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Tunisie | Jusqu’à 3 ans de prison pour les contrevenants aux réglementations sur les plaques d’immatriculation

La législation tunisienne prévoit des sanctions à l’encontre des conducteurs de véhicules ne respectant pas la réglementation relative aux plaques d’immatriculation pouvant aller jusqu’à trois ans de prison en plus de sanctions financières.

C’est ce qu’a indiqué Haithem Chaabani, chef de la section de la sécurité routière de la région du centre-ouest, dans une déclaration à Diwan FM, ce mercredi 19 août 2026, en expliquant que l’article 88 du Code de la route stipule une peine d’emprisonnement allant de six mois à trois ans et/ou une amende de 500 à 3 000 dinars pour quiconque :

* conduit un véhicule dépourvu de plaques d’immatriculation (ou auquel il manque une plaque, si le véhicule doit en comporter deux) ;

* masque délibérément la plaque d’immatriculation, totalement ou partiellement ;

* conduit un véhicule muni d’une plaque d’immatriculation qui ne lui appartient pas.

Chaabani a ajouté qu’il existe aussi des sanctions financières concernant les plaques d’immatriculation non conformes aux spécifications techniques homologuées :

* une amende de 40 dinars est infligée si la police des caractères, la couleur ou l’emplacement ne sont pas conformes aux spécifications techniques établies par la loi tunisienne ;

* une amende de 20 dinars est applicable à une remorque dont les plaques d’immatriculation ne sont pas conformes aux normes relatives à la couleur, aux dimensions ou à l’emplacement, ou si la plaque d’immatriculation ne bénéficie pas d’un éclairage suffisant pour permettre la lecture du numéro la nuit.

I. B.

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Tunisie | Des distributeurs de matériel médical menacés de faillite

Les entreprises tunisiennes de distribution de fournitures médicales traversent actuellement une situation critique et peinent à reconstituer leurs stocks ou d’assurer l’approvisionnement régulier de ces hôpitaux.

Réuni hier, mardi 18 août 2026, au siège de l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (Utica), le bureau exécutif de la Chambre nationale des entreprises de distribution de matériel médical a discuté de la situation des créances détenues par ses trente entreprises membres sur les hôpitaux, ainsi que sur la grave crise financière que traverse le secteur.

Les participants ont exprimé leur vive inquiétude face à l’accumulation des impayés et aux retards de règlement imputés aux hôpitaux publics.

Selon un communiqué publié ce mercredi par l’Utica et cité par Diwan FM, cette situation a engendré une conjoncture financière extrêmement difficile, devenue intenable pour un grand nombre d’entreprises., qui ne sont plus en mesure d’obtenir les fonds nécessaires pour importer des fournitures et des équipements médicaux, ce qui les empêche de reconstituer leurs stocks ou d’assurer l’approvisionnement régulier de ces hôpitaux.

Selon le communiqué, certaines de ces entreprises sont au bord de la faillite et dans l’incapacité d’honorer leurs engagements financiers envers leurs fournisseurs étrangers ou de poursuivre leurs activités normales.

Les membres de la Chambre nationale des distributeurs de matériel médical ont appelé les autorités compétentes à intervenir d’urgence pour accélérer le règlement des arriérés dus par les hôpitaux et pour élaborer des solutions pratiques et rapides, susceptibles d’assurer la pérennité de ces entreprises et de garantir la continuité de l’approvisionnement des hôpitaux en équipements et matériels médicaux.

I. B.

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Tunisie | Retour de la canicule à partir de samedi

La trêve n’aura été que de courte durée puisque l’Institut national de la météorologie (INM) prévoit un retour des fortes températures à partir de ce weekend. Espérons que ce nouveau pic de chaleur ne sera pas accompagné de coupures d’électricité et d’eau potable, et que la pénurie d’eau minérale en bouteille qui bat actuellement son plein sera résolue d’ici là. Quoiqu’en Tunisie, on commence à s’habituer à tous ces désagréments ! Et aux défaillances structurelles des services publics. Et cela a un nom : le sous-développement.

