avec un homme qui a consacré sa vie à la recherche, à l’écriture et à la compréhension des sociétés humaines.

Marseille est une ville de mémoire et de culture, ouverte sur la Méditerranée, un lieu où les histoires de France et d’Algérie se rencontrent quotidiennement. Venir saluer René De Maximy à la Résidence Rivoli, c’est reconnaître le parcours d’un géographe, d’un chercheur, d’un écrivain et d’un témoin. C’est aussi rappeler que les hommages les plus précieux sont souvent ceux que l’on rend aux personnes de leur vivant. Parce qu’une reconnaissance tardive ne remplace jamais une présence. Parce qu’un simple échange peut parfois avoir une valeur immense.

René De Maximy a écrit ‘‘Le cœur à contre-guerre’’ pour que ses souvenirs ne disparaissent pas. Aujourd’hui, cette mémoire continue de vivre. Dans un livre. Dans une voix. Dans une rencontre. Et parfois, il suffit de pousser une porte, de s’asseoir quelques minutes et d’écouter.

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La France inscrit le droit à l’aide à mourir dans la loi : Un tournant historique pour la fin de vie

La loi relative au droit à l’aide à mourir, définitivement adoptée par le Parlement francais le 15 juillet dernier et validée par le Conseil constitutionnel le 14 août, est désormais entrée dans l’ordre juridique français après sa promulgation et sa publication au Journal officiel.

Cette évolution marque l’aboutissement de plusieurs années de débats politiques, médicaux, éthiques et sociétaux. Pour la première fois, la législation française reconnaît un droit permettant, dans des circonstances strictement définies, à un patient de demander à recourir à une substance létale afin de mettre fin à ses souffrances.

Un droit réservé à des situations médicales précises

L’aide à mourir n’est toutefois pas un droit général permettant à toute personne de choisir librement de mettre fin à ses jours. La loi fixe cinq conditions cumulatives pour pouvoir y accéder.

Le demandeur doit être majeur, de nationalité française ou résider en France de manière stable et régulière. Il doit également souffrir d’une affection grave et incurable engageant son pronostic vital, à un stade avancé ou terminal.

La personne doit, en outre, présenter une souffrance physique ou psychologique constante, réfractaire aux traitements ou considérée comme insupportable par elle-même. Enfin, elle doit être capable d’exprimer une volonté libre et éclairée.

L’auto-administration comme principe

Le nouveau dispositif repose en priorité sur l’auto-administration du produit létal par le patient lui-même. Lorsque son état physique ne lui permet pas d’effectuer ce geste, l’administration pourra être réalisée par un médecin ou un infirmier, selon les conditions prévues par la loi.

Avant toute décision, la demande doit faire l’objet d’une évaluation médicale et d’une procédure collégiale. Un délai de réflexion est également prévu avant la réalisation de l’acte, tandis que la personne conserve la possibilité de revenir sur sa décision.

Le Conseil constitutionnel apporte trois précisions

La dernière grande étape avant l’entrée en vigueur de la loi s’est jouée devant le Conseil constitutionnel. Saisi par plusieurs autorités et groupes parlementaires, celui-ci a jugé le texte conforme à la Constitution, tout en formulant trois réserves d’interprétation.

Les Sages ont notamment précisé les garanties applicables aux majeurs protégés. Ils ont également étendu la clause de conscience aux pharmaciens, qui peuvent refuser de participer à la préparation de la substance létale.

Lire aussi : En Tunisie, le business discret de la mort

Le Conseil constitutionnel a aussi reconnu, sous certaines conditions, la possibilité pour des établissements privés, notamment confessionnels, de ne pas autoriser la réalisation d’une aide à mourir dans leurs locaux.

Une réforme qui continue de diviser

Malgré son adoption définitive, la réforme reste profondément controversée en France. Ses défenseurs y voient une avancée majeure de l’autonomie individuelle et de la liberté de choisir sa fin de vie face à des souffrances devenues insupportables.

Ses opposants, notamment dans une partie du monde médical, religieux et associatif, redoutent en revanche les conséquences de cette évolution pour les personnes les plus vulnérables et soulignent la nécessité de garantir, parallèlement, un accès effectif aux soins palliatifs.