Selon un bulletin météorologique publié par l’Institut national de la météorologie (INM), la plupart des régions tunisiennes connaîtront une hausse des températures à partir du samedi 22 août 2026. Cette augmentation sera particulièrement marquée les dimanche 23 et lundi 24 août, avec des valeurs dépassant les moyennes saisonnières de 6 à 10 degrés. Les maximales oscilleront généralement entre 40 et 46 degrés Celsius, accompagnées du Chergui (vent chaud et sec).

Une baisse des températures est attendue le mardi 25 août, avant une nouvelle remontée jusqu’à la fin de la semaine, dépassant à nouveau les moyennes saisonnières de 4 à 8 degrés, indique aussi l’INM, cité par Diwan FM.

On est donc averti et on doit s’attendre à tous les désagréments qui accompagnent généralement les pics de chaleur dans notre pays. Car il est peu probable que la canicule sera plus clémente qu’elle l’a été en juillet dernier, et que, par miracle, les services publics seront cette fois à la hauteur de nos attentes. Ne rêvons pas !

I. B.

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Tunisie | Le Plan de développement 2026-2030, entre rêves et réalités


Un plan de développement ne se mesure pas à la valeur des projets inscrits dans un document, mais à la capacité de les financer, de les réaliser et surtout de les rentabiliser économiquement et socialement.
** Explications…  

Dr. Sadok Zerelli

Le Plan de développement économique et social 2026-2030, adopté par l’Assemblée le 10 juillet 2026, est une tentative louable de mettre fin à une très mauvaise pratique de politique économique, qui dure depuis la Révolution de 2011, et qui est à mon avis la première responsable du marasme économique le pays connaît depuis des années, à savoir, le pilotage à vue de l’économie nationale.

Je dis bien une tentative et non pas une stratégie de développement économique et social cohérente et réaliste susceptible de relancer la croissance économique, corriger les déséquilibres structurels de notre économie, absorber le chômage massif et améliorer le niveau de vie de la population à l’horizon de ce Plan, à savoir 2030.

En effet, un examen approfondi des hypothèses sur lesquelles repose ce document stratégique, les objectifs quantitatifs et qualitatifs qu’il se fixe et les moyens qu’il met en face pour les atteindre, laissent perplexe un vieil enseignant universitaire de macroéconomie comme moi.

Un plan ambitieux qui n’a pas les moyens de son ambition

Le Plan vise une croissance annuelle moyenne de 4,2 %, contre environ 2,4 % réalisés durant le quinquennat précédent, avec l’ambition d’atteindre même 5,1 % en 2030, selon les projections présentées.

Lorsqu’on sait que durant la période 2023-2025 et selon les chiffres officiels publiés par l’INS, la croissance de l’économie tunisienne n’a été que d’environ 1,5 % par an, que celle réalisée en 2025 n’a pas dépassé 2,5% et que celle attendue pour 2026 ne dépassera pas 2,1%, selon le FMI et la BAD, alors que le gouvernent Tunisien tablait sur 3,3%, on est en droit de se demander si les auteurs de ce Plan ne rêvent pas.

Parmi les autres objectifs dont le réalisme laisse à désirer, figurent notamment :

– un montant global d’investissement d’environ 101,8 milliards de dinars ;

– la création de 21 100 projets et programmes ;

– la réduction progressive du déficit budgétaire à environ 3 % du PIB ;

– la baisse de la dette publique pour la ramener à 80 % du PIB.

Ces objectifs, très ambitieux, traduisent certes une volonté légitime de rupture avec les déséquilibres accumulés au cours des dernières décennies. Mais une question fondamentale demeure : la Tunisie dispose-t-elle des ressources financières, humaines, institutionnelles et technologiques nécessaires pour transformer ces ambitions en résultats concrets ?

Les points forts du Plan

L’un des principaux mérites du nouveau Plan réside dans la volonté de remettre en question un modèle de développement qui n’a pas permis de réduire suffisamment les disparités régionales, de créer suffisamment d’emplois qualifiés ou de stimuler durablement l’investissement.

Un deuxième mérite de ce Plan est qu’il adopte une démarche dite ascendante, partant du niveau local et régional pour remonter vers le niveau national. Cette approche cherche à donner davantage de poids aux besoins exprimés par les territoires et les collectivités. Cette évolution est importante, la Tunisie ayant longtemps souffert d’une concentration des activités économiques et des investissements dans le Grand Tunis et les principales zones côtières. Une politique de développement territorial mieux équilibrée pourrait en effet favoriser l’émergence de nouveaux pôles économiques à l’intérieur du pays.

Un troisième mérite de ce Plan est qu’il vise également à renforcer la souveraineté économique du pays, à valoriser davantage les ressources nationales et à réduire certaines dépendances extérieures.

Cette orientation est particulièrement pertinente dans un contexte international marqué par les crises énergétiques, les perturbations des chaînes d’approvisionnement et les tensions géopolitiques.

Un quatrième mérite et non des moindres est que le financement de ce Plan ne repose pas exclusivement sur le budget de l’État. Selon les données publiées, celui-ci devrait assurer environ 61,8 milliards de dinars, soit 61 % du financement, tandis que les entreprises et établissements publics devraient contribuer à hauteur d’environ 32 milliards de dinars. Cette diversification est positive en principe. Elle permettrait de limiter la pression exercée directement sur le budget de l’État.

Les faiblesses et les risques

La première interrogation concerne la capacité réelle de financement. En effet, La Tunisie demeure confrontée à des contraintes budgétaires importantes et à un niveau élevé d’endettement (84% du PIB, selon les dernières statistiques publiées par la BCT). Dans ces conditions, financer plus de 100 milliards de dinars d’investissements en cinq ans représente un défi considérable. Le risque est de voir apparaître un décalage entre les crédits annoncés et les crédits effectivement disponibles.

Un plan de développement ne se mesure pas à la valeur des projets inscrits dans un document, mais à la capacité de les financer, de les réaliser et surtout de les rentabiliser économiquement et socialement.

Ce risque d’incapacité de financement est d’autant plus à prendre au sérieux, que le rôle attribué par ce Plan au secteur privé demeure très insuffisant. C’est probablement l’une des lacunes majeures de ce Plan, car une croissance de 4,2 % par an ne pourra difficilement être obtenue uniquement grâce à l’investissement public. Une croissance durable nécessite une forte mobilisation de l’investissement privé, national et étranger.

Or l’environnement des affaires tunisien demeure marqué par la bureaucratie, la complexité réglementaire, la lenteur administrative et une certaine incertitude pour les investisseurs.

Enfin et peut-être que c’est le talon d’Achille de ce Plan, c’est la capacité de l’administration à réaliser et superviser simultanément plus de 21 000 projets.

Le problème de la Tunisie n’a jamais été uniquement l’absence de projets. Il réside également dans les délais d’exécution, les procédures administratives, les problèmes fonciers, les appels d’offres, les études techniques et la coordination entre administrations.

Les données disponibles montrent d’ailleurs l’ampleur de la sélection opérée : les conseils locaux, régionaux et de districts avaient proposé 40 748 projets, avant que le processus de sélection ne ramène le portefeuille à 6 467 projets en cours et 14 624 nouveaux projets.

Quant à l’objectif de réaliser 4,2 % de croissance annuelle, pour être honnête, cet objectif n’est pas irréaliste en soi, car la Tunisie dispose d’atouts importants : proximité de l’Europe, capital humain relativement élevé, infrastructures existantes, potentiel touristique, agriculture, industries exportatrices, services numériques et potentiel considérable en matière d’énergies renouvelables en construction.

Mais atteindre durablement 4,2 % supposerait une nette amélioration de la productivité et de l’investissement.

La question n’est donc pas de savoir si 4,2 % est mathématiquement possible. Elle est de savoir quelles transformations structurelles permettront de passer d’une croissance faible et irrégulière à une croissance durable supérieure à 4 %.

La Tunisie a besoin d’investir davantage dans les infrastructures, certes. Mais elle doit surtout investir dans la productivité.

Cela signifie :

– améliorer la qualité de l’éducation et de la formation professionnelle ;

– rapprocher la formation des besoins des entreprises ;

– accélérer la transformation numérique ;

– soutenir les PME et les entreprises innovantes ;

– faciliter l’accès au financement ;

– simplifier radicalement les procédures administratives ;

– développer les exportations ;

– attirer davantage d’investissements étrangers ;

– valoriser les ressources énergétiques renouvelables ;

– moderniser les entreprises publiques ;

– améliorer la gouvernance des projets publics, etc.