L’adoption de cette loi constitue ainsi moins la fin du débat que le début d’une nouvelle phase : celle de sa mise en œuvre concrète et de l’évaluation de ses conséquences sur le système de santé français et sur l’accompagnement de la fin de vie.

Avec cette législation, la France rejoint désormais les pays ayant mis en place, sous différentes formes et avec des règles propres à chaque système juridique, des mécanismes autorisant une assistance médicalisée à mourir.

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Nouvelles sanctions américaines contre la CPI : Paris dénonce une offensive inquiétante contre la justice internationale

 

La diplomatie française est montée au créneau, mardi 18 août, pour condamner les dernières sanctions américaines visant la Cour pénale internationale (CPI). Washington a annoncé la veille des mesures punitives contre la présidente de la CPI, la juge japonaise Tomoko Akane, et contre un haut magistrat du Bureau du Procureur, le Sénégalais Abdoulaye Seye ; deux nouvelles cibles qui viennent grossir une liste de sanctions déjà appliquées à onze magistrats de l’institution.

Dans un communiqué au ton sans détour, le Quai d’Orsay a dénoncé « toute forme de menace et de mesures coercitives » contre la Cour, son personnel et les organisations de la société civile qui l’épaulent, y voyant une atteinte directe à l’indépendance de la justice et une remise en cause de l’autorité des 125 États parties au Statut de Rome.

Le geste américain, loin d’être isolé, s’inscrit dans une escalade méthodique. Le secrétaire d’État américain Marco Rubio a lui-même reconnu que ces sanctions s’ajoutent à celles imposées depuis l’an dernier contre plusieurs responsables de la CPI, dans le prolongement d’un décret signé par Donald Trump. Le motif invoqué ? Washington accuse les magistrats visés de s’être « directement » engagés dans les procédures de la Cour contre des responsables dont le gouvernement n’a pas reconnu sa compétence – une formulation qui vise à peine voilée les mandats d’arrêt délivrés contre des dirigeants israéliens pour des crimes présumés à Gaza.

Le procédé n’a rien d’anecdotique. Les personnes sanctionnées se voient interdire tout visa et toute transaction avec des entités liées aux États-Unis, banques et services internet compris, tandis que quiconque coopère avec elles s’expose à vingt ans de prison et un million de dollars d’amende. Une arme financière et juridique redoutable, brandie non pas contre des criminels de guerre, mais contre les juges chargés de les poursuivre.

Cette stratégie d’étranglement s’accompagne d’un discours de délégitimation assumé. Le chef de la diplomatie américaine a qualifié la Cour de juridiction « corrompue » et « gravement politisée », l’accusant de menacer les Américains. Une rhétorique qui masque mal l’objectif réel de l’opération : le département d’État a annoncé dès juillet vouloir « démanteler » l’institution et « neutraliser systématiquement » sa capacité à fonctionner, envisageant un renforcement des sanctions, des révocations de visas et des interdictions de voyage.

Face à cette pression, la France a réaffirmé sa solidarité envers les magistrats visés et rappelé l’engagement pris par le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères lors de ses entretiens avec la présidente de la Cour en septembre 2025, puis avec le procureur adjoint en juillet dernier. Paris insiste : la CPI reste un outil essentiel dans la lutte contre l’impunité, et sa capacité à juger « de manière indépendante et impartiale » ne saurait être négociée sous la contrainte américaine.

Reste que cette solidarité affichée, aussi ferme soit-elle dans les mots, peine pour l’instant à se traduire en contre-mesures concrètes. La Cour elle-même a dénoncé des sanctions qui « sapent l’État de droit », tandis qu’aux États-Unis, plusieurs ONG dont Human Rights Watch ont saisi la justice pour tenter de les faire annuler. L’Union européenne et le Japon ont également exprimé leur soutien à la présidente Akane. Mais tant que Washington poursuit méthodiquement sa campagne d’usure contre la Cour, les déclarations de principe, aussi légitimes soient-elles, risquent de ne peser que peu face à l’arsenal financier et diplomatique déployé par la première puissance mondiale.

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