Conclusion

Sans réforme de la productivité, de l’administration, de l’éducation, de la fiscalité et du financement des entreprises, les objectifs très ambitieux de ce Plan risquent de rester des rêves difficiles à réaliser.

En particulier, sans une véritable amélioration du climat des affaires, l’objectif de croissance de 4,2% en moyenne par an risque de rester des chiffres sur du papier, comme le sont d’ailleurs restés les projections tout aussi ambitieuses des précédents plans de développement qui s’apparentent beaucoup plus à des wishful thinking qu’à des objectifs réalistes et réalisables.

Le véritable indicateur du succès de ce Plan ne sera donc pas le nombre de projets qui seront inaugurés, mais leur capacité à produire de la richesse, créer des emplois et augmenter durablement la productivité.

Pour cela, il est impératif de changer le rôle de l’État qui devrait passer de celui de producteur direct à celui de stratège, régulateur, investisseur dans les infrastructures et garant de l’équité territoriale et de la justice sociale.

Comme pratiquement dans tous mes articles, je reviens toujours à la politique, même après des analyses économiques très approfondies, car comme je l’ai déjà indiqué, le nom originel de l’«économie» en tant que discipline universitaire, était jusqu’aux années 1950, «économie politique».

* Economiste universitaire et consultant international.

** Avant de faire des projections irréalistes pour le Plan de développement 2026-2030 avec des ambitions irréalisables, on aurait été mieux inspiré de réaliser préalablement une étude sur les obstacles qui ont empêché la réalisation des projections, tout aussi irréalistes, du Plan de développement 2023-2025, rapidement enterré. Beaucoup de parlote, trop de paperasses, peu de réalisations… (NDLR).

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Transition énergétique en Tunisie | Urgence des réformes et défi des infrastructures

La Tunisie se trouve à un tournant décisif de sa politique énergétique. Et le diagnostic est sans concession : l’autonomie énergétique est devenue une urgence nationale.

Lotfi Sahli

Lors de la restitution de la Consultation nationale sur la transition énergétique, menée sous l’égide du Groupement professionnel des énergies renouvelables (GPER) de la Confédération des entreprises citoyennes de Tunisie (Conect), l’expert économique Chekib Ben Mustapha a dressé un constat particulièrement préoccupant : l’indépendance énergétique du pays est passée de 93 % en 2010 à seulement 48 % en 2023 et pourrait tomber sous le seuil des 30 % à l’horizon 2030 si le rythme actuel des réformes et des investissements ne s’accélère pas.

L’enjeu dépasse largement la seule question de l’approvisionnement énergétique. Le déficit du secteur pèse lourdement sur les équilibres extérieurs, l’énergie représentant à elle seule près de la moitié du déficit commercial national. Dans le même temps, la production électrique demeure très largement dépendante du gaz naturel, qui alimente encore l’essentiel des centrales thermiques de la Steg, et dont la plus grande partie est importée de l’Algérie voisine via le gazoduc Transmed transportant le gaz algérien vers l’Italie.

Le «grand écart» entre ambitions et réalité

Pendant des années, la transition énergétique tunisienne a été marquée par un décalage entre les ambitions affichées et la réalité opérationnelle. Le Plan solaire tunisien fixe notamment un objectif de 35 % d’électricité d’origine renouvelable à l’horizon 2030. Pourtant, le solaire et l’éolien ont longtemps progressé à un rythme insuffisant pour permettre au pays de se rapprocher de cette cible : la part des énergies renouvelables dans la production électrique nationale a atteint à peine 9,2 % à la fin du premier semestre 2026.

Plusieurs obstacles ont contribué à ralentir cette dynamique : la complexité des procédures administratives pour l’installation d’équipements solaires photovoltaïques dans les entreprises et les foyers, les délais d’autorisation, les limites du réseau de transport électrique, le coût élevé du financement pour les entreprises et, enfin, le décalage entre la recherche universitaire et les besoins du tissu industriel.

Face à la dégradation des équilibres énergétiques, mais aussi à la pression croissante des politiques européennes de décarbonation, les pouvoirs publics ont engagé une évolution du cadre réglementaire.

Les arrêtés du 9 octobre 2024 ont notamment révisé les tarifs d’achat garantis de l’électricité solaire photovoltaïque produite sous le régime de l’autorisation et approuvé un contrat-type de vente d’électricité entre les producteurs privés et la Société tunisienne d’électricité et de gaz (Steg). Parallèlement, la clarification des tarifs de transit et des mécanismes de rachat des excédents a renforcé l’intérêt de l’autoproduction pour les entreprises.

Cette dynamique est également portée par le contexte international. Pour les entreprises exportatrices, investir dans les énergies renouvelables constitue désormais un moyen de réduire leur facture énergétique, mais aussi d’anticiper les nouvelles exigences environnementales du marché européen, notamment le Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (Macf).

Les premiers résultats commencent à se mesurer

La mise à jour sectorielle de 2026 montre que la transition énergétique tunisienne entre progressivement dans une phase plus concrète. À la mi-2026, la capacité solaire photovoltaïque installée dépasse les 630 MW, selon les données sectorielles fournies par l’Agence nationale de maîtrise de l’énergie (ANME) et le ministère de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie.

L’autoproduction constitue le principal moteur de cette progression. Le parc résidentiel atteint près de 500 MW, porté notamment par le programme Prosol Elec et les mécanismes de mensualisation sur les factures de la Steg. Les secteurs industriel, tertiaire et agricole représentent, pour leur part, environ 130 MW d’installations autonomes.

Sur les douze derniers mois, la production électrique nationale atteint environ 9 550 GWh, tandis que la part des énergies renouvelables s’établit désormais à 9,2 %. Malgré cette progression, le gaz naturel conserve une place dominante dans le mix électrique, la Steg assurant encore environ 91 % de la fourniture globale à partir de cette source.

Le paysage de la production s’est toutefois enrichi au printemps 2026 avec la mise en service commerciale de deux centrales solaires en concession de 50 MW chacune, à Tozeur et Sidi Bouzid. Cette dynamique s’est poursuivie avec le bouclage financier du projet Sidi Bouzid II, d’une capacité de 120 MW, ainsi qu’avec le lancement du programme Chems, soutenu par la Banque africaine de développement et l’ANME, destiné notamment à accompagner l’équipement des PME.

Les appels à projets continuent également de se multiplier, avec notamment le lancement, en avril 2026, d’un nouveau programme de 200 MW sous régime d’autorisation.

Le véritable défi se déplace vers le réseau

Ces avancées ne doivent cependant pas masquer la principale faiblesse du système : la capacité du réseau électrique à absorber rapidement les nouvelles productions renouvelables.

Le problème n’est désormais plus uniquement de produire de l’électricité verte, mais de pouvoir la transporter, la distribuer et l’intégrer au réseau dans de bonnes conditions. Plusieurs régions du Centre et du Sud présentent déjà des contraintes d’accueil qui pourraient ralentir le développement de nouveaux projets.

Autrement dit, les textes réglementaires peuvent accélérer l’investissement, mais ils ne suffisent pas à transporter les électrons. Le prochain chantier de la transition énergétique tunisienne sera donc nécessairement celui des infrastructures de transport.

Pour atteindre l’objectif de 35 % de renouvelables en 2030, correspondant à une capacité cumulée estimée entre 3 800 et 4 700 MW, la Tunisie devra engager des investissements importants dans la modernisation de son réseau de transport et de distribution.

Le développement des smart grids, le renforcement des interconnexions et le déploiement de solutions de stockage par batteries apparaissent désormais comme des conditions essentielles à la réussite de cette transformation.

La transition énergétique tunisienne n’est donc plus une simple ambition environnementale. Elle est devenue une question de compétitivité industrielle, de maîtrise du déficit commercial et, plus largement, de souveraineté économique. Le véritable enjeu des prochaines années sera de transformer l’accélération réglementaire et l’essor de l’autoproduction en une mutation durable du système énergétique national.

